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:: Rose + Doc : Les heures SUITE ET FIN (ajout d'un chapitre vraiment final) ::

 
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Idontwanttogo_01
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MessagePosté le: Mer 6 Oct 2010 - 18:08    Sujet du message: Rose + Doc : Les heures SUITE ET FIN (ajout d'un chapitre vraiment final) Répondre en citant

Seconde moitié de ma fic. (Désolée, mais mon ordi commençait à s'essouffler quand j'éditais mon premier message).
pour lire la première partie de l'histoire : http://david.tennant.xooit.fr/t884-Doctor-Rose-les-heures.htm


   
Attention : J'ai pris certaines libertés libertines avec le Doctor et Rose. Pour le moment (notez : pour le moment), ça reste "public général".  
   
Citation:


Dans le vortex   
- Je ne sais pas qui a conçu ce pisteur, mais c’est une merveille de technologie. Il détecte la signature biomoléculaire des perles et nous indique la bonne direction. Je t’ai dit que c’était Gisel qui me l’a remis, mais qu’elle le tenait de quelqu’un d’autre?

- Oui, mais pas le nom de cette autre personne.


- Un autre mystère. Une femme aux cheveux roux avec un vêtement rouge vif. Je l’ai déjà rencontrée, mais je ne sais toujours pas qui elle est. C’est agaçant, grinça-t-il. Elle est parvenue à filer.


- Et elle ne se montre jamais quand je suis là? Elle est timide?


- Ou prudente. Peut-être que toi, tu la reconnaîtrais et qu’elle t’évite pour cette raison, fit-il avec méfiance.


Le Tardis grinça et Rose se pencha vers lui avec compassion.


- Qu’est-ce qu’il a, mon vieux?


- Comment tu sais qu’il a un problème?


- Au bout de tout ce temps, je commence à reconnaître certains sons.


- Hum… C’est la planète. Il n’aime pas la planète.


Il joua avec les commandes, tourna deux manivelles et poussa sur le soufflet jusqu’à ce que le grincement disparaisse.


- Et où sommes-nous?


- Planète Midras. Oh, oui, Midras. J’aurais dû m’y attendre. C’est ici que se traitent toutes les affaires louches du secteur à cause des lois assez laxistes. On y trouve de tout. Pratiquement. Mais il n’y a rien de vraiment intéressant.


- Et c’est pour ça que le Tardis n’aime pas Midras?


- Parce qu’il sait que je n’aimerai probablement pas ça non plus. C’est une planète d’excentriques. Des excentriques qui veulent faire fortune. Des arnaqueurs, précisa-t-il avec dégoût.


- Ce sera facile de se fondre dans la masse, alors. Il doit y avoir un peu de tout.


- Pour se fondre dans le décor, il faudra un costume.


- Quoi? Quel genre de costume, au juste?


Elle n’avait rien contre les clowns, mais ils ne l’attiraient pas particulièrement. Surtout si elle devait porter un nez rouge en caoutchouc faisant pouet quand on le pinçait. La vision du Doctor avec un nez rouge traversa son esprit et elle faillit rire. Comment faisait-il pour avoir de l’allure même avec un tel accessoire? C’était peut-être un truc de Seigneur du Temps.


- Qu’est-ce qui te fait rire?


- Je ne ris pas.


- Tes yeux rient.


- Oh, ce n’est pas important. Bon, alors un tour au costumier.


- Mais il faut être excentrique avec de la classe. Peut-être qu’une cravate rayée suffira…


- Ne compte pas là-dessus. Je te verrais bien en nœud papillon.


- Je ne sais pas. J’ai toujours des problèmes quand je mets un smoking.


- Et en quoi est-ce que ça changerait de n’importe quel autre jour?


- Hum, ouais… Pas vraiment, hein?


- Non, pas vraiment.


Ils farfouillèrent dans les malles, Rose éliminant d’emblée tout ce qui avait une traîne.


- Impossible de courir avec ça, se plaignit-elle. Ce n’est pas juste. Tu as même gardé tes vieilles Converse.


- Pas vrai. Elles sont neuves.


- Ce n’est pas la question, mais je veux te suivre si on doit poursuivre les méchants.


- Ou être poursuivis par eux. D’accord, j’ai compris. Et qu’est-ce que tu dis de ça?


Il décrocha un ensemble d’un noir mat composé d’une chemise, d’un large pantalon et d’un boléro.


- Hum… Peut-être… C’est discret, au moins. Et un manteau? J’ai toujours trouvé que tu avais de la classe avec ta vieille gabardine marron.


- On dirait que tu critiques tout, lui reprocha-t-il.


- Faux. Je te l’envie. Tu n’en aurais pas une à ma taille, dis?


- C’est Janis Joplin qui me l’a offerte. Mais bon, peut-être qu’en fouillant un peu plus loin...


Ce fut Rose qui dégota le manteau de feutre d’un blanc très pur, caché derrière une panoplie complète de mousquetaire. Elle le dévisagea quand il tripota la manche de la chemise, puis lui demanda s’il l’avait déjà portée.


- Nan. Enfin, je ne me souviens pas. Pas depuis mon dernier changement. Il est un peu trop large pour moi, je crois bien, fit-il avec déception.


- Les genoux anguleux, hein?


- Ouais, bon. Il a l’air de la bonne taille, dit-il en indiquant le manteau blanc.


- Il est parfait, approuva Rose en l’enfilant.


Elle ajouta une paire de lunettes noires, les repoussa sur le bout du nez avant de lui faire un clin d’œil et de les remettre en place. Il toussota.



Planète Midras  
Le Tardis apparu dans une ruelle déserte. Du moins Rose le cru-t-elle jusqu’à ce qu’elle entende des couinements s’éloigner précipitamment lors de sa sortie.

- Les rats ont donc survécu jusqu’ici. Il fallait s’y attendre.


- Oh, non, non, pas des rats. Des collecteurs. Des petits robots qui ramassent tout ce qui traînent pour le compte de leur concepteur. Ici, pas question de perdre son porte-feuille et penser le retrouver aux objets perdus. Pas le moindre déchet non plus : tout est recyclé ou composté.


- Conscience environnementale?


- Économique, rectifia-t-il. Tout vaut quelque chose pour quelqu’un. Tout le monde lance ses propres collecteurs, du plus riche au plus pauvre. Et euh… il vaut mieux dissimuler le Tardis si on veut le retrouver.


Le tournevis sonique bourdonna et le Tardis s’effaça. Le Doctor et Rose lui tournèrent le dos et partirent à la découverte du coin. Sans y prendre garde, il lui prit la main. Elle n’en souffla pas mot et continua à marcher, un sourire flottant sur ses lèvres.


À première vue, l’endroit ressemblait beaucoup au bazar de Torilcchachad sur Bételgeuse III et Rose se demanda s’ils offraient ce cocktail fantastique à l’ananyane. Mais elle déchanta assez rapidement. Le moindre marchandage s’effectuait à voix basse dans l’ombre et au lieu d’argent, tout se passait avec des machines à empreintes digitales, des scanners oculaires et des fioles de sang.


- Du sang?


- Certains poussent la fraude très loin, fit le Doctor dans un murmure. Quand vient le moment d’identifier le propriétaire d’un compte, c’est assez délicat et les procédures de vérification le sont encore plus.


Quelqu’un étouffa un cri lorsqu’ils passèrent à sa hauteur et Rose l’entendit jurer.


- Tu as dis que tu avais besoin d’un échantillon d’ADN, pas de la moitié de mon pouce, crétin!


- Tu les veux, tes trucs, ou pas?


- Ouais, ouais. J’ai droit au rabais pour la quantité, au moins?


- Sûr. Vous voulez un reçu avec ça? Un coursier pour le porter? Une garantie prolongée aussi, fit-il avec douceur. Fichez le camp, gronda-t-il en posant deux doigts sur son revers où il avait probablement dissimulé une désagréable surprise.


Le client recula, puis s’enfuit avec ses achats en jetant un coup d’œil par-dessus son épaule pour veiller que l’autre ne le suivait pas.


- C’est sérieux. Pas de magasinage ici. De toute façon, il n’y a rien de particulièrement plaisant. Oh, est-ce que ce type ne ressemble pas à Jack?


Elle indiqua du menton un jeune homme vêtu d’un semblant d’uniforme bleu marine. Le Doctor s’arrêta tout net et la poussa doucement mais rapidement derrière un kiosque désert.


- Pourquoi tu fais ça, chuchota-t-elle. C’est Jack!


- Il ne nous a pas encore rencontrés. Fais-moi confiance, c’est Jack avant qu’il voyage avec nous.


- Comment tu sais?


- Seigneur du Temps. C’est dans mes trippes, murmura-t-il pensivement tout en fixant Jack qui marchandait âprement.


- Et vous n’avez plus de pièces de rechange pour cette splendeur, dit-il en exhibant une arme impressionnante que Rose reconnu aussitôt.


- Doctor, c’est le fusil qu’il avait en 1913!


- C’est donc avant notre rencontre. Chut!


- Essayez l’usine de production, mon vieux, tonna le vendeur.


- Une rumeur dit qu’elle a été détruire. On m’a dit que vous aviez le dernier lot de batteries de ce type.


- On vous a mal renseigné.


- Bon. Et est-ce que vous avez des plaques de plastacier de catégorie AA?


- Quelques-unes, oui. Il vous en faut combien?


- L’équivalent de dix mètres carrés.


- Vous voulez réparer votre vaisseau ou en construire un autre?


Il finit quand même par jeter un chiffre que l’acheteur diminua de moitié. L’échange se poursuivit, puis la vente fut conclue et Jack se dirigea vers eux.


Rose agrippa les revers du Doctor, qui fut pris par surprise, et l’obligea à cacher son visage… de la manière la plus délicieuse qui soit.


- Dis donc, c’est l’une des plus belles démonstrations de bouche à bouche de ce coin. N’oubliez pas de respirer de temps en temps, hein, ajouta Jack sans s’arrêter.


En tout cas, la fille semblait vraiment attachée à ce type. On n’embrassait pas un grand maigre osseux sans avoir un peu d’émotion pour se motiver. Jolie blonde. Il devrait peut-être draguer une blonde la prochaine fois. Ça ne lui était pas arrivé depuis un bon mois.


Ils n’avaient pas fermé les yeux et quand le Doctor recula de quelques centimètres, Rose ne fit pas un geste. Ils se fixèrent intensément. Rose relâcha petit à petit le revers du veston, le Doctor ne bougea pas, comme frappé d’une paralysie soudaine. Elle voulu s’excuser devant son air surpris et confus. Et puis l’impensable se produisit : le Doctor se pencha vers Rose et l’embrassa. Passionnément, intensément, amoureusement. Le cœur de Rose cogna si fort qu’elle en eu mal, puis plus rien n’eu d’importance. Le kiosque instable, les vendeurs et les acheteurs louches, les couinements des petits robots entre leurs pieds : tout disparu. Elle devint sourde, aveugle et insensible à tout sauf à l’énergie qui monta en flèche depuis ses orteils jusqu’à la remplir tout à fait, jusqu’à déborder, jusqu’à rejeter le moindre souvenir, la moindre pensée sauf la certitude d’avoir de l’avoir trouvé, lui. Lui. LUI.


C’était Rose. C’était sa Rose. Comment supporter de la lâcher ne serait-ce qu’une seule seconde? Son contrôle définitivement craquelé, incapable de résister à l’impulsion (au besoin) de la toucher, de l’aimer, de…  Rien ne pouvait lui interdire d’être heureux. Rien. Parce qu’il l’avait retrouvée, qu’elle était à lui, en lui, aussi vitale que l’oxygène, pareille à…


- C’est lui! C’est eux! Arrêtez-les!


Le Doctor et Rose revinrent instantanément à la réalité et se mirent à courir sans se consulter. Mais leurs pieds ne touchaient pas le sol et leurs mains ne s’étaient pas séparées. Rose se mit à rire, imitée par le Doctor.


- P… Pourquoi ils veulent… nous arrêter?


- Je ne sais pas, cria-t-il joyeusement.


Nouveau fou rire. Nouvelle course.


Ils changèrent de quartier et les baraques devinrent moins miteuses, les passants s’exclamaient et se plaignaient plutôt que de se détourner et de faire semblant de ne rien voir. Les produits étaient exposés plutôt que dissimulés. Devant une friperie, le Doctor s’arrêta brutalement, puis plongea entre deux rayons.


- Qu’est-ce que tu fais, s’exclama Rose.


- Camouflage.


Elle plongea à sa suite. Ils virent leurs poursuivants passer à toute allure et ralentir au bout de l’allée. Rose s’enfonça dans les vêtements. Le Doctor se prit le pied dans le bas d’une cape appartenant à une riche cliente qui lui fit de gros yeux.


- Qu’est-ce qui vous prend, siffla-t-elle.


- Oh, je vérifiais que… que… vous n’aviez besoin de rien d’autre. Vous saviez que nous avions un rabais sur les chapeaux aujourd’hui?


- Ne me touchez pas. Je n’achèterais rien dans cette porcherie.


Et la riche dame retira d’un coup sec le tissu de sous le pied du Doctor qui rebascula dans la pile de vêtements. Rose vit passer avec stupéfaction une dizaine de femmes et d’hommes richement vêtus, parfumés et couverts de bijoux entourés de gardes du corps et de serviteurs.


- Tout va bien, milady, demanda servilement l’un des gardes en fixant le Doctor.


- Oui.


Et la petite cour repartie tranquillement, d’une démarche digne et pleine de hauteur, passant sans problème devant leurs poursuivants qui s’inclinèrent légèrement. Rose claqua des doigts et le Doctor hocha la tête. Aussitôt, il s’enroula dans une large bande de tissu rose avant de lancer un chapeau à Rose, comme un frisbee.


- Couvre tes cheveux.


C’était la solution. Ils cherchaient un homme dont ils connaissaient le visage et une jeune femme blonde. Camouflé dans des voiles, le Doctor se releva lentement et commença à faire le tour du magasin. Rose le suivi, tout en se débarrassant de son manteau blanc. Ses vêtements étaient sobres au point qu’elle puisse passer pour une servante. Elle retira aussitôt le chapeau et « emprunta » à la place un long châle noir qu’elle noua artistiquement sur sa tête, laissant retomber les pans sur sa poitrine et son dos. Elle avait l’air d’une folle, mais elle portait un costume excentrique avec classe. Ça devrait marcher. Le Doctor leva un pouce, empêtré dans les fanfreluches.


- Donne-moi les papiers psychiques et ne dis pas un mot, ordonna-t-elle. Ta voix nous trahirait. Euh… si tu pouvais t’inspirer de… je ne sais pas… de Cassandra? Et ne marche pas sur ta traîne. Ça gâcherait tout.


Elle entendit un grommellement provenant de sous les plis roses.


- Je t’avais dis que ce n’était pas pratique pour courir, se moqua-t-elle.


Il grogna.


Le plan fonctionna parfaitement. Quand les gardes firent mine de leur parler, Rose déplia d’un coup sec le petit étui avec les papiers psychiques et continua à avancer en les ignorant de façon méprisante.


- Ma maîtresse ne s’adresse qu’à ses égaux. Libérer le passage.


Et ils obéirent. Aussi facilement que ça. Ils tournèrent le coin de la rue, marchant lentement pour que le Doctor ne trébuche pas.


- Autant suivre les snobs quelques minutes. Ils penseront que nous sommes les retardataires du groupe. Et garde bien ton voile en place.


- Humpfvars, fit la boule de tissu.


- Je trouve aussi que le rose te va très bien. Dommage qu’il n’y ait pas de rayures, fit Rose d’un ton dégagé.









   
Citation:
Le Doctor se débarrassa de son costume improvisé et retrouva son allure à la James Bond. Il rajusta son nœud papillon, espérant qu’il finirait par lui porter chance.
- Et maintenant?


- Les perles se trouvent dans l’autre quartier et nous devrons fatalement y retourner. Le Tardis aussi, se rappela-t-il avec horreur.


- Ils nous ont reconnu. Mais d’où? Nous venons de débarquer! Nous n’avons jamais mis les pieds ici.


- Les voyages dans le temps ont leurs petits désavantages. C’est notre première fois, mais sans doute pas la visite la plus ancienne chronologiquement parlant.


Le revers de son veston bourdonna. Il retira le pisteur transmis par Gisel et s’exclama qu’il y avait des perles spatiales à cent mètres d’où ils se tenaient. En moins de temps qu’il faut pour dire Raxacoricofallapatorius (beaucoup moins de temps encore si on essayait de le dire sans se fouler la langue), ils se retrouvèrent dans un nouveau quartier où les marchandises sentaient la barbe à papa et les chips. Rose eu une minute nostalgique, rapidement mise de côté quand le Doctor lui désigna un chapiteau où se produisait un amuseur de foire. Sur une banderole électronique on pouvait lire : Venez faire revivre les morts.


Le Doctor confirma d’un signe que les perles se trouvaient sous le chapiteau. Ils échangèrent un regard et s’approchèrent lentement. Contrairement à ses semblables, le forain ne gesticulait pas et ne clamait pas ses tours. Pourtant, son numéro accueillait le plus longue file d’attente. Rose reconnu la troupe de gens riches entourés de serviteurs et de gardes du corps. Ils venaient assister à un spectacle de cirque? Ils dépensaient des fortunes et venaient assister à un banal tour de foire? Un tour de foire appelé Venez faire revivre les morts, n’empêche. Ouais, bon.


Le Doctor zappa le poste de péage et ils entrèrent sans problème, se choisissant des places sur le côté.


- C’est pour éviter que les spectateurs pensent à une projection holographique minable, expliqua leur voisin en pointant la scène qui paraissait très nue comparativement au décor du reste du chapiteau.


- Et nos billets nous donnent le privilège d’aller sur scène, n’est-ce pas? Nous pourrons revoir Alessa?


- Je te l’ai promis, chérie.


Le Doctor s’imposa dans la conversation avec une aisance née d’une très, très longue habitude :


- Bonjour, John Smith. C’est ma première fois. Le spectacle est bon?


- Bon? Extraordinaire, vous voulez dire! Est-ce que vous avez des billets pour monter sur scène?


- Sur scène?


- Oh, c’est dommage. La prochaine fois, peut-être.


- Et qu’est-ce qui se passe de spécial quand on a ces billets, demanda Rose.


- Anton ramène quelqu’un de notre choix. Non, non, pour de vrai, dit la femme en sortant un mouchoir de son sac à main. Anton en est capable. Nous avons revu Alessa et tous ceux qui sont montés sur scène ont revu ceux qu’ils voulaient. Tout le monde peut revoir un mort. Trois minutes de bonheur avec un disparu. Il revient, il nous parle, il est là, complètement, totalement.


- Et au bout de trois minutes, siffla le Doctor. Il disparaît? Il meurt à nouveau?


- Le fantôme disparaît, oui, rétorqua l’homme en enlaçant sa compagne. Mais au moins, on peut le revoir, lui parler, faire comme s’il n’était pas mort.


Le Doctor  grinça des dents, mais Rose hocha la tête. Oui, elle comprenait pourquoi on risquait tout pour revoir un disparu. Même s’il s’agissait uniquement d’une image impalpable ou de quelques mots. On peut faire n’importe quoi pour revoir quelqu’un qui nous manque trop, y compris l’impossible, comme changer d’univers. Elle serra la main du Doctor qui desserra les dents et finit même par arborer un sourire d’excuse au couple toujours enlacé. Oui, il comprenait.


Le Doctor guetta l’arrivée de ce fameux Anton, mais comme le flot des spectateurs commençait à peine à diminuer, il en profita pour observer le profil de la jeune femme à la dérobée. Il s’émerveilla de la facilité qu’elle avait à passer d’un quartier pourri à un chapiteau de cirque, se défaisant d’un manteau ultra chic qu’un maharadja lui avait offert pour avoir retrouvé son troupeau de chameau (longue histoire) au profit du simple châle transformé en coiffure ésotérique.


Et il l’avait embrassée. Très peu de femmes pouvaient y prétendre. Quelques-unes l’avaient surpris au détour du chemin, mais il pouvait compter sur les doigts d’une seule main celles vers qui il s’était penché pour quelques secondes.


Le visage translucide d’Astrid Peth…


La timide infirmière Joan Redfern…


Reinette…


Et même Martha et Donna, bien que ce soit dans un contexte un peu différent.


Et maintenant Rose, pour la première fois. Il ne comptait pas la fois où Cassandra avait possédé son corps. Sur le moment, il avait été surpris de l’intensité un peu agressive de Rose et n’avait pas tardé à se rendre compte de la vérité. Et là, pas question de nier, il y avait de l’émotion. Le pire était probablement de se rendre compte qu’il espérait l’embrasser à nouveau. La tête lui tourna et dieu seul sait ce qui serait arrivé si Rose ne lui avait pas donné un léger coup de coude.


Il revint à la réalité (enfin, une réalité plus contrôlée). L’éclairage s’assombrissait et les retardataires gagnaient leur place. Un projecteur illumina la scène et un petit homme rondouillard vêtu d’un smoking. Le Doctor grogna, mais les protestations étouffées de ses voisins le firent taire.


- Bonsoir et bienvenue à tous les êtres conscients et intelligents présents sous le chapiteau. Je me présente, je suis Anton et je serai votre hôte pour la soirée.


Des applaudissements chaleureux saluèrent cette annonce.


- Comme d’habitude, je vous demande d’abord de respecter le délai de trois minutes accordé à chaque séance. Il m’est impossible, malheureusement, de prolonger ce délai, comme vous le savez.


- En deux cent cinquante ans, z’avez pas été capable de vous améliorer, hein, railla un spectateur anonyme.


- On s’améliore difficilement dans un caisson cryogénique, répliqua doucement Anton. Comme je l’ai dit à la presse, mon état de santé a imposé ces vacances prolongées.


Il afficha un air bienveillant et étendit les bras : « Mais je suis de retour! Et les morts également! ».


Applaudissements nourris.


- Et maintenant, je demanderais que notre premier participant vienne sur scène.


La « Milady » rencontrée un peu plus tôt se leva dignement et avança, ou plutôt flotta, vers la scène, accompagnée de trois servantes et d’un garde. Ceux-ci l’attendirent au bas des marches, coupant la vue à Rose et au Doctor qui se redressèrent et changèrent de place. Anton, agacé par ces mouvements, protégea ses yeux du projecteur et les foudroya trois secondes avant de virer au carmin.


- Vous!


Agitation en coulisses. Anton fit un signe et désigna le Doctor et Rose qui furent brutalement éclairés par un projecteur. Anton ne tint aucun compte des protestations de la spectatrice, pas plus que du garde qui se déplaça lourdement vers lui. Il pointait le doigt vers ceux qu’ils venaient de reconnaître et hurla qu’il fallait les arrêter.


Le Doctor ne fit ni une ni deux. Il pointa son tournevis vers le projecteur qui claqua bruyamment et Rose et lui s’éclipsèrent. Dans la confusion, le châle couvrant les cheveux de Rose fut arraché. L’arrière du chapiteau était désert. Deux robots récupérateurs filèrent dès qu’ils apparurent.


- Lui aussi nous a reconnus, souffla Rose en parlant d’Anton.


- Et je serai très curieux de découvrir comment.


- Et je comprends ce que je dois comprendre?


- Qu’est-ce que tu comprends?


- Comment retourne-t-on au Tardis?


- Tu comprends.


- Toi aussi.


Regard complice.


- On ne bouge plus, ordonna Jack Harkness. Oh, est-ce que je ne vous connais pas?


Il abaissa légèrement son arme. Rose se figea. Elle se trouvait dos à lui, donc tout irait bien. Le Doctor ne trouva pas le temps d’inventer une histoire plausible avant que Jack s’approche un peu plus.


- Je dois avouer que le coin est un peu moins choisi pour une rencontre, mais vous ne devriez pas rester là.


- Capitaine Jack Harkness, j’ai besoin de votre aide, dit le Doctor.


- Qui vous a dit mon nom, rétorqua-t-il en levant son arme à nouveau.


- Selon le règlement 44 de l’Agence du temps, je suis obligé de faire appel à votre assistance.


Et d’ajouter tout bas : « J’espère qu’il oubliera ça avant de me connaître dans le futur. ».


Jack fut stupéfait et rabaissa son arme.


- C’est quoi, l’Agence du temps?


- Et selon le règlement 39, je ne puis vous dire pourquoi j’ai besoin de votre aide.


- C’est le 40, corrigea-t-il. Oh, d’accord. Qu’est-ce que je peux faire?


- Nous devons retourner où vous avez acheté les plaques de plastacier.


- Ce n’est pas recommandé pour les filles en pleine nuit, dit-il en jetant un coup d’œil à Rose.


- Et c’est pourquoi nous n’y resterons pas longtemps.


- Et après?


- Nous n’aurons plus besoin de vos services.


- Je traduis : qu’est-ce que vous m’offrez en échange? Oh, je me contenterais d’un baiser d’une jolie fille, fit-il d’une voix rauque en faisant un pas en avant.


Rose lui échappa en se réfugiant dans l’ombre du chapiteau et en faisant glisser ses cheveux devant son visage. Elle retint un fou rire en posant les deux mains sur la bouche.


- Même les lèvres d’une timide me dédommageraient. J’ai bien vu comment vous réagissiez tout à l’heure, rappela-t-il au Doctor. Elle ne doit pas rester timide très longtemps.


- Ehm, Jack, ce ne sera pas possible, je le crains.


- Pourquoi?


- Article 78.


- Non!


- Euh, oui.


- 78?


Le Doctor acquiesça.


- Sacré fiche nom de nom de…  Oh, d’accord.


Il les ramena par diverses allées et des raccourcis un peu bizarres jusqu’au kiosque. Il ne posa pas de questions sur le nombre de gardes qui les cherchaient et ne fit rien pour surprendre Rose. Le Doctor s’arrêta avant que Jack puisse apercevoir le Tardis.


- Et je ne peux pas avoir un indice sur quand je vous retrouverai? Et où? J’aimerais me rattraper.


- Oh, c’est… C’est…


- Essayez la Terre, dit Rose. Et je pense que vous feriez des rencontres intéressantes.


- C’est une promesse?


Et Rose reconnu le prélude à un flirt officiel.


- Je suis certaine que vous trouverez les Terriens intéressants. Et réciproquement.


- Vous croyez? Vous ne changez pas d’idée? Vous ne savez pas ce que vous manquez. J’embrasse très bien, vous savez. Enfin, c’est ce qu’on me dit.


- Capitaine, nous devons y aller, fit le Doctor.


Jack hocha la tête : « À charge de revanche. ».


Et ils se séparèrent. Quelques secondes plus tard, Jack entendit un souffle asthmatique bizarre. Bizarre, répéta-t-il. Franchement, le plus bizarre, c’est qu’une jolie fille refuse de l’embrasser. Règle 78. Bon sang. Les règles de l’Agence lui portaient sur les nerfs. Il songea à démissionner. Mais il lui faudrait alors rendre son bracelet et ça…


Restait toujours la solution de s’éclipser en douceur et avec discrétion… Peut-être vers la Terre. Pourquoi pas?


Elle referma la porte du Tardis et  remonta la rampe. Le Doctor vérifiait déjà les contrôles et entrait leur prochaine destination.


- Qu’est-ce que tu vas lui dire quand tu le reverras? Est-ce qu’il saura que tu es le Doctor?


- Il ne dira rien tant que je ne le mentionnerai pas. Ça fait partie de la règle de l’Agence du temps. Pour éviter les paradoxes... Pour éviter les paradoxes? Pour éviter les paradoxes!? Mais je suis idiot ou quoi, s’exclama-t-il en faisant sursauter Rose.


Il bondit tout autour de la console et tira ses cheveux dans tous les sens.


- Pourquoi est-ce que tu n’as rien dit? Rose!


- J’aurais dû dire quoi?


- Pourquoi est-ce que le pisteur nous a-t-il menés vers Midras plutôt que vers le cargo géant? On pourrait penser que la quantité de perles spatiales était plus grande dans le cargo que partout ailleurs, non? Et, comme par hasard, nous rencontrons Jack Harkness? Tu crois aux coïncidences, Rose?


- De moins en moins depuis que je te connais. Alors ce n’est pas un pisteur pour les perles spatiales.


- Pas du tout! On nous a poussés à venir sur Midras, justement au moment où ce forain reprenait ses activités.


- Après 250 ans dans une glacière.


- Ce n’est pas le terme technique, fit-il remarquer. Mais c’est juste. Et maintenant, nous faisons un bond dans le passé. Et pourquoi est-ce que les perles spatiales ne nous semblent plus aussi importantes, hein?


- Je ne sais pas.


- Voilà pourquoi le Tardis ne voulait pas atterrir sur Midras. Il savait, il savait!


Il plaqua le pisteur sur la console, lui donna un bon petit coup de fouet sonique et le pisteur se brisa en deux.


- Non, non, non!


Un filet de fumée fut sa seule récompense.


- Tu l’as cassé.


- Non, ce n’est pas moi. Il s’est autodétruit, dit-il en se mettant pratiquement le nez dessus. Mais je peux quand même analyser les morceaux.


Et il n’y avait pas moyen de nier l’enthousiasme qui le faisait agir. Un mystère! Un mystère à résoudre! Rose se rapprocha et les morceaux du pisteur explosèrent, manquant de peu de blesser le Doctor qui se jeta en arrière juste à temps.


- Qu’est-ce que j’ai fait?


- Ne sois pas ridicule, dit le Doctor. Ce n’est pas parce que tu as fait un pas en avant que…


Mais il s’interrompit à nouveau.


- Je retire ce que j’ai dis : c’est toi!


- Je suis désolée. Je ne sais pas pourquoi, mais je le suis.


- C’est toi, ça a un rapport avec toi! Est-ce que tu ne comprends pas? La rouquine en satin rouge! La femme qui est venue me voir au bazar sur Bételgeuse III! Quand tu n’étais pas là! Et qui m’a fait venir sur Perle II, qui a donné à Gisel le pisteur! Et qui nous a détourné de notre premier objectif, je veux parler du cargo géant, pour venir sur Midras. Cette rencontre avec Jack alors que tu ne devais pas être vue de lui. C’est toi! Tout tourne autour de toi!


- Qu’est-ce que je suis sensée faire alors?


Il s’immobilisa sur un pied au risque de s’étaler.


- Je ne sais pas. Qu’est-ce que tu penses devoir faire?


- Eh bien, j’aimerais provoquer la première rencontre avec Anton et assister à son spectacle. Il doit y avoir une raison pour que Jack ait traîné proche du chapiteau.


- Oh, bonne déduction. Je n’avais pas pensé à celle-là. Et il sera toujours temps de revenir aux perles spatiales? C’est ce que tu crois?


- Je crois que n’importe quelle aventure est bonne, pourvu que je sois en bonne compagnie.


Le Doctor sourit largement.


- Donc on reste sur Midras?


- On reste sur Midras.


Le Doctor frappa légèrement du poing sur la console et le Tardis se mit à pomper.


- Midras moins 250 ans. Il nous faut douze secondes.


- Hé! Douze secondes, mais un sandwich, supplia-t-elle. Avec tes plans, on pourrait sauter les repas de la prochaine semaine sans que tu t’en rendes comptes. Et je meurs de faim, ajouta-t-elle en le bourrant de coups amicaux.


- D’accord, d’accord. Et je vais en profiter pour mettre une cravate rayée. La malédiction du nœud papillon, bon, je n’y crois peut-être pas, mais je ne vais pas tenter le sort. Encore.









  
Citation:
La baraque d’Anton était beaucoup plus miteuse et le chapiteau était remplacé par une simple estrade en pleine air. À chaque bout se trouvait un escalier de trois marches mal clouées et sans rampe. Une dizaine de spectateurs s’étaient arrêtés pour entendre son boniment et une bonne moitié semblait s’ennuyer ferme.
Rose et le Doctor se frayèrent un chemin jusqu’au milieu de la triste foule, décidés à se faire discrets.
Il valait mieux assister tranquillement au spectacle et prendre des notes avant de foncer billes en tête après le petit forain qui, après tout, passerait les 250 prochaines années en cryogénie.


Anton s’ennuyait presque autant que les badauds. Aucun, dans le tas, ne valait même la peine d’un petit investissement pour attirer une clientèle plus nombreuse. Personne ne regrettait un disparu. Il avait compris depuis longtemps que la machine fonctionnait mieux avec une forte impulsion émotionnelle sinon il n’obtenait qu’un vague nuage flottant. Il soupira et rajusta discrètement le circuit de sa machine et vérifia sa réserve d’énergie. Ce n’était pas un bon jour. Aucune festivité en vue, rien qui ferait regretter d’être seul. Un jour banal.


Et puis, il sentit sa chance revenir. Un couple approchait lentement, mais sûrement, vers son kiosque. Il rajusta sa banderole et reprit son boniment. Plus ils s’approchaient, plus il comprenait qu’il tenait probablement sa meilleure chance de la journée, surtout avec la fille qui était vêtue avec des vêtements peu ordinaires et qui ne portaient pas la griffe du récupérateur. Ils devaient être riches. Les gens riches regrettent toujours leurs disparus, depuis l’arrière-grand-mère qui leur a légué leur fortuné jusqu’au chiot malencontreusement écrasé par le chauffeur privé. Et s’ils étaient satisfaits, ils pouvaient bien le payer ET parler de lui en haut lieu. Ces gens étaient la clé vers une clientèle riche et profitable.


Anton essuya discrètement ses paumes le long de son pantalon. Ils valaient bien une perle. Quoiqu’une perle ne valait pas grand-chose, se rappela-t-il. Son petit commerce connaîtrait fatalement du succès. Il le fallait. Tout se jouerait en trois minutes. Et la femme serait parfaite. Les femmes ont plus de facilité à faire sortir l’émotion que les hommes. Le tout était de la mettre au pied du mur et ne pas lui laisser un instant pour réfléchir et dire non.


Avant de comprendre comment il y était parvenu, Rose fut entraînée par un Anton joyeux et bondissant vers la scène, où on lui enfonça la tête dans un casque léger. Un bandeau métallique était collé à l’intérieur du casque et relié à un appareil qu’elle n’avait pas vu lors de leur précédente et future visite sous le chapiteau. Anton venta les propriétés de sa machine pour faire revivre les morts, puis s’adressa à elle : « Nous avons tous perdu des êtres chers, des personnes qui nous ont marqué, qui nous ont changé, qui nous ont aimé. Elles ne sont pas complètement mortes tant qu’on les aime encore, tant qu’on s’en souvient. »


Il posa le pouce sur le front de Rose, enclenchant sans que les autres ne le sachent, le mécanisme intégré au casque. Un léger courant électrique passa et Rose tressaillit. À deux pas d’elle apparu un nuage qui commença à se préciser.


Le Doctor s’approcha discrètement de l’estrade, du côté où Anton avait branché sa machine, bien décidé à l’examiner. Un petit coup de tournevis sonique devrait lui apprendrait tout ce qui était nécessaire. Il se tourna brièvement vers Rose qui jouait son rôle en faisant apparaître un fantôme. Quelques secondes de plus et…


Rose était dans un état réceptif parfait et Anton lui souffla les dernières consignes. Le nuage devint une silhouette humaine et les traits s’affinèrent de plus en plus rapidement. Un nez fin et un menton légèrement pointu, une tignasse ébouriffée, un corps mince, presque acétique.


Le Doctor, tout à son examen mécanique, ne remarqua par une ressemblance de plus en plus frappante avec le fantôme. Les composantes biologiques faisant fonctionner la machine étaient variées et provenaient d’endroits très éloignés les uns des autres. Il ne mit pas longtemps à les relier entre eux et pâli. Tout était lié. Il s’était encore fait avoir.


Les regrets de Rose étaient profonds et sa mémoire excellente et Anton fut plus que satisfait de voir les détails des vêtements apparaître en dernier. Avec un peu de chance, ce succès lui offrirait le triomphe tant rêvé. Il tripota son poignet où se trouvaient attachés les derniers contrôles psychomécaniques. Dans quelques secondes, le fantôme pourrait parler. Il entendit un blip imprévu provenant de la machine et porta son attention vers un individu qui essayait visiblement de lui voler son invention. Ce dernier, comprenant qu’il venait de se faire surprendre, appela sa complice : « Rose! ».


Et le fantôme dit la même chose, au même instant, avec la même voix. Anton se retourna lentement. Le Doctor bondit sur l’estrade et pointa son tournevis vers l’être disparu que Rose regrettait le plus.


- Rose…? Mais que…


Il eu l’impression de se regarder dans un miroir, mais comprit rapidement la situation. Son bras retomba mollement. Oh.


- J’ai combien de temps, demanda le Doctor fantôme.


- Quelques minutes, soupira Rose.


- Ce n’était pas moi qui disais ça? Rose Tyler. Chère Rose. Tu vas bien? Tu as l’air…


- Je vais bien.


- Tu es revenue ou c’est lui qui t’a trouvée? Comment as-tu fait?


- Le Tardis II. Tout seul.


- Et Jackie, Pete, Tony…


- Ils sont restés là-bas.


- Ah.


- Tu m’as beaucoup manqué. Je suis désolée…


À l’époque, elle avait choisi un Doctor plutôt qu’un autre. Est-ce qu’ils lui en voudraient de changer si facilement, passant de l’un à l’autre dès que l’un disparaissait… Les deux Doctor échangèrent un regard.


- Tu prendras bien soin d’elle, n’est-ce pas, demanda le Doctor fantôme.


Son jumeau hocha la tête. Une fois. Du coin de l’œil, ils virent Anton s’enfuirent, bouleversé et terrifié.


- Il ne faut pas le laisser s’enfuir, cria le Doctor fantôme.


Le Doctor bondissait déjà de l’estrade, son manteau gonflé par sa course. Rose se retourna vers l’autre Doctor qui l’observait, les mains dans les poches, comme si c’était une situation qu’il vivait tous les jours. C’était le même sourire triste qu’il lui avait offert sur cette maudite plage. Son cœur se serra.


- Je ne regrette aucun des instants que nous avons vécus. Je veux que tu sois heureuse et de te savoir avec lui… avec moi… c’est ce qui pouvait arriver de mieux. Pour nous trois.


Et il paraissait légèrement amusé.


- Et tu t’en vas…


- Pas vraiment. Il est là, lui. Enfin, il va revenir. Le Doctor ne peut pas voyager sans une Rose. Et une Rose ne peut être sans son Doctor. Vous êtes ensemble. Il te mérite, je le sais. Et il a besoin de toi. Comme moi, j’ai eu besoin de toi. Il s’en rendra compte.


Le Doctor fantôme sourit et effleura la joue de Rose, qui ne sentit rien. La caresse d’un fantôme.


- Et pour toutes les fois où l’autre Doctor aurait dû te le dire, toutes les fois où je ne l’ai pas fait, toute les fois où il ne te le dira peut-être pas… Il faut que tu saches… Je t’aime.


- Je t’aime aussi, Doctor.


Il se pencha sur elle. Le baiser d’un fantôme, d’un nuage, d’un disparu.


L’autre Doctor revint, un peu penaud. Il fit mine d’ignorer ce qu’il venait de voir. Rose ne fut pas dupe de son attitude, mais l’imita et fit semblant de rien.


- Il a disparu.


- Oui, le mien aussi.


Le Doctor ouvrit les bras et elle s’y réfugia.


- Je suis désolé.


- Est-ce que tu m’en veux?


Il n’eu pas besoin de grandes explications, pas plus que de chercher une réponse. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Il la serra un peu plus fort.


De retour dans le Tardis, Rose s’installa sur le siège devant la console et le Doctor s’attarda sur l’écran principal qui affichait des diagrammes incompréhensibles. Il devina qu’elle était bouleversée par sa rencontre avec le fantôme.


- Il me manque, tu as raison.


- Je n’ai rien dit, fit-il froidement.


- Je sais.


Petit silence que le Doctor finit par rompre. Rose dissimula un sourire.


- Retour vers le futur. Enfin, vers le présent. Notre ancien présent.


- J’ai compris.


- O.K. Nous avons été piégés. Il fallait que nous venions ici pour inspirer ce cher Anton. Il vient de comprendre que son invention ne ramène pas à la vie les défunts.


- Bien sûr que si. Tout à l’air, c’était la meilleure preuve.


- Non, non, non, non. La machine crée une réplique fantomatique de N’IMPORTE QUELLE personne. Anton croit qu’il s’agit de fantômes, enfin, il croyait, mais en me voyant, il a pigé le truc. Je ne suis pas mort, mais tu as créé une image de moi. Une très bonne image de moi, très ressemblante, si je dois te le rappeler. Et qu’est-ce qu’il va faire de son invention maintenant?


- Passer sous un vrai chapiteau! Non, attends! Il va passer 250 ans en cryogénie.


- Ça, c’est ce qu’il a dit. Pourquoi le ferait-il? Mais nous savons, enfin, j’ai découvert tout à l’heure, que le fantôme est créé à partir de poudre de perle spatiale, de champignon de type rotique et à grâce à un filtre assez semblable à ce qu’on trouve dans les instruments de musique les plus perfectionnés. Évidemment, le tout est un peu improvisé, mais... Oh, mais il va avoir 250 ans pour accumuler tout ce qui lui faut.


- Mais il ne peut pas passer les 250 prochaines années à faire tout ça!


- Vrai, approuva le Doctor tout en tapant du poing sur la console. Il s’est trouvé des associés.


Le Tardis grinça.


- Oui, oui, oui, oui, j’ai compris, mais il faut rester encore un peu sur Midras.


Le grincement cessa.


- Tu ne lui parlais pas aussi souvent avant, fit remarquer Rose.


- Le mien aussi a son caractère.


- Et donc Retour vers le futur à la façon du Doctor.


- Et de Rose Tyler.


- Ça me va.


- C’est probablement un autre piège.


- Et en quoi cela changera-t-il de n’importe quelle autre journée?


- Évidemment, si tu le prends comme ça. Et c’est reparti!












  
  
Citation:
- C’est dans l’entrepôt, dit le Doctor.

- Les perles ?


- Yep.


- Je ne comprends pas à quoi lui serviraient à fabriquer autant de fantômes. À moins que ce soit pour créer la panique.


Ils pensèrent tous deux à la dernière invasion de fantômes sur Terre et à quoi ça avait mené.


- Oh, mais avec tous les « ingrédients » en quantité et avec une source d’énergie suffisante, comme celle du générateur calorifique de cet entrepôt, la machine ne crée plus de fantômes, mais des êtres en chair et en os. Le défunt peut faire dire n’importe quoi faux fantômes. Anton peut faire agir ses créations à sa guise. J’espère qu’il n’est pas assez futé pour penser à les immuniser et à corriger leurs points faibles sinon ça va poser problème.


Le Doctor se gratta le cou, nerveux.


- Imaginons un vampire. Bon, les vampires n’existent pas, enfin, ils n’existent pas comme… comme Belu Lugosi et compagnie, d’accord ?


- Il y avait une trilogie de romans avec des vampires plutôt chouettes, commença Rose. Je ne me rappelle pas le nom de l’auteure… Sophie ?


- Oh, ouais. J’ai préféré Harry Potter, surtout le dernier tome. Mais joli quand même. Bon, alors imaginons que les vampires ne soient plus allergiques à l’ail, à l’argent, qu’ils puissent se balader en plein jour.


- Comme dans les romans.


- On peut se concentrer sur mes vampires, oui, protesta le Doctor avec un froncement de sourcils comique. On aurait un problème, hein ? Oui, oui, je réfléchis, je sais, je sais, je sais. Il faut arrêter la machine.


- Est-ce que ça ne devrait pas être mieux gardé ? Je veux dire, les perles valent très cher maintenant, surtout qu’il n’est plus possible d’en obtenir plus.


- En apparence, il n’y a pas de défense. En apparence.


Le tournevis sonique désactiva les protections (ils se font surprendre à chaque fois, fit le Doctor avec un haussement d’épaule). Ils ne firent pas trois pas qu’une alarme résonna. Le Doctor la poussa dans la première pièce en lui jetant le tournevis sonique.


- Il est préréglé. Verrouille la porte.


Les gardiens l’attrapèrent par le col (littéralement puisqu’ils mesuraient près trois bonnes têtes de plus que le Doctor) et le conduisirent dans l’entrepôt principal.


Rose grelottait, regrettant de n’avoir pas pensé à remettre un manteau. Et d’avoir appris le truc du tournevis sonique. Elle n’avait jamais pensé demander au Doctor un cours sur le sujet. Et il ne l’avait jamais proposé. Rose se retrouvait donc avec un outil dont elle savait qu’il pourrait lui être TRÈS utile, pour libérer le Doctor, mais en ne sachant pas quoi en faire!


Mais ce que la technologie et les tours du Doctor ne pouvaient réaliser, d’autres méthodes pouvaient tout de même le permettre. Notamment l’échelle donnant accès au toit. Rose se rappela avoir vu une étroite galerie faisant le tour du dernier étage. Un escalier reliait certainement la galerie intérieure et le toit, ne serait-ce que pour les réparations et l’entretien. Escalader l’échelle ne lui demanda pas trois minutes. Aplatie sur le toit, les doigts encore plus gourds à cause des barreaux de métal que du froid, Rose jeta un coup d’œil à l’intérieur de l’entrepôt par la baie vitrée. Normalement, elle n’aurait pas dû en être capable puisque le verre était opaque, mais deux carreaux manquaient.


Anton indiqua aux deux aliens géants de déposer le Doctor dans le fauteuil d’examen et battit des mains comme un enfant.


- J’ai craint que vous ne disparaissiez une nouvelle fois, vous savez.


- Oh, je reviens toujours sur les lieux du crime, fit le Doctor d’un ton mystérieux. Je préfère avoir un peu plus de libertés, toutefois.


- Oh, pas question. Vous allez rester bien tranquille.


- Je ne reste jamais tranquille. J’ai tendance à parler. J’adore parler. Et c’est en parlant qu’on apprend à mieux se connaître. Hé...


Anton avait fait signe à un assistant qui injecta un somnifère directement dans le cou du Doctor.


- Comme c’est impoli… Moi qui brûlait… d’impatience… de faire… Ooooh, c’est…


Et son débit ralentissait déjà.


- Je dois m’excuser, mais si j’ai besoin de vous, je n’ai pas besoin de faire connaissance avec vous. Dites bonne nuit !


La tête du Doctor roula et ses yeux se fermèrent.


- Veillez à bien l’attacher, ordonna Anton. Il pourrait réagir quand le cycle commencera. Après, ça n’aura plus d’importance.


Rose serra les poings. Elle n’aimait pas voir le Doctor… son Doctor… attaché. Et sans défense. Et attaché. Définitivement pas. Rose savait très bien ce que le Doctor ferait.


- Hello, s’exclama-t-elle, faisant sursauter Anton.


Des armes se braquèrent sur elle et Anton montra un bref moment de surprise, puis de panique en la reconnaissant et décida de jouer la carte du charme !


- Si je m’attendais…


Il fit signe aux gardes de ne pas réagir. Rose se laissa glisser le long d’une conduite jusqu’à la hauteur de la galerie, puis sauta dessus. Un garde « l’aida » à y prendre pied. Elle le secoua et il recula d’un pas, attendant l’ordre d’Anton de l’enfermer quelque part.


Mais Anton souriait et lui baisa la main, feignant la nonchalance. Rose se retint pour ne pas l’étrangler.


- J’aimerais connaître le secret de votre jeunesse, mademoiselle Rose !


- Oh, beaucoup de sommeil et un jus d’orange tous les matins. Et le vôtre?


- Cryogénie. Mes associés me voulaient en plein forme pour l’opération finale alors j’ai sauté les étapes préparatoires pour coordonner le résultat final. Et lui ?


- Eh bien, il se fait vieux certains jours.


- Oh, oui, j’en suis certain. C’est pourquoi je l’ai bien installé ainsi. Très confortablement, vous voyez. J’étais certain qu’il avait plus d’expérience que moi. C’est pourquoi j’espérais très fort que vous reveniez. J’avais tout prévu.


- Je ne suis pas sûre.


- Mais si, mais si… De toute façon, c’est sans danger.


- Vraiment?


- Hum hum. Vous autres, femmes, avez peut-être le plus fort potentiel émotionnel, mais mon engin est réglé différemment maintenant. Je n’ai plus besoin d’émotion. J’ai besoin d’exactitude. Et ce type…


Il désigna le Doctor et le fauteuil.


- Est exactement ce qu’il me faut. Mes associés ont enquêté sur lui.


Rose commençait à atteindre sa limite : dégager d’ici AVEC le Doctor était un excellent plan. Le tout était dans le timing. C’était toujours sur ce point que ça coinçait. Et ça se vantait d’avoir une machine à voyager dans le temps ! Franchement !


- Oh, je vous l’abandonnerai dès que je n’en aurai plus besoin. En vie, tout beau, gentil, pareil à ce qu’il a toujours été. Et vous pourrez vous en aller. Oh, je suis sérieux. J’ai seulement besoin de lui pour… quelques ajustements. Et après, bon vent. Vous aurez été des cobayes extraordinaires, mais je préfère un produit fini. Je dois rendre des comptes. Alors, la machine des morts va fonctionner. Vous ne l’avez pas reconnue, n’est-ce pas? Je l’ai pas mal améliorée.


- Pour produire plus d’un fantôme à la fois?


Le Doctor était toujours inconscient et deux assistants branchaient plusieurs électrodes sur sa tête. Sortir de là était devenu très urgent. Le voir inerte, à la merci d’une bande de cinglés… Rose se retenait pour ne pas arracher le bloc de contrôle des mains d’Anton. Les gardes étaient toujours sur le qui-vive et se voir emprisonnée (ou pire) n’aurait pas arrangé la situation du Doctor.


- Des fantômes d’extraterrestres, railla-t-elle.


Continuer à le faire parler. Le Doctor finirait bien par reprendre connaissance. Ou une idée surgirait magiquement dans son cerveau lui permettant que tous deux s’en sortent. Miraculeusement. Et la peur commença à la tarauder, à percer son armure d’insouciance et d’assurance.


- Il faut voir plus loin ! Plus grand ! Plus concrètement, ricana-t-il en donnant un coup de poing amical à la console la plus proche. Avec la puissance à ma disposition, le concentré de plasma universel, le régulateur gazeux et quelques autres gadgets fournis par mes… mécènes, il est possible de créer une représentation, ma fois, TRÈS réelle d’un être vivant. De n’importe quel être. Le petit tour des fantômes a bien évolué.


- C’est regrettable. Il avait son charme. Quand il fonctionnait.


- Oh, non, pas du tout, croyez-moi, c’était lassant. Tout le monde voulait poser le même genre de question à leur défunt : où est l’argent, pourquoi est-ce que tu as fait ça ? Ils n’ont jamais compris que ce n’était qu’une trace matérielle de l’être. La mémoire est pratiquement absente. Tout ce que mes fantômes disaient venait en grande partie de ceux qui me demandaient de les ramener, vous savez. Et puis, les dernières années, c’était surtout profitable pour les contacts que pour les recettes.


- Je me demandais pourquoi vous aviez recommencé.


- Après 250 ans ou presque, ils voulaient une démonstration. Et vous êtes arrivés le premier soir. Manque de chance.


- Tout est prêt, annonça l’un des cinglés en blouse blanche. Les gardes s’immobilisèrent le long des murs.


Mais est-ce qu’une blouse blanche n’était pas là pour emprisonner les cinglés? Rose chassa la pensée parasite. Elle voulu protester, mais Anton, fatigué de jouer, fit un signe et le garde le plus proche l’immobilisa de sa poigne monstrueuse. Anton démarra fièrement son engin et toute la salle s’emplit d’ozone et d’humidité. Anton et ses assistants surveillaient les moniteurs et semblaient contents.


Malheureusement.


Oh, Doctor, si vous devez vous réveiller jamais, c’est le moment !


- Le convertisseur ADN doit s’ajuster.


- Ah? Il n’est pas tout à fait humain, ce Doctor?


- Il ne l’est pas du tout, pauvre crétin, aboya Rose. Bravo pour vos enquêtes !


- Oh… je vois, je vois. Deux cœurs. Quelle race est-ce là? J’ai déjà entendu parler d’une race d’apparence humaine… mais avec deux cœurs… Je ne me souviens plus… Bah, ça me reviendra un jour. À moins que vous ne soyez prête à coopérer ?


Rose se tu, le défiant du regard.


- Mademoiselle, il se pourrait que vous preniez sa place si nous manquons de temps. Son ADN ne correspond pas aux paramètres enregistrés pour la machine. Et je dois avoir mes résultats maintenant. S’il ne fait pas l’affaire, vous pouvez peut-être le remplacer. Si vous voyager avec lui, vous devez connaître autant d’espèces extraordinaires que lui, non?


Il fit un signe au garde de bien la tenir et réclama une aiguille. Rose n’eu pas le temps de la sentir. Anton fit jaillir deux gouttes de sang sur une plaquette d’analyse. L’assistant hocha la tête une fois.


- Et vous êtes presque entièrement humaine. C’est rare ce degré de pureté en ce siècle. Vous êtes née dans une réserve protégée ou quoi ? Non, je ne veux pas le savoir. Vous faites l’affaire.


Rose tiqua : « presque entièrement humaine »? Où avait-il fait ses études de biologie?


- Enlevez-le de là.


- Où est-ce qu’on le met? Dans le placard?


- Non, pas hors de vue. Je connais ce genre de type. Capable de s’éclipser en un clin d’œil. Il ne faut pas lui laisser une seule chance. Hum… redonnez-lui une dose et attachez-le.


- Oui, monsieur.


- Le fauteuil a été calibré, signala l’assistant.


- Déjà?


- Il y a moins de 0,4 pourcent de différence et cette différence a déjà été assimilée à cause du type.


- Un lien de parenté, donc, traduisit Anton. De loin, mais tout de même.


- Euh, monsieur?


Il tendit le résultat d’analyse à Anton qui parcouru le document avec impatience.


- Le résultat hormonal est… oui, oui, je vois. Ce qui expliquerait la différence : c’est un résidu biologique provenant de... Vous le cachiez bien, vilaine fille ! Eh bien, ça ne changera rien pour le fauteuil. C’est curieux tout de même. Je n’aurais pas cru… C’est peut-être spécifique à cette race. Il présente plus de possibilité que prévues. Je verrai plus tard. Veillez à me le garder, il a sans doute des trucs à nous apprendre.


Il signala à deux gardes de s’occuper du Doctor. Ceux-ci grognèrent. Littéralement. Ce qui se cachait sous les casques et les visières n’étaient vraisemblablement pas humain. Pas humain et pas d’accord avec la décision d’Anton.


- Oui, je sais, mais finalement, ce sera mon prochain sujet d’expérience.


- La machine passe en priorité, articula-t-il entre ses crocs.


- Naturellement. Mais une fois qu’elle aura été testée, je pourrai m’en aller et m’occuper de mes propres affaires.


- Naturellement, rétorqua le garde.


Anton abaissa une nouvelle manette et Rose  le foudroya du regard.


- Il ne faut pas avoir peur, mademoiselle.


- C’est ça.


Anton passa de l’autre côté de l’écran et fit signe de lancer le processus. L’écran s’éclaira d’une douce lumière rose. Venant de nulle part, le Doctor bondit et voulu arracher Rose du fauteuil. Un arc électrique lacéra l’écran, le fauteuil, Rose et le Doctor. Ce dernier cria et s’affaissa. L’écran de projection s’illumina comme un sapin de Noël.


La première silhouette se dessina et commença à glisser de l’écran. Anton se frotta les mains de satisfaction.


Puis il perdit son sourire. Et ce fut la pagaille.






 
 
  
Citation:
Au même instant, sur le toit de l’entrepôt, un courant d’air tordit une antenne métallique. Un éclair, venu de nulle part, le calcina. Et ce n’était que le premier d’une série. Les premiers frappèrent au hasard, la porte, le toit. Encore heureux que tout soit en métal ou en béton, sinon un incendie se serait déclenché ! Et puis les éclairs dégorgèrent deux silhouettes. Un homme séduisant en uniforme militaire et un jeune homme au manteau de cuir et aux yeux aussi foncés que sa peau.

- Je préfère voyager dans le Tardis, grinça Mickey.


- Hé ! Ce n’était pas si mal, protesta Jack en vérifiant son bracelet.


- Bonjour, messieurs. Contente que vous ayez le sens du timing. Dépêchons.


La voix était chaude, mais le ton impersonnel.




- Vous ne voulez toujours pas me dire votre nom ? Ça faciliterait la communication.


- Non.


- Si nous pouvons voyager dans le temps et choisir notre heure d’arrivée, pourquoi ne pas avoir prévu un peu de temps supplémentaire, demanda Mickey en retenant la nausée qui lui tordait l’estomac? Vous ne pouviez pas calculer avec précision avec ce bidule?


- Hé ! C’est peut-être un bidule, mais c’est mon bidule, OK? Alors n reste polie, mademoiselle Jones.


- Ce n’était pas possible, dit froidement l’inconnue. Il y avait un garde il y a quarante-sept secondes à ce même emplacement et votre arrivée aurait été remarquée et je ne pouvais pas m’en charger puisque je devais libérer le Doctor.


- Libérer le Doctor ? Mais vous nous avez fait venir pour ça ! Pourquoi ne pas l’avoir fait vous-même, grinça Mickey.


- Et quel est le plan, demanda Jack.


- Jack meurt. Comme d’habitude, c’est temporaire.


- Quoi, s’exclamèrent-ils en cœur.


- Il nous faut gagner du temps.


- Et qu’est-ce qui nous attend en bas?


- Les possibilités sont nombreuses. La machine fait une copie des extraterrestres dont elle a les caractéristiques dans son programme. Malheureusement, l’esprit d’un Seigneur du Temps est plus fort qu’une vulgaire base de données informatiques et les circuits de contrôle ont fondu. La machine est actuellement branchée directement sur la psyché d’un être ayant rencontré des milliers de formes de vie et qui s’en souvient avec perfection.


- Vous voulez dire que tous les extraterrestres possibles vont débarquer dans cet entrepôt?


- Ultimement, oui.


- TOUS?


- Oui. D’abord ceux qui sont les plus marquants dans la mémoire du Doctor.


- Mais certains, enfin, je veux dire… certains étaient…


- Oui. Et c’est pourquoi le savant qui a construit la machine a paniqué. Le premier extraterrestre produit était un Dalek. On fait difficilement plus frappant, n’est-ce pas ?


- QUOI?


- Bon, et cette machine? Comment on l’arrête, demanda Mickey.


- On s’en fiche de la machine ! Il y a un Dalek en bas, répliqua Jack.


- On ne peut pas arrêter la machine. Elle se nourrit de l’énergie du Seigneur du Temps. Il faudrait le tuer pour qu’elle s’arrête.


- Mais le Doctor peut se régénérer, dit Mickey.


- Et vous suggérez de le tuer? En espérant qu’il puisse se régénérer. Ce n’est pas un automatisme, vous savez. Il faut lui laisser le temps et la capacité de le faire. Je dois trouver le Tardis. C’est la seule possibilité. Avec de la chance, ça marchera. Vous deux, vous filez en bas et vous vous arrangez pour neutraliser le Dalek et protéger le Doctor et Rose, compris ?


- Oui, madame, rugit Jack.


Jack et Mickey se faufilèrent dans l’entrepôt, empruntant le même chemin que Rose. L’inconnue patrouilla les alentours à la recherche du Tardis.


Ils avaient à peine posé le pied sur le sol qu’une ombre jaillit alors du portail et fonça directement sur Mickey. Il s’écarta juste à temps et se saisit d’une barre de fer qui traînait sur le sol. Jack tira, mais ce fut sans effet contre l’être qui lui fit face dans un hurlement de défi. Mickey prit son élan et frappa de toutes ses forces contre l’arrière du casque, pensant au moins faire craquer le scaphandre. L’être s’effondra d’un seul bloc et ne bougea plus.


- Qu’est-ce que c’était ?


- Un Sontaran. Et la seule chose qui pouvait l’arrêter était de le frapper comme tu l’as fait. Mickey, je t’embrasserais.


- Ce sera pour la prochaine fois, hein, fit Mickey en se méfiant de l’élan de Jack. Où est Rose?


Ils firent le tour et passèrent derrière l’écran de projection. Là, installée dans un fauteuil semblable à celui d’un dentiste, la tête bardée de fil et de connecteurs, Rose était inconsciente. Le Doctor était affalé sur elle, agrippant son tournevis sonique. La machine la plus proche cracha un arc électrique et une pluie d’étincelles.


- Merde ! Ils sont branchés tous les deux !


- Mais c’est Rose qui est dans le fauteuil, je ne comprends pas. Elle a dit que la machine s’était détraquée à cause du Doctor ! Qu’elle avait asservi l’esprit du Seigneur du Temps. Mais Rose… Rose est humaine. Jack, qu’est-ce qu’ils ont fait ?


- Bon, je ne comprends pas non plus, mais notre boulot n’est pas de comprendre. Il y a un Dalek dans le coin et pas mal d’autres trucs vont nous tomber dessus. Je vais m’occuper du Dalek.


- Oh, oui, c’est ça ! Et avec quoi ? La rouquine n’a pas voulu qu’on emporte d’arme !


- J’improviserai. Je l’ai déjà fait avant. Il va peut-être me falloir deux ou trois coups avant de l’avoir. Mais je vais réussir à m’en débarrasser.


- J’espère bien.


Jack eut un sourire éclatant, le sourire Monsieur-Héros-va-sauver-le-monde, puis il se dépêcha de partir non sans lui jeter un dernier coup d’œil au couple prisonnier du fauteuil. Une autre forme se dessinait dans le vortex, mais Mickey se saisit d’une arme abandonnée et fit face. Un bras démesurément long et griffu passa à quelques centimètres de lui et Mickey eu un rictus. C’était comme au bon vieux temps, vraiment ! Il tira et le Slitheen s’effondra d’un bloc, rejoignant le corps râblé du Sontaran.


- Tu pensais que je me servirais d’un pot d’œufs durs ou quoi ?


- Mickey?


Le manteau de Jack était brûlé, mais il n’avait rien. Évidemment. Il jeta un coup d’œil au cadavre aux pieds de Mickey.


- Raxacoricofallapatorius.


- Ouais, c’est ce que le Doctor a dit la dernière fois. Il y a vraiment une planète qui s’appelle comme ça?


- Yep.


- J’ai eu le Dalek. Je l’ai surpris après qu’il m’ait cru mort.


- J’ai eu le mien du premier coup, dit Mickey.


- On n’en est pas aux points, j’espère !


Le bracelet de Jack bipa et l’inconnue ordonna à Mickey de la rejoindre à cent mètres au sud de l’entrepôt, où elle avait trouvé le Tardis.


- Beau travail, messieurs. Capitaine, vous restez et…


- J’empêche les aliens de visiter les lieux. Pigé.


L’inconnue vint le rejoindre pour le conduire jusqu’au Tardis tout en lui expliquant les détails de ce qu’elle attendait de lui.


- Je ne comprends pas la moitié de ce que vous me dites. J’ai voyagé très brièvement avec le Doctor, vous savez. Moi, le Tardis…


- Vous tirerez sur les manettes et pousserez les boutons que je vous indiquerai.


- Vous pourriez le faire seule, non?


- Il faut que certaines choses soient faites simultanément pour que ça marche.


Mickey se dit que ses mensonges ne tiendraient pas la route face au Tardis. Il ne possédait pas la clé et si elle avait menti, elle ne serait pas capable de passer les portes. Ce qu’elle fit le renversa : elle cogna à la porte… qui s’ouvrit !


- Ah, parfait. Bonjour, mon vieux !


Le Tardis sembla clignoter bizarrement pendant deux ou trois secondes.


- C’était quoi, ça?


- Quoi? Ah, toujours cette manie de serrer un peu trop le frein… Oui, voilà. C’est mieux, non? Bon, où en étais-je? Ah, oui.


Elle se mit à tripoter, à entrer des données à la vitesse de l’éclair sur trois claviers et vérifia les jauges de pratiquement tous les cadrans. Elle poussa un levier, hésita un instant, tourna un bouton et enfonça du poing le démarreur, très à l’aise, détendue. Presque autant que le Doctor. Le Tardis se mit à ronronner et à pulser et deux cadrans crachotèrent des étincelles. La femme se dépêcha de monter trois manettes et de tirer un ressort et le ronronnement s’intensifia et se fit plus régulier.


- Venez ici, Mickey Smith. Vous allez appuyer ici, ici et surveiller ce cadran-là. Si l’aiguille dépasse cette ligne, enfoncer se bouton. Si elle descend sous ce niveau, donner un tour de manivelle avec ceci. Mais pas plus d’un quart de tour à la fois et toujours dans le sens des aiguilles d’une montre. Compris?


- Et vous?


- Je serai de l’autre côté. Ne touchez à rien avant mon signal.


- Mais l’aiguille bouge tout le temps !


- Je sais, c’est pour cela que vous n’y touchez pas encore. Donnez-moi deux minutes. Ooooo. O.K. J’ai fini.


- Vous aviez dit.


- Prêt ?


- Je crois.


- Allons-y.


La voyageuse caressa les commandes du Tardis et l’aiguille que guettait Mickey se stabilisa. Avec une tendance à la baisse. Ils s’agitèrent de chaque côté du pupitre de commande tandis que le Tardis pulsait et ronronnait.


Dans l’entrepôt, le projecteur s’éteignit et une partie des machines cessa de fonctionner. Une courroie claqua et une légère odeur de brûlé flotta au-dessus d’un générateur. Jack renifla. Bon, il n’y aurait plus de débarquement dans l’entrepôt. Le Doctor et Rose se calmèrent un peu, semblèrent dormir seulement.


- On dirait que c’est plus stable.


- Ne relâchez pas votre attention, Mickey Smith. Des fluctuations sont toujours possibles. Mais vous avez raison, pour l’instant, c’est plus stable.


- Qu’est-ce qu’on fait maintenant?


L’inconnue donna un coup de poing sur la console.


- Capitaine, appela-t-elle?


- M’dame?


- C’est à vous de jouer. À mon signal.


- Qu’est-ce que je dois faire?


- Je vous envoie le schéma de ce machin. Raccordez ensemble les deux fils que j’ai indiqués et branchez le tout dans le connecteur qui se trouve au fond. Vous voyez celui qui a les contours de cuivre ou un machin semblable?


- Et ça fera quoi?


- Au lieu d’absorber de l’énergie, cette bécane recrachera tout ce qu’elle a gobé. Une véritable indigestion.


- Recracher, hein? Et c’est dangereux de rester à côté?


- Bien sûr.


- Très aimable, grogna-t-il avec une fausse joie.


- D’où la nécessité de votre présence. N’oubliez pas : à mon signal.


Dans le Tardis, Mickey guettait furieusement les cadrans et s’impatientait : « Qu’est-ce qu’on attend ? »


L’inconnue murmura : « Encore quatre minutes. ».









  
Attention : Là, on tombe dans "13 ans et plus..."  
  
Citation:
- Doctor…?

- Rose…?


- Où es-tu? Où sommes-nous?


- Dans ma tête. Enfin, je crois.


- C’est…


- Un peu brumeux, ouais. Mais on peut arranger ça.


Rose eu la sensation de passer sous une douche chaude et les nuages s’écartèrent. Et la main du Doctor se glissa dans la sienne. Ils se trouvaient en rase campagne. De l’herbe et des collines à perte de vue. Pas de fleurs, pas d’arbres, aucun insecte. À peine un souffle de vent. Une odeur de pluie et de gazon fraîchement coupé. Le soleil qui traçait lentement son chemin dans le ciel. Et le Doctor, en costume bleu à rayures.


Rose se rendit alors compte qu’elle portait son vieux chandail rose, qu’elle avait déchiré lors d’une de leur première aventure. Comment était-ce possible?


- Oh, c’est le reflet de ce que nous sommes. Est-ce que ce n’était pas ce que tu portais lors de cette histoire avec...


- Ouais, on dirait.


Elle tripotait les cordons du capuchon, puis se souvint.


- La machine à fantômes.


- Anton, oui, acquiesça le Doctor. Il a réussi à ramener quelques extraterrestres grâce à toi, mais…


Il avait l’air assez mal à l’aise, mais essayait de ne pas le laisser paraître. Rose grimaça et exigea une explication.


- Comment tu sais… ?


- J’ai vu cette expression des dizaines de fois. Tu sais très bien pourquoi. Crache le morceau.


- Enfin…


- Je te l’ai dit, j’ai fait mes classes. À force, on finit par savoir lire en toi comme en un livre.


- L’expression est « comme dans un livre ouvert ».


- C’est loin d’être aussi simple avec toi, grommela-t-elle. Comme dans un livre. Il faut savoir lire entre les lignes et il y a plusieurs niveaux de compréhension, mais on finit par s’habituer… au style d’écriture. Juste à ton air, je sais que tu as une idée. Allez, Doctor…


- Ouais, bon, eh bien… Tes souvenirs étaient plutôt inoffensifs. Oh, je ne peux pas dire que j’apprécie d’avoir un Sontaran en liberté, mais on peut gérer tout ça. J’ai essayé d’arrêter la machine, mais il n’y avait rien à faire. Alors j’ai pensé qu’en retirant la base de données… Toi…  


Il hésita, mal à l’aise…


- Et tu t’es retrouvé « branché » à ton tour ?


- Et lié je ne sais pas trop comment à toi semble-t-il.


- Raison pour laquelle l’appareil a été capable de plonger dans ta tête. Anton disait qu’il avait besoin d’un ajustement dans ton cas.


- Bon, les détails…


- Ce n’est pas cela qui te dérange.


- Non.


- Alors…


Il soupira en se frottant les yeux.


- Mes souvenirs étaient inoffensifs. Et les tiens ?


- Il y a pas mal de trucs dans ma tête et…


- Et…


Il avait l’air très, très mal à l’aise. Quel était la pire monstruosité que le Doctor ait jamais rencontrée ?


- Oh non, souffla-t-elle. Pas un Dalek !


- Ouais.


- Et tu ne pouvais pas penser à autre chose ?


- Non, dit-il les dents serrées.


- Et combien peuvent apparaître sur ce maudit écran de projection ?


- Un seul à la fois.


- J’espère. Encore que ça n’arrange pas nos affaires. Il est capable d’en créer d’autres, non ?


- Oui. Pas facilement, mais c’est possible. Mais pas tout de suite. Il lui faut du temps.


- Et nous ? Combien de temps avons-nous ?


- Oh, c’est une bonne question. Tu as très souvent posé les bonnes questions. Vois-tu, je crois que nous avons vraiment toute l’éternité. Enfin, pas mal de temps. Si tu veux.


- Si je veux?


- Nous sommes dans ma tête. Enfin, je crois. J’en suis presque sûr.


- Et comment sommes-nous arrivés ici?


- J’ai toujours été ici, moi.


- Et moi?


- Tu y es venue. Enfin… quelques fois. Enfin, j’ai pensé à toi quelques fois. Donc, tu n’es pas inconnue à cet endroit.


- Ce ne serait pas l’inverse?


- Nan… Je crois que nous sommes bel et bien dans ma tête. Tu veux visiter?


- Doctor, si nous sommes… dans ta tête…


- Hum hum…


- C’est comme… un rêve? Un rêve où l’on sait que l’on rêve?


- Ouais, quelque chose comme ça.


- Et qu’est-ce qu’on peut faire ?


- Tout ce qu’on veut.


- Et si jamais le Dalek nous tuait ?


- On ne sentirait rien. Enfin… je suppose. Il y a pas mal de place dans ma tête et nous en occupons seulement une partie. En théorie.


- Donc, en théorie, nous sommes à la merci de toutes les créatures qui peuvent surgir de la machine d’Anton et nous ne pouvons rien faire.


- C’est à peu près ça.


- Et tu ne peux pas te réveiller ?


- Nous ne sommes pas endormis. Nous sommes branchés à la machine d’Anton.


- Chouette, grinça Rose.


Il haussa les épaules et arracha un brin d’herbe pour le coller au coin de sa bouche.


- C’est un endroit pas trop mal pour attendre. Nous finirons par sortir d’ici, tu sais. Enfin, je vais rester ici, c’est ma tête, après tout, mais tu pourras sortir.


- Comment le sais-tu ?


- Une intuition.


- Un Seigneur du Temps a des intuitions ?


- De temps en temps, fit-il calmement.


Rose se sentait un peu dépassée par la situation. Quoi, rester dans cet endroit pour un temps… Au moins, elle était avec lui. C’était, pour le moment, tout ce qui importait.


- Donc, nous avons tout le temps imaginable.


- Oui.


- Et nous pouvons faire tout ce que nous voulons.


- Oui.


- Et tu es certain que nous finirons par quitter cet endroit, enfin…


- Triple oui.


- Mais tu ne sais pas quand.


- Nope.


Après un moment de réflexion, Rose se mit à rire et se jeta dans les bras du Doctor.


- Rose?


Mais il riait. Et Rose aussi. Puis Rose, sur l’inspiration du moment, impulsivement, succombant à l’envie qui la tenaillait, l’embrassa et recula rapidement d’un pas.


Ils se fixèrent, immobiles, silencieux. Rose tremblait de tous ses membres et le Doctor ne valait pas mieux, même s’il se contrôlait encore.


Puis le Doctor se pencha et l’embrassa à son tour, caressant son visage, plongeant les mains dans ses cheveux, l’étreignant. Rose l’imita avec un soulagement et une tendresse qu’elle pouvait enfin laisser s’exprimer. Il enfouit son visage dans le creux de son épaule, comme un noyé qui vient de trouver une île pour se reposer, comme un fugitif qui a le droit d’asile. Il n’y avait plus de témoin, il n’y avait plus de danger, il n’y avait plus rien qu’eux deux.


Le Doctor sentit qu’ils passaient le point de non retour. Ils pouvaient prétendre que c’était le soulagement d’être en vie, ensemble et l’espoir de s’en sortir. Ou bien ils pouvaient tout laisser aller. Ils marchaient sur le fil du rasoir.


Rose sentit cette résistance et les larmes lui montèrent aux yeux. Lentement, avec timidité, elle fit glisser l’imperméable marron au sol, puis ses mains s’insérèrent entre le veston et la chemise du Doctor. Elle se blottit comme s’il était possible de s’envelopper de lui. Et le Doctor ne montra pas à quel point cette proximité lui faisait de l’effet. Mais Rose entendit ses cœurs battre une cadence complètement folle et sa gorge tressaillait.


- Nous…


Elle posa un doigt sur ses lèvres pour l’empêcher de parler, puis se débarrassa de son chandail. Comme il ne réagissait toujours pas, elle l’obligea à poser ses mains autour de sa taille.


- Je t’en prie, supplia-t-elle.


Il vit ses larmes, il sentait sa chair vibrer sous ses doigts. Il devait garder à l’esprit qu’elle n’avait que vingt ans.


- Non, Doctor, je suis plus vieille que ça. Et biologiquement parlant, tu n’as pas cinq ans, alors tais-toi et embrasse-moi encore.


Rose déboutonna la chemise, enleva la cravate. Ses doigts étaient un peu maladroits. Le Doctor se laissa faire. Il tremblait. Elle effleura sa peau et il sursauta. Depuis combien de temps n’avait-il pas été si proche de quelqu’un ? Depuis combien de temps n’avait-il pas laissé tomber les masques, tous les masques, jusqu’à se mettre à nu ? Et il avait à la fois envie de rire, de pleurer et de l’embrasser. Alors il céda.


Il se laissa tomber sur l’herbe, l’attirant contre lui et l’embrassa à nouveau, l’aida à se défaire de ses derniers vêtements, catapulta ses chaussures d’une ruade. Ils roulèrent sur une couverture apparue mystérieusement et le Doctor caressa les hanches de la jeune femme qui se réfugia au creux de son épaule avant de l’embrasser à nouveau. Le temps n’avait plus d’importance. La pensée s’envola. Et eux aussi. Chaleur descendant le long de la colonne vertébrale jusqu’à faire picoter les orteils, des lèvres sur ses paupières, la peau aussi réceptive aux caresses qu’une fleur solsticienne, la chaleur de leur souffle et le son de trois cœurs qui battaient.


Rose avait presque oublié combien il était mince, aussi souple et délié qu’une liane, comment son bras entourait facilement ses épaules. Le Doctor savourait chaque centimètre de peau soyeuse et n’osait pas fermer les yeux de peur que tout disparaisse. Elle se pencha et ses cheveux firent un rideau doré autour de sa tête. Le soleil fit scintiller une larme.


- Tu pleures ?


- C’est trop pour un seul cœur.


Il posa sa main sur sa poitrine, sentit son cœur battre follement.


- C’est trop pour deux aussi. Viens plus près.


Ils touchèrent le soleil, ils devinrent le soleil. Rose pleurait silencieusement et le Doctor l’étreignit, défiant tout l’univers de lui enlever cet instant de bonheur. Ils s’embrassèrent encore et Rose se demanda pourquoi elle ne ressentait aucune fatigue.


- Ce n’est qu’un rêve, dit le Doctor.


- Tu lis dans les pensées maintenant ?


- Tout se passe dans ma tête. Il ferait beau que je ne sache pas ce qui s’y passe, ricana-t-il doucement en dégageant une mèche blonde derrière son oreille.


Ça n’avait pas vraiment d’importance. Rose pensa qu’elle pourrait rester allongée à ses côtés pour l’éternité. Le Doctor n’avait jamais été aussi détendu, aussi serein. Pour la première fois, il semblait entièrement satisfait de ne rien faire du tout. Il n’avait à s’inquiéter de rien, rien à prévoir, rien à envisager. Et le temps ne semblait plus lui peser. Rose se retint pour ne pas rejouer leur dernière scène, ce qui n’était pas facile puisque leurs vêtements étaient éparpillés autour d’eux. Le Doctor avait l’air curieux sans chemise. Il la déplaça jusqu’à ce que sa tête repose sur sa poitrine où elle écouta les deux cœurs battre paisiblement. Il avait un peu peur : il avait à nouveau quelque chose à perdre. La présence de cette femme, son amour pour lui et le sien pour elle… Les barrières qu’il avait érigées depuis des années étaient complètement tombées. Mais tout cela n’était qu’un rêve. Rien n’était réel.


- Moi, je le suis, dit Rose.


- Tu m’entends ?


- Je suis dans ta tête, ce serait le comble de ne pas t’entendre quand tu penses aussi fort, chuchota-t-elle dans son oreille.


Il lui sourit et elle frissonna. Si elle n’avait pas déjà été séduite au-delà de tout, cette expression aurait suffit à lui faire faire n’importe quoi.


- Ça n’aurait rien de bien grave, tu sais, fit-il avec un clin d’œil. Ce n’est pas comme si je n’étais pas consentant.


Jamais il n’aurait parlé ainsi auparavant. Qu’est-ce qui avait changé ?


- Nous avons tout le temps que nous voulons.


- Si nous parvenons à nous en sortir.


- Oui, si. Mais nous ne pouvons rien faire pour le moment. Autant profiter du temps que nous avons pour rendre les choses un peu plus agréables.


- Ça, pour être agréable. Et nous avons combien de temps ? Quelques heures, quelques jours ?


- Je crois que nous disposons de quinze à trente minutes. Nous pouvons faire ce qui nous plaît.


- C’est un peu court. Oh, attends, tu parlais du temps de là-bas ! Et ici?


- Une vie entière si tu veux. Ou deux. Ou dix, ajouta-t-il avec un clin d’œil tout en croisant les bras derrière sa nuque.


- Oh.


- Quoi, tu n’aimes pas?


- Eh bien, c’est un peu vide. Je crois que je pourrais me fatiguer après quelques semaines.


- Hé !


- Je ne voulais pas dire « ta tête », mais le paysage. Rien que de l’herbe.


- Et ça te prendrait des semaines pour t’en fatiguer ?


- Si tu es là, oui, avoua-t-elle.


Il éclata de rire.


- Nous pouvons aller n’importe où, n’importe quand. Enfin, si tu veux que ça reste réaliste, il faudrait que j’y sois allé. J’ai pas mal de souvenirs. Nous pouvons les visiter. Ou imaginer tous les endroits possibles.


- Est-ce que je me souviendrai de tout quand je sortirai de ta tête?


- Je ne sais pas.


Rose l’embrassa à nouveau, passionnément au point qu’il perde le souffle. Il l’interrogea silencieusement, un sourcil relevé.


- Juste au cas où, dit-elle.


Il retrouvait difficilement ses idées, surpris par l’intensité et l’imprévu de sa propre réaction. Quoi ? Après un célibat aussi constant, il perdait désormais si facilement le nord ? Il ramassa son pantalon, mais commença par le mettre sens devant derrière.


- Qu’est-ce que tu veux faire ?


- Apprends-moi à me servir correctement du tournevis sonique. Et puis, j’aimerais savoir comment piloter le Tardis.


- Rien que ça peut nous prendre des semaines. Sinon des années.


- Oh, je n’imaginais pas faire uniquement cela, dit-elle ingénument.


- Oh. Euh, oui, bien sûr.


Ils avaient peut-être l’éternité, mais rester allongé aussi longtemps… Oh, mon dieu, ils pourraient VRAIMENT le faire! Le Doctor étouffa un rire. Il l’avait encore entendue. Et n’aurait rien eu contre. Mais Rose remit sagement son chandail et enfila ses vieux jeans.


- Très londonien comme look, critiqua théâtralement le Doctor.


Rose se tourna vers lui et éclata de rire : rayures bleues et espadrilles rouges.


- Je suis traditionnel, reconnu-t-il.






  
Citation:
- Maintenant, ordonna l’inconnue à Jack.

Il n’hésita pas et, comme prévu, l’explosion secoua tout l’entrepôt. Protégés par le champ et l’écran de projection, le Doctor et Rose ne risquaient à peu près rien de l’explosion. Seul l’incendie pouvait poser problème, mais Mickey attendait à proximité, équipé pour aller les secourir.


- Pourquoi ne venez-vous pas, demanda-t-ilà l’inconnu. Trois corps à tirer des flammes, je ne suis pas un pompier !


- Je ne peux pas y aller, avoua l’inconnue. Allez-y, Mickey Smith, il est temps. Et remerciez Jack.


- Quoi? Vous partez?


Mais elle avait déjà filé. Mickey ne pouvait pas la poursuivre, pas avec l’incendie dans l’entrepôt. Il vérifia une dernière fois le masque à oxygène et plongea dans le brasier.


C’était moins violent que prévu. Des jets d’eau sortaient du plafond et, après l’explosion, il ne restait plus grand-chose à brûler. Heureusement, l’écran de protection et le fauteuil avaient été placés un peu à part et le Doctor et Rose ne risquaient pas de mourir brûlés. Il n’y avait que la fumée à poser problème. Il buta sur Jack et l’enjamba. Le bas de son pantalon s’accrocha et Mickey rua pour se décrocher.


- Tout doux, c’est moi, cracha Jack. Tu ne serais pas du genre à abandonner un pauvre homme, non ?


- Parce que le pauvre homme m’a demandé lui-même de sortir Rose en premier, imita Mickey. Ça va?


- J’ai connu pire, grinça-t-il.


Le visage couvert de suie, les cheveux plein de cendres et d’eau, les vêtements abimés, Jack avait le profil du Héros-qui-a-passé-une-dure-journée. Il toussa et se releva. Mickey lui passa un masque à oxygène. Et il retrouva magiquement des couleurs normales. Évidemment.


- C’est pratique comme capacités, commenta Mickey.


- Il y a des jours comme ça.


Ils découvrirent le Doctor et Rose au même moment. Le Doctor cligna des yeux et glissa au sol, essayant sans succès de se raccrocher au fauteuil. Le tournevis sonique tinta sur le sol et il le reprit machinalement entre ses doigts.


- Hello, Doctor, dit Jack en le prenant dans ses bras comme une poupée de chiffons.


- Jack, remercia le Doctor en croassant, les yeux rouges à cause de la fumée. Puis il se ressaisit et tenta de demander comment Jack et Mickey pouvaient apparaître ainsi, mais une nouvelle quinte de toux l’en empêcha.


- Mickey, tu prends Rose.


- Je vais t’aider, dit le Doctor en perdant à nouveau l’équilibre.


- Non, non, intervint Mickey. Euh, Jack, vous la portez, je vais soutenir le Doctor.


- Merci… Mickey, croassa à nouveau le Doctor en s’appuyant lourdement sur elle. Sympa d’être passés.


Ils sortirent sans encombre de l’entrepôt. L’incendie s’éteignit pratiquement de lui-même et ils se dirigèrent vers le Tardis, décidés à partir avant que les autorités et les pompiers n’arrivent. Mickey conduisit le Doctor jusqu’au siège près de la console et Jack installa Rose sur la banquette. Elle n’avait pas encore ouvert les yeux. Le Doctor lui jetait des coups d’œil réguliers, comme si la présence de la jeune femme le déconcertait. Il finit par tousser la dernière bouffée de fumée tout en lançant le Tardis vers la Terre de 2010.


- Merci, dit le Doctor avec un sourire. Encore que je me demande comment vous êtes arrivés pile poil au bon moment. C’est mon truc à moi. Généralement.


- Nous avons fait du stop, dit Jack.


Mais le Doctor avait aperçu le furtif coup d’œil de Mickey vers le bracelet de Jack. Il claqua sa langue, sortit son tournevis sonique et visa le poignet de Jack qui se hérissa.


- Si nous n’étions pas venus…


- Je devrais vous l’enlever définitivement, fit le Doctor avec sévérité. Si vous bidouiller encore cet engin, c’est ce que je ferai.


- MOI, je n’ai rien bidouillé.


Le Doctor s’arrêta tout net.


- Alors qui?


- Elle n’a pas voulu nous dire son nom, dit Mickey.


- Et vous l’avez suivie? Comme ça? La bouche en cœur?


-  Elle avait la bouche en cœur, reconnu Jack avec un clin d’œil, réfléchissant à une phrase qui aurait fait fondre la réserve de la belle inconnue.


- Arrêtez ça !


- Nous ne l’avons pas vraiment suivie. Elle est venue programmer mon bracelet et puis nous l’avons rejoint là-bas. N’empêche…


- Elle nous a dit que vous aviez besoin d’aide, dit Mickey. Elle nous a amenés précisément au bon endroit. Et au bon moment.


- Ah? Et vous faites confiance aussi facilement à n’importe qui?


Jack et Mickey échangèrent un regard.


- Sur le coup, nous ne nous sommes pas posé la question. Si c’était pour vous donner un coup de main…


- Nous étions prêts, boss.


- Et ça ne vous paraît pas étrange?


- Ben, maintenant que vous en parlez, elle n’a fait aucun commentaire sur moi, avoua Jack avec un sourire torve. Et je suis habitué d’en recevoir parce que, hé, il faut le reconnaître…


- J’ai dit…


Le Doctor garda le doigt levé, mais abandonna. Il ne changerait pas Jack avec un commentaire supplémentaire.


- Peut-être que vous l’auriez reconnue. En tout cas, elle ne voulait pas être en votre présence.


- Ah? Pourquoi?


- Hé, boss, elle n’a même pas voulu nous dire son nom, alors pour le reste, commenta Mickey.


- D’accord, d’accord. De quoi avait-elle l’air?


Ils échangèrent un nouveau regard.


- Elle avait l’air d’avoir… quoi? Vingt-cinq?


Jack hocha la tête.


- Assez jolie. Cheveux roux, ajouta-t-il.


- Et elle portait une sorte de capuche rouge vif.


- Et elle avait un tournevis sonique, murmura Jack en essayant de faire fonctionner son bracelet.


- C’est une blague?


- Hé, un merci ne vous coûterait rien. Nous vous avons sortis de là, après tout.


- Merci, rétorqua le Doctor avec un rien de sécheresse.


- Mais un tournevis sonique… Ce n’est pas un truc réservé aux Seigneurs du Temps, non?, demanda Mickey.


- Mais pour avoir bidouillé ce maudit bracelet, il faut avoir plus qu’une connaissance mécanique. C’est comme… comme un pinceau. N’importe qui peut se servir d’un pinceau, mais n’importe qui n’arrive pas à peindre… la Chapelle Sixtine. Je sais, j’ai essayé. Mike n’a pas trop aimé mon style.


- Oh, dit simplement Jack. Et, euh, pour Rose, ça va aller?


Le Doctor hocha la tête, s’efforçant de ne pas porter trop d’attention à la jeune femme. Il ne savait toujours pas si elle se souviendrait de tout ce qui s’était passé. Il se demandait s’il avait envie qu’elle se souvienne. Peut-être que ce serait trop. Sans même essayer de calculer, il savait qu’ils avaient vécu une vie, peut-être plusieurs, à l’intérieur des quelques minutes où ils avaient été inconscients. Peut-être aurait-il dû essayer de limiter…


- Oh, pendant que j’y pense, Jack. La règle 78 est levée. Et merci pour la 40.


- Je m’en doutais. Et pour la 40, ce n’était rien.


- C’est quoi, ces règles, demanda Mickey.


- Agence du temps, dit Jack. Un truc pour empêcher les paradoxes et pour les urgences.


Ils quittèrent le Tardis en bavardant à propos d’une enquête commune et le Tardis disparu dans un ronronnement.


- Ça ne te manquera pas ?


- Il va revenir, il revient tout le temps.


- C’est vrai. Oh, pendant que j’y pense, ça t’intéresserait de travailler avec Martha ?


- Pourquoi pas ? Elle est pas mal. Elle travaille toujours pour UNIT ?


- J’essaie de la convaincre de revenir faire une visite à Torchwood.


- Bonne idée. Elle est pas mal.


Et ils échangèrent un clin d’œil.


Ils ne s’aperçurent pas de la disparition du Tardis et, curieusement, ne discutèrent pas de Rose.






  
Citation:
Le Doctor modéra le plus possible son impatience et son espoir. Elle pourrait avoir tout oublié. Ou avoir reçu un choc suffisant pour la blesser. Ou tout se rappeler et vouloir oublier. Ou bien…

- Il y a trop de possibilités, Doctor, inutile de toutes les passer en revue. Je vais bien, dit Rose. Tu sais que je ne peux pas lire aussi facilement en toi maintenant que nous sommes réveillés. Sauf si tu t’approches un peu plus de moi.


Il glissa sa paume contre la joue de la jeune femme et l’embrassa. Elle lui répondit avec tendresse, ce qui le rassura et fit battre ses cœurs un peu plus vite.


Elle l’aimait encore? Après tout ce temps?


- Là, j’ai entendu. Ah, Doctor, bien sûr que je t’aime encore. Mais je ne sais pas si toi… si tu ne changeras pas d’idée à mon sujet quand tu sauras. Quand Anton a vérifié si je pouvais te remplacer avec la machine, il m’a fait une prise de sang. Et puis j’ai repensé à ce que le Doctor fantôme a dit.


- Je sais ce qu’il a dit.


- Tu le savais ?


- Pas à ce moment-là. Mais j’ai eu amplement le temps de réfléchir. Même si nous sommes proches, il n’aurait pas été possible de nous rejoindre dans ce rêve à moins de certaines conditions. Alors, j’ai cherché à savoir comment c’était arrivé.


- Alors tu sais.


- Depuis l’affaire avec les Néomartiens.


- Hum, eh bien, si je devais piloter à nouveau le Tardis près de leur planète, je n’utiliserai pas le frein électromagnétique, surtout avec les anneaux de cristominéraux à proximité. Tu sais, ça fait très « soap opera » comme histoire.


- Ce n’est pas un « soap opera », dit-il gravement.


- Sinon pour la durée, reconnu-t-elle malicieusement.


Elle l’embrassa et le contact physique fit naître le souvenir de toutes les fois où ils s’étaient embrassés, de toutes les fois où ils avaient rit à en perdre haleine, de toutes les fois où…


Le Doctor s’interrompit et lui sourit.


- J’aurais pensé que cette vie… de rêve t’aurait rendue différente.


- Comme Donna ?


Elle avait deviné la tristesse dans un battement de cils.


- Je suis différente. Mais je ne souffre pas comme Donna. Juste… quelques migraines. Et j’imagine que tu sais également pourquoi. Et que tu vas me le dire.


Elle rit doucement et il se laissa tomber à côté d’elle. C’était une longue histoire.


- Tout a commencé quand j’avais un autre visage.


- Pardon ?


- Je t’avais renvoyée chez toi avec le Tardis et j’étais resté sur le Satellite V pour en finir une fois pour toute avec les Daleks. Et tu as trouvé le moyen de revenir.


- Je ne me rappelle pas comment.


Mais le Doctor voyait que les souvenirs étaient très proches de faire surface. Un petit coup de pouce et…


- Tu as demandé de l’aide au Tardis. C’est à cette occasion que ça s’est produit. Tu as dit : « Je suis le Grand méchant loup. Je me suis autocréée ». Tu avais envoyé ces mots partout où je t’amenais pour comprendre que tu avais la possibilité de revenir. Et tu nous as tous sauvés. Et si tu ne t’en souviens pas, c’est parce que j’ai dû ôter toutes les facultés que le Tardis t’avait données. C’était en train de te tuer.


Rose était très sensible à son ton et déduisit une conséquence qui la fit pâlir : « C’est pour ça que tu as changé, que tu t’es régénéré. ».


- Oui. J’ai absorbé tout le Tourbillon du temps, mais je n’étais pas plus capable que toi de le contrôler. Je l’ai renvoyé dans le cœur du Tardis. C’est sa place. Les Seigneurs du Temps n’ont pas la faculté de contrôler le Tourbillon du temps, seulement de le sentir, de s’y connecter en partie. C’est quelque chose de si puissant que ça change forcément une personne. J’ai dû changer de corps.


- Et il a changé le mien.


- Hum hum.


- Et qu’est-ce que ça fait de moi? Un Seigneur du Temps honoraire?


- Un petit peu. Puis tu as traversé je ne sais plus combien d’univers alternatifs. Tu te souviens des radiations, n’est-ce pas ?


- Tu avais dit que c’était inoffensif !


- Et puis il y a eu ce petit mélange génétique avec un demi Seigneur du Temps…


- C’est ta description?, s’exclama Rose, presque offensée. Et le résultat, lui, comment tu l’appelles ?


- Je te laisserai choisir le nom.


- Merci bien !


- Enfin, il y a eu cette visite dans ma tête. Tout ça fait que tu as changé, biologiquement et psychiquement.


- Un Seigneur du Temps honoraire.


- Quelque chose comme ca.


- N’importe quel événement, pris séparément, n’aurait pas forcément eu de telles conséquences, mais leur accumulation…


- Et ce petit plus.


Il devina à quoi elle faisait allusion.


- Inattendu, c’est sûr. Je n’aurais pas cru cela possible. Mais comme tu avais changé un peu et l’autre aussi, je suppose que…


Elle hésita.


- Tout ce temps que nous avons vécu, ce rêve… Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu savais ? Est-ce que ce n’était qu’un rêve pour toi ?


Le Doctor se pencha et lui prouva que non. En même temps, son esprit effleura celui de Rose. Il s’assit sur la banquette et elle vint se blottir contre lui. Toute proche, partageant sa chaleur et sa présence mentale. C’était curieux de ne plus l’entendre aussi facilement. Mais elle n’avait rien contre le fait de devoir être à proximité de lui pour l’entendre.


Il expliqua qu’il avait craint de tout baser sur un événement qui n’arriverait peut-être pas. Il était presque certain de se réveiller, mais il ignorait comment Rose réagirait. Et avec tout le temps à vivre dans le rêve, il avait choisi de ne rien révéler.


- Je ne t’ai même pas deviné.


Il haussa les épaules et Rose comprit qu’une partie de lui serait à jamais inaccessible, qu’il garderait toujours une part de son mystère. Et qu’elle avait aussi son jardin secret. N’avait-elle pas été capable de lui cacher qu’elle savait la vérité sur son état ?


Ce rêve, c’était un temps de compensation pour toutes les fois où nous aurions dû être ensemble. Nous avons tout partagé. Mais tu sais, ne le nies pas, que la vie est une aventure encore plus belle parce qu’elle est réelle. Elle est dangereuse, inquiétante, mystérieuse. Et ce sera notre vie.


Oui, mais est-ce que tu sais ce qui t’arrive ?Est-ce que tu mesures bien dans quoi tu mets les pieds ?


Je commence à en avoir une idée, oui. Est-ce que ça te fait peur ? Un avenir à… trois ?


Et le Doctor perçu la faible trace de cette beauté impossible à contrefaire tout au fond d’elle. Oh, oui, le lien mental des Seigneurs du temps était traître. On ne pouvait l’imiter. Et une fois qu’on le possédait, on ne pouvait plus le nier. Rose commençait à avoir une intuition très pointue. Une intuition dont il était familier et qu’il accueillait avec d’autant plus de facilité qu’il avait la même. Avait-il peur ? Certes, c’était l’inconnu, mais… Non. Était-il en colère ? Encore moins. Non, cette chaleur et cette impatience, cette envie de crier et de danser, l’impression de pouvoir faire le circuit de trois galaxies en une heure… Cette impression de liberté, de chaînes brisées et d’envol… C’était… C’était…


Rose souriait sereinement et l’obligea à poser sa main sur son ventre, rendant encore plus concret son bonheur. Il sentait la légère présence mentale et sourit à son tour. Un peu plus de trois mois s’étaient écoulés depuis qu’un Doctor était mort dans un accident stupide. Mais il avait laissé quelque chose en héritage. Et ce quelque chose grandissait et deviendrait dieu seul savait quoi… Et le Doctor sentait cette vie et comprenait, en dépit des 900 années qu’il avait vécu que, pour la première fois, il avait un avenir qui n’appartenait pas qu’à l’errance. Il y aurait beaucoup de rires, beaucoup de bonheur, beaucoup de pleurs et de soins à dispenser. Et cette étrange impression… ce contentement… c’était tout simplement qu’il était heureux. Totalement, complètement, simplement heureux. Il se tourna vers Rose, vers l’avenir qu’elle lui offrait et qui s’étirait désormais à perte de vue et qui n’était plus obscure ou incertain. De temps en temps, le long de cette route, se trouvaient des bribes et des images connues. Le Doctor sourit.


- Tu comprends que, à mesure qu’il va grandir, tu changeras?


Elle hocha la tête. Elle se sentait prête. Enfin, elle était prête si le Doctor restait auprès d’elle. Le Tourbillon du temps, le passage entre les dimensions, cette conception à partir d’un être à demi Seigneur du Temps… Et ce lien psychique particulier au Seigneur du Temps était en train de grandir en elle, grâce au bébé qui construisait le sien en même temps. C’était par son intermédiaire qu’elle avait partagé les souvenirs du Doctor. Qu’est-ce que quelques migraines à côté de ça ? Elles finiraient par disparaître, au fur et à mesure que Rose intégrerait les changements. Rose avait déjà changé. Et elle changerait encore. Et c’était bien.


- Tu penses que je m’y ferai?


- Si tu as enduré toutes ces années dans ma tête, je ne vois pas pourquoi tu ne le pourrais pas.


- Je ne croyais pas possible qu’un être humain puisse devenir Seigneur du Temps. Et survivre.


L’image de Donna passa entre eux et ils partagèrent la même tristesse.


- Toutes ces années… Quelles aventures !


- Je n’aurai plus rien à te faire découvrir, se plaignit-il faussement.


- J’en doute. Ce n’était que des simulations, des préparatifs, des entraînements. Le faire en vrai devrait être encore mieux.


Et elle avait cette expression qui rappelait irrémédiablement au Doctor qu’il était du sexe mâle. Oh, oui, elle se souvenait de TOUT, pas de doute. Ça promettait d’être… amusant.


- Et où pourrions-nous aller maintenant? Oh, j’ai une idée : si nous cherchions cette inconnue qui a aidé Jack et Martha? La femme au capuchon rouge?


- Pour la cuisiner et la manger en pot au feu, plaisanta Rose. Et la remercier.


Ils bondirent chacun d’un côté de la console centrale du Tardis et pilotaient ensemble selon une vieille habitude.... Rose souriait et tournait les cadrans avec virtuosité. Le Doctor s’occupait des manettes et enfonça une série de commandes. Le Tardis ronfla et tangua, s’élançant dans le temps et l’espace, satisfait de ses deux pilotes.


- Avant de débarquer, je vais prendre une douche. Et ça ne te ferait pas de mal non plus. Parfois, la réalité se porte mieux avec du savon. Et une première impression vaut parfois la peine d’être soignée.


- Quoi ? Tu n’as pas aimé la mienne ?


- Laquelle ? Celle où tu as fait exploser le magasin où je travaillais ? Celle en pyjama ? Avec toute une colonie d’extraterrestres sur le point d’envahir la Terre ?


- J’avais du chien, quand même, dit-il avec un clin d’œil.


- Avec ou sans pyjama, c’est sûr, rétorqua Rose sur le même ton en levant les yeux au ciel. Tu n’es pas fatigué de l’entendre ?


Il paru réfléchir, puis hocha la tête.


-  Après tout, je n’ai que 900…


Rose gloussa.


- Bon, la douche, dit-il en soupirant.


- Tu sais, il va falloir que je déménage mes affaires de ma chambre parce que…


Rose se figea sur le pas de la porte : sur le lit avait été soigneusement disposée une superbe capuche de satin rouge. Une large enveloppe en papier kraft était déposée juste à côté. Rose l’ouvrit pour y trouver un livre pour enfant. Le Petit chaperon rouge. Un feuillait était glissé dans les premières pages : « Sans le Méchant loup, le Petit chaperon rouge n’aurait pas eu d’histoire à raconter. ». Rose réfléchit aux symboles. Et s’illumina.


- Doctor, appela-t-elle, pour ce qui est de cette inconnue… Je crois que je sais où elle se trouve.


- Tu le sais, cria-t-il depuis la salle de bain. Comment?


- Et tu vas trouver ça très, très injuste…


- Quoi ? Mais de quoi tu parles ?


Il arriva, un peignoir détrempé sur le dos, ses cheveux comme un hérisson. Il reconnu le vêtement rouge et aperçu le titre du livre. Les rouages de son cerveau travaillèrent… Et puis, il vit Rose qui exégérait son ventre et son visage s’illumina à son tour comme il comprenait.


- Elle aura les cheveux roux.


- Ooooh. Ce n’est pas juste.


Et ils éclatèrent de rire.






 


 
Après l'avoir relu pour la cinquantième (ou soixantième ??) fois, je rajoute ce bout de texte qui répond à certaines invraisemblances ou à des mystères.  
Citation:
- Une seule intervention imprévue et ce serait un paradoxe, avait dit le Doctor. C’est déjà délicat que tu tournes autour de ta mère alors qu’elle est enceinte de toi. Surtout qu’elle commençait à être sensible au temps.
- Elle ne me verra pas.
- Elle n’est pas supposée de voir, tu veux dire. Alors il faut faire attention. Toute cette histoire fait partie du temps qui peut changer. Alors si tu te trompes… si je comprends trop tôt… L’histoire sera immédiatement réécrite et comme tu feras partie des événements, tu ne pourras rien changer sans empirer les choses.
- Je sais, je sais.
Il avait levé les yeux au ciel.
- Particulièrement sur Perle II.
- Je sais !
- Tu étais trop proche et elle s’est sentie mal.
- Elle a dit…
- Oh, oui, je sais ce qu’elle t’a raconté : la bière finirlandaise. Je peux te dire, moi, que ce n’était pas ça. Alors promets à ton vieux père que tu vas être prudente ?
- Mon très, très, très vieux père, avait-elle corrigé avec effronterie.
Il avait sourit, puis l’avait embrassé sur le front.
- Quand je pense que tu pilotes le Tardis… Ça me donne un petit coup de vieux.
- Et des cheveux gris ?
- Pardon ? Quels cheveux gris ?
- Oh, le vieux grognon !
- Du respect pour ton père, ordonna-t-il sévèrement.
Mais ses yeux riaient. C’était leur blague préférée.
- Oh, et n’oublie pas ça.
Il avait alors déposé sur ses épaules un costume rouge vif.
- Qu’est-ce que c’est ? On dirait celui du petit Chaperon rouge que maman me racontait quand j’étais petite.
- Et pour la bonne raison. Tu sais d’où vient le code d’urgence entre Rose et moi ?
- Méchant loup ? Oui, elle m’a tout dit.
- Parfait. Alors il faudra le porter parce que c’est ainsi que j’ai fait ta connaissance.
- Tu m’as vraiment vue ?
- Je n’ai pas pu l’éviter ! Tu es venue prendre une tasse de thé avec moi, profitant de l’absence de Rose.
- Et pourquoi est-ce que j’ai besoin de te rappeler tous ces détails, avait-t-elle demandé en relisant son « script ». Tu m’as toujours dit que tu n’oubliais jamais rien.
- Il exagère, avait coupé Rose avec une grimace. Il lui arrive d’en oublier. Ou d’oublier exprès. Ne t’inquiète pas, tu vas très bien t’en sortir, Harriet. Simplement, il ne faut pas que je te vois. Tu ressembles tellement à ta grand-mère que je verrais tout de suite l’air de famille. Et j’en parlerais à ton père qui comprendrait bien trop tôt.
- Je ne savais pas que grand-mère avait les cheveux roux.
- Euh, non. C’est la faute du Doctor.
- Il a les cheveux bruns !
Le Doctor avait soupiré, puis ajouté qu’il avait toujours voulu être roux.
- C’est dans les gênes, avait-il ajouté. Et tu as hérité de mes gênes. Ce n’est pas juste.
- Bon et ce costume ?
- Tous ceux qui t’ont décrite ont dit que tu le portais. Et c’est dans la lettre que tu nous as laissée. C’est comme ça que nous avons su que c’était toi, notre fille, qui nous avait manipulés pour que nous soyons au bon endroit. Le petit Chaperon rouge et le Grand méchant loup. Nous avons fait le lien. Tu as bien le faux pisteur ?
- Oui.
- Et fais attention à Jack, d’accord ?
- Il flirte autant que maman le dit ?
Le Doctor avait fait les gros yeux à Rose qui avait étouffé un fou rire.
- Harriet, ma chérie, tout va bien se passer. Et sinon, nous ne serons pas loin.
- Je sais.
- Mais il serait préférable que nous n’intervenions pas du tout.
- Je sais.
- Et il faut que tu reviennes ici directement.
- Je sais.
- Et…
- Je sais !
Ses parents avaient compris qu’ils en faisaient un peu trop. Ils l’avaient embrassée et elle était partie à bord du Tardis, laissant ses parents en sécurité pour un séjour tranquille dans une station balnéaire calme et très ordinaire pendant une dizaine de jours. Enfin, avec eux, on ne savait jamais.
Harriet savait que tout était dans le timing, mais elle s’était tout de même étonnée de la complexité des événements et de la petite danse nécessaire pour éviter de se rencontrer et amener tous les protagonistes au bon endroit au bon moment, surtout le jeu de cache-cache de l’entrepôt d’Anton.
D’abord, elle avait dû se rendre sur Terre pour programmeur le bracelet temporel de Jack et le convaincre, lui et Mickey, de s’en servir pour arriver sur le toit de l’entrepôt. Ensuite, elle avait dû trouver et donner un antidote au Doctor avant de le libérer pour qu’il puisse essayer de sauver Rose (et se retrouver branché accidentellement sur les mêmes circuits), le tout sans se faire voir d’Anton, de ses associés et même du Doctor. Enfin, elle devait rapidement partir de l’entrepôt avant que le Dalek se mette à faire des ravages ET se trouver sur le toit au moment où Jack et Mickey arrivaient, envoyés par elle-même quelques secondes plus tôt. Et quant tout avait été prêt, il avait fallu attendre quatre interminables minutes, sans savoir ce qui se passait dans l’entrepôt. Ses parents avaient insisté sur le fait qu’ils avaient eu plusieurs minutes à « rêver ensemble » et Harriet avait dû ATTENDRE ! L’horreur !
Sa dernière tâche achevée, Harriet soupira de satisfaction et programma le Tardis vers le point de rencontre prévue. Elle avait promis qu’elle rentrerait directement et ne volerait pas un peu n’importe quand. Pour ses parents, ça ne changerait pas grand-chose (vive les voyages dans le temps !), mais ils avaient un sixième sens (ou un septième si on comptait celui de percevoir le flux du temps) pour deviner ce qu’elle faisait ou ne faisait pas. Surtout sa mère. Sans doute parce que, justement, c’était sa mère.
Retrouver le support cassé et la lampe du Tardis II avait pris des jours et c’était le dernier morceau du puzzle. Harriet avait finalement récupéré la babiole enfoncée dans le cratère de la Lune. Spatialement parlant, c’était très proche de la Terre et elle s’amusa de la coïncidence : à quelques milliers de kilomètres et le morceau de Tardis aurait atterri directement sur Torchwood.
Elle fouilla dans le coffre sous le grillage du Tardis et retira le Haru qu’elle avait repris au voleur de l’Opéra sur Moebius. Elle avait eu bien du mal à le laisser partir avec sa fabuleuse moisson. La pensée de ces instruments, capables de tant de beauté et d’émotion, brisés pour en retirer les filtres lui faisait mal, mais elle n’avait pu sauver que le Haru. Le petit harmonica était devenu trop rare pour essayer d’en trouver un semblable et à le faire disparaître du temps et elle n’avait pas eu d’autre moyen. Après avoir activé le programme que le Doctor avait écrit des semaines plus tôt (sous le prétexte qu’il connaissait mieux les possibilités du Tardis qu’elle), elle jeta le Haru avec une pile de détritus inoffensifs et le fond de la poubelle de la cuisine (pour faire bonne mesure) dans le plus proche trou noir. Elle savait que le tout émergerait directement du Rift. Elle attendit quelques minutes avant de jeter le support et la lampe déchiquetés par le changement d’univers à leur suite. Avec la distorsion du trou noir, il se passerait des heures entre l’arrivée du Haru et de la lampe. Personne ne pourrait les relier.
Elle était tentée d’espionner Torchwood, mais leur système de surveillance était trop perfectionné pour qu’elle y accède sans qu’ils le sachent. Et il n’était pas question de changer une seule ligne de l’histoire que ses parents lui avaient racontée ! Harriet composa le numéro de téléphone de sa mère et annonça son retour dans les prochaines minutes et l’exécution parfaite de son aventure.
- Et sinon, ça va ?
- Comme d’habitude, dit Rose en retenant un éclat de rire. J’aurais dû me douter que des vacances tranquilles et ordinaires s’avéreraient aussi trépidantes ! Le Doctor est tombé sur le complot d’un mégalomane qui a empoisonné la moitié de la population avec le virus de la rage spatiale (je te passe les détails) et nous aurions besoin du Tardis pour remettre en ligne les générateurs de l’hôpital pour désintoxiquer tout le monde. Tu peux être là dans combien de minutes, tu dis ?
- Quel mégalomane ?
- Euh… atterris sur le toit, d’accord, fit Rose qui n’avait pas entendu sa question. Je pense que ton père essaie de trafiquer l’antenne d’une main tout en essayant de retenir 400 enragés de le dévorer vivant de l’autre.
Harriet raccrocha et programma rapidement le Tardis avec un sourire sur les lèves : le petit Chaperon rouge à la rescousse du Grand méchant loup !




FIN  

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MessagePosté le: Mer 6 Oct 2010 - 18:08    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 6 Oct 2010 - 18:33    Sujet du message: Rose + Doc : Les heures SUITE ET FIN (ajout d'un chapitre vraiment final) Répondre en citant



Les derniers chapitres sont disponibles!

Bonne lecture
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MessagePosté le: Jeu 7 Oct 2010 - 18:08    Sujet du message: Rose + Doc : Les heures SUITE ET FIN (ajout d'un chapitre vraiment final) Répondre en citant

Ooooooooooooh mais quelle nouille... J'y ai pensé un moment et puis... Franchement bravo, j'ai beaucoup aimé (malgré les petites différences de vocabulaire infimes entre la belle province et ici ^^)


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MessagePosté le: Jeu 7 Oct 2010 - 22:36    Sujet du message: Rose + Doc : Les heures SUITE ET FIN (ajout d'un chapitre vraiment final) Répondre en citant

Félicitation, j'ai adorée ton histoire. Okay


  
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MessagePosté le: Ven 8 Oct 2010 - 17:23    Sujet du message: Rose + Doc : Les heures SUITE ET FIN (ajout d'un chapitre vraiment final) Répondre en citant

Merci pour les commentaires!
Je commence à avoir des idées pour une autre histoire (peut-être moins longue que cella-là n'empêche).
Bien sûr, avec Ten (l'Irremplaçable).
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Doctor Zat
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MessagePosté le: Dim 10 Oct 2010 - 16:39    Sujet du message: Rose + Doc : Les heures SUITE ET FIN (ajout d'un chapitre vraiment final) Répondre en citant

J'ai adoré ces derniers chapitres. Bravo
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Flo
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MessagePosté le: Dim 10 Oct 2010 - 19:27    Sujet du message: Rose + Doc : Les heures SUITE ET FIN (ajout d'un chapitre vraiment final) Répondre en citant

Vraiment bien ta fic ! J'ai beaucoup aimé !
Et la fin... C'est bien trouvé

Merci pour ces bons moment de lecture Okay
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Idontwanttogo_01
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MessagePosté le: Dim 10 Oct 2010 - 23:46    Sujet du message: Un chapitre final après le chapitre final Répondre en citant

En relisant mieux, je me suis rendue compte que j'avais eu la main un peu lourde avec certaines coupures et certains détails sont passés à la trappe .

Je rajoute donc un prologue (la finale d'une finale, quoi). Et puis, j'avais envie d'écrire un peu plus sur la femme en rouge. Embarassed

Bon, alors cette fic est terminée et complète. De retour avec une autre histoire bientôt.

Oups numéro 2. Pas un prologue, un épilogue. Je venais de me régénérer, alors, hein...
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MessagePosté le: Lun 11 Oct 2010 - 09:19    Sujet du message: Rose + Doc : Les heures SUITE ET FIN (ajout d'un chapitre vraiment final) Répondre en citant

Ta fic était vraiment bien ! Triste que ce soit terminé.
même si je dois avouer que j'avais capté qui pouvait être la femme en rouge ^^


Hâte d'être bientôt alors !
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scorp
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MessagePosté le: Sam 1 Oct 2011 - 18:21    Sujet du message: Rose + Doc : Les heures SUITE ET FIN (ajout d'un chapitre vraiment final) Répondre en citant

j'ai adoré toute l'histoire! j'ai dévoré ça dans l'aprèm!
un grand bravo à toi! Okay
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:56    Sujet du message: Rose + Doc : Les heures SUITE ET FIN (ajout d'un chapitre vraiment final)

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