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:: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012 ::
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MissTennantFantasy
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MessagePosté le: Mer 1 Jan 2014 - 17:07    Sujet du message: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012 Répondre en citant

Titre : Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012

Résumé : Une fois de plus, la Terre est menacée. Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas Londres qui se trouve aux premières loges... Heureusement, le Docteur est là pour apporter son savoir-faire... En aviez-vous douté ?

Spoliers : Il est bien évidemment préférable d'avoir lu les aventures précédentes de "Jenny". Donc, les spoliers sont les mêmes que pour le reste de la série. 

Disclamer : Les personnages de la série Doctor Who sont l'entière propriété de la BBC et de leurs créateurs. 

Bêtas : Merci à Idwy et Rose1978 pour avoir partagée l'aventure de l'écriture et de la mise en place de l'histoire, m'avoir conseillé et inspiré, nos discussions et nos partages à propos de cette fiction à l'écriture particulièrement prenante ! Vos relectures ont été primordiales! Vous êtes géniales les filles! Vraiment, merci, merci, merci!

Notes : L'histoire se passe dans un univers parallèle à celui que nous connaissons dans le whoniverse. Il s'agit là de la suite des aventures de Jenny. Pour conserver le mystère, je n'en dirai pas plus! Et pour plus d'infos temporelles, vous pouvez jeter un œil sur la timeline de Jenny!

Le 8 juillet 2012 n'est pas choisi au hasard. Ce fut une journée particulièrement forte et ma première rencontre whovienne d'ampleure avec la visite du Comic Con Paris 2012! Entre autres, rencontre de nos admins préférées, conférence de Murray Gold et autres monuments de la série, sans parler de Chris Chibnall, scénariste de plusieurs zodes de Doctor Who et showrunner de génie de Broadchurch! Cette journée demeurera inoubliable!



Citation:


Journal, premières notes, dimanche 8 juillet 2012 :

Pour être parfaitement honnête avec vous, jamais il ne m'était venu à l'esprit de tenir un journal. Ma vie était bien trop monotone pour qu'il me prenne l'envie d'en conserver une trace écrite. Étudiante se voulant studieuse, passionnée de cinéma et de séries, voilà comment j'aurais pu vous résumer ma vie d'avant. Alors pour quelle raison en faire un roman ?

Pourtant, si aujourd'hui, je ressens le besoin de commencer à en rédiger un, c'est que ce train-train quotidien s'est retrouvé bouleversé du jour au lendemain !

"Comment cela a-t-il commencé ?" Me demanderez-vous. Je vous répondrais très simplement par une longue promenade telle que je les affectionne tant, arpentant les rues de Nancy sans vraiment me soucier de la destination. Je revenais d'un supermarché qui se trouvait être plus ou moins le but inavoué de cette balade, où j'en avais pourtant profité pour effectuer deux trois emplettes de « dernière nécessité ».

J'ai toujours aimé faire des circuits. Et de ce fait, j'avais décidé, comme à chaque fois, de ne point passer par le même chemin pour rentrer. Mon sac à dos chargé de courses plus ou moins inutiles ( un paquet de céréales et une plaque de chocolat, entre autres frivolités), je m'étais engagée le long de l'avenue de Strasbourg et en remontais à présent l'extrémité, repensant avec mélancolie au fait que mon arrière-grand mère avait vécu juste à côté.

Ce fut à cet instant précis que ma vie changea pour toujours. Que l'impossible devint pour la première fois possible, que la réalité dépassa d'un coup la fiction et que... Aaah... Pardonnez-moi... Voilà des phrases si souvent entendues dans la bouche d'autres personnes... Elles semblaient écrites pour la fiction, n'étaient que des répliques faciles pour des programmes sans grande imagination... Sauf depuis que je les savais faire partie intégrante d'une de ces séries télés. Une série spéciale, très spéciale... Je ne vais pas tarder à y revenir, soyez rassurés !

Ces mots tournaient tellement dans ma tête depuis plusieurs années : Rien n'est impossible, l'impossible n'est qu'improbable ! Un leitmotiv au goût de mystère, d'aventure et d'action, de peur, de joie et de frissons... Comment pouvais-je deviner que ces termes allaient devenir une partie de ma vie encore plus qu'ils ne l'étaient déjà ?

Tout simplement, je ne pouvais pas !

Pourtant, eh oui, cela se concrétisa !

Et tout commença alors que je m’apprêtais à traverser un passage protégé juste devant l'esplanade de la très belle église Notre-Dame de Bonsecours de Nancy. L'édifice typiquement baroque, accolé aux autres demeures de la rue, abritait, comme je le savais depuis, my, je ne sais plus exactement quand, alors on va dire « depuis toujours », le tombeau du roi Stanislas, figure emblématique de la ville de Nancy.

Tout d'abord, je ne remarquais pas le vrombissement étrange, couvert en partie par le son des voitures. Je crus ensuite qu'il s'agissait de mon téléphone, sa sonnerie commençant plus ou moins comme ce grésillement. Il s'agissait du générique – et voilà, nous y sommes ! – de la série Doctor Who, dont j'étais – et suis plus que jamais – complètement addict.

Quoi qu'il en soit, vous vous doutez bien que je ne vous parlerais pas de tout cela si cela n'avait trait qu'à une sonnerie de portable. Parce que toute cette incroyable histoire commença réellement quand, à mon grand étonnement, je remarquais que mon appareil n'était pas en train de sonner...





Citation:



« Docteuuurr... !"

Rose Tyler criait au beau milieu des rues dévastées de Londres.

Mais elle n'arrivait pas à le rejoindre. Il était bien trop rapide, bien trop déterminé.

Encore arrivait-elle à se maintenir à une distance raisonnable qui lui permettait de le suivre, sinon, elle se serait perdue dans ce dédale toujours enfumé.

Plusieurs mètres derrière elle, Mickey essayait de maintenir le rythme, mais semblait épuisé. Il n'était visiblement pas aussi habitué aux courses folles que Rose avait eu à vivre aux côtés du Docteur.

Pourtant, pour la jeune femme, cette fois-ci était une première. Elle ne courait pas avec lui, mais après lui. Et voulait lui faire entendre raison.

Elle avait beau, tout comme lui, être torturée par la douleur d'avoir perdu Jenny, elle devait lui faire comprendre que c'était fini, et que, malheureusement, il n'y avait plus rien à faire. Leur amie les avait quittés. Il n'y était pour rien, ce n'était pas sa faute. Elle aussi aurait aimé qu'il en soit autrement. Mais il fallait l'accepter. Comme Rose l'avait fait avec son papa grâce au Docteur, ce dernier avait été près de Jenny lors de ses derniers instants. Il lui avait rendu la fin plus supportable, mais ne pouvait faire plus. C'était le destin !

Pourtant, comment essayer de l'expliquer à un homme qui la devançait de plusieurs dizaines de mètres et, qui plus est, était aussi borné que le Docteur. Elle était à bout de souffle. Une désagréable sensation d’oppression et d'épuisement lui coupait la respiration.

« Docteur, s'il vous plaît, écoutez-moi ! » Continuait-elle mais ça ne servait à rien, il restait muet et continuait à courir sans montrer le moindre signe de fatigue.

Rose savait que, si elle perdait du terrain, il montrait dans le Tardis sans les attendre. Ce n'était pas une bonne idée. Elle ne devait pas le laisser seul, pas en ce moment. Il avait besoin de sa présence plus qu'il ne pouvait l'imaginer. Mais refusait de l'entendre. Il n'entendait qu'une seule chose, et cette voix dans sa tête n'était que folie. Il était triste, il était perturbé, il risquait de faire des bêtises. Elle devait rester à ses côtés.

Voilà qui était plus facile à dire qu'à faire.

Ils n'étaient cependant plus très loin de leur but. Ils s'approchaient de Whitechapel Road bien plus rapidement qu'elle ne l'aurait imaginé. Ils n'étaient plus qu'à une centaine de mètres. Et il semblait que le Zjarr, dont tous ignoraient l'existence, avait fait en sorte de mettre le Tardis à disposition d'un pilote. Les décombres de la demeure avaient laissé le chemin libre jusqu'à la porte de la boite bleue, et ce malgré le coffre fort qui l'entourait. Le vaisseau était prêt à les accueillir... Et si le Docteur restait le plus rapide...

« Docteur, vous allez m'écouter maintenant ! » Cria Rose avec autorité.

Le Docteur s’arrêta net, pointant le doigt sur Rose :

« Je n'ai aucun conseil à recevoir de vous, Rose Tyler ! Je sais exactement ce que je dois faire ! Je n'ai pas besoin d'écouter les idées de... de... »

Son regard était terrifiant. La douleur le transformait en une machine qui risquait de le mener à sa propre destruction. Rose elle-même était figée de stupeur face à la réaction du Docteur.

« Eh, je vous interdis de parler à Rose comme ça » Tenta de hurler Mickey, encore à plusieurs mètres d'eux.

« Docteur » Le supplia-t-elle. Rose semblait au bord des larmes.

« Je... Oh... Oh... Rose, je suis désolé, tellement désolé, je ne voulais pas... » Et il la serra dans ses bras.

« Je sais Docteur ! » Murmura-t-elle.

« Mais je dois faire quelque chose... » La regarda-t-il, désespéré.

Elle ne répondit rien. Rien qu'elle ne puisse dire ne lui ferait changer d'avis. Même si elle savait qu'il n'y avait plus rien à faire, elle ne pouvait l’empêcher de mener une dernière tentative, aussi désespérée soit-elle. Néanmoins, elle devait rester à ses côtés !

Mickey les avait rejoints. Il bouillait intérieurement, mais se retint de dire quoi que ce soit, pour Rose.

Sans un mot, le Docteur descendit jusqu'aux portes du Tardis et tendit la main à Rose pour l'aider à descendre. Ce qu'elle fit. Mickey se précipita pour les rejoindre.

Dans le vaisseau, toutes les lumières étaient éteintes. Le Tardis était plongée dans une sorte de stase cataleptique, un état inhabituel que le Docteur considéra comme un contrecoup, un état de choc après avoir passée des heures au cœur des flammes. Ce qui semblait bien impossible pour une machine de la trempe d'un Tardis. Étonnamment, il ne pensa pas une seule seconde que cela puisse être dû à la mort de Jenny et à la perte du lien si puissant qui unissait la jeune fille et sa boite bleue.

Il s'approcha de la console, elle grésilla faiblement. Il passa une main caressante sur les boutons, comme pour la réveiller, et lui expliquer ce qu'il attendait d'elle.

La salle des commandes se ralluma.

Rose resta en retrait avec Mickey. Elle venait de repérer le sac à dos Converse étoilé que Jenny avait déposé près d'un pilier, seulement quelques heures plus tôt. Elle étouffa un sanglot, espérant que le Docteur ne le remarque pas.

Le Tardis se mit à grésiller plus fort, les voyants à clignoter, les écrans à s'allumer.

Le Docteur se plaça en position pour lancer les moteurs. La concentration se lisait sur son visage. Mais avant qu'il n'ait eu le temps d'appuyer sur quoi que ce soit, une lueur se mit à briller au-dessus des commandes. Un faisceau fut projeté au milieu de la salle en un chuintement singulier.

Et une silhouette apparut, debout sur le sol métallique du Tardis. D'abord floue, elle devint rapidement plus nette, laissant deviner les traits d'une belle jeune femme. Ce doux visage ne leur était pas inconnu :

« Aidez moi Docteur, vous êtes mon seul espoir ! … » Implora Madame de Pompadour.

L'hologramme de la marquise s'était matérialisé devant eux. Toujours aussi resplendissante, son expression reflétait pourtant la peur.

« Ça ne te rappelle pas quelque chose ? » Demanda Mickey, les yeux écarquillés.

« Chuttt » Le coupa sèchement Rose.

« Docteur, un grand danger menace notre belle ville de Paris... S'il vous plaît... Les coordonnées précises sont déjà indiquées dans la mémoire de votre vaisseau, laissez-le vous guider, là où il se posera, la France aura besoin de vous ! » Continua Reinette.

Puis, tournant un regard vers la gauche, la marquise demanda :

« C'était bien ? »

Après quelques secondes de silence, elle reprit :

« Ah oui, j'allais oublier, s'il vous plaît Docteur, relisez la lettre que je vous ai laissée ! »

Un nouveau chuintement se fit entendre et la silhouette à demi-transparente de la marquise disparut.

Le Docteur était resté muet d'étonnement le temps de l'apparition. Qu'est-ce que le Tardis lui avait encore caché ?

Ce n'était pas normal, tout ça était préparé depuis bien trop longtemps. L’insertion de ce message dans les données du Tardis ne devait pas dater pas d'hier. Le vaisseau mijotait quelque chose et le laissait dans l'ignorance. Sa boite bleue avaient des secrets bien enfouis, cela n'était vraiment pas pour lui plaire. Quelqu'un avait du intégrer ce fichier avec la complicité entière du vaisseau. Qui donc avait assez d'influence pour berner le Tardis et lui laisser faire tout ce qu'il voulait avec ses boutons ? Le plus terrifiant était qu'il ne voyait personne d'assez compétent pour être capable de faire cela... Seul un Seigneur du temps aurait pu jouer avec cette technologie. Et il était le dernier... Aurait-il lui même effectué ces changements sans le savoir ? Sa tête n'était peut être pas encore totalement remise de son accident mémoriel temporaire. Lui restait-il des lacunes ?

Pourtant, ses sens fraîchement de retour, bien que chamboulés par la perte de Jenny, lui disaient que, premièrement, il n'était pas à l'origine de tout ça, et que secondement, eh bien, que ce n'était décidément pas normal. Oh non, vraiment, il n'aimait pas ça. Mais il sentait pourtant que quoi qu'il puisse dire ou faire, il ne pourrait pas changer grand chose, ce qui l’enrageait doublement. Le Tardis lui envoyait des ondes très claires, il ne pouvait pas modifier ce qui allait arriver. Il devait s'y résigner.

Mais il n'était pas d'humeur à faire les quatre volontés d'un inconnu qui avait fait mumuse avec SON Tardis.

Il commençait à en avoir assez qu'on lui impose ce qu'il devait faire. Cette fois-ci, il ne se laisserait pas faire.

Il s'approcha de la console, fermement résolu à passer outre les recommandations de sa boite bleue.

« Merci beaucoup ! Mais je suis encore capable de faire mes choix tout seul, il sera toujours temps de voir ce qui préoccupe notre chère Reinette plus tard ! » Dit-il d'un ton un peu trop enjoué pour laisser croire qu'il l'était réellement.

« Docteur, vous devriez peut-être...Aaaaah... »

Le Tardis s'était élancée d'elle-même à travers le temps et l'espace et Rose s'était retrouvée projetée sur le plancher avec l'ensemble des passagers. Le voyage était loin d'être tranquille. Rose avait été balancée si rapidement qu'elle n'avait pas réussi à s'accrocher à quoi que ce soit.

Plus personne n'était aux commandes. Le Docteur ne pouvait rien faire pour modifier les coordonnées. Ils étaient tous les trois au sol, balancés avec violence, projetés à gauche, à droite, sans qu'ils ne puissent rien y changer.

Et puis, soudain, le calme se fit dans la cabine. Le vol continua, mais beaucoup plus tranquillement. Rose, Mickey et le Docteur se relevèrent, un peu retournés. Mais sans dégâts irréversibles.

Enfin, le Tardis se posa avec une extrême douceur, au point que Mickey sembla incertain que ce voyage fût bel et bien terminé.

Le visage du Docteur était crispé. Une fois n'est pas coutume, il semblait même en colère envers sa chère boite bleue. Comment avait-elle osé lui jouer un tour pareil ? Deux fois dans la même journée qui plus est... Avait-elle changé d'allégeance ?

Rose sentait qu'il était temps de détendre l'atmosphère et elle décida de prendre les devants en allant ouvrir la porte.

« Docteur, nous ne sommes pas du tout, mais alors pas du tout, au 18ème siècle. » S'exclama-elle d'un air totalement étonné. Ce qu'elle voyait allait sans aucun doute titiller la curiosité le Docteur.






Citation:



« Quoi ? » S'étonna le Docteur.

Il s'approcha de Rose et comprit tout de suite ce qu'elle voulait dire. Il n'y avait aucun doute possible. Ils n'étaient pas au 18ème siècle, mais alors plus du tout.

« Où sommes-nous exactement ? » Demanda la jeune femme.

« Eh bien... S'exclama-t-il en hochant la tête, nous sommes à Paris. Enfin, pratiquement... » Ajouta-il avec une moue étonnée.

Il sortit et, levant la tête, regarda au dessus de lui.

« Nous sommes juste sous la Grande Arche de la Défense pour être exact... Regardez... Voici l'Esplanade... Et vous voyez, là-bas, tout au fond, on peut apercevoir l'Arc de Triomphe ! »

                                                                                
                                                                                 
« Pourquoi ne sommes nous pas au 18ème siècle ? » Demanda Mickey.

« Rappelle-toi, la Pompadour a dit : « Là où le Tardis se posera, la France aura besoin de vous ! ». Elle n'a pas précisé que c'était à son époque ! »

« Mais comment pouvait-elle...?» Demanda Mickey dans le vide... Rose s'était déjà éloignée.

« Docteur, vous ne pensez pas qu'il y a quelque chose d'étrange ? Il n'y a personne... Absolument personne... »

« Et il fait un peu frais pour un début juillet, ajouta-t-il en humant l'air... Mais nous ne sommes pas tout à fait seul, là, regardez, il y a un enfant... »

Effectivement, une petite fille se trouvait en contrebas, à quelques dizaines de mètres des escaliers qui menaient à la base de la Grande Arche, endroit où s'était posé le Tardis. Elle ne semblait vraiment pas à sa place dans cet endroit délaissé, et aussi un peu perdue, bien qu'étrangement calme malgré le silence qui régnait sur la place.

Le Docteur commença à descendre les marches, vite suivi de Rose.

La petite, qui leur tournait le dos, ne les avait pas remarqués. Peut être faisait elle semblant, à moins qu'elle ne soit tellement terrifiée qu'elle en était pétrifiée. Mais le Docteur en doutait.

