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:: The Telegraph : David Tennant: from Doctor Who to Hamlet (avec traduction) ::

 
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isaf
Tennant Encyclopedia

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MessagePosté le: Jeu 14 Mai 2009 - 21:27    Sujet du message: The Telegraph : David Tennant: from Doctor Who to Hamlet (avec traduction) Répondre en citant

  



 
 

  

 
Citation:
Peu de rôles suscitent autant la ferveur du public que ceux de Doctor Who et Hamlet. Et pourtant, il n’y a pas de pression sur David Tennant, l’homme qui s'est attaqué aux deux personnages.
Interview de Vicki Reid. Photos de Julian Broad.

En 2006, alors qu’il filmait un épisode de “Who Do you Think You Are?“ de la BBC, David Tennant a visité une ancienne église sur l’île de Mull, où un des ces ancêtres avaient été baptisé. Des travaux d’excavation étaient en cours, et il y avait devant lui plusieurs crânes, soigneusement alignés sur le sol. Presque sans y penser (bien qu’avec du recul, il admit avoir légèrement joué avec la caméra), il en prit un, l’examina avec stupéfaction, puis presque aussi vite, réalisa que peut-être il ne devait pas faire ça, et d’un air tout penaud, le remis à sa place, s’essuyant énergiquement les mains.

Lorsque l’émission a été diffusée, il s’est trouvé que Greg Doran, le directeur associé de la Royal Shakespeare Company, était en train de la regarder. Il a immédiatement envoyé un SMS à Tennant : “Je viens juste de voir ton audition pour Hamlet“.

En réalité, le chemin qui a amené Tennant à Stratford Upon Avon cet été fut plus banal, mais cet épisode reste un élément de ce processus – “un hasard“, comme Tennant le décrit. Plus significatif, c’est un exemple de ces nombreux heureux hasards qui constituent sa carrière.

Un des faits les plus connus sur Tennant est sa décision, à l’âge de trois ans, de devenir un acteur, construite par son admiration à Doctor Who. C’est donc incroyable que cette inébranlable détermination l’ait ramené à son point de départ et à jouer lui-même Doctor Who, en 2005, à l’âge de 34 ans. Même encore maintenant, Tennant signale cette absurdité : “Il y a seulement dix personnes qui ont eu cette chance. Statistiquement, c’était en fait beaucoup moins probable que je joue un jour Doctor Who plutôt qu’Hamlet“.



  


Être choisi comme le Docteur, ce qui a dû être ressenti comme un magnifique hasard, vient avec un passé, celui violemment gardé par des fans protecteurs et obsessionnels. Hamlet, qu’il souhaitait faire depuis longtemps, a produit le même retentissement, et même plus important encore. “Bien sûr, j’étais intimidé, comment ne pas l’être ? Les attentes liées sont énormes“.

Je crois que la pièce est définie, dans une certaine mesure, par l’acteur qui joue Hamlet jusqu’à un certain point“, explique Doran, qui a travaillé avec Tennant par deux fois précédement, sur “The Real Inspector Hound“ et “Black Comedy“ en 1998. Pour cette saison à Stratford, Doran l’a également choisi comme Berowne dans “Love's Labour's Lost“, pour laquelle les répétitions ont commencé deux jours après la première d’Hamlet (les deux pièces étant ensuite jouées en parallèle).

Comme le savent tous ceux qui ont, soit déjà vu son rôle d'Hamlet (bien que tous les billets se sont vendus presque immédiatement) soit lu les critiques, Tennant a triomphé. Les critiques ont loué son intensité et sa vitalité, le Guardian a déclaré “C’est un Hamlet d’une intelligence vive, une énergie mimétique et d’un humour fou“.

Tennant a très vite fait le choix de “la traiter comme n’importe quelle autre pièce et voir ce qu’il en ressort. Mais c’est difficile de faire ça, parce que tu es conscient du passé de cette pièce. Je crois que lorsqu’on va voir une production, on met souvent des repères au fur et à mesure de la pièce, non ? Un peu comme une énumération – Il y a la scène de folie, la scène du couvent – et on essaie toujours de les remettre en cause."

L’approche astucieuse de Doran a été de traiter la pièce comme un thriller. “Je pense qu’à chaque représentation, il y a plusieurs moments qui vous coupent le souffle“, dit Tennant. “C’est probablement la pièce la plus connue qui soit, donc c’est sympa de pouvoir encore surprendre les gens avec des coups de théâtre, qui est ce que l’on a cherché à faire.“

Au début, certains ont eu peur d’être interrompus par les spectateurs, dont beaucoup étaient probablement venu voir “en chair et en os“ leur Docteur adoré, mais ça ne s’est jamais produit. Même si le hall d’entrée grouillait d’adolescentes hyper ventilés et de jeunes enfants, donc certains âgés d’à peine 6 ans, une fois à l’intérieur, ils sont happés par la représentation. “Nous avons eu un public formidable“, dit Tennant. “Il n’y a pas eu de personnes assises au premier rang et habillées comme des Cybermen ou lançant des Tardis sur scène“. Une fois le rideau tombé, bien sûr, c’est une autre histoire ; des barrières ont dû être mises à la sortie des artistes, et un garde de sécurité accompagne David lors des séances d’autographes.

“Rentrer dans Hamlet a été dur“, dit Tennant. “Plus dur que je ne le pensais. Je me suis senti comme un peu face à une montagne, je savais qu’il en serait comme ça et je m’y attendais, mais le stress a légèrement augmenté à cause de toute cette attention, ce à quoi je ne m’attendais pas du tout."

Il a choisi de répondre à toute cette agitation en gardant tête basse et bouche cousue. “Le fait que j’étais en train de jouer une pièce et que l’on était en train de parler de ça plus que de la pièce elle-même était un petit peu perturbant….. Je veux dire, j’étais déjà suffisamment nerveux“, rigole-t-il. “Je ne voulais vraiment pas entretenir les flammes de l’attention d’autant plus qu’elles semblaient s’éteindre par elles-mêmes avec le temps“.

La ville de Stratford elle-même était en état d’alerte – un magasin de “fish and chip“ a fièrement affiché une image d’un Dalek dans sa vitrine, déclarant “Exterminez votre faim“. “Quand j’ai demandé pour quoi c’était“, se rappelle Doran, “ils ont dit, “Vous ne savez pas ? Doctor Who arrive à Stratford, on espère qu’il va venir et acheter ses “fish and chip“ ici. Même au musée de l’étain à la Harvard House, des enfants ont créé une petite assiette en étain avec un Tardis dessus et l’ont collée à la vitrine. A travers toute la ville, il y avait cette excitation à presque tous les niveaux.“

Même maintenant, proche de la fin des représentations d’Hamlet à Stratford et du transfert imminent de la pièce à Londres, le fait que nous ayons cette conversation cachés dans une des pièces de répétition représente bien ce que cela signifie d’être Doctor Who.



  

Quelques heures plus tôt, Tennant est venu me chercher à la gare et nous nous sommes dirigés vers le centre-ville à la recherche d’un endroit où manger. Habillé anonymement en jeans et un sweatshirt à capuche “Abercrombie & Fitch“, casquette de baseball sur la tête, Tennant marchait rapidement, tout du long, entouré d’un léger bourdonnement de reconnaissance, et ponctuait par des signes de remerciement les nombreuses personnes lui disant bonjour. Et finalement il dit, presque en s’excusant, “en fait c’est plus simple d’aller seulement nous acheter un sandwich et de nous trouver un endroit tranquille dans une des salles de répétition“, ça a tendance à être un peu mouvementé ? Oui.

Doran confirme: “Le matin, je rencontre souvent David rentrant dans un Caffè Nero sur la route des salles de répétition. Il marche rapidement avec sa casquette de baseball sur la tête, mais quand quelqu’un le reconnait, le Caffè Nero devient tout d’un coup très rempli.“

C’est la vie telle qu’il la connaît maintenant, et en général ce n’est pas déplaisant, dit-il. “Rencontrer des gens qui sont très heureux de te voir n’est pas trop irritant ; peut-être parce que je suis connu à travers un personnage aimable, les gens ne viennent pas vers moi dans la rue en m'engueulant, ils ont tendance à être très charmants et enthousiastes“. Mais il y a une chaleur supplémentaire dans son personnage, un charme facile qui, sans en être nécessairement conscient, le rend encore plus affable et, plus important, accessible.

C’était plutôt l’énorme pression des médias qui a failli le toucher. “J’étais ici, dans cette salle de répétition, cherchant désespérément à faire une représentation tous ensemble et me disant à moi-même “C’est juste une pièce et ne te préoccupe pas des conséquences historiques“. Et puis lors de la première, un camion de BBC 24 News est arrivé et j’ai alors pensé : “vraiment maintenant, allez, calme-toi, j’ai déjà assez peur comme ça“. Et tout d‘un coup, tu es confronté à l’idée que si ça ne marche pas, mon échec va être rapporté au monde entier.
“Et bien sûr, une petite partie de ton ego est du genre, "C’est vraiment excitant, c’est fabuleux que ça ait autant d’attention et que les gens s’y intéressent.“ Mais il y a une part beaucoup plus grande de toi qui est plutôt, “tu vas tout mer*** et le monde entier va le savoir“


Lors de la première, il se rappelle avoir pensé : “Tu ne dois plus jamais refaire une pièce, c’est horrible“. Jusqu’à présent, la scène est l’endroit où sa polyvalence en tant qu’acteur s’exprime le plus. Tennant a les traits du visage très expressifs, en particulier ses yeux. Quand il sourit, ce qui est souvent le cas, son visage s’éclaire. Il donne l’impression de constamment brûler son énergie, même quand il est assis, comme maintenant, dans cette immense pièce.

Il existe une histoire fascinante sur cette production, qui malgré tout ce qui a déjà été dit, a réussi à ne jamais être racontée (au moment où cet article est écrit). Pendant toute la saison, la compagnie a joué chaque représentation avec un membre supplémentaire. Lors du premier jour des répétitions, les acteurs ont été présentés à un vrai crâne, celui d’André Tchaikowsky, un compositeur polonais qui a émigré en 1939, à quatre ans, et s’est établi à Oxford, où il a continué à composer et a souvent visité Stratford.

Il est décédé d’un cancer en 1982 à 46 ans, et il légua son crâne à la RSC, où il était conservé dans une boite au département des accessoires, jusqu’à ce que Doran ne décide de l’utiliser. Il espérait que cela rapprocherait les acteurs du texte : “Cette pièce doit toucher quelque chose en nous, nous devons être confronté à notre propre mortalité, et Hamlet doit faire face à ça. C’était un peu comme un choc tactique…. Quoique, bien sûr, à un certain moment ça s’oublie et c’est seulement André, dans sa boite“. Doran ne voulait pas que l’histoire sorte avant la première d’Hamlet. “Je pensais que ça aurait déstabilisé la pièce et qu’on ne parlerait plus que de David jouant avec un vrai crâne“.

Tennant a été ravi d’exaucer les souhaits de Tchaikowsky. “Quand j’ai appris ce qu’il avait fait“, dit-il, “j’ai trouvé ça génial, c’est ce que je vais faire aussi, mais apparemment, tu n’as plus le droit, la loi a changé“.



  

Lors du dernier National Television Awards, Tennant a annoncé qu’il quittait Doctor Who. En acceptant cette récompense pour “Outstanding Drama Performance“ (Performance dramatique exceptionnelle), par liaison satellite lors de l’entracte d’Hamlet, il parla des quatre épisodes (dont le tournage va commencer en janvier) promis tout au long de l’année prochaine, mais dit qu’après ça, il est temps de partir, sinon “vous devrez récupérer les clés du Tardis dans les mains froides de mon cadavre“.

Sur la route, son Docteur a voyagé à travers les galaxies, empêchant des guerres et sauvant des planètes (souvent avec rien de plus qu’un tournevis sonique et un stéthoscope, et, à une mémorable occasion, une souris mécanique sortie de sa poche) avec trois différentes compagnes : Rose (Billie Piper), Martha (Freema Agyeman) et plus récemment, Donna (Catherine Tate).

Son Docteur s’est “régénéré“ de celui de Christopher Eccleston, qui était celui de la première saison de la série relancée, tendrement supervisée par son scénariste et producteur exécutif Russell T Davies. La grande taille de Tennant, sa silhouette filiforme et ses traits anguleux, compensés par une incroyable coiffure-banane et un costume légèrement désordonné, l’amena à une énergie cinétique.

Des clins d’œil ponctuels à sa vulnérabilité suggérèrent une solitude (ne pas oublier qu’il a 900 ans et qu’il est le dernier des Seigneurs du Temps), ce qui lui amena de nombreuses fans féminines, qui semblent particulièrement adorer ses grands yeux bruns, et sont désespérées de voir un jour se réaliser l’histoire d’amour entre le Docteur et Rose.

Et dire que tout cela est parti d’un petit garçon inspiré par Jon Pertwee se régénérant en Tom Baker. “Ça me donne effectivement le vertige“, admet Tennant, “quand je commence à penser à comment tout cela s‘est rejoint“.

Tennant né David John McDonald le 18 avril 1971, est le fils de Sandy, ministre du culte et ancien modérateur de l’assemblée général de l’église d’Ecosse, et de Helen, salariée d’une association caritative. Il est le plus jeune des trois enfants et a grandi à Paisley, près de Glasgow. La prise de conscience de vouloir être acteur s’incrusta dans sa vie de tous les jours, dit-il. “Je pense que c’était prétendre être une autre personne et raconter des histoires, parce que c’est ce que je faisais tout le temps dans le jardin, je me promenais en me parlant à moi-même, jouant les différents personnages.“

Il y a un écart de 8 et 6 ans entre lui et son frère et sa sœur : Blair (qui travaille dans l’industrie musicale) et Karen (qui a fait une formation d’infirmière et d’institutrice et s’occupe maintenant d’enfants ayant des besoins spéciaux). “Ce qui était ok. J’étais assez heureux tout seul, je le suis encore, je peux passer beaucoup de temps juste à trainer.“

A première vue, il n’y a pas de précédent familial évident pour son ambition artistique. Sa grand-mère paternelle avait fait du théâtre amateur, et son père, en tant que ministre du culte, a pu avoir de l’influence, selon lui. “Il y a une certaine part de représentation, et mon père avait déjà parlé avoir penser être acteur, mais ce n’est pas quelque chose qu’il a poussé très loin. Ça n’a jamais été comme une option sur laquelle miser, tu grandis et tu as un travail, c’est ce que tu faisais à cette époque, n’est-ce pas ?"

Même maintenant, une telle détermination le rend perplexe. “Ça montre une confiance en soi que je semble avoir perdu, une idée fixe que j’aimerais pouvoir réutiliser un petit peu plus maintenant. Je n’ai pas idée d’où ça vient, je pense de loin. Ça doit avoir rapport avec mes parents, qui m’ont permis de croire que tout était possible et de ne pas douter que j’avais le droit de le faire. Ça ne m’est jamais venu à l’esprit que je ne pourrais pas ou ne devrais pas. Je me sens sacrément chanceux“. Ces mots résonnent encore plus fort en sachant que la mère de Tennant est décédée l’été dernier (2007), d’un cancer. “C’est bien qu’elle ait vu Doctor Who, parce qu’elle adorait la folie de tout ça et aimait regarder chaque épisode lorsqu’ils étaient diffusés. Et j’étais au courant pour Stratford, donc elle savait que cela allait se passer."



  

Tennant ne détestait pas son école, le collège de Paisley ; c’est seulement qu’il trouvait cela ennuyeux, et à partir de 11 ans, il rejoint la classe du samedi matin à la Royal Scottish Academy of Music and Drama, où il gagne ensuite sa place à l’âge de 17 ans, le plus jeune de son année. C’est ici qu’il a adopté son nom de scène, après avoir lu un article sur Neil Tennant du groupe Pet Shop Boys dans Smash Hits.

Il décrit le cours comme “touche-à-tout“, un mélange d’enseignement, de direction, de jeux d’acteur et de gestion de scène. Il en est diplômé en 1991, et presque immédiatement il rejoint une compagnie de Théâtre ambulante appelée 7:84, présentant l’Irrésistible Ascension d’Arturo Ui : “Six acteurs dans un minibus, faisant des représentations d’une soirée à travers toute l’Ecosse“. Ashley Jensen (Extras, Ugly Betty) était l'une d’eux. “Il y a quelques noëls de cela, nous étions dans l’émission de Jonathan Ross ensemble“, se rappelle Tennant, “assis sur le canapé en coulisses, on était en train de se demander : Comment en est-on arrivé là ? “

Un de ses premiers travaux à la télévision fut “Takin' Over the Asylum“ en 1993, une minisérie sur une station de radio hospitalière d’une unité psychiatrique, dans laquelle il joue un adolescent bipolaire. C'est sur ce plateau qu’il a rencontré son amie de longue date Arabella Weir, l’actrice et l’écrivain, et l’année suivante, il a déménagé à Londres et a loué une chambre dans sa maison, où il est resté pendant cinq ans.

Pendant un long moment, le théâtre a été son point d’appui, et les critiques se sont très vite appropriées ce nouveau talent, le distinguant pour son Touchstone dans “As You Like It“ en 1996 et son Roméo dans “Roméo et Juliette“ en 2000, les deux pièces faisant parties de ses deux saisons avec la RSC. En cours de route, il y a eu deux rôles mineurs dans plusieurs films, dont “Jude“ de Michael Winterbottom (1996) et “Bright Young Things“ de Stephen Fry (2003).

Le profil de Tennant s’est considérablement amélioré quand il a été choisi pour jouer l’inspecteur Peter Carlisle dans l’audacieuse, kaléidoscopique, dansante et chantante série “Blackpool“ (2004) avec David Morrissey et Sarah Parish. Un an plus tard, jouant le rôle-titre dans le “Casanova“ de la BBC, il était un délicieux petit coquin malicieux. Son derviche tourneur séducteur a charmé tout un nouveau public et, plus important, l’a fait connaitre auprès de Russell T Davies, qui a écrit la série.

Davies dit que ce n’était pas la performance en soi de Tennant comme Casanova qui le persuada de le choisir comme Doctor Who, mais plus que ça, ayant travaillé avec lui, il savait qu’il y avait quelqu’un ici pour qui il pourrait tout écrire. “Il est sans limite. Il a aussi cette dextérité verbale éblouissante et un tel sens de l’humour.“



  

Tennant se souvient avoir été invité chez Davies, soi-disant pour une avant-première de la première série du nouveau Doctor Who. Quand Davies et Julie Gardner (l’autre productrice exécutive de la série) lui demandèrent s’il aimerait être le Docteur, Tennant a rigolé pendant un moment et puis a dit : “Est-ce que je peux avoir un long manteau?“ C’était, dit Tennant, "un moment tout à fait irréel“.

Cela lui a presque prit deux semaines pour se décider, se réveillant finalement un matin en réalisant, “Comment pourrais-tu être chez toi et regarder quelqu’un d’autre jouer ce rôle? Tu dois le faire.“ Ses parents étaient estomaqués, bien que Tennant sourit quand il raconte ce que son père lui a dit, “Oh, je pensais bien que tu y arriverais finalement.“

Tennant déclare avoir mûrement réfléchi sur le personnage lui-même. “Avec un rôle comme le Docteur, c’est très tentant d’y réfléchir, j’ai dû le faire mien en faisant x, y, z. Tom Baker avait une longue écharpe, et Peter Davison portait une veste de cricket et etc.… Je crois que si tu essaies d’être trop clairement intelligent, ça désarçonne d’une certaine manière, donc j’ai pensé, hum, je vais voir ce que Russell écrit et partir de là...“. C’est là que se trouve la principale qualité de Davies, croit-il, tout autant que de créer des personnages principaux fortement définis, “il écrit aussi des grands rôles pour les créatures bleues de la planète Zog“.

Pour son costume, Tennant s’est tourné vers une source d’inspiration inattendue. Un soir, il a vu à la télévision Jamie Oliver portant un costume avec des trainers et a bien aimé cette idée “d’aller vers quelque chose qui pourrait être assez autoritaire et puis y mettre la pagaille, ainsi le costume du Docteur serait toujours froissé et légèrement trop étroit". Au départ, il portait ses propres Converses, qui ont plus tard été vendues pour Children in Need – mais “elles n’ont pas rapporté beaucoup, j’étais un peu déçu. C’est vrai qu’elles tombaient en morceaux aussi."

Il y a quelque chose de très étonnant à écouter quelqu’un parler de son admiration depuis toujours pour un extra-terrestre. Tout comme son désire d’être acteur, son amour pour la série n’a jamais faibli. Je me demande qu’est-ce qu’il y a sur le Docteur pour insuffler un tel engagement, pour vouloir un monde meilleur.

“Je le voyais comme futuriste et scientifique et en même temps un peu “fait maison", dit Tennant, “Quelque chose qui interpelle. On dirait toujours qu’il avait seulement besoin d’un bout de ficelle pour tout sauver. Et, bien sûr, ce grand caractère, qui brûle par le milieu avec enthousiasme et joie et tu peux entièrement lui faire confiance et en même temps tu ne peux jamais prévoir ce qu’il va faire.“



  

Catherine Tate pense qu’une partie du succès de Tennant avec ce rôle vient du fait qu’il est “un tel fan de la série – sa connaissance est vraiment surprenante. Parce qu’il se rappelle toutes ces choses, et se régalait vraiment quand nous avions un scénario où, par exemple, les Sontarans étaient de retour, ou alors quand il y avait des extra-terrestres qui n’étaient pas réapparus depuis 1972. Je pense qu’il n’y a jamais eu un instant qu’il n’a pas savouré, et même maintenant presque quatre ans après ses débuts, il savoure toujours ces moments, et n’en est jamais fatigué, et donc ça fait que tout le monde élève son jeu.“

Faire partie d’un tel phénomène signifie qu’à partir du moment où son nom a été annoncé “tu deviens une figure publique, ta vie cesse d’être la tienne. Tu n’es plus invisible.“ Très tôt dans la série, Tennant a eu sa première expérience d’un des aspects les plus durs de la célébrité. Il a été réveillé à 7h du matin, un jeudi par un journaliste d’un tabloïd, sonnant à sa porte et le menaçant d’écrire une histoire pour le Sunday sur “Natasha du quartier Shoreditch, le bordel, la prostitué et les drogues…" Encore heureux qu’ils n’avaient pas de photos“.

Rien dans sa façon de vivre n’a changé, prétend Tennant, mais inévitablement être autant visible et avoir autant d’intrusion l’a rendu encore plus sur ses gardes, plus méfiant des possibles pièges. Il a toujours refusé de parler publiquement de ses relations (ses anciennes petites amies incluent Anne-Marie Duff et Sophia Myles, et il est en ce moment avec Georgia Moffat, qui est apparue dans un épisode de Doctor Who). Comme il le dit d’un air désabusé, “Je suppose que quiconque me succédant à Doctor Who doit y avoir penser“.

Il y avait un autre élément à ça, que je trouve personnellement révélateur : “Tu sais comme quand tu es dans une pièce où quelqu’un de connu rentre, tu sens la pièce se hérisser légèrement, tu sens tout le monde te regarder, ou prétendant ne pas le faire, mais tu sais qu’ils savent, et tu imagines que ça permet à la personne connue d’avoir confiance et d’être puissante, mais en fait ça fait complètement l’opposé – tu rentres dans cette pièce et tu te rapetisses, et tu te sens embarrassé et apeuré.“

Soulevant le problème de comment Tennant gère un tel niveau de scrutation, Doran et Davies citent tous les deux ses parents et son éducation comme la pierre angulaire de son équilibre. “Il est né dans une bonne famille“, dit Davies. “Au final ce qui compte, c’est un homme bien éduqué“



  

Peut-être que ça nous ramène à une éthique protestante, mais même malgré le tournage de Doctor Who tous les ans pendant neuf mois, Tennant a d’une manière ou d’une autre trouvé le temps pour d’autres projets. Dans Recovery, diffusé à la télévision l’an dernier, il était ahurissant en tant qu’homme luttant pour reconstruire sa vie après un accident cérébral. Cela l’a amené à devenir le bienfaiteur de l’association caritative Headway Essex, qui a été très impliquée dans le projet. Plus récemment, c’est le film "Einstein and Eddington", diffusé sur BBC2 ce soir, dans lequel Tennant joue l’astrophysicien Arthur Eddington dont la correspondance avec Einstein l’emmena au final en Afrique pour une mission devant prouver la théorie de la relativité. Il est sur le point de commencer à filmer le film de Stephen Poliakoff sur la seconde guerre mondiale, 1939, avec Romola Garai et Bill Nighy. “Autrefois, j’aurais appelé ça un petit rôle, mais maintenant“, sourit-il, “je suis autorisé à appeler ça une participation exceptionnelle“.

Tennant a deux semaines de pause avant qu’Hamlet ne ré-ouvre à Londres, mais aucunes vacances n’ont été planifiées. “Je pourrais profiter d’un hôtel sympa et m’allonger sur la plage", admet-il, “mais la dernière fois que je l’ai fait, ils sont venus prendre de p*** de photos de moi, et ça m’a enlevé tout plaisir pour être honnête“. Au lieu de ça, ce sera achat de meubles pour sa nouvelle maison au nord de Londres.

Quitter Doctor Who semble être la bonne décision; Davies et Gardner partent eux aussi après les épisodes spéciaux. “Je veux partir tant que j’aime toujours ça. J’ai passé un si bon moment et je veux garder ça exceptionnel.“

Je crois que Tennant espère qu’en partant de la série, il va doucement se retirer dans “l’invisibilité“ une fois de plus. C’est certain que sa polyvalence en tant qu’acteur garantit et qu’il ne sera plus simplement défini comme le Docteur.

Davies croit que l'héritage qu'il laisse à la série sera profond. “Ceux qui ont 6 ans vont le revoir quand ils en auront 66 et ça paraitra démodé et en deux-dimensions et étrange, mais ils s’assiéront avec un grand sourire sur leur visage grâce à cet acteur. Je crois qu’ils vont regarder David et penser, mince alors, ce n’est pas une vision rosâtre enfantine, j’avais raison, il était génial.“


Hamlet commence au Novello Theatre, London WC2, le 3 décembre. “Doctor Who, The Next Doctor“ sera diffusé le jour de Noël.


Traduction par Isaf
Relecture par Duam78

©Telegraph Magazine - 2008  - Toute reproduction, partielle ou complète, est interdite sans autorisation des Webmasters.






Merci à Duam pour la relecture et la mise en page  

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Un grand grand MERCI à Duam78!!!!


Dernière édition par isaf le Sam 19 Déc 2009 - 18:15; édité 3 fois
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MessagePosté le: Jeu 14 Mai 2009 - 21:27    Sujet du message: Publicité

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nemrod
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MessagePosté le: Mer 27 Mai 2009 - 17:02    Sujet du message: The Telegraph : David Tennant: from Doctor Who to Hamlet (avec traduction) Répondre en citant

Très bien detaillé. Heureusement que le forum a été créé
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MessagePosté le: Mer 27 Mai 2009 - 18:59    Sujet du message: The Telegraph : David Tennant: from Doctor Who to Hamlet (avec traduction) Répondre en citant

Waou! Merci pour cette traduction, presque parfaite si on écarte quelques fautes! Je salue le temps passé à tout cela, et l'habileté de la retranscription 

J'ai appris des choses que je ne savais pas (si si^^)
Notamment le fait que David Tennant jouait avec le crâne de Piotr Illitch Tchaïkovski
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Saeko Doyle
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MessagePosté le: Mer 27 Mai 2009 - 19:09    Sujet du message: The Telegraph : David Tennant: from Doctor Who to Hamlet (avec traduction) Répondre en citant

Quel régal ce dossier !! Bravo, c'est vraiment très intéressant ! Okay
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Smallbeetle
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MessagePosté le: Mer 27 Mai 2009 - 22:17    Sujet du message: The Telegraph : David Tennant: from Doctor Who to Hamlet (avec traduction) Répondre en citant

Fiouf! Je viens de tout relire et j'ai normalement enlever toutes les fautes qui restaient ^^ Mais j'ai appris des choses ^^ Et d'ailleurs, je me suis dit en lisant: "si David avait raté sa prestation pour le rôle d'Hamlet, il aurait toujours été un super acteur pour moi rien que pour son rôle dans Doctor Who... Et en prime maintenant nous savons que la pièce a été un grand succès, ce qui prouve qu'il est vraiment vraiment excellent! Et j'admire ce qu'il fait en sachant qu'il a peur etc. mais qu'il semble rester de marbre devant tout ça."
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MessagePosté le: Mer 27 Mai 2009 - 23:47    Sujet du message: The Telegraph : David Tennant: from Doctor Who to Hamlet (avec traduction) Répondre en citant

Merci pour la traduction, c'est un dossier très intéressant. On peut penser que David est un Dieu mais non il est bien humain et connait la peur.
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MessagePosté le: Jeu 28 Mai 2009 - 22:57    Sujet du message: The Telegraph : David Tennant: from Doctor Who to Hamlet (avec traduction) Répondre en citant

Enfin pris le temps de tout lire. C'est une excellente interview je trouve. On en apprend plus ( du moins moi ) Et ça me conforte dans l'idée que j'aime et j'admire Mister Tennant.
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DWreviews
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MessagePosté le: Sam 30 Mai 2009 - 12:35    Sujet du message: The Telegraph : David Tennant: from Doctor Who to Hamlet (avec traduction) Répondre en citant

Extrêmement intéressant !
Merci beaucoup !
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Reinette
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MessagePosté le: Dim 31 Mai 2009 - 13:20    Sujet du message: The Telegraph : David Tennant: from Doctor Who to Hamlet (avec traduction) Répondre en citant

Citation:
Je crois qu’ils vont regarder David et penser, mince alors, ce n’est pas une vision rosâtre enfantine, j’avais raison, il était génial.“


C'est ce que j'arrête pas de dire partout à tout le monde ^^

Citation:
Tennant a les traits du visage très expressifs, en particulier ses yeux. Quand il sourit, ce qui est souvent le cas, son visage s’éclaire. Il donne l’impression de constamment brûler son énergie, même quand il est assis, comme maintenant, dans cette immense pièce.


Ca c'est vrai. Tellement vrai. Ce n'est pas une phrase en l'air d'ado fanatique "ouiiiiii Daviiiiid il est trop beaaaauuu", il a réellement une présence très forte, une espèce d'aura qui se dégage de lui, et ça se ressent dans son jeu. Et c'est tout simplement énorme, impressionnant et ahurissant. Il a un "truc".



En tout cas merci pour ce très très bon dossier, très intéressant, et un travail énorme !!

Vive RTC





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MessagePosté le: Dim 31 Mai 2009 - 19:57    Sujet du message: The Telegraph : David Tennant: from Doctor Who to Hamlet (avec traduction) Répondre en citant

Et vive la rangée de smarties Mr. Green  !

Il m'éclate ce smiley   ^^
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Reinette
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MessagePosté le: Mer 3 Juin 2009 - 18:53    Sujet du message: The Telegraph : David Tennant: from Doctor Who to Hamlet (avec traduction) Répondre en citant

Question : j'ai fait le tour des librairie et autre points de vente de journaux de Lyon, aucune trace du Telegraph. Quelqu'un sait si ça se trouve en France ? (et s'il est susceptible d'être encore disponible Mr. Green)
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MessagePosté le: Ven 5 Juin 2009 - 22:37    Sujet du message: The Telegraph : David Tennant: from Doctor Who to Hamlet (avec traduction) Répondre en citant

Pour répondre à Reinette, le Telegraph est un journal quotidien, il s'agit ici du magazine qui l'accompagne toutes les semaines, donc je ne pense pas que tu puisses trouver maintenant l'édition du 23 novembre 2008 ?..... Peut-être à Londres dans ces librairies qui vendent des anciennes éditions des journaux ? Okay
Pour trouver des journaux anglais en France, je connais que le fameux WHSmith à Paris.
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Un grand grand MERCI à Duam78!!!!
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MessagePosté le: Ven 5 Juin 2009 - 23:27    Sujet du message: The Telegraph : David Tennant: from Doctor Who to Hamlet (avec traduction) Répondre en citant

Je savais pour le Daily Telegraph, mais j'ignorais que c'était un magasine qui l'accompagnait, merci de l'info ^^
Et effectivement, trouver cette édition va s'avérer compliqué je crois
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:14    Sujet du message: The Telegraph : David Tennant: from Doctor Who to Hamlet (avec traduction)

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