Ce fut Rose qui repéra le détail troublant.

« Docteur... » Murmura Rose. Elle avait le doigt tendu en direction de l'enfant, encore trop loin pour les entendre.

« Quoi ? » Murmura le Docteur en retour.

Mais le visage de Rose s'était décomposé à la vue de ce qu'elle venait d'apercevoir. Le Docteur regarda à nouveau la petite puis Rose.

« Quoi ? Qu'y-a-t-il Rose, dites-moi ? » Demanda-il sur un ton pressant.

« Son sac-à-dos, Docteur, regardez son sac-à-dos... »

Il regarda à nouveau et manqua de trébucher. Il accéléra pourtant le pas, le souffle court.

Il était juste à quelques centimètres quand la petite fille se retourna.

« Docteur ! Je savais que tu viendrais ! S'écria la petite Jenny – elle n'avait pas plus de douze ans. Tu as enfin apprit à piloter le Tardis, je ne t'ai pas entendu te poser... Oh hello Rose, comment vas-tu ? » Ajouta-t-elle avec un sourire lumineux.

« Jenny ? Mais... Qu'est-ce que... Et tu... » Bafouilla le Docteur.

« Doc ? Tu te sens bien ? C'est toi qui m’as demandé de venir, tu te souviens... J'ai bien reçu ton message ! »

« Oh, ma Jenny !... » S'exclama le Seigneur du Temps en la prenant dans ses bras.

« Là, tu commences à me faire peur Docteur... » S'écria la petite fille dans un sourire tendu.

« Non, non, n'aie pas peur, dit-il en la reposant, c'est juste que... Que je ne t'ai encore jamais rencontré... Aussi jeune... Fit-il en soulevant délicatement le menton de la petite. Tu vois... Et je n'avais jamais pensé... »

Le Docteur et le mensonge ne faisait qu'un, surtout quand ce mensonge reposait sur une parfaite vérité. Ni le Docteur ni Rose n'avait jamais rencontré Jenny si jeune.

« Oh, mais que tu es bête, Doc ! Lança Jenny, riant en lui faisant une tape amicale sur le bras, tu commençais vraiment à m'effrayer à me regarder comme ça tu sais... Oh ... Oh attends, je ne devais pas découvrir le message si tôt c'est ça ! »

« Je ne suis même pas au courant du message. »

« Bon OK, alors on est en plein Wibbly Wobbly... » Commença Jenny.

« ...Timey Wimey! » Compléta le Docteur en souriant largement.

«  Et du coup, forcément, je suppose que tu ne sais pas pourquoi nous sommes là. Quel dommage, moi qui espérais que tu pourrais faire la lumière sur ce qui vient de se passer.»

« De quoi parles-tu ? » Demanda le Docteur en essayant de prendre un air détaché. Il était passé maître en camouflage émotionnel, mais savait aussi que Jenny était un vrai scanner qui détectait le moindre mensonge de sa part... Enfin, celle qu'il connaissait, celle qui se trouvait à présent à Londres en 1666, celle qui était... Une vague de tristesse et de colère le submergea à nouveau, elle l’empêcha même d'entendre la petite voix flûtée de la petite Jenny en train de lui expliquer à toute vitesse ce qui était arrivé.

« Ben ! Tu vois, j'étais en train de visiter le Louvre quand d'un coup, une horloge type 18ème s'est mise à sonner, sauf que comme par hasard, il n'y avait que moi qui l'entendait. Je me suis approchée, j'ai d'ailleurs failli me faire attraper par un gardien « Pas le droit de toucher hein ! ». Mais je trouvais ça tellement étrange... Et puis, tu me connais, je n'ai pas pu résister. Et devine quoi, l'horloge s'est ouverte dès que je l'ai effleuré, et j'ai trouvé ce mot à l'intérieur, signé de ta main, regarde ! Puisqu'il me disait de me rendre immédiatement ici, à la Défense, alors, j'ai quitté tout de suite le musée, j'ai attrapé le premier métro et me voilà... Mais j'étais à peine arrivée ici que le vrai truc étrange s'est produit. Tu ne vas pas me croire, Doc... Doc... Doc ? »

« Quoi ? »

« Essaye de deviner ce qui s'est passé quand je suis arrivée ici ! »

« Oh, euh je n'en ai pas la moindre idée... »

« Attends, laisse-moi essayer ! » S'écria Rose, tentant de reprendre les choses en mains. Elle voyait bien que la petite commençait de nouveau à s'inquiéter. La jeune femme jeta un œil autour d'elle durant une seconde et se retourna vers Jenny.

« Je parierais sur l'évaporation subite de toute âme vivante. » Dit Rose.

« Dans le mille ! Comme ça, pouf, une seconde avant, ils étaient là, la seconde d'après plus personne...» S'exclama la petite.

« Tu veux dire que tu t'es retrouvée toute seule, ici, sans le moindre humain à la ronde, ma pauvre chérie... » Se lamenta le Docteur.

« J'ai passé le stade de m'inquiéter pour ce genre de choses, tu sais Doc ! Mais tu avoueras que c'est étonnant non... »

« Depuis combien de temps es-tu toute seule, ma grande ? » Lança le Docteur visiblement inquiet.

« Oh la la, une éternité, au moins, attends, que je regarde ma montre, oh oui, au moins cinq interminables minutes ! »

Le Docteur ne put s’empêcher de sourire. Déjà la même Jenny, piquante, déterminée et aucunement effrayée par un événement aussi étrange que la disparition de toute la population parisienne... Au minimum !

« Et vous avez senti, il fait tellement froid d'un coup, ce n'était pas comme ça il y a une heure, pas même il y a dix minutes, ça ne cesse de baisser... » Ajouta Jenny.

« On ferait bien de retourner dans le Tardis ! » Lança Rose.

Le trio remonta les marches et trouva Mickey, resté là où ils l'avaient laissé...

« Hey, vous auriez pu m'attendre non... Pourquoi fait-on toujours comme si je n'existais pas... ? » S'écria le jeune homme avant de remarquer la petite fille.

« Oh, hello Mickey, comment vas-tu ? Lança-elle. Je ne savais pas que tu étais dans le coin ! »

« Euh, hello, mais qui es... ? » Mais il ne termina pas sa question, Rose faisant signe de se taire. Il comprit rapidement pourquoi.

Tous entrèrent dans le vaisseau. Le Docteur passa devant, agrippant vivement le sac-à-dos toujours posé dans le coin pour le jeter dans une trappe du Tardis. Rose le remarqua mais ne dit rien. Il était cependant évident qu'il avait repéré l'objet depuis leur retour dans le Tardis et s'était bien gardé de le mentionner ou même de le regarder.

« Que faisons-nous maintenant ? » Demanda Jenny.

« Je te ramène sur Pratoris Four ! » Dit-il un peu sèchement.

« Oh non, pas question Doc ! Si tu m'as fait venir ici, c'est justement pour que nous réglions le problème ensemble ! »

« Je dois te mettre en sûreté Jenny et tu le seras avec Willie ! Fit le Docteur en prenant la petite fille par les épaules, je ne veux pas qu'il t'arrive du mal, je ne veux pas te mettre en danger... »

« Docteur ! Je ne suis plus une enfant ! Fit-elle en se dégageant. Nous devons découvrir ce qui vient de se passer ! Et puis, ne penses-tu pas que le danger est déjà loin, vu que je n'ai pas disparue avec le reste de la population? »

Le Docteur lui reprit les épaules, la regardant fixement. Son regard était plus mélancolique qu'énervé.

Jenny savait qu'elle avait une carte à jouer.

« Docteur, tant que tu restes près de moi, je sais que rien ne peux m'arriver... Et tous ces gens, tout ce mystère, on doit le résoudre, c'est notre mission, tu le sais comme moi ! »

« Docteur, Jenny a raison ! Et ça vous fera du bien !» Murmura Rose à l'attention du Docteur.

« Et encore, rien ne nous dit que le Tardis accepte qu'on s'en aille... » Lança Mickey. Rose lui jeta un regard noir.

« Qu'est-ce qu'il veut dire, Doc ? » Demanda Jenny.

« Rien, rien du tout... »

« Docteur, ne me mens pas ! » Le réprimanda Jenny.

« Ça n'a pas d'importance ma chérie... Mais... Tu sais, je crois que Rose a raison, tu devrais rester enquêter avec nous. Seulement, c'est à une seule condition, tu restes près de moi, et tu écoutes tout ce que je te dis. »

« Ça en fait deux si je sais bien compter ! » Rétorqua Jenny.

« Ta promesse ! » Demanda sérieusement le Docteur.

« Promis juré, main sur les cœurs, dit Jenny en souriant, alors on commence par où ? »

Le Docteur lui répondit d'un sourire. L'arrivée imprévue de Jenny allégeait ses cœurs lourds.

Rose regarda la petite et le Docteur en souriant elle aussi.





Citation:



« La lettre ! » S'écria soudain Rose.

« Quoi ? » S'étonna le Docteur.

« On commence par la lettre, Docteur ! Repris Rose. Vous vous rappelez, «  Relisez la lettre que je vous ai laissée ! » »

« Oh... Oh oui, effectivement, bien vu ! »

Il glissa une main dans la poche de son manteau et sortit le papier plié. Il passa rapidement les premières lignes déjà gravées dans son esprit, et ce malgré l'amnésie temporaire de ses dernières heures. Enfin, il s'attarda sur un post-scriptum beaucoup plus long que la normale et commença à le lire à haute voix :

« « Il y a de cela quatre ans, je scrutais les étoiles, et un signe de votre retour.

Quand j'ai cru le repérer dans un trio de lumières dansantes. Mais au lieu de m'éclairer, elles se sont écrasées. Le lendemain, non loin de Paris, un amas de débris fut repéré. Je désirais en apprendre davantage et reçu nouvelle d'un bien étrange carnage. Des os calcinés avaient été retrouvés, entourés d'un cercueil de métal luisant comme l'argent. Ces os n'étaient pas d'animaux, ces os n'étaient pas d'humains. Bien trop grands, bien trop difformes, ils ressemblaient à celui qu'on m'avait présenté comme étant celui d'un géant. Mais après inspections, il fut dit que celui du musée n'était qu'un reste de girafe. Je refuse encore d'y croire, et encore plus aujourd'hui, après cette nuit.

À présent, Docteur, veuillez croire à tout ce que je vais écrire, même si cela vous semble impossible. Il vous faudra décrypter ces mots de peur qu'ils ne tombent entre de mauvaises mains avant l'heure.

Les géants existent et j'en ai la preuve. Elle repose là où, depuis 1768, le cœur de ma bonne amie est déposé. En ce lieu saint, vous trouverez la vérité sur ce qui s'est et va se passer et un moyen, une fois de plus, de sauver l'humanité. Les géants veulent asservir Paris et si possible le reste du royaume de France. Si cela leur est permis, le monde finira entre leurs mains. La ville lumière sera leur première victoire. Il ne tient qu'à vous de ne pas les laisser dépasser ses remparts.

Je crois en vous, mon ange solitaire. » »

Il garda la signature pour lui : « Votre bien aimée Reinette. »

« Qui a écrit ça Docteur ? Ça sonne... Ancien. » Demanda Jenny.

« La marquise de Pompadour. » Répondit le Docteur ;

« Tu as rencontré la Pompadour ? » S'étonna la petite.

Le Docteur acquiesça d'un signe de tête sans plus de détails.

« Des géants ? » S’écria Mickey.

« C'est incompréhensible... » Se désespéra Rose. 

« Attendez... Les coupa Jenny, Docteur, tu peux relire le passage sur la girafe, s'il te plaît ? »

Le Docteur obtempéra et la petite Jenny sauta sur place :

« Je sais où nous devons aller! »





Citation:



Le Docteur mit en marche le Tardis. Sa chère boite bleue ne lui résista pas et accepta toutes ses manipulations. Le Seigneur du Temps écoutait précisément les instructions de Jenny. Ils n'allaient pas loin, ils restaient à Paris.

« Attends, Jenny, dis nous voir, quand sommes nous ? » Demanda Rose.

« Ah, la fameuse question ! Nous sommes en 2012... » Répondit Jenny.

« La même année que les Jeux Olympiques ? »

« Oui, ils vont avoir lieu dans quelques semaines... Normalement... »

Le vaisseau se mit à bouger et le Tardis se dématérialisa de dessous la Grande Arche... Pour apparaître sous « la fraîcheur » de très grands arbres.

« Le Jardin des Plantes ! » S'écria Jenny.

« Qu'est-ce que nous faisons ici ? » Demanda Mickey.

« Nous allons voir l'os de géant ! »

« C'est de la blague cet os... Non ? »

« A ton avis, si ça l'était, tu crois vraiment que la Marquise aurait pris le temps de le noter ? » Remarqua Rose.

Mickey leva les épaules.

La température avait encore diminuée et il n'y avait pas plus de monde sous les cimes imposantes que sur l'esplanade désertée.

Jenny s'approcha d'une grande galerie et se retrouva devant une immense porte entourée de représentations de créatures bien étonnantes. Entre autres, un stégosaure, qui les ignoraient avec une sorte de dédain figé.


                                                                           

« La galerie de paléontologie et d'anatomie comparée ! » Dit simplement Jenny comme si cela était évident.

« Comment y as-tu pensé ? » Demanda le Docteur, impressionné.

« Parce que je suis déjà venu ici ! » Répondit Jenny en haussant les épaules.

« Et que penses-tu que cet os, s'il s'agit bien d'un os de géant, pourra nous apprendre ? » Lui demanda Mickey.

« Aucune idée... Si tu as une meilleure proposition.»

Mickey baissa la tête.

« Et comment allons nous faire pour entrer ? » Demanda le jeune homme.

« En poussant la porte, voyons !  Lança le Docteur. Nous sommes en plein milieu de l'après-midi, visiblement pas un mardi, puisque Jenny arrive d'un musée – la petite fille lui fit un clin d’œil en murmurant « Un dimanche ! » – je serais très étonné de trouver porte close. »

En effet, la porte de la galerie s'ouvrit en grinçant. Mais il n'y avait pas plus de présence humaine à l'intérieur qu'à l'extérieur.

« Je crois que nous allons pouvoir entrer sans payer ! » Fit le Docteur.

« De toute manière, c'est gratuit pour moi, lança joyeusement Jenny, et puis pour toi, Docteur, il reste toujours les papiers psychiques avec ton fameux plus un... Mickey, tu es le seul hors-la-loi ! »

« Espèce de petite... » Lui lança le jeune homme.

« C'est gratuit pour les moins de 26 ans mais tu as quoi ? 30 ans ? » Ajouta-elle en souriant.

« Oh toi... » S'écria Mickey.

Mais Jenny pouffa joyeusement et Mickey se mit à rire à son tour.

« Chutt ! » Les coupa le Docteur.

Jenny demanda muettement ce qu'il se passait.

Il posa son doigt sur la bouche et montra la galerie. Le Docteur avait entendu quelque chose.

« Quoi ? » Murmura Jenny.

« Aucune idée... Vous ne bougez pas, je vais voir... »

Le Docteur pénétra dans l'immense galerie, se retrouva face à des reconstitutions majestueuses de squelettes de toutes les espèces actuelles. Il n'entendait plus le moindre bruit. Tout était silencieux, seul résonnait le son de sa respiration au cœur de ce vaste espace. Il revint vers ses amis.

« Rien... J'ai dû rêver... » Dit-il.

« ça t'es vraiment arrivé une seule fois de ne pas croire en tes sens Docteur ? »

Il se gratta l'arrière de la tête à la réflexion de Jenny. Elle avait raison.

Cependant, mieux valait avancer dans leurs recherches que de réfléchir à ce genre de choses :

« OK, je n'ai pas rêvé, mais ce devait être, je ne sais pas, une fenêtre mal fermée, dit-il dans un sourire timide. On continue ! »

Jenny acquiesça.

« Où se trouve l'os, exactement ? » Demanda Rose.

« Oh, c'est très facile, il est juste ... » Lança vivement Jenny en se précipitant vers la galerie.

« Ohohoh, qu'est-ce qu'on a dit... » S'écria le Docteur.

« Doc, il n'y a pas un chat.... À part peut être sous forme d'os... »

Sans un mot de plus, il prit la main de la petite et se laissa guider, mais resta aux aguets. À peine avait-elle mis un pied dans le musée qu'elle tourna à droite et s'arrêta.

« Voilà ! » Dit-elle très simplement.

En effet, l'os se trouvait dans la première vitrine. Et avait tout d'un radius de girafe parfaitement banal. Le Docteur sortit son tournevis sonique. Le grésillement résonna, tandis que Rose et Mickey observaient tout autour d'eux. La vitrine laissa retentir un léger cliquetis et le Docteur l'ouvrit. À pleine main, il attrapa l'os déposé sur un présentoir. Il le retourna dans tous les sens, l'observa sous tous les angles, l'examina de son tournevis.

« Alors ? » Demanda Jenny, excitée.

« Eh bien, c'est un os... De girafe ! »

« Quoi ? » S'étonnèrent en chœur Rose, Jenny et Mickey.

« C'est pas possible ! » S'écria Jenny.

Le Docteur approcha l'os de sa bouche et le lécha sur toute sa longueur.

« C'est dégoûtant... » Lâcha Jenny.

« Et instructif ! Cet os n'a pas plus de dix ans ! »

« Tu peux répéter ! » Lui demanda Jenny.

« Je suis formel ! »

« Tu te moques de moi... » Lança la petite.

« Alors ce n'est pas... » Commença Rose.

« …L'os de la Pompadour ! » Termina Jenny.

« Aucun doute possible ! »

« Mais... Dans ce cas... Où est l'original ?... Il y avait bien un os au 18ème ! »

« Il est possible qu'il soit dans un labo pour des tests ! » Dit Mickey.

« Oui possible... Mais pourquoi le remplacer. Quand c'est le cas, un message explique que l'objet est sorti pour analyses. Comme pour ce bocal, là ! » Expliqua le Docteur.

« Et puis, pour quelle raison le tester. Il est reconnu comme étant un os de girafe depuis l'époque de Reinette ! Mentionna Rose. Pas de raison de l'analyser, ce n'est pas un objet majeur, si ce n'est pour la légende qui l'entoure. C'est une relique. »

« Tout à fait ! Alors, pourquoi ? » Demanda Jenny.

« Je ne vois qu'une seule raison possible, c'est que l'os, le vrai, celui absent de cette vitrine, est réellement celui d'un être venu d'ailleurs. Et dans ce cas, il gagne énormément en valeur ! Surtout depuis que l’existence d'une vie extraterrestre est une fait reconnu sur votre planète. »

« Ça ne nous dit pas où il est. » Répliqua Mickey.

« Yep, mais ça nous confirme l'histoire de Reinette. »

« Nous devons retrouver cet os ? » Demanda Rose.

« Je ne pense pas que ce soit utile... En tout cas, cela nous ouvre une piste...Oh, tout cela commence à devenir très intéressant ! » S'exclama le Docteur excité. Il semblait avoir retrouvé sa soif de mystères.

Le Docteur scanna l'ensemble de la vitrine, à la recherche d'éléments inhabituels dans une présentation telle que celle-ci. Quand brusquement, un bruit sourd les fit tous sursauter.






Citation:

« Qu'est-ce que c'est ? » Lança fortement Mickey.


Jenny lui lança un « Chuuuut » réprobateur.

« Ça venait de là-bas... » Murmura Rose en montrant un escalier dans le mur opposé.

« Il y a plusieurs étages ici, peut être que ça vient d'un niveau supérieur. » Expliqua Jenny.

Le bruit retentit à nouveau.

« Nous ne sommes pas seuls ! » Chuchota le Docteur.

« Un rescapé ? » Demanda Jenny.

« Ou une menace... Vous restez ici, je vais jeter un œil ! » Ajouta le Docteur.

« Hors de question Docteur, cette fois-ci, nous venons avec toi, on ne se sépare pas, c'est une de tes premières règles... Bon, je reconnais, on a bien souvent du mal à la respecter, mais je crois que là... » Chuchota Jenny à une vitesse impressionnante.

« OK , OK, d'accord... Chuut, silence ! Fit-il en fixant la petite. Et tu restes près de moi ! » Dit-il à l'intention de Jenny.

Il lui attrapa la main et en file indienne, les quatre acolytes approchèrent de l'escalier, beaucoup plus grand qu'ils ne l'avaient présupposé. Le silence s'était fait au-dessus d'eux, mais cela ne les rassuraient pas vraiment.

Le Docteur passa devant, tenant toujours la main de la petite fille, sonique tendu à bout de bras.

Arrivé à mi-niveau, ils jetèrent un œil sur la galerie qu'ils venaient de quitter, l'endroit était désespérément calme. Ils continuèrent et se retrouvèrent face à des dizaines de dinosaures. Mais pas de sons si ce n'est le craquement de leurs pas sur le parquet.

                                                                       
« Il y a encore un étage, peut être que... » Murmura Jenny. Mais le son retentit à nouveau, l'obligeant à se taire. Il était plus distinct et plus violent. Ça bougeait, avançait. C'était forcément vivant.

« Au-dessus ! » Chuchota le Docteur en montrant la coursive.

Ils grimpèrent une nouvelle volée de marches. Arrivés à ce niveau, ils avancèrent autour d'un couloir qui leur offrait une vue imprenable sur la galerie inférieure. Ils scrutèrent un instant, l'immense reconstitution d'un T-Rex. Ne semblait-il pas avoir bougé ? Non, ça n'était qu’un effet de leur imagination, un jeu de lumière. La vue était cependant superbe sur la vie terrienne du jurassique... Et sur l'ombre gigantesque qui venait d’apparaître derrière eux. Elle grandissait en contrebas et était à l’origine de l'impression de mouvement du dinosaure !

Jenny fut la plus rapide à se retourner :

« Oh, mais c'est fantastique ! »

Elle n’eut cependant pas le temps de détailler ce qu'elle avait en face d'elle. L'immense créature, ou quelle que soit la chose qui se trouvait avec eux, se projeta sur les quatre personnes, passa par dessus la balustrade, déployant d'immenses ailes membraneuses et brillantes pour s'élancer vers la grande verrière qui explosa en une pluie de morceaux.

Dans la brutalité de son envol, elle avait entraîné Jenny, qui au lieu de se laisser immédiatement retomber sur le sol, s'était accrochée à l'être volant. Elle l'avait cependant lâché au moment où il se propulsait vers la vitre, se raccrochant de justesse à la barrière en fer forgé qui entourait la coursive.
*****             
                                                       
Les bris de verre continuaient à s'abattre tout autour d'eux. La créature avait disparu aussi vite qu'elle était apparue. Se redressant, des morceaux tombant de ses cheveux, le Docteur aperçu Jenny, suspendue au-dessus du vide et qui essayait tant bien que mal, mais sans paniquer, de remonter par ses propres moyens. Ignorant Rose et Mickey, le Seigneur du Temps se précipita vers la petite fille et l'aida rapidement à se remettre sur ses pieds.

« Qu'est-ce que c'était que ça ? » Demanda Jenny.

Bien qu'un peu essoufflée, elle ne semblait nullement éprouvée par ce qu'elle venait de vivre, mais ce n'était pas le cas du Docteur. Sans dire un mot, il serra la petite dans ses bras à lui couper le souffle.

« Docteur, je vais bien, tu m'entends... Tout va bien, mais si tu continues comme ça, tu vas finir par m’étouffer ! »

Il desserra un peu son étreinte.

« Je savais que je n'aurais pas du t’emmener, tu es en danger ici. Et si tu étais tombée, et si tu... » Lança-t-il d'un ton désemparé.

Jenny attrapa les bras du Docteur et le fit descendre à sa hauteur. Elle prit son visage dans ses mains et le regarda droit dans les yeux.

« Doc... Je vais bien... Je n'ai rien, je ne suis pas tombée, et tu étais là pour m'aider, non ? Je savais que tu serais là, tu es toujours là... »

« Je ne serais peut être pas toujours là, Jenny ! » Dit-il sur un ton désolé.

En retrait, Rose regardait la scène, et savait très bien à quoi le Docteur pensait.

Jenny fixa son Docteur et lui dit :

« Mon Docteur, je suis persuadée... Non, fit-elle en regardant subitement dans le vague avant de revenir vers le Docteur, je SAIS que tu seras toujours là quand j'aurais besoin de toi ! Elle lâcha le visage du Docteur et lui prit la main. Pourtant là, j'ai comme la sensation que c'est toi qui a besoin de moi ! Écoute ! J'ai entièrement confiance en toi, Doc, j'aurai toujours confiance en toi, je ne peux pas faire autrement, je suis conditionnée comme ça, dit-elle d'un haussement d'épaule taquin... (Le Docteur eut un sourire timide). Mais maintenant, il est temps d'aller découvrir ce qu'est cette créature... »

Rose et Mickey s'approchèrent. Le visage du Docteur, toujours à hauteur de la petite fille, restait inquiet et tendu. Il réfléchissait. Il ne pouvait forcer Jenny à s'en aller, la mettre dans le Tardis et la déposer contre sa volonté dans un endroit sans le moindre danger. Il ne se le pardonnerait pas. Il comprenait parfaitement qu'elle veuille rester, il aurait voulu la même chose, mais c'était à lui de veiller à ce qui ne lui arrive rien. C'était son rôle, et il avait failli à ce rôle peu de temps avant... Pourtant, si cela devait se produire maintenant, ça serait encore pire... Il ne le supporterait pas... Il voulait croire qu'il restait une chance de sauver sa Jenny de Londres, mais s'il arrivait malheur à cette enfant, ça en serait fini de cet espoir...

Jenny scrutait le regard figé du Docteur. Il était devant elle, mais ne la regardait pas. Il était perdu très loin dans ses pensées. Elle déposa un baiser sur sa joue en souriant, il cligna des yeux et sourit à son tour.

Ce fut alors qu'il remarqua l'étrange substance blanche et gluante collée à la peau des mains de Jenny. Il la regarda de plus près.

« Qu'est-ce que c'est ? » Demanda-t-elle.

« ça vient de ce drôle d'oiseau... Comme c'est étrange... On dirait... Mais... Je dois analyser ça ! » Lança-il en se redressant vivement.

Rose leva les yeux sur la verrière disparue et frissonna. La température avait encore baissée. Elle remarqua également la couleur inhabituelle que venait de prendre le ciel. Il passait de l'orange au jaune par vagues successives, il n'avait plus rien de son bleu azur estival.

« Ça, ce n'est pas normal ! » Lança-t-elle.

Le Docteur leva la tête et son air devint plus que sérieux.

« Ce n'est pas bon du tout... Expliqua-il. On retourne au Tardis ! Tout de suite ! »





Citation:



De retour dans la cabine, où la température et l'air n'avaient plus rien de perurbés, le Docteur emmena Jenny avec lui pour analyser ces traces étranges déposées sur ses mains.

Resté seul dans la salle des commandes avec Rose, Mickey lança la discussion :

« Le Docteur n'est pas dans son assiette... »

« Tu le serais toi ? Si tu venais de perdre, je ne sais pas moi... Ta petite sœur, dans des conditions tragiques ? »

Rose s'était énervée sans vraiment le vouloir. Mickey ne s'était pas rendu compte que la mort de Jenny avait pu affecter à ce point son amie .

« Je suis désolé. » Dit le jeune homme, plein de sincérité.

« Oui, je sais ! » Répondit-elle sèchement.

« Sincèrement ! » Ajouta-t-il.

« Je sais Mickey ! » Dit-elle plus calmement.

« C'est que j'ai un peu de mal avec ces voyages dans le temps, et ces rencontres à contre-sens... Cette petite fille est la même personne que la jeune femme avec qui j'ai pu parler quelques heures plus tôt, et elle est.... Enfin... C'est tellement... Impossible... »

« Je comprends tu sais, ce n'était pas facile pour moi non plus, au début... ! » Fit-elle en tournant machinalement autour des commandes.

Elle s'arrêta un instant avant de reprendre :

«  Mais c'est la réalité, et elle est d'autant plus dure à vivre pour le Docteur... Tu dois admettre ça ! »

« Je le comprends, Rose... »

« Pourtant, je me dis... Que c'est peut être ce qu'il y a de mieux pour lui, retourner immédiatement dans le feu de l'action avec Jenny à ses côtés... »

Elle avait dit cela à voix basse, pour elle, mais Mickey l'avait entendu, et ne savait que répondre. Il n'avait aucune idée de ce que les deux jeunes femmes avaient pu vivre ensemble. Il n'était, entre autre, absolument pas au courant de leur aventure sur Tropica II. Ni que celle-ci les avait unies et réunies autour du Docteur à un point qu'il ne pouvait même pas imaginer. Mais ce qu'il savait, c'est qu'il avançait sur un terrain glissant et qu'il était temps de revenir à plus de légèreté. Il tenta sa chance avec un point qui l’intriguait depuis qu'il avait vu l'hologramme de Reinette.

« Dis-voir Rose, tu n'as pas trouvé que le message de la Marquise avait un goût... De déjà-vu ? »

Rose haussa les épaules en l'ignorant un peu. Elle n'avait pas envie de penser à ce genre de futilités.

« Je veux dire... ça ne t'a pas fait penser à un film... »

« Quoi ? » S'étonna la jeune femme.

« Star Wars ! La Princesse Leia ! « Aidez moi Obi Wan Kenobi, vous êtes notre seul espoir ! » »

Rose le regarda les yeux ronds. Mickey avait-il perdu la tête ?

Et pourtant, après réflexion, il avait raison... L'hologramme, la phrase tellement... Similaire. Si c'était une coïncidence, elle était étonnante. Quelqu'un avait du trafiquer le Tardis, ça, c'était une évidence, mais quelqu'un qui connaissait la culture terrienne aussi bien, là, c'était vraiment étonnant. Certes, le Docteur, de toute évidence, aurait pu jouer ce tour, mais s'il avait revu la marquise, ne lui aurait-elle pas dit dans la lettre ?

« Rose ? Ça va ? »

« Euh... Oui, oui ! C'est juste que... Tu as raison, c'est bizarre. Mais qui aurait pu jouer un tour pareil ? Un voyageur dans le temps, c'est évident, mais... »

Rose se tut quand elle vit le Docteur et Jenny revenir. À leur expression, ce qu'ils avaient découverts n’annonçait rien de bon.





Citation:



Laissant Mickey et Rose dans la salle des commandes, le Docteur emmena Jenny dans les couloirs du Tardis, avant d'arriver dans une salle qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à un laboratoire d'analyses scientifiques en modèle réduit.

« Je n'étais jamais venue ici avant ! » Fit la petite sur un ton excité.

« Assieds-toi là ! » Lui proposa gentiment le Docteur à Jenny en lui montrant un tabouret. Il lui attrapa la main et, prenant un coton tige, retira la substance. Elle avait changé d'apparence. Elle était devenue brillante, luisante et encore plus visqueuse et lui entourait complètement le doigt le temps qu'ils arrivent dans le Tardis.

« C'est bon, merci. J'ai ce qu'il me faut, tu peux te laver les mains ! »

Il lui tendit un flacon orangé et elle s’approcha d'un lavabo tandis qu'il déposait la matière dans un récipient qu'il plaça dans une machine pour analyses.

« Combien de temps ça va prendre ? » Demanda Jenny.

« Ça ne devrait pas être long ! » Répondit-il.

« Tu as une idée de ce que ça peut-être ? »

« Je ne suis pas très sûr... »

« Tu as eu le temps de voir la créature ? »

« Non ! Elle s'est envolée bien trop vite... »

Le Docteur se tut une seconde avant de reprendre.

« Je suis désolé d'avoir agi... Comme je l'ai fait tout à l'heure... »

« De quoi parles-tu Doc ? »

« Tu as du me prendre pour un fou... »

« Ça ne date pas d'aujourd'hui ! Répondit la petite d'un air mutin, ça ne m'a jamais dérangé ! »

Le Docteur ne répondit rien immédiatement. Il fixa une seconde le sol du laboratoire avant de regarder Jenny.

« Je ne veux pas qu'il t'arrive du mal ! Tu le comprends... » Lui expliqua-il.

« Bien sûr que je le sais Doc !... Tu es sûr que tout va bien ? »

Il inspira un coup et fixa la petite. Sans bien savoir pourquoi, lui qui ne dévoilait jamais ses émotions ne put les contenir plus longtemps face à cette incarnation de l'innocence, pleine de joie et de confiance à son égard. Il devait lui exprimer sa détresse, sans qu'il sache bien pourquoi. Il consentit à lui avouer une partie de la vérité. Parler à cette enfant comme à une adulte avait quelque chose de thérapeutique. Et de perturbant en même temps. Cependant, il ne pouvait s'en empêcher et se laissa aller :

« Je... Je n'ai pas pu sauver une personne, il y a très peu de temps. Je n'étais pas là pour elle au bon moment et... Et je me sens tellement, démuni face à ça... »

Le Docteur se gardait bien de dévoiler quoi que ce soit qui pourrait mettre Jenny sur la voie de la réalité de la situation. Mais lui exposer ce qu'il avait sur les cœurs le soulageait. La discussion avait quelque chose d'insolite, déroutant, et d’impossible ! Mais Jenny, du haut de ses douze ans, faisait face à ce qu'elle entendait. Et elle savait très bien que le Docteur n'aurait jamais mis qui que ce soit volontairement en danger. Elle ne comptait plus le nombre d'histoires que lui avait raconté Willie à propos de son Sauveur. C'était ainsi qu'elle appelait le Docteur. Il avait sauvé tant de vies. Il l'avait elle-même sauvée plusieurs fois, mais en retour, elle s'était, elle aussi, sacrifiée bien des fois pour le protéger. La morale de ces histoires était que jamais le Docteur n'avait voulu la mort de ces personnes. Elles s'étaient sacrifiées pour le bien de l'humanité, de l'univers, et parfois même pour le bien du Docteur lui-même, ce qui l'un dans l'autre revenait au même. Et Willie était de celles-là !

Jenny s'était approchée du Docteur, l'écoutant raconter toute cette histoire. Il était si retourné...

Quand il eut fini, elle vint s’asseoir sur ses genoux et le serra contre elle.

« Oh Doc, je n'aime pas te voir comme ça. Tu n'es pas responsable de quoi que ce soit, personne ne pouvait prévoir ce qui allait arriver, pas même toi hein... Et puis, tu étais là pour elle à la fin, nan ? Tu étais à ses côtés... Oh, mon Docteur, tu sais – elle sembla chercher ses mots – j'aimerais que tu sois là, quand mon jour viendra. Parce qu'il viendra bien, ne fais pas semblant de ne pas le croire ! » Fit en elle le montrant de doigt dans un sourire qui se voulait taquin.

Elle s’arrêta un moment avant de reprendre :

« Oh oui, ça serait mon vœu le plus cher, te savoir à mes côtés jusqu'à la fin ! »

La sagesse de l'enfant qui le serrait contre elle lui fit monter les larmes aux yeux. Ça, et le fait de savoir que, dans son malheur, il avait réussi à respecter les dernières volontés de son amie. Et ce même si les paroles de Jenny étaient loin d'être celle d'une enfant de son âge. Demeurer aux côtés du Docteur impliquait souvent de devoir grandir et mûrir plus vite que la normale.

Mais le bip bruyant de la machine les arracha à cet instant.

Reniflant un coup, le Docteur tourna sa chaise et fit face à l'écran. Toujours sur ses genoux, Jenny regarda elle aussi les données affichées, mais n'y comprit absolument rien. Le regard du Docteur lui suffit pour comprendre que ce n'était pas une très bonne nouvelle.

« Doc ? » Demanda-t-elle.

« Le test génétique de cette créature est incroyable... Et terrifiant. La base principale est celle très courante d'un Bubo bubo... »

« D'un quoi ? »

« Un hibou grand-duc ! »

« Ça ne ressemblait pas à un hibou... » Fit Jenny sur le ton de la plaisanterie.

« Parce qu'il n'avait plus grand chose de terrestre... Il a été modifié par de l'ADN extraterrestre. »

« Tu as une idée de quelle espèce extraterrestre ? »

« Malheureusement oui ! »

« Et ? »

« Lupok'hilax.! »

« On dirait une marque de laxatif... »

« Si seulement... » Dit-il d'un ton grave.

Il déposa Jenny sur le sol et quitta le labo. La petite sur ses talons, ils rejoignirent la salle des commandes.





Citation:



« Plus de temps à perdre ! La planète est en train d'être modifiée pour accueillir une toute nouvelle espèce dominante, les Lupok'hilax! » S'écria le Docteur sur un ton plein de motivation en débarquant dans la salle des commandes.

« On dirait une marque de laxatifs ! » Lança Rose.

« On me l'a déjà fait celle-là ! » Sourit le Docteur.

« Une menace de quel ordre ? » Demanda Mickey.

« Ils sont sûrement sur Terre depuis un bon bout de temps. »

« Depuis le 18ème ? » Demanda Rose.

« Probablement avant. Ils testent la planète, prennent des millions d'échantillons, et en modifient lentement mais sûrement la faune, la flore et l'atmosphère. Toutes ces histoires d'enlèvements d'humains, depuis des décennies, c'est très probablement eux... Et moi qui croyais que... Bon, on en reparlera plus tard... Ah ces chers Lupo, ils font tout ce qu'ils peuvent pour que la planète leur offre un petit nid douillet. Et on peut dire que vous, humains, leur donnez du fil à retordre ! Avec votre production massive de gaz à effet de serre. Ils adorent la fraîcheur. Quoi qu'il en soit, la capture de la population parisienne – espérons que cela ne se soit pas plus étendu – correspond au début de leur dernière phase. Ils vont terminer leur étude humaine et aboutir à la modification génétique finale... Celle de l'espèce dominante, qui maîtrise le travail manuel, pour qu'elle puisse perdurer sous leurs conditions de vie et l'utiliser comme esclave. Ensuite, ils modifieront l'atmosphère de la planète à leur goût, un vrai petit paradis... »

« Ils vont nous modifier comme le hibou ? » Demanda Jenny.

« Le hibou ? » Demandèrent Rose et Mickey d'une seule voix, les yeux ronds comme des hiboux, justement !

« Tout à fait ! Ensuite, ils s’installeront bien confortablement, utilisant les ressources de la planète que ses habitants d'origine exploiteront pour eux... Je n'arrive même pas à croire que la Proclamation des Ombres puisse accepter une manière de vivre aussi peu respectueuse de l'univers... Quoi que cela ne change rien, les Lupok'hilax sont en totale infraction avec le code légal, ils n'ont absolument pas le droit d'effectuer ce type d'action sur une planète telle que la Terre, cela leur est parfaitement interdit... Mais laissons tomber les problèmes juridiques, il n'est plus temps de... » Expliqua le Docteur en marchant de long en large, pianotant sur des boutons, ses pas résonnants sur le sol métallique du Tardis.

« Et que se passera-il quand ils auront « exploité » toutes nos ressources ? » Demanda Rose.

« Quand ils auront tout épuisé ? Ils partiront voir ailleurs s’ils y sont aussi, en laissant la pagaille après la fête... Mais espérons qu'on n'en arrivera pas là ! » Expliqua le Docteur en s'arrêtant.

« Un hibou ? » Redemanda Mickey. Visiblement sans plus de succès.

« Scénario assez classique finalement... » Commenta Rose après quelques secondes de réflexion.

« Oui ! Et ils n'en sont pas à leur coup d'essai. Mais le bon point, c'est que je connais la façon de les arrêter ! Fit-il en levant le doigt en signe de victoire. Nous allons avoir besoin d'un élément en Lupianum... Et de quelques précisions stratégiques... C'est le seul moyen de... Et je vais devoir... »

« Un HIBOU !? » Recommença Mickey pour la troisième fois.

« Oui Rickey, un hibou ! » Cria-il.

« Je m'appelle Mickey... » Souffla-il si bas que personne ne l'entendit.

« Mais par où commencer... Par... » Continua le Docteur en levant l'index en signe de réflexion, faisant comme si Mickey ne l'avait jamais interrompu.

«  Les géants existent et j'en ai la preuve. Elle repose là où, depuis 1768, le cœur de ma bonne amie est déposé. En ce lieu saint, vous trouverez la vérité sur ce qui s'est et va se passer et un moyen, une fois de plus, de sauver l'humanité » Récita soudain Jenny.

Le Docteur fixa la gamine.

« Quoi ? » S'étonna Mickey.

« Les mots de la Pompadour ! » Lui lança Rose en lui tapant dans les côtes.

« Mais oui ! S'écria le Docteur en s'agrippant les cheveux. Oh, Jenny, tu es fantastique ! » Ajouta-il en enlaçant le petite.

« Mais ça ne nous dit pas où chercher... » Fit Mickey.

« Pour info, j'ai appris au Louvre que la Pompadour était décédée en 1764... » Fit Jenny avec un air plein de fierté qui la fit étonnement ressembler au Docteur.

« Mais elle parle de 1768 ! » S'écria Mickey.

« D'où le message secret ! » Lui lança Rose.

« Et puis, qui peut être cette bonne amie ? » Demanda Mickey.

« Ah ça aussi, je peux vous le dire, et elle est décédée, justement, et comme par hasard, attention, roulement de tambours, en 1768 : La Reine de France, née Marie Leszczynska, fille du Roi Stanislas de Pologne ! »

« La Reine de France était sa bonne amie ? Mais elle était la maîtresse de son mari ? » S'étonna Mickey.

« Et les deux femmes s'entendaient bien mieux que vous ne pouvez l'imaginer... Je vous raconterai ce que j'ai découvert dans un livre un de ces jours ! » Fit la petite en regardant à tour de rôle les trois personnes dans la salle.

« Je ne vous l'avais pas dit... » Fit le Docteur à l'intention de Mickey, lui rappelant leur discussion à bord du S.S. Madame de Pompadour (Dont ils ignoraient cependant le nom !)

« Il suffit donc de découvrir où est enterré la Reine de France... » Commenta Mickey en essayant de conserver un peu de fierté.

« Ce n'est pas très difficile. A Saint Denis, comme tous les Souverains... Dernière Reine de France à y avoir été inhumée avant la Révolution... » Dit le Docteur en bricolant les commandes du Tardis

« Oh... Oh mais attendez, on ne parle pas de son corps, mais de son cœur ! Son cœur ne doit pas être avec son corps ! » S'exclama Rose.

« Il est déposé aux côtés de ses parents ! » Dit le Docteur.

« Si je me souviens bien, elle vient de Pologne, son père était roi de Pologne... Nous devons aller en Pologne ! » S'exclama Rose.

« Oh non, non, non ! Il n'est pas l'heure d'aller jouer les espions à Varsovie... Et puis de toute manière, son cœur n'est pas en Pologne. Son père était aussi Duc de Lorraine, il repose en l'Église Notre-Dame de Bonsecours à Nancy... On reste en France ! » S'écria Jenny.

« Dis donc ! Tu en sais des choses !  » Lança le Docteur impressionné.

« J'aime lire ! » Lui sourit Jenny en haussant les épaules.

« C'est une très bonne habitude ! Continue comme ça ! »





Citation:



« Alors direction Nancy ! » Lança le Docteur.

Il se jeta littéralement sur la console avec passion. Rose s'étonna et se réjouit de son apparente bonne humeur. Que s'était-il passé lors des quelques minutes qu'il avait passé seul avec la petite Jenny ? À part ce qui concernait les... Les quoi déjà... Lopikolax ? Oui, un truc du genre... Elle se demandait vraiment ce que ses deux amis avaient pu se dire. Néanmoins, elle se contentait pour l'instant de voir son Docteur reprendre le dessus suite à la tragédie qui venait de les toucher. Elle se doutait cependant qu'il n'avait pas dit son dernier mot à propos du sauvetage de Jenny. Mais cela viendrait en temps voulu ! Il se concentrait pour le moment sur la petite Jenny, et ce n'était pas plus mal.

Le vaisseau se retrouva assez violemment chamboulé, mais cette fois-ci, tout le monde s'était bien accroché.

« Nous passons à travers la coupole atmosphérique des Lupok'hilax, je suis désolé, ce n'est pas de tout repos... »

« Y'a pas de mal Doc... Tant que nous arrivons à Nancy en un seul morceau... Et puis, ça doit vouloir dire que toute la France n'est pas encore sous leur emprise, c'est pas plus mal ! » Cria Jenny à travers le grondement qui sortait des moteurs du Tardis.

« Excellente analyse ! » Hurla Rose avant de se retrouver au sol en lançant un juron incontrôlable.

Enfin, la boite bleue se calma et le vaisseau se posa.





Citation:



Journal improbable, dimanche 8 juillet 2012

Ce fut en replaçant mon téléphone dans ma poche, légèrement étonnée mais sans vraiment m'en soucier, que je me rendis compte de l’origine réelle de ce grésillement. Encore aujourd'hui, je vous avoue que je n'en reviens toujours pas. Vous pouvez facilement imaginer mon air éberlué. Sur la petite esplanade, là, seulement à quelques mètres de moi, une boite bleue, LA boite bleue, le Tardis ! Venait de se matérialiser. Seule une route me séparait d'elle. Je ne parvenais pas en croire mes yeux. C'était impossible. Ce n'était qu'une série. Aussi fan que je puisse être, j'avais toujours su faire la différence entre la fiction et la réalité. Je me demandais réellement si je n'étais pas en train de devenir folle.

Mon cerveau m'envoyait des données et des explications contradictoires qui me menaient à croire que c'était le cas. Pourtant, et je pense que vous serez d'accord, le simple fait de me poser ces questions était preuve de lucidité. C'était en tout cas ce que je me disais, et ce que je voulais croire. Plus les secondes avançaient, plus j'avais la sensation d'être Saint Thomas. Pour le croire, je devais m'en approcher et vérifier... Je devais le toucher...

Je devais en avoir le cœur net ! Et tout de suite...

Vérifiant néanmoins prudemment que le feu était passé au vert – le comble aurait été de me faire renverser par une voiture avant d'avoir la possibilité de vivre l'aventure de ma vie (enfin, je l’espérais à cet instant!) – je me précipitais directement sur la place... Mais arrivée devant l'église, je me trouvais pétrifiée. J'étais soudain persuadée que mon cerveau me jouait bel et bien un bien vilain tour, ou alors, réaction peut être plus saine, que j'étais en train de rêver. Oh oui, j'avais si souvent rêvé de cet instant, que ce soit en songes ou éveillée... C'était ça, oui, je devais rêver ! J'étais en train de rêver ! J'imagine aisément qu'il s'agit de la pensée la plus évidente, celle qui vous serait également venue à l'esprit devant une telle image.

Plongée en pleine analyse de la situation, à mi chemin entre la réalité et ce monde onirique qui guidait mes jours et mes nuits, je manquais de trébucher quand la porte du Tardis s'ouvrit en grand, laissant sortir quatre personnes, dont trois que je pus identifier au premier coup d’œil : Le Docteur, Rose Tyler et Mickey Smith ! Plus aucun doute, le rêve avait bel et bien démarré !

à suivre
...





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« Nous sommes au bon endroit ? » Demanda Mickey.
« Aucun doute ! » Répondit le Docteur en se précipitant vers la porte dans une demi-pirouette enjouée.
Attrapant son manteau qu'il avait comme à son habitude lancé sur le pilier droit de l'entrée, il ouvrit les portes en grand, le regard légèrement crispé.
« Pas de Lupok'hilax ! » Dit-il après avoir inspiré l'air de Nancy. Le ciel azur et la température estivale ne laissait d'ailleurs aucun doute à cette affirmation.
Pour le moment, la ville était à l’abri. Quoique cela n'enlevait en rien l'urgence de la situation. Ils n'avaient pas changé d'époque, ils étaient toujours en 2012. Le Tardis avait bugué temporellement sur cette indication, mais ça ne changeait rien. Tant qu'il était à Nancy et après 1768, c'était le principal.


                                                      

Le Docteur s'approcha de la porte de l'église :
« Église Notre Dame de Bonsecours de Nancy, fin des travaux en 1741 ! Un vrai petit bijou baroque ! » Dit-il en passant sa main sur le bois de la porte.
« Le cœur de la Reine se trouve dedans ! » Demanda Mickey.
« Yep ! » Dit Jenny.
« Ce n'est pas un peu morbide... » S'étonna le jeune homme.
« C'est un signe de tendresse oui... Son corps, symbole de ses responsabilités et de ses obligations, reposant à l'endroit représentant la royauté et son cœur, signe de son amour, déposé près de celui qui fut son plus proche confident et son port d'attache, en un mot, ses racines, je trouve ça vraiment très beau... » Fit le Docteur en caressant la porte.
Rose regarda le Docteur avec un sourire triste. Il avait tellement raison. Que ne donnerait-elle pas pour qu'une part de son père puisse l'accompagner partout où elle allait. Elle savait très bien qu'elle ne pourrait jamais le revoir vivant. Les règles étaient claires. Mais un symbole de son attachement, ça serait tellement...
Ses pensées furent brisées par la voix de la petite Jenny.
« Doc, je crois qu'on nous observe ! » Chuchota l'enfant à l'intention du Docteur. Le ton de sa voix était néanmoins amusé.
Le Docteur se retourna, apercevant une jeune femme brune aux yeux noisette, pas très grande, un peu rondelette, en T-shirt, jeans, baskets – des Converse – et casquette, et qui venait subitement de porter toute son attention dans son téléphone.





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Journal improbable, dimanche 8 juillet 2012

Je ne pouvais m'empêcher de fixer ces quatre personnes. Comment faire autrement ? Je me sentais comme hypnotisée par leur présence.

Eux ne me regardaient pas. Et c'était tant mieux. Parce que l'impression que je leur aurais donnée aurait été celle d'une cinglée en Converse particulièrement dérangée. Imaginez la scène : Bouche et yeux grands ouverts, parfaitement immobile et le regard passant confusément d'une personne à l'autre avec un air décidément... Dérangé... Quoi je l'ai déjà dit ? Ben, c'est parce que je l'étais.

En même temps, réfléchissez, l'apparition était tellement impossible... Pourtant, je n'étais pas la dernière à savoir que l'impossible n'était qu'improbable, en particulier dans cet univers whovien qui nourrissait nuit et jour mes pensées. Ma plus proche amie, ma sœur de cœur, avait même fait de cette maxime le titre d'une histoire whovienne incroyablement bien rodée... Certainement la plus complexe et la plus complète qu'il puisse exister.

Mais passons pour le moment...

Ce fut quand mon téléphone bipa que mon cerveau fut rappelé hors de mes pensées. Malgré l’incongruité de la situation, je le sortais machinalement et regardais ce qu'il annonçait : Le courriel était l'alerte des news d'un journal. Et la première page annonçait une bien étrange nouvelle : La capitale aux prises avec un étrange phénomène. Les quelques lignes qui suivirent me firent sursauter. Au fond de moi, je compris soudainement que quelque chose de très mystérieux était en train de se passer.

Instinctivement, mon esprit fit la connexion : Le Docteur et du mystère ! Si j'étais bel et bien en train de rêver, la situation était toutefois très claire, il allait y avoir de l'aventure dans l'air.

Soudain, les questions fusèrent en moi : Devais-je m’enfuir en courant ? Ou alors m'approcher d'eux ? Leur proposer mon aide ? Encore une fois, si je rêvais, c'était ce que j'avais de plus logique, de plus sensé à faire, vous en conviendrez.

Parce que oui, même en plein songe, je pensais à être logique. Aussi peu organisée pouvais-je être dans la vie de tous les jours, dans certaines conditions, je devenais d'une précision implacable, particulièrement quand il s'agissait d'écrire des histoires... Et les rêves étaient, je dois bien l'avouer, le premier moteur de toute mon imagination.

à suivre...





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« Oh ! Fit l'homme en costume marron. Hello ! Bonjour mademoiselle ! »

Les mots firent sursauter la jeune femme.

« Je suis désolé, je vous ai fait peur, veuillez me pardonner ! » S'excusa l'être qu'elle imaginait être le Docteur.

« Euhhh...?! Je... Euuh »

« Excusez-moi, vous vous sentez bien ? » Demanda-il doucement, la tête légèrement penchée en signe d'inquiétude.

La jeune femme ne sut que répondre, le fait qu'on l'approche en premier l'avait désarçonnée. Sans parler du fait qu'elle comprenait le Docteur dans sa langue natale, ce qui l’avait surprise sur le moment. Et pourtant, avec le Tardis... Cependant, face à ce visage enjoué et plein de détermination qu'elle appréciait tant, elle se reprit :

« Euuh, oui, Monsieur... »

« Je suis le Docteur ! » La reprit-il en souriant.

« Docteur ! » Répétât-elle machinalement en sursautant.

Elle avait si souvent imaginé cet instant qu'elle était quelque peu perdue. Le sourire du Docteur finit néanmoins par lui remettre suffisamment la tête à l'endroit :

« Oui, je me sens bien ! Docteur... »

Mickey et Rose étaient restés en retrait. Cependant, la petite fille, que la nancéienne ne reconnaissait pas, s'était approchée avec le Docteur. Elle se pencha vers le dos de la nouvelle venue.

« J'aime bien votre sac! » Fit la petite.

« Merci ! » Répondit à nouveau machinalement la jeune femme en souriant. Elle fut néanmoins surprise de la remarque jusqu'à ce qu'elle s'aperçoive que son sac était la réplique exacte de celui de la petite fille... Si ce n'est qu'il semblait avoir un peu plus... Vécu !

« Et joli porte-clés ! » Ajouta la fillette.

Le Docteur se pencha à son tour et comprit ce que l'enfant voulait dire.

« Oh OK ! Je vois ! Fit le Docteur, amusé. Je pense pouvoir affirmer qu'il n'est pas nécessaire de vous présenter Rose, Jenny et Mickey ! » Il sourit largement.

À la fermeture éclaire de son sac était accroché une miniature en métal du Tardis.

« Je ne connais pas la petite fille... » Répondit pourtant la jeune femme.

« Je m'appelle Jenny ! » S'exclama-elle en tendant la main à la française qu'elle serra immédiatement en retour par conditionnement social.

« Jenny, comme... La jeune femme stoppa net, ferma la bouche, les yeux exorbités, avant de lancer, oh pardon, je dois être en train de rêver... Je rêve c'est ça !? » Elle continuait à secouer la main de la petite sans bien se rendre compte de ce qu'elle faisait.

« Qu'est-ce qui vous laisse imaginer que vous rêvez, chère demoiselle ? » Demanda le Docteur avec douceur.

« C'est tellement impo... » Commença la nancéienne sans pouvoir continuer sa phrase.

« Je peux vous affirmer que moi, je ne rêve pas, lança le Docteur avec un sourire franc en se penchant vers la jeune femme, alors, si le monde tourne rond... Enfin, à peu près... Dans ce cas, je suis persuadé que vous non plus, vous ne rêvez pas mademoiselle... Mademoiselle ? »

« Oh... Aurélie... Je m'appelle Aurélie ! »

« Enchanté Aurélie ! » S'exclama le Docteur, enthousiaste, en tendant la main à son tour.

Aurélie attrapa la main et la serra le plus chaleureusement qu'elle le put, le cœur battant à tout rompre, avec soudain l'étrange sensation que sa vie prenait enfin un sens.





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Journal improbable, dimanche 8 juillet 2012

Quand le Docteur s'adresse à vous pour la première fois, comment réagir, que dire, comment se comporter ? Bon... Je ne pense pas être l'exemple qu'il faudrait suivre si cela devait vous arriver. Je vous laisse imaginer quel pouvait être mon état. Ou peut être, non, ne vaut-il mieux pas... Parce que finalement, je ne sais pas vraiment à quoi je pouvais ressembler, et peut être vaut-il mieux ne plus vraiment s'en soucier... Je ne doute que vous comprenez, je ne m'étais pas attendue à ce qu'il vienne à moi avant que je ne m'approche de lui. Ce Docteur qui hantait depuis tant d'années mes jours et mes nuits. Après tout, dans ma petite tête, j'étais dans mon rêve, je tenais les rênes de l'histoire et pouvais décider de la suite des événements. J'étais maîtresse en mon royaume, un univers sans danger, sans pression... Mais avec de l'aventure et de l'action. D'accord, ce n'est pas ainsi que se construisent les rêves, mais tout de même, à cet instant, c'est ce que je pensais !

Pourtant, il n'en était rien. Je ne pouvais l'imaginer, mais tout était déjà en route... Et le Docteur était pressé.

Et moi qui ne faisais rien pour l'aider... J'étais littéralement hypnotisée par sa voix. Je la connaissais tellement bien, chaque intonation, chaque variation, pour les avoir entendues tellement souvent. Cette voix faisait partie de ma vie, de mon quotidien. Pourtant, cette fois, c'était à moi qu'elle s'adressait, et en français s'il vous plaît!

Et bien entendu, pour en ajouter une couche, j'étais, et suis plus que jamais, tout aussi fan de l'homme qui ressemblait trait pour trait à cette incarnation du Docteur que de la série en elle-même. David Tennant, mon acteur ! Le premier à avoir comblé l'ensemble de mes désirs audiovisuels par sa variété de jeu en tant qu’acteur et sa simplicité et sa gentillesse en tant qu'être humain.

Avoir un homme devant moi qui ne pouvait être lui et qui lui ressemblait pourtant comme un jumeau... Il fallu que je prenne énormément sur moi pour réussir à reprendre le dessus (La preuve, j'en deviens redondante... Même après tant de temps...).

Je ne vous parle même pas de cette coïncidence étrange... La petite... Jenny, oui Jenny, comme la fille du Docteur... Ou comme la compagne de Madame Vastra d'ailleurs... My trop de Jenny... Attendez, ce n'est même pas là où je voulais en venir, non... Mais plutôt de nos sacs identiques. Quelles étaient les chances que l'amie du Docteur possède précisément ce sac à dos ? Infinitésimales, à n'en pas douter. Pourquoi est-ce que ce détail me turlupine encore autant ? Pour tout vous dire, je ne n'en sais toujours rien...

Néanmoins, par la présence étrangement rassurante autant que déconcertante de ce Docteur, je parvins à me remettre plus ou moins la tête à l'endroit. En tout cas suffisamment pour continuer à vous parler de la suite...

« Forcément, me répondrez-vous, puisque l'histoire ne peut pas s'arrêter là, après les simples politesses de base suivant les lois de la bienséance... »

Ah... Je sens déjà une pointe d'angoisse dans votre voix... Rassurez-vous ! Bien entendu que l'histoire ne s'arrête pas là...

à suivre...





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« Oh mon Dieu.... C'est terrible ! »

Le cri qui venait de l'autre trottoir les fit tous réagir

« Quelle horreur... Mon frère est à Paris... » Lança une autre voix.

Une voiture freina brutalement, manquant d'emboutir celle qui la précédait.

« Je crois que ce qui se passe à Paris vient d'être dévoilé ! » S'écria Rose.

« Je viens de le découvrir par e-mail ! » Expliqua Aurélie en sortant un téléphone rouge de sa poche.

« OK, plus de temps à perdre ! » Lança le Docteur en se précipitant vers la porte de l'église. Il essaya de l'ouvrir, mais, comme c'est souvent le cas, rien n'est ouvert quand cela s'avère nécessaire.

« Ne sommes-nous pas dimanche ? » S'écria-t-il.

« Si ! » Répondit Jenny.

Le Docteur exprima une moue étonnée, puis sans s'énerver, sortit le tournevis sonique.

« Euh … Docteur, se permit de dire la jeune femme française en s'approchant timidement de lui, la voix tremblante, je... Je me disais.... Qu'il serait plus... Elle fronça les yeux et la bouche avant de se reprendre. Pardonnez-moi, je voulais dire, il serait peut être plus pratique de rematérialiser le Tardis à l'intérieur de l'église... Avec toute cette agitation dehors, vous serez peut-être plus au calme pour... »

Elle ne put continuer sa phrase. Le Docteur la regarda un instant, étonné. Puis sourit largement :

« Vous avez raison, l'église risque d'être prise d'assaut ! En ressortir risque d'être légèrement plus compliqué que d'y entrer ! Merci beaucoup Aurélie ! » Fit-il en pointant la jeune femme du doigt avec enthousiasme.

Mickey regarda la nouvelle venue avec étonnement avant de regarder Rose.

« Mais comment... ? » S'écria-t-il.

Le Docteur posa ses yeux sur le porte-clés.

« Qu'est-ce que ça... ? » Demanda Mickey.

« On t'explique plus tard ! D'accord !  » Lui lança Rose avant de s'élancer vers le Tardis, suivie du Docteur et de Jenny. Mickey les rejoignit. Aurélie les regarda, encore chamboulée de cette rencontre improbable et visiblement heureuse d'avoir pu apporter son conseil.

Le trio s'engouffra rapidement dans le vaisseau, passant devant le Docteur, maintenant la porte ouverte.

« Vous feriez peut-être bien de nous accompagner... » S'écria le Seigneur du Temps en interpellant la nancéienne.

« Qui ? Moi ? » Fit Aurélie, étonnée, en se montrant du doigt.

« Qui d'autre ? » Lança-t-il d'un clin d’œil avant de se glisser à l’intérieur.

N'attendant pas qu'on lui propose deux fois, elle se précipita vers la boite bleue. Une fois dedans, elle ferma la porte, et stoppa net :

« OMB, C'est... C'est... » Commença Aurélie.

« … Plus grand à l'intérieur qu'à l'extérieur... » Compléta Mickey en hochant la tête d'un air entendu.

« Non... C'est – Elle soupira d'étonnement et joie – exactement comme je l'imaginais ! »

Mickey regarda une nouvelle fois Rose avec stupéfaction.

« Le porte-clés ! » Murmura la jeune femme blonde en riant.





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Journal improbable, dimanche 8 juillet 2012

Mes premiers pas dans le Tardis ? Eh bien, pour résumer, je dirais : Le rêve ! Bien que je commençais à admettre que ce n'en soit plus au sens conventionnel du terme. Vous le croyez, vous ? Le Docteur m'invitant à monter à bord de SON Tardis. En arborant un superbe sourire qui plus est !
Le choc du « Plus grand à l'intérieur qu'à l'extérieur » ne fut pas aussi important que je le pensais. Ce fut davantage de vivre l'impensable qui me figea une seconde sur place en sortant le fameux OMB dont le sens reste à l'entière discrétion des membres du forum RTC (Pour le moment!).
Concevoir de ne pas être dans un rêve faisait naître en moi des sentiments de plus en plus paradoxaux :
Excitée et angoissée, heureuse et un peu effrayée. J'avais l'impression de perdre pied, de ne plus savoir où était la réalité !
Le Docteur et ses amis existaient, je vivais d'un coup un épisode de ma série télé préférée, qui plus est avec le double parfait de mon acteur préféré. Comment tout cela pouvait-il être concevable ? Toute cette vague de questions mettait encore plus mon petit cerveau en ébullition.
Je me rendais aussi compte que des quatre passagers de la boite bleue, un seul semblait ne pas comprendre de quoi il retournait en ce qui me concernait. Et cette personne était Mickey Smith.
Ce qui ajoutait une nouvelle question... Que je mis bien vite de côté lorsque je sentis le Tardis s'arrêter.

à suivre...








Citation:



Le Docteur se jeta sur les moteurs. Le Tardis disparu, pour réapparaître immédiatement dans le chœur de l'édifice attenant. Une fois le vaisseau posé, le Docteur, se tournant vers la nancéienne, demanda, excité :
« Aurélie, pourrais-je jeter un œil à l'e-mail que vous avez reçu ? »
Elle tendit immédiatement son téléphone au Docteur, et sursauta quand celui-ci découvrit sa photo de fond d'écran avec un léger sourire en coin...
« Bien... Apparemment, Paris se retrouve prise sous un dôme de pollution particulièrement dense et tenace, qui oblige la population à se cloîtrer dans les habitations ! La ville est placée sous quarantaine indéterminée. Menace toxique sur Paris... Eh bien, ils n'y vont pas de main morte, pas étonnant que... » Expliqua le Docteur en consultant enfin l'e-mail.
« J'imagine que ce n'est pas tout à fait ce qui se passe... » Tenta Aurélie, encore absorbée par une agréable sensation d'enivrement. Elle ne se rendit même pas compte qu'elle en avait coupé le Docteur.
Le Docteur lui lança un clin d’œil : « Pas tout à fait ! »
Il s'élança vers la porte en bois, découvrant un intérieur au décor typiquement baroque, surchargé, doré mais lumineux.



                                            
Ses quatre acolytes le suivirent. Il avança vers le chœur puis, se tournant à nouveau vers Aurélie, demanda :
« Dites-moi, ne sauriez-vous pas où se trouve le monument du cœur de Marie Leszczynska par hasard ? »
« Oh... Oh mais si, bien sur, venez, c'est par ici ! Je connais parfaitement cette église ! » Répondit-elle avec enthousiasme.
« Parfait ! S'écria-il en tapant dans ses mains, je savais que vous étiez la personne qu'il nous fallait ! »
Répondant comme à un réflexe conditionné, Aurélie se lança subitement vers le monument en même temps que dans une série d'explications sur la vie de la Reine de France et de son père, le roi Stanislas, que Jenny se permit de compléter d'anecdotes. Toutes deux riaient. Entre elles, le courant passa immédiatement. Le Docteur en sembla particulièrement content, tout autant que de la rapidité des recherches grâce aux connaissances de la jeune française.




                                      
Aurélie s'arrêta devant une stèle de marbre laissant découvrir en son centre un médaillon représentant le profil Marie Leszczynska.
Au dessus de celui-ci se trouvait deux angelots en pleurs, l'un d'eux tennant la représentation du cœur de la Reine dans sa main. 
   
  




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Journal improbable, dimanche 8 juillet 2012

Une photo de David Tennant « sourire en coin taquin » tirée de l'émission Top Gear. Non mais franchement... Qu'est-ce qui avait bien pu me traverser l'esprit la fois où j'avais choisi cette image comme fond d'écran. Bon, OK, pour ma défense, je n'aurais jamais imaginé que le Docteur puisse mettre un jour la main sur mon téléphone... C'est vraiment dingue, le genre de questions qui peuvent vous traverser l'esprit lors d'instants pareils. Comme, par exemple : Le Docteur pouvait-il ne pas s'être rendu compte qu'il ressemblait à David comme un jumeau ? Pourtant, en y repensant, cela sembla surtout l'amuser...

Bref... Passons... Là n'est pas l'important...

Ce n'était pas la première fois que je mettais les pieds dans cette église, loin de là. Un membre de ma famille y avait même été sacristain, bien que je n'eus jamais la chance de le rencontrer. Et j'avais toujours apprécié ce décor baroque un peu exubérant, mais tellement touchant... Lorsque l'on sait qu'il s'agit d'un style purement polonais, c'est encore plus touchant, non ? Un petit bout de Pologne pour un Roi d'origine polonaise. Je me rappelle du jour où le Pape Jean-Paul II, lui aussi polonais, est venu à Nancy. Il avait parlé du Roi Stanislas... C'était en 1988, je n'avais que 4 ans, certes mais...

Aie, désolée, veuillez m'excusez, je m’égare à nouveau...

Bien, revenons à nos moutons, et au Docteur (Non, je n'ai pas dit que le Docteur était un mouton). Lorsqu'il me demanda de l'aider, je me sentis mue par un sentiment incroyable. Jamais je ne m'étais sentie aussi importante. Habituellement réservée et même, devrais-je dire, timide, pour la première fois de mon existence, je me sentais, oui, c'est le mot, importante ! Réaction peut être un peu égocentrique et exagérée, je dois le confesser. Mais je ne parvins aucunement à la réprimer. Je demeurais absolument consciente que, même sans mon aide, le Docteur n'aurait pas tardé à découvrir le monument en marbre blanc. Cependant, c'était à moi qu'il avait demandé un coup de main et j'étais en mesure de le lui fournir. Moi, la petite nancéienne sans envergure, anonyme et discrète. Je me sentais comme gonflée d'une bouffée de fierté. Une bien étonnante sensation. L'effet Docteur à n'en pas douter... Il savait en peu de mots donner confiance et valeur aux gens... Autant qu'il pouvait les détruire... « 6 Mots ! 6 ! » Je ne peux m’empêcher de penser à cette réplique de la série... Peut-elle être vraie ?... Pardon... Quoi qu'il en soit, le sourire réjouit qu'il m'offrit suite à mon envolée d’enthousiasme reste encore aujourd’hui l'un des plus beaux moments de ma vie.

à suivre...





Citation:



« Je n'aime pas les anges ! » Murmura Jenny à sa voisine.

Aurélie regarda la petite fille et acquiesça muettement avant de fixer à nouveau les deux angelots.

Le Docteur scruta la française comme s'il l'analysait aux rayons X. Certes, le Docteur connaissait la série Doctor Who, et certes il s'était rendu compte que cette dernière s'inspirait plus ou moins largement de sa propre vie – enfin particulièrement depuis quelques années, depuis qu'un certain Russell T.Davies avait réactualisé le programme. Il s'y était un peu plus intéressé depuis sa rencontre avec l'interprète de son propre personnage, quelques temps plus tôt.

Il ne comprenait pas bien la raison de l'utiliser comme héros de fiction... Ses aventures étaient passionnantes, Rose et ses autres compagnons pouvait le confirmer. Mais n'était-ce pas un peu risqué ? Pour l'humanité... Et quelque chose le perturbait en ce qui concernait certains points, certaines omissions ou certains points détournés... Ce n'était pas très logique. Il devrait se pencher là-dessus un peu plus sérieusement, un de ses jours... Mais pas maintenant. Ses neurones reléguèrent dans un coin de son esprit cette étrange impression. Il se reporta sur Aurélie. Le regard obstiné qu'elle posait sur ces deux statues de marbre lui laissait comprendre qu'instinctivement, elle agissait comme si elle se trouvait face à des anges pleureurs – ce qu'ils étaient d'une certaine façon, mais pas au sens extraterrestre du terme.

Aurélie était conditionnée par la série, et en savait apparemment beaucoup sur les multiples dangers que pouvaient receler l'univers grâce à elle. Il admit qu'elle en devenait une alliée de choix. Il ne pouvait qu'apprécier ces qualités. Ça, et le fait qu'elle ne se soit pas enfuie en paniquant ou mise à crier comme une fan hystérique dès qu'il s'était mis à lui parler.

Continuant à observer la jeune femme et sa petite Jenny, il s'approcha de la stèle et s'installa pour l'observer avec plus d’attention.

Puis il activa son tournevis sonique sur la pierre, le marbre se mit à vibrer.

« Docteur ? » Demanda Rose.

« Il doit y avoir une ouverture, une encoche, quelque chose, je vais trouver... » Expliqua-t-il avec une enthousiasme mêlé d'entêtement.

Il n'avait pas fini sa phrase qu'un cliquetis résonna sous la voûte colorée de l'église.
Tous se regardèrent, puis scrutèrent la plaque en bas de la stèle. Elle s'était mise à bouger, glissant lentement vers sa gauche en dévoilant un passage étroit.
« Tu as trouvé Doc ! » Lança Jenny.

Il se pencha et regarda dans l’obscurité de l'ouverture. Il tendit la main avec précaution, mais ne trouva rien, pas même le bout du tunnel.

« Ça à l'air profond ! » S'exclama Aurélie, nullement étonnée par le trou qui venait d’apparaître.

« Et noir... Et tout petit ! » Compléta Jenny.

Le Docteur accroupi s'agenouilla et commença à passer la tête. Cependant, bien qu'il ne soit pas gros – un euphémisme – il lui était parfaitement impossible d'avancer dans cet espace plus que réduit.

« Tu ne vas pas y arriver Doc... Il n'y a que moi qui peux passer ! » Lui lança Jenny avec détermination.

Oui, il le savait. Elle était mince, et relativement petite pour son âge, et la seule du groupe à pouvoir s'engouffrer dans ce passage. Pourtant, il lui dit fermement:

« Non, ce n'est pas une bonne idée ! »

« Doc, nous n'avons pas le choix, tu le sais très bien ! Et puis, après tout, ce n'est qu'un trou...» Dit-elle sur un ton humoristique qui ne laissait cependant pas lieu à la discussion.

Dehors, les hurlements décuplaient.

« Docteur ! Vous savez bien qu'elle dit vrai ! » Lui chuchota Rose.

Il hocha la tête en signe d’acquiescement.





Citation:



Journal improbable, dimanche 8 juillet 2012

Face à ces deux angelots, je ne pus faire autrement que les fixer avec appréhension. Ah, les anges pleureurs, certainement l'une de mes plus grandes terreurs au cours de ces dernières années. Moffat, maudit sois-tu ! Bon, OK ! Allez-y, vous pouvez me traiter de cinglée ! J'en suis fière !

Cependant, plongée dans mes idées « angéliques », je ne remarquais pas le regard que le Docteur posait sur moi. Durant plusieurs secondes, ce qui peut être comparé à l'éternité pour un Seigneur du Temps, le Docteur parut perplexe à mon sujet. Je fus le centre de son attention. Je l'intéressais. J'intéressais le Docteur, vous vous rendez compte. Mais attention, je ne l'intéressais pas dans le sens que vous pouvez imaginer (Je ne sais même pas ce à quoi vous pensez, en plus... Bref... Passons !). Il me trouvait spéciale. Intrigante. Énigmatique (Moi, énigmatique, non mais franchement, qu'est-ce que je peux avoir d'énigmatique ?). Il aurait même murmuré le mot « étrange »... Mais tout ça, je ne l'appris que bien plus tard, et pas d'une manière très conventionnelle... Quoique le conventionnel n'ait plus lieu d'être dans le monde dans lequel je venais de mettre les pieds. L'important, et vous n'allez pas tarder à le remarquer, c'est qu'il m'a confié lui même qu'il me trouvait... Non ! Non, mieux vaut le garder en réserve pour le moment propice.

Enfin, le Docteur s'était mis à bouger, et du coup, moi aussi. Je le regardais « soniquer » (terme entré dans les mœurs whoviennes, oui oui !) la stèle de marbre. Le bruit était exactement celui que vous pouvez entendre dans la série. C'est assez désagréable en fait. Mais l'effet fut magique, comme toujours.

Se déroula ensuite un moment encore plus étrange que le reste. Enfin, par rapport à ce que je savais de la série...

J’avais beau m'être plus ou moins remise du choc de la rencontre, je n'en restais pas moins époustouflée par ce qui se passait.

Jenny voulait entrer dans le trou. La gamine avait quoi... 10 ans, 12 tout au plus. Le Docteur ne semblait pas très chaud pour laisser la petite s'engouffrer tête la première dans l'inconnu. Personnellement, dans la même situation, je n'aurais pas été très motivée non plus. Si j'avais pu prendre sa place, je vous affirme ici et maintenant que je l'aurais fait. Mais pour tout dire, je n'aurais vraiment pu aller bien loin.

Le Docteur regardait Jenny avec une telle appréhension. Ça n'était pas ainsi que je me l’imaginais. Ça le rendait tellement plus, comment dire... Humain... Oui, humain... Et ce n'est pas pour me déplaire, bien au contraire.

à suivre...






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Tu veux bien me le garder, s'il te plaît ! » Demanda Jenny à Aurélie en souriant en lui tendant son sac à dos.


« Bien entendu ! » Répondit Aurélie en souriant, quoique toujours étonnée. Elle s'était retrouvée dans ses pensées l'espace d'une seconde. Et maintenant, elle ne savait plus bien ce qui allait se passer ou non.

Jenny sourit à son tour, se mit à quatre pattes et se faufila.

« Fais bien attention Jenny ! » Lança le Docteur.

« Ne t'en fais pas ! S'écria-t-elle, sa voix résonnant contre les murs de pierres, tu me connais... Je suis prudente ! Oh ?! »

« Quoi ? Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Tout va bien ? » Demanda le Docteur, le ton légèrement fuyant, en se penchant dans le trou.

«  Oui... Oui, c'est juste que... Attends... »

Elle se tut et tout le monde resta silencieux. La petite s'avança un peu plus jusqu'à devenir presque invisible.

« Jenny ! Jenny ? » Demanda le Docteur après plusieurs secondes de silence.

Pas de réponse.

« Jenny... ?! » Cria-t-il paniqué en essayant de s'avancer dans l'espace trop étroit pour lui.

« Attention, je sors ! » Lança une voix enjouée dans le trou.

Le Docteur recula rapidement, laissant ressortir la petite.

« Bon, j'ai bien fait de m'aventurer là-dedans on dirait ! » S'exclama Jenny en se relevant.

« Qu'est-ce que tu as trouvé ? » Demanda Rose.

« Ça ! C'était incrusté dans une pierre ! » Dit-elle simplement, en ouvrant sa main. Dans le creux de sa paume reposait un minuscule carré doré gravé avec minutie.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » Fit Mickey.

« Un bijou ? Une broche ? » Proposa Rose.

« C'est un circuit imprimé! » S'exclama Aurélie avec enthousiasme.

« Vous avez parfaitement raison ! » Lui dit le Docteur. Aurélie sursauta de joie.

Ne le remarquant pas, le Docteur attrapa la puce et la retourna dans le creux de sa main.

« Qu'est-ce qu'une puce peut bien faire là-dedans ? » Demanda Mickey.

« Je ne suis certainement pas la mieux placée pour dire ça, je ne sais même pas ce que vous faites ici ni quel est le but de tout ça, commença Aurélie, un peu surprise de sa soudaine prise de parole. Mais... Je pense... Je dirais... Que quelqu'un l'y a déposé là pour que vous la trouviez. Elle contient certainement des données utiles pour la suite...Probablement ! »

Mickey jeta à nouveau un regard suspicieux à Aurélie, elle se contenta de sourire d'un air un peu gênée.

Dehors, des bruits de foule commencèrent à se faire entendre.

« Il est temps de partir d'ici ! » Lança le Docteur en se précipitant vers le Tardis. Bientôt, l'église serait ouverte à une population désespérée... Déjà des voix désemparées s’élevaient derrière la porte..





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Journal improbable, dimanche 8 juillet 2012

Moment assez impressionnant s'il en est : La découverte d'un indice. Je n'avais pas la moindre idée de ce dont il pouvait s'agir. La seule chose que je savais, c'est qu'une puce électronique insérée dans la pierre d'une stèle datant du 18ème, ce n'était pas conventionnel. Et par conventionnel, vous comprendrez aisément ce que je veux dire : Normal ! Non, ce n'était pas normal. Il y avait du Timey Wimey dans l'air. Quelque chose me disait qu'un goût d'histoire de France enrobait cette histoire de science-fiction qui n'avait plus rien de fictionnelle.

Pourtant, je dois vous avouer que, d'une certaine manière, ce ne fut pas vraiment ce à quoi je m'attendais... La recherche je veux dire ! J'ai trouvé tout cela, comment dire, un peu... Rapide. Oui, c'est ça, rapide. Je sonique, ça s'ouvre, j'entre dans le trou et paf, j'ai l'indice. Je m'attendais à quelque chose d'un peu plus... Voyons, trouvons le bon mot... Impressionnant. Avec un peu plus de recherche, d'angoisse, de surprise. Quoique, pour ce qui est de l'angoisse, je dois avouer que le pauvre Docteur semblait largement effrayé pour nous tous à voir la petite Jenny se faufiler vers l'inconnu.

Je ne dis pas que je suis déçue de cette rapidité, bien au contraire... A entendre les cris de terreur de l'autre côté de la porte, la rapidité d'exécution de la tâche n'en était que plus favorable.


Bref, pour résumer, ce qu'on peut voir à la télé n'est pas exactement ce que la vie réelle réserve... Mais attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit ! Ce fut un instant merveilleux. ! Se retrouver face à ce petit bout de métal luisant comme de l'or était magnifique. Et pas seulement pour son aspect de métal précieux, oh non... Tout le mystère que recelait ce petit objet à l'apparence si insignifiante. Je ne pu m'empêcher d'imaginer le cas improbable d'un homme découvrant la puce des années plus tôt... Que se serait-il passé ? Cela aurait pu se produire non ? Et dans ce cas... Il aurait sûrement pensé qu'il ne s'agissait que d'un objet de culte encore inconnu. Un objet en hommage à la Reine de France, si aimée de son peuple... Oui, je pense que... Que... Je pense que je pense vraiment trop... La puce était là, dans le mur, il n'en était pas autrement, et de toute façon, il était temps de s'en aller, la foule n'allait pas tarder à entrer !

à suivre...





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Tous s’engouffrèrent dans le Tardis.

Entrée la dernière, Aurélie se retourna et ferma vivement la porte derrière elle. Elle savait très bien qu'une fois fermée, personne ne pourrait entrer.

De l'autre côté de la salle le Docteur s'affaira sur la console et la boite bleue disparu de l’église Notre-Dame de Bonsecours de Nancy.

Une fois dans le vortex, le vaisseau se stabilisa. Le Docteur déposa la puce sur un récepteur capable de la lire. Jenny, Mickey et Rose se regroupèrent autour de lui. Jenny fit signe à Aurélie de venir elle-aussi.

Ainsi rassemblés, tous purent voir ce que contenait ce minuscule élément de circuit imprimé.

« Oh, je connais ce bâtiment ! Lança Aurélie. C'est l'église Saint Eustache, à Paris ! »

« Et ça qu'est-ce que c'est, un brin d'ADN ? » Demanda Mickey.

« Yep » Affirma le Docteur.

« De l'ADN Lupok'hilax ? » Demanda Rose, sérieuse.

« C'est quoi, un laxatif ! » S'écria Aurélie en riant.

Le Docteur pouffa avec un air de « Ah, toutes les mêmes... » Mais Mickey expliqua très sérieusement :

« Non, c'est une race extraterrestre ! ». Il s'attendait apparemment à impressionner, voire effrayer la nancéienne.

« Oh, OK ! Fit-elle tout aussi sérieusement. Drôle de nom... Enfin, c'est toujours plus facile à prononcer que Raxacoricofallapatorius... »

« Pas mal ! » Lança Rose impressionnée.

« Je me suis entraînée ! » Répondit Aurélie avec un clin d’œil...

« Oh, attendez... S'écria Jenny. La couronne, là, je l'ai déjà vu, c'est celle de Louis XV, elle est exposée au Louvre ! »

Aurélie ouvrit la bouche, surprise, mais ne dit rien. Rose le remarqua :

« Qu'y-a-t-il ? »

« Euh... Rien, c'est juste que... Louis XV, l'église Saint Eustache, Marie Leszczynska... Votre histoire n'aurait pas à voir avec Madame de Pompadour ? » Demanda Aurélie.

« On ne peut rien vous cacher ! Qu'est-ce que vous savez à propos d'elle ? » Fit le Docteur.

« Euh... En fait, pas tant de choses que ça... Si ce n'est que le Doct... Euh pardon... L'autre Docteur... Celui de la série.... Vous connaissez la série Doctor Who, n'est-ce pas ? » Aurélie sentit qu'elle commençait à s'embrouiller et s'arrêta, bouche grande ouverte, devant l'étrangeté de la question.





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Journal improbable, dimanche 8 juillet 2012

« Vous connaissez la série Doctor Who ? » (Imaginez ma voix partant dans les aigus avant de retomber subitement...) Non mais, franchement, qu'est-ce qui m'a pris de poser cette question... Cinglée niveau 10 vraiment !

Enfin, quoique, après réflexion, j'aurais dû le demander plus tôt. Ça semblait logique non... Et si... Et si la série leur était inconnue ? Non impossible, le Docteur, et même Jenny et Rose avait réagi à la vue de mon petit Tardis. À moins qu'ils ne m'aient pris pour une fan du groupe L.I .N.D.A. Version française. Mais... Non... Impossible... Et pourtant... Si tout ça n'avait été qu'une jolie fête entre fans déguisés (particulièrement ressemblant cependant)... Nan, mais attendez, si ça avait été le cas, j'aurais été au courant et je m'y serais invitée, de gré ou de force. J'aurais été au courant hein, je l'aurais été ?

My... Jusque là, pas une seule seconde je n'avais pu imaginer que tout cela ne soit qu'une méga animation de « Geeks en folie ». Alors pourquoi toutes ces idées me traversaient la tête à présent ? Le contre coup du choc peut-être.

Comprenez-moi... J'aurais été au Royaume Unis, j'aurais peut-être pu croire à une fête de ce genre, mais chez moi, dans ma ville de province française...

Ce fut à cet instant qu'un sentiment étrange me traversa... Tout cela ne serait-il pas une émission genre Surprise sur prise dont je serais le pigeon ? Oui, j'avais déjà vu ça à la télé, un homme qui s'était retrouvé emporté dans un scénario à la James Bond. C'était rudement bien organisé, vraiment réaliste...

Mais dans ce cas, pourquoi moi ? N'était-ce pas trop énorme pour que ce soit possible ?

Je peux vous le dire, la vague de joie et de confiance que j'avais senti me gagner après avoir sorti avec brio le fameux Raxacoricofallapatorius me quitta d'un coup. Même le léger regret de ne pas profiter du câlin que Rose avait gagné après avoir réussi l'exploit de prononcer l'imprononçable sans déraper s'éloigna.

Figée entre Jenny et Mickey, je m'étais mise à fixer le vide avec un terrible sentiment d'être un pion, ou l'objet d'une immense plaisanterie... Non pas que cela ne soit pas amusant... Mais... Il fallait que j'en aie le cœur net...

Mais poser la question au Docteur et ses amis ne serait en rien certitude de vérité.

Toutes ses réflexions fusèrent à la vitesse de la lumière dans mon petit cerveau. En quelques secondes, la seule possibilité qui s'illumina dans mon esprit propulsa subitement mes jambes vers la porte du vaisseau...

à suivre...





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Le Docteur regarda Aurélie s'élancer d'un pas décidé vers la porte, mais il n'y réagit pas plus que ça. Il savait, ou plutôt se doutait, de ce que la jeune femme avait en tête. Il était pourtant loin d'imaginer les méandres compliqués qui s'étaient creusés dans ses réflexions.

Ouvrant la porte en grand, la jeune femme se retrouva immobile devant le spectacle grandiose d'une nuée d'étoiles sur fond de couleurs chatoyantes.

« La nébuleuse de Catchpa ! » Expliqua le Docteur mains dans les poches en s'approchant d'Aurélie d'un pas tranquille.

Ni Mickey, ni Rose, ni même Jenny ne bougea.

La jeune femme tourna la tête dans la direction de l'homme de l'espace sans changer d'expression. Après deux secondes d'étonnement muet, elle réussit à sortir :

« Alors c'est vrai... Vrai de vrai ? »

« Vous en doutiez encore ? » Pouffa le Docteur.

« Eh bien... Non, enfin... Pas vraiment... Pour tout dire, si, un peu, c'est tellement incroyable... Mais... OMB, c'est tellement magnifique... » Finit-elle par s'exclamer devant la splendeur de cette magnificence interstellaire.

Le Docteur sourit :

« C'est normal de douter ! Surtout dans votre situation, expliqua-t-il. Ça ne rend votre jugement qu'encore plus fiable. Un peu de doute permet de mieux apprécier bien des situations... Je comprends parfaitement que tout cela puisse vous sembler impossible... » Commença-t-il en montrant l'infini de l'espace.

« Improbable... Juste improbable... » Souffla la jeune femme.

La réponse sembla être celle que le Docteur attendait. Cependant, il attendit.

« Vous connaissez la série, dites moi ? » Demanda Aurélie sur un ton qu'elle voulait détacher.

« Oh oui ! Nous la connaissons ! » Répondit le Docteur avec douceur.

« Dans ce cas, que faisons-nous à papoter comme ça ? Nous avons le monde à sauver ! » Lança Aurélie.

« Oh oui ! s'écria le Docteur, enthousiaste. Bien, maintenant, chère demoiselle, dites-nous tout ce que vous savez à propos de la Pompadour ! »

Sa demande pouvait ressembler à un ordre, mais dans sa bouche, cependant, cela ne sonna absolument pas ainsi.

« Vous l'avez rencontrée... Je veux dire, dans la série... Vous l'avez rencontrée et sauvée... C'est la vérité ? Vous avez vraiment rencontré la Pompadour ? »

« Oui ! » Répondit-il simplement dans un sourire rassurant, attendant la suite.

« Et je sais aussi qu'elle était la favorite de Louis XV, qu'elle a été baptisée et qu'elle s'est mariée en l'église Saint Eustache et que... »

« Mais bien sur, l'église ! » Lança joyeusement le Docteur.

« Quoi ? » S'étonna Mickey.

« Mais oui, c'est bien sur ! » Lança Jenny.

Rose sourit joyeusement.

« Reinette nous guide, nous indique les endroits où nous rendre ! S'écria le Docteur. Elle utilise des endroits en lien avec elle..., continua-t-il excité. Le lieu de son mariage ne peut qu'en être un, sinon, il ne serait pas sur cette puce !





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Journal improbable, dimanche 8 juillet 2012

OMB... Vivre l'improbable peut vraiment vous donner des sueurs froides ! Et croyez moi, se retrouver devant le vide intersidéral en est une ! Pour le coup, ma peur du vide fut guérie d'un coup... Non, en fait, je plaisante, je n'ai jamais vraiment eu le vertige, enfin pas de cette manière... Ce qui s’avérera utile pour la suite... Mais là n'est pas le sujet...

Par contre, ce qui fut guéri par cette vision de la beauté de l'univers, ce fut mon incrédulité latente... Je l'avais laissée de côté durant quelques minutes, le temps de vivre une première partie de l'action... Mais elle avait refait surface aussi insidieusement que sérieusement. Je n'arrivais plus à croire que tout cela puisse être vrai. Pas un rêve certes, mais une belle grosse supercherie... J'ai un peu honte de l'avouer... Quoique, après ce que le Docteur avait pu me dire, je me sentais un peu réconfortée. Ce n'est pas vraiment dans ma nature de douter de ce qu'on me dit. J'ai toujours tendance à faire un peu trop confiance, vous voyez... Je n'ai jamais eu à réellement le regretter, pas gravement en tout cas... Trop gentille, c'est ce qu'on dit souvent. Je ne vais pas vous faire un dessin. La fille timide, calme, discrète, toujours prête à donner un coup de main... Mais qu'on utilise parfois un peu à ses dépends... Ben c'est moi...

Je peux aussi vous dire qu'entrer dans une boite bleue avec des gens que je ne connaissais pas autrement que sur petit écran était certainement la plus grosse folie de ma vie... Je n'ai jamais tenté le Diable en quoi que ce soit... Et cette fois-ci, je venais tout de même de m'engouffrer avec de parfaits inconnus qui étaient peut être en train de me... Je ne sais pas... De m'enlever... Avec toute ma coopération qui plus est...

« Ah bon, et pour quelle raison ferraient-ils ça ? » Me demanderez-vous. Je vous répondrais que je n'en ai pas la moindre idée. Je n'ai rien de spécial. Mais bon, on peut toujours trouver des raisons non ?

Quoi qu'il en soit, tout cela mis bout à bout parvint à me faire douter de la réalité de la situation...

« Pourtant, continuerez-vous, j'avais déjà pu vivre une apparition et une disparition du Tardis, la vision du plus grand à l'intérieur et tout ce qui s'ensuit... »

Mais le doute était soudain devenu plus fort que la raison...

Je ne remercierai jamais assez le Docteur d'avoir trouvé les mots justes, me confortant dans l'acceptation de l'improbable.

Je vais peut être dire quelque chose que vous avez entendu des centaines de fois, mais il est vraiment et décidément un excellent docteur, ce Docteur !

Quoi qu'il en soit, il était temps, après cet interlude interstellaire, de retrouver les rues de Paris et le feu de l'action !

Tiens, d'ailleurs, ça me fait penser... Je n'ai jamais demandé au Docteur la raison de cet arrêt en plein milieu des étoiles. Toute l'histoire se passe sur Terre... Alors pourquoi... Avait-il une idée derrière la...? Oh pardon, veuillez m'excusez, j'étais perdue dans mes pensées... Encore ! Il faudra que je pense à lui demander la prochaine fois que je le verrai ! Si jamais je le revois...

à suivre...






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« De retour à Paris ! » S'exclama le Docteur.

Il se jeta sur la console de commande, laissant une fois de plus le soin à Aurélie de fermer la porte, ce qu'elle fit sans tarder.

Les passagers s’accrochèrent fermement, Aurélie ne dérogea pas à la règle.

Le vaisseau se retrouva chamboulé en tout sens avec violence.

« Le Tardis essaye de traverser le dôme Lupok'hilax... Dans ce sens, ça semble... Légèrement plus... » Commença le Docteur en s'agrippant avec poigne à la console avant qu'une alarme stridente ne s'enclenche, assourdissant l'ensemble de l'équipage.

« Que se passe-t-il ? » Hurla Rose.

« Surchauffe... Le cœur surchauffe... Si on ne s'arrête pas... Il va... »

La voix du Docteur s'arrêta brusquement en même temps que l'alarme. Le vaisseau se retrouva une dernière fois chamboulé, envoyant tout le monde au sol, puis se stabilisa.

« On est passé ? » Demanda Jenny en grimaçant.

« Je... Je ne crois pas... » Lança le Docteur avant de se relever. Il s'approcha des commandes et observa un écran avant de se précipiter vers l'extérieur.

« Nous ne sommes pas passés. » Fit-il en secouant la tête.

Les passagers s'approchèrent et constatèrent la triste situation. À quelques centaines de mètres d'eux se trouvaient un gigantesque globe fluorescent aux lueurs jaune-orangées qui descendait jusqu'à terre. Le Tardis avait rebondi contre sa paroi apparemment fluide et sans consistance. À quelques dizaines de mètres d'eux, le Docteur et ses amis pouvaient apercevoir une longue file d'ambulances et autres véhicules alignés le long d'une route. Ils tentaient d'entrer dans le dôme sans plus de réussite que la boite bleue.

« Bien ! La situation n'est pas au beau fixe ! » Lança le Docteur sur le ton de l'humour.

« Il doit bien y avoir une manière de passer... » Insista Aurélie.

« Il y en a toujours une, mais quelle qu'elle soit, je ne la connais pas... »

Il se dirigea vers sa boite bleue suivit de ses acolytes. Que faire ? Il devait bien y avoir un moyen de pénétrer dans la ville... D'ailleurs, après réflexion, le dôme semblait dépasser largement les limites de Paris. Le Tardis était posée en plein milieu de la campagne et les alentours ne ressemblaient en rien aux rues de la capitale. Du rapide coup d’œil que le Docteur avait pu poser sur la coupole hermétique, il avait eu le temps de remarquer un intriguant point lumineux à environ vingt mètres de hauteur, à la surface de celle-ci. Il savait ce que cela signifiait, savait ce à quoi cela correspondait. Lorsque les Lupok'hilax en auraient fini avec la transformation de la population parisienne, ce point luisant, comme ses innombrables frères le long de cette nouvelle frontière, participerait à la modification ultime. Ils injecteraient la composition optimale de l'atmosphère extraterrestre ainsi qu'un ajout spécial permettant de transformer génétiquement et automatiquement tout être vivant sur la planète. Il en serait fini de la Terre telle que nous la connaissons...

Mais le Docteur ferait tout pour ne pas laisser les Lupok'hilax advenir à ce stade.

Néanmoins, à cet instant précis, il était loin de savoir comment y parvenir. S'agitant dans la salle des commandes, il prononçait des mots que personne dans la pièce n'était capable de comprendre, se grattait la tête, s’agrippait les cheveux... Sans que cela ne l'avance en quoi que ce soit. Il réfléchissait à ce qu'il savait des techniques d'assimilation Lupoki'hilax, mais n'arrivait pas à trouver la faille qui le laisserait passer à travers cette paroi imperméable. Il se frappa la tête, et grimaça, se rappelant soudain qu'il avait toujours une entaille à la base du front, et ce que sa présence signifiait...

Rose, Mickey et Jenny s'étaient posés dans un coin... Aurélie observait le Docteur d'un air incrédule. Elle savait qu'il était en pleine réflexion... Elle s'approcha de lui, mais son regard fut attiré par l'écran lumineux...

« Docteur ? » Demanda Aurélie.

Il ne répondit pas, tout à se remémorer les raisons qui lui confirmaient qu'il serait plus important pour lui d'être à Londres en 1666 qu'ici à sauver la planète. Il n'y en avait qu'une en fait, une seule, unique et...

« Docteur... Recommença Aurélie. Tous ces chiffres là, qu'est-ce qu'ils veulent dire ? Je crois... C'est comme si... On dirait... »

« Quoi ? » S'étonna-t-il.

« Là... » Montra Aurélie du doigt.

Il s'approcha et s'écria furieusement :

« Oh, Aurélie... Vous êtes brillante ! »





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Journal improbable, dimanche 8 juillet 2012

Oh My BEeK (OMB en pleine lettres !)... Je ne pouvais pas en croire mes oreilles. Je... Bon... D'accord, j'avais déjà entendu ces mots dans la bouche du Docteur... Mais qu'ils s'adressent à moi... Non, mais là, c'était vraiment... « Vous êtes brillante ! »

Tout ça parce que je me souvenais vaguement de mes cours de géographie en première année de fac... Et que je regardais un peu la télé... Enfin, beaucoup, oui... Je regardais beaucoup la télé ! Mais quand même.

Bien évidemment, j'avais espéré que le Docteur ne me trouve pas stupide... Et, il faut bien le reconnaître, il ne m'aurait pas laissé entrer dans son Tardis si cela avait été le cas... Mais être reconnue comme brillante...

Je ne cesse de me répéter qu'il s'agit d'une expression comme le Docteur en possède de nombreuses. Que c'est comme Allons-y ou Molto Bene, vous voyez... Mais j'ai tout de même un peu de mal à le voir ainsi. J'en suis encore toute retournée...

Bon d'accord, soit, passons... C'est... Bon vous avez compris... Je vais essayer de vous expliquer à tête reposée ce qui s'est vraiment passé.

J'observais le Docteur, en pleine phase de réflexion poussée. Le temps jouait contre nous, ça je l'avais bien compris. Il y avait de nombreux points dont j'ignorais l'existence... Mais cela importe peu pour le moment. Je suis toujours loin d'être au courant de tout à l'heure qu'il est.

Je m'étais approchée de lui, pour l'observer de plus près dans cette phase de concentration intense. Je savais que cela était primordial pour le bien de l'humanité... De la planète devrais-je dire ! Mais cela prenait un sens beaucoup plus personnel, plus intime. J'avais la sensation, ainsi, d'être plus proche de ses pensées.

Ce fut pourtant à cet instant que mes propres pensées particulièrement fanatologiques (ça devient grave si je me lance dans les néologismes !) furent détournées à cause d'un élément bien plus ancré dans la réalité. Une série de chiffres et de lettres : 48° 51′ 47.8″ N - 02° 20′ 42.2″ E

Latitude, longitude ! Je devais le dire au Docteur... Il fallait qu'il le sache. Mais il semblait tellement plongé dans ses réflexions. Pourtant, je me disais qu'il se pouvait que ce détail... J'avais peur de le déranger... Il ne répondit pas à ma première réflexion. Je jetais un coup d'œil à Rose... Elle me fit signe de continuer... Alors...

Et ne me demandez pas pourquoi je me suis mise à bafouiller ! Je n'en ai pas la moindre idée... Certainement encore une preuve de ce manque de confiance en moi. J'étais absolument persuadée qu'il s'agissait de coordonnées géographiques. Plus que cela, je savais presque précisément où elles menaient... Je vous l'ai dit, cours de géographie... À peu de choses près, ces indications étaient celles d'un lieu à Paris. J'aurais eu du mal à dire exactement lequel, mais quelque chose me disait que ça avait un lien avec notre histoire de Marquise.

Quoi qu'il en soit, bafouillage ou pas, cela me valu un « Vous êtes brillante ! » de la part du Docteur.

J'ai envie de dire qu'après ça, je peux mourir heureuse... Enfin, le plus tard possible !

à suivre...





Citation:



« Nous allons nous laisser guider ! » S'écria le Docteur.

« Quoi ? » Demanda Mickey, étonné par une réaction à ses yeux très surdimensionnée.

« Nous avons un guide ! Regardez, des coordonnées ! Des coordonnées parisiennes ! Quelqu'un nous montre le chemin... »

« Il n'y a pas deux heures, vous ragiez parce que nous nous étions fait balader... » S'écria le jeune homme, incrédule.

« Et maintenant, je suis ravi... Seuls les idiots ne changent pas d'avis ! »

« Qu'est-ce que vous entendez par là Docteur ? » Hurla Mickey.

« Je n'entends rien d'autre que ce que j'ai dit... Que je ne suis pas un idiot... Ce n'est pas la révélation du jour, je m'en doute, mais qu'importe ! »

Sur ces belles paroles, le Docteur se jeta sur la console et connecta la puce au système de direction du Tardis. Pas besoin de coordonnées temporelles, il semblait clair que quoi qu'il fasse, la continuité temporelle ne serait en rien modifiée, alors autant ne pas énerver leur « bienfaiteur du dimanche ».

Regardant le Docteur ainsi s'affairer, Mickey s'approcha discrètement de Rose et demanda, visiblement un peu embarrassé :

« Tu es sûr qu'il va bien ?

« Qui ça ? »

« Le Docteur voyons... » Répondit rudement le jeune homme.

« Je dirais que oui ! » Répondit Rose, étonnée mais contente.

« Changer radicalement d'avis d'une heure à l'autre et écouter une inconnue, comme ça, ça ne te fait rien ?... Cette Aurélie... Je te le dis, je la trouve bizarre, elle n'est pas normale... Tu crois qu'on peut lui faire confiance, toi ? » Demanda-t-il en pointant la française de la tête. Celle-ci dévorait littéralement le Docteur du regard et ne prêtait pas le moins du monde attention au jeune homme.

« Et pourquoi pas ? Fit Rose. Je la trouve sympa, moi ! »

« Elle en connaît beaucoup trop... Tu ne trouves pas ? » Répliqua Mickey.

« Tout ça parce qu'elle a trouvé des coordonnées ! C'est sur que c'est un exploit... Ah moins que ce ne soit parce qu'elle semble en savoir plus que toi sur le Docteur, mon petit Mickey ! » Lança Jenny qui s'était glissée près d'eux...

Le jeune homme se sentit piqué au vif, mais ne releva pas la remarque.

« Je plaisante Mickey... Dit Jenny pour adoucir l'ambiance. Mais franchement, je doute qu'elle soit une menace ! Regarde là... »

Mickey haussa les épaules, apparemment peu convaincu. Cependant, il n'eut aucunement le temps d'y penser plus, le Tardis se dématérialisant à nouveau dans un grincement désagréable.

« Accrochez-vous ! Cria le Docteur. Ça va secouer ! »

Le vaisseau ne le fit pas mentir. Jamais ils n'avaient vécu un voyage aussi mouvementé. Bientôt, les passagers se retrouvèrent projetés au sol sans ménagement et plus personne ne se trouva aux commandes. Cependant, contrairement à la dernière fois, le Docteur hurlait de joie. Il n'était pas du tout dérangé par le fait que le Tardis se retrouve guidée par un inconnu. Et lorsque le vaisseau se posa, finalement assez rapidement, il se releva d'un bond et se jeta vers l'écran de contrôle.

« Nous sommes passés ! Église Saint Eustache, je le savais ! Lança-t-il avec joie. Mais... Aie... Je crois qu'il va nous falloir un équipement spécial... » Continua-t-il en changeant rapidement d'expression.

« Quoi ? » Demanda Rose.

« Eh bien... L'atmosphère est en phase 2 d'activation... »

« Ce qui veut dire ? » Demanda Jenny.

« Que les Lupok'hilax ont commencé à y injecter leur composant principal : L'hilax. »

« C'est un gaz ? » Demanda Aurélie.

« Exactement ! »

« Et ce n'est pas bon ? » Demanda Jenny.

« Eh bien... Pas vraiment... Enfin, je veux dire, un Seigneur du Temps va l'éliminer sans aucun problème par voie... Non, ne faisons pas de dessins... Mais pour un être humain... C'est un vrai poison ! Une seule inspiration et vos poumons seront ravagés comme... Bon, d'accord toujours pas de dessins... » S'arrêta-il subitement en voyant les yeux exorbités de ses passagers.

« Mais alors, qu'allons nous faire ? » Demanda Mickey.

« A mesure spéciale, équipement spécial ! Comme les scouts, je suis toujours prêt ! Ce n'est pas Baden-Powell qui va me contredire, c'est moi qui lui ai soufflé l'idée... » Lança le Docteur dans un murmure complice à ses passagers avant de se précipiter vers l'intérieur du Tardis. Moins de deux minutes plus tard, il réapparaissait, quatre équipements respiratoires entre les mains.

« Vous allez tous mettre ça... L'air sera filtré... Par la suite, vous ajouterez cette réserve d'oxygène... Ce n'est pas encore nécessaire, mais viendra le temps où les Lupok'hilax élimineront tout l'oxygène de l'atmosphère, un pur poison pour eux ! Un peu comme l'hilax pour vous. Bon, maintenant, enfilez tous ces masques et Allons-y ! Et toi, petite coquine, tu restes près de moi ! » Ajouta-t-il à l'intention de Jenny.





Citation:



Journal improbable, dimanche 8 juillet 2012

Bon, pour tout dire, pour tout vous dire, je m'étais toujours imaginé que voyager dans le Tardis n'était pas une partie de plaisir. Enfin, si, d'une certaine manière, c'en est une... Mais vous voyez ce que je veux dire... J'avais toujours imaginé cela très mouvementé. Mais là, c'était vraiment le bouquet. Deux voyages (Je ne compte pas celui qui nous avait transporté dans l'église à Nancy...) et deux fois, je m'étais retrouvée les genoux par dessus la tête. Pas très confortable, je vous l'accorde. Et pourtant, comment le dire plus simplement : Ce fut... Tout simplement... Délicieux.

Mais pour être parfaitement honnête avec vous, ce n'est pas des chutes mémorables et très courantes à bord du Tardis dont j'ai envie de vous parler. Mais plutôt de mon étonnement de voir le Docteur accepter que son vaisseau soit contrôlé par un parfait inconnu.

Je me demandais vraiment si cela était dans ses habitudes... Se devait-il d'accepter à certains moments de ne pas tenir totalement les rênes. À moins que ce soit sa manière de le faire... Quand on ne peut faire autrement. C'est aussi finalement une manière d'accepter les coups de mains du « destin », quel que soit le nom de ce destin... Car je ne doutais pas que l'avenir ait besoin de voir les choses se dérouler ainsi. Le Timey Wimey, un des concepts les plus compliqués à assimiler lorsqu'on commence la série Doctor Who... Il est pourtant indissociable des voyages temporels... Certaines choses doivent se passer d'une certaine manière pour que le futur prenne une certaine voie... Et, oh oui, aussi, la théorie des fameux points fixes... J'avais la sensation de me trouver en plein milieu de l'un d'entre eux... Attendez, je vous explique !

Je venais de découvrir une des miettes de pain qui allait nous guider vers la maison en pain d'épice (OK, je mélange tout... Ce n'est pas comme ça que ça marche, mais tant pis !), ou autrement dit, les coordonnées de l'église qui avait un rapport avec Madame de Pompadour. Cependant, quelque chose commençait à me turlupiner. Je n'arrivais pas vraiment à mettre le doigt dessus... Mais je ne parvenais pas à trouver ce que l'église Saint Eustache pouvait nous apporter dans cette quête. Autant, dans l'église Bonsecours, il était évident que nous devions nous intéresser à la stèle de la Reine. Mais là... OK, la Pompadour avait été baptisée ici, et OK, elle s'était mariée ici, mais c'était tout. Son nom était peut être lié à l'endroit, mais rien ne l'y rattachait, comment dire... Physiquement... Enfin, vous voyez ce que je veux dire. Elle n'y reposait pas pour l'éternité. Aucun objet lui appartenant n'y était déposé. Et moins j'arrivais à trouver de lien cohérent avec le lieu plus une autre impression grandissait en moi... Quelque chose d'assez déjanté et assez perturbant pour tout vous dire. Quelque chose qui me touchait directement et qui me dérangeait un peu. Il me semblait de plus en plus évident que j'étais la seule personne dans le Tardis à cet instant à savoir ce qui liait la Pompadour et cette église. Si le Docteur ne m'avait pas invité à entrer dans le vaisseau, peut être bien qu’ils auraient tourné en rond un bout de temps... Certes, je ne doute qu'ils se seraient mis à chercher quel était cet édifice, mais cela leur aurait pris un certain temps pour en venir à la conclusion exacte, et du temps, c'était justement ce que nous n'avions pas... Toutes ces réflexions mises bout à bout, j'en venais à la conclusion que mon arrivée dans le Tardis était prévue, calculée... Que cela devait se produire... Que je faisais partie de l'équation, moi, et pas l'homme que j'avais croisé sur le trottoir avant de croire entendre mon téléphone sonner ou encore la petite fille du supermarché qui... Comme si tout était écrit, si tout était lié... En un mot (ou plutôt 2 ! ) : Point fixe !... Comme si j'étais une pièce essentielle de ce puzzle. Alors, déjà que je ne voyais pas ce que je pouvais avoir d’exceptionnel, imaginer que je fasse partie d'un plan bien plus grand m’apparut soudain comme particulièrement perturbant, à m'en donner le vertige. C'était là le lot de la série, je le savais, mais comment pouvais-je, à mon insu, entrer dans ce lot ?

Et, de façon plus légère pourrais-je dire, je trouvais cela redondant de se retrouver à fouiller à nouveau une église... La vie n'est pas la fiction, certes, mais je ne pouvais m'empêcher d'avoir cette impression. Ce n'était pas l'église le point primordial. Je la voyais davantage plus comme un guide qui nous avait permis de traverser le dôme que la finalité de notre aventure. Cependant, je gardais ces pensées pour moi pour l'instant... Pourquoi ? Je n'en sais trop rien. Je savais pourtant qu'il me faudrait bien finir par exprimer le fond de ma pensée !

à suivre...





Citation:



« L'église Saint Eustache ! » S'écria le Docteur, enthousiaste et excité, en mettant un premier pas sur l'asphalte tout en enfilant son manteau.

                        
« Et 12 degrés Celsius... Frisquet pour un début juillet ! Mais la température idéale pour les Lupok'hilax. Restez sur vos gardes, ils pourraient bien envoyer quelques amis pour vérifier la qualité du climat ! »

« Comme le hibou ? » Demanda Jenny.

« Oui, exactement, comme le hibou !» Affirma le Docteur aux aguets. Il se dirigea vers la porte principale de l'église, rapidement approché par ses quatre comparses harnachés dans leurs appareils respiratoires.

« Que cherchons-nous ici ? » Demanda la voix déformée de Rose en passant la première porte en bois.

« Quelque chose ! » Répondit le Docteur avec le sourire en se retournant vers elle avant de continuer à avancer à l'envers...

« Mais quoi ? » Demanda Mickey.

« Nous le saurons quand nous le trouverons, et moins nous parlerons, plus vite nous mettrons la main dessus... »

« Y aurait-il un coin... Je sais pas, une stèle... Ou quelque chose, en rapport avec Madame de Pompadour ? » Demanda Rose.

« Aucune idée... Répondit Aurélie. Je ne suis jamais venue à l'intérieur... Je... My, c'est tellement haut ici... » Fit Aurélie en levant la tête. Sous l'effet orangé de la nouvelle atmosphère, le lieu prenait une dimension particulièrement impressionnante, pour ne pas dire angoissante. La couleur n'était pas pour embellir le lieu. Cette teinte le rendait d'autant plus déroutant qu'il n'y avait pas âme qui vive, pas le moindre bruit autre que leurs pas sur les dalles de pierre et le son étouffé des masques à gaz.


                        

« Impressionnant en effet ! Affirma le Docteur en levant les yeux vers la voûte. Bon... L'idéal serait de nous séparer – pas un mot, toi, fit-il à l'attention de Jenny – pour couvrir le plus d'espace possible... Pas de temps à perdre ! »

Rose, Aurélie et Jenny hochèrent la tête en signe d'affirmation.

« Très bien... Mickey, Rose, vous vérifiez le transept nord, Jenny et Aurélie, vous venez avec moi, on vérifie le côté sud... » Lança le Docteur.

Les deux groupes se séparèrent, à la recherche de... Eh bien, ils ne le savaient pas vraiment... Un élément capable de leur indiquer la présence d'un indice, quel qu'il soit. Pour la première fois depuis le début de leur aventure, ils n'avaient pas la moindre idée de ce qu'il fallait faire ou chercher. Le Docteur, comme à son habitude, avait sorti son tournevis et inspectait le plus petit détail. Mais ne trouvait rien de probant.

« Docteur ? » Murmura Aurélie de sa voix déformée.

« Oui ? » Répondit-il sur le même ton mais toujours concentré.

« Je me disais... Peut être qu'il n'y a rien ici... »

« Quoi ? » S'étonna la petite Jenny.

« Peut être que... Que les coordonnées de l'église n'étaient, que... Qu'un GPS pour venir à Paris... Et qu'il n'y a... Oh...Vous avez entendu ? »

La jeune femme s'était arrêtée de parler, attentive...

« Quoi ? » Demanda le Docteur.

« Un drôle de bruit, je viens de l’entendre... Je ne sais pas... »

Elle écouta à nouveau, tout comme le Docteur et Jenny.

« Oui ! Un ronronnement, de plus en plus... Comme un moteur de machine à laver en début essorage... Ça approche... » Affirma le Docteur.

« Docteur, tu ne me feras pas croire que tu t'y connais en machine à laver ? » Lui lança Jenny.

« Et toi, petite maline, tu ne me feras pas croire que tu n'avais pas tout deviné au sujet de la Pompadour dès le début ! » Lui répondit-il d'une voix amusée.

Jenny lui sourit mais le Docteur était déjà loin. Il avait filé comme une flèche, se tenant à présent debout face à la porte vitrée du transept sud. Il regardait le ciel, concentré.

« Ils savent que nous sommes là... Ils nous envoient leurs hommes... Enfin, façon de parler... Enfin j’espère... » Lança-t-il.

« Que fait-on ? » Cria Mickey qui venait d’apparaître derrière lui.

« Aurélie a raison, l'église n'est probablement qu'une indication pour revenir à Paris, pas une finalité... Et bonne nouvelle, je crois avoir une idée... »

Il se retrouva sur le pas de la porte, examinant toujours l'endroit d'un air vigilant. Il se trouvait face à une vue plutôt inhabituelle du quartier des Halles totalement en travaux. À l'air libre, le bruit retentit à nouveau, plus puissant et caverneux à la fois. Le ciel était pourtant dégagé – façon de parler –, aucune trace de créature.

« Docteur, on n'a rien trouvé et... D'où vient ce bruit ? » Demanda Rose qui s'était approchée de lui.

« C'est en dessous... Le centre commercial, ça vient du centre commercial... » Lança Aurélie.

« OK, on retourne au Tardis, tout de suite... Courez ! » Cria le Docteur.

Longeant la façade sud de l'église, la fine équipe se précipita vers la boite bleue posée au niveau de la rue du Jour. Le bruit continua à monter, de plus en plus menaçant, de plus en plus terrifiant.

Ils gagnaient en vitesse mais leur instinct leur disait qu'ils allaient bientôt devoir faire face à quelque chose... De dangereux dans le meilleur des cas.

Ce fut en arrivant à l'angle de l'avant de l'église que le son se fit plus net... Et que la chose responsable de tout ce raffut apparu. Comme remontant des enfers, la révélation monstrueuse dévoila sa face composite en rampant le long des escaliers remontant du centre commercial sous-terrain. Énorme et enragé, l'hybride composé de multiples créatures terrestres maintenues ensemble par une pellicule transparente, visqueuse et gluante, se rapprocha rapidement, mue par ses multiples pattes agiles et griffues.

Le Docteur se retourna vers elle, le regard triste puis hurla à ses compagnons d’accélérer la cadence. La bête était rapide, vive et pleine de hargne, mais elle était avant tout une victime des Lupok'hilax. Ce qui ne la rendait pas moins dangereuse. Le Docteur le savait, et s'en voulait d'avance : Si elle devenait trop menaçante, il devrait éliminer cette créature des Frankenstein de l'espace. Mais pour l'instant, ils n'étaient plus qu'à une dizaine de mètres du Tardis et pourraient privilégier la fuite à la violence.





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Journal improbable, dimanche 8 juillet 2012

« Are you my mummy ? »

Bon, voilà, ça, c'est fait ! Je suis vraiment désolée, je ne pouvais pas passer à côté. Trop tentant, si vous saviez. Certes, ces masques de protection ne ressemblaient en rien aux masques à gaz de The empty child, mais comment résister... Bon, d'accord, d'accord, j'arrête... Passons au côté pratique du sujet... Ou plutôt, pas pratique, mais alors pas pratique du tout, ces masques. Et assez inconfortables, je dois l'avouer... Surtout quand votre nez commence à vous démanger !

Sur le plan technique, après avoir vérifié la qualité de l'air, le Docteur décréta qu'adapter immédiatement les réserves d'oxygène n'était pas nécessaire. Un léger soulagement, puisqu'elles étaient relativement encombrantes. Il faut dire que nous n'avions pas l'intention de nous éloigner du Tardis pour le moment... Alors... Et puis bon, j'ai envie de dire – et attention, ce n'est pas une déclaration de violence, je n'aime pas la violence – à la guerre comme à la guerre !

Ma joie d'être présente aux côtés du Docteur l'emportait sur l'inconfort de ce matériel. La montée d’adrénaline à l'idée d'entrer pour de bon dans le feu de l'action avait même éliminé pour l'instant les quelques idées saugrenues à propos d'un Timey Wimey concernant ma petite personne. Je n'étais pas le centre de l'univers après tout et, par dessus le marché, l'univers avait besoin de nous, alors autant ne pas se disperser (Ma spécialité... Penser à tout sauf à l'instant présent, pas bien, pas bien du tout...).

Nous nous étions posés juste devant l'église. Mais que devions nous y faire ? Je n'en avais pas la moindre idée. Et comme par hasard, la chose qui m'impressionna le plus, ce ne fut en rien ce ciel orange et l'absence « très inhabituelle » de « touristes », ce fut plus l'impression de hauteur qui se dégagea de l'édifice une fois à l'intérieur. Comme quoi on ne se refait pas. J'ai toujours eu une drôle de sensation de vertige à l'intérieur des édifices hauts de plafond... Je ne peux rien y faire, c'est ainsi, mais je me soigne... Enfin, façon de parler. Ça ne m'a jamais empêché d'entrer dans des bâtiments comme celui-ci. Pourtant, cette fois-ci, l'église me sembla particulièrement impressionnante... Certainement était-ce du à toute cette incroyable aventure qui ne faisait que commencer.

Une fois au centre de la nef, et à ma grande surprise (oui, le Docteur est décidément un homme plein de surprises ! ), nous nous divisâmes en deux groupes pour apprécier plus efficacement l'importance de ce lieu. Mais comme je commençais à le sentir depuis quelques temps, rien ne se dévoila à nous, même après plusieurs minutes d'intense inspection. L'église était tout simplement sublime mais rien d'intéressant ne se démarquait quant à cette attaque extraterrestre.

Je me décidais donc à proposer au Docteur mon idée sur le côté panneau indicateur de Saint Eustache. Ce à quoi je ne m'étais pas attendue, c'était, premièrement au bruit sourd et ronflant qui venait de se faire entendre en même temps que mes mots et surtout, secondement, la totale acceptation de ma proposition par le Docteur. Et une nouvelle fois, la vague de « l'effet Docteur » se rappela à moi. « Effet Docteur » qui peut rapidement s'inverser si jamais il vous vient l'idée de le décevoir... My, j'espère ne jamais avoir à le décevoir... Tout du moins pas volontairement. Cela ne me viendrait jamais à l'idée de faire quelque chose pour lui déplaire. N'est’il pas l'incarnation du sauveur de l'univers ? Pourquoi donc du haut de ma si simple existence, vouloir le perturber dans son si précieux travail. L'aider semble la seule chose acceptable à faire ! Sans oublier que si vous le cherchez, de son regard de 900 et quelques années, il peut vous faire vous sentir plus petite qu'une fourmi, vulnérable et sans la moindre défense face à la colère du dernier des Seigneurs du Temps.

Mais passons et revenons au moteur de machine à laver... Enfin, je veux dire au mutant lupok'hilax. La pauvre créature nous força comme vous l'avez vu à appliquer la fameuse méthode du « Run for your life ! ». Je m'étais attendue à ce que ce moment advienne. Et je dois aussi vous avouer que mon corps de non-athlète niveau 0 n'était pas le plus aguerri pour ce genre de course folle. Pourtant, l'adrénaline aidant, je n'ai jamais autant eu la sensation de voir mes jambes courir sans l'aide de mon cerveau... A part peut être... Mais ce n'est pas encore le moment d'en parler... Quoi qu'il en soit, mon cerveau était partagé entre une sensation de terreur extrême et une euphorie grisante. Je me sentais étrangement bien.

Par contre, pour ce qui est de la créature, je ne saurais dire si ce fut l'expression du Docteur en posant son regard sur elle ou son allure rapiécée, mais je ne pus m’empêcher de sentir mon cœur se serrer à sa vue. Non pas parce qu'elle était monstrueuse. Non. Mais parce que j'avais compris ce qu'elle était à la seconde même où je l'aperçu. L'une des premières victimes de ces extraterrestres. Et si ses dents acérées et ses griffes dressées ne cessaient de bouger dans notre direction, il y avait dans ses yeux un air de chaton apeuré.

à suivre...






Citation:



De retour dans l'enceinte protectrice du Tardis, le Docteur déplaça rapidement la boite bleue loin de la créature. Pendant ce temps, ses passagers retirèrent temporairement leur attirail respiratoire.

Enfin, le Docteur passa à nouveau en revue ce que le circuit imprimé proposait pour la visite guidée. Il se souvenait d'avoir repéré la couronne de Louis XV, qui, comme Jenny l'avait précisé, se trouvait au Louvre. D'où le fait qu'il se soit précisément posé juste à côté de la pyramide du musée. Pas suffisamment loin de la créature des sous-terrains à son goût mais pas le temps de penser à ce genre de choses.

« Bien, nous savons que ce qui se trouve sur cet écran va nous permettre d'éliminer la menace Lupok'hilax... Mais maintenant, reste à savoir en quoi ces éléments apporteront leur pierre à l'édifice de ce nouveau sauvetage de l'humanité ! » Commença le Docteur.

Sur l’écran s'afficha toute une série d'images diverses et variées. Aucun lien ne semblait pouvoir les lier. Pourtant, il y en avait bel et bien un. Le Docteur mit le doigt dessus assez rapidement, restant cependant dans l'expectative concernant une peinture à la fois peu conventionnelle et totalement inconnue. Chaussant sa paire de lunettes, il s'approcha de l'écran :

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » Murmura-t-il.

« On dirait de l'ancien art moderne. » Fit Rose.

« Ce qui veut absolument rien dire... Lança Aurélie en riant. N’empêche... Je n'ai jamais vu une œuvre pareille, qu'est-ce que ça représente ? »

« Pas la moindre idée... Enfin, ce n'est pas un style qu'on voit tous les jours... »

« Docteur... J'ai peut être une idée... Mais c'est vraiment farfelu. » Expliqua Jenny.

« Oh mais j'aime le farfelu ! Je t'écoute, tu as toute mon attention ! »

« Et si ce tableau était un plan ? »

« Quoi ? » S'étonna Mickey.

« Oh... Mais... Ooooh... » S’exclama le Docteur.

Il s'approcha encore plus de l'écran jusqu'à pratiquement poser le nez dessus.

« Oooh, mais oui... Mais oui... Je me disais bien que... Oooh mais c'est incroyable... »

« Docteur, ce ne sont que des carrés, des rectangles et des ronds ! » Fit Mickey.

« Et je pense effectivement qu'il s'agit d'un plan ! »

« Et qu'est-ce que ce plan est censé représenter ? » Demanda le garçon.

« Oh... Oh... C'est pas vrai... » Lança Aurélie.

« Je crois que nous avons une gagnante dans la salle ! » S'écria Jenny.

« Dites-moi, que voyez-vous ? » Demanda le Docteur à la jeune femme.

« C'est incroyable...C'est un plan de Paris ! Enfin, une partie de Paris. C'est incroyable. Sur la même ligne verticale, là, ces rectangles, le bleu c'est pour le Louvre, l'Arc de Triomphe est en mauve. Et là, ces longs rectangles verticaux, ce sont les Champs Élysées et les Tuileries. Ce rond rouge au centre, c'est la place de la Concorde, avec en son centre, l’Obélisque, et à sa gauche, en vert et sa droite, en rose, ce sont l'Assemblée Nationale et l'église de la Madeleine. »

Le Docteur écouta Aurélie sans la couper, l'air particulièrement intéressé et impressionné. Lorsqu'elle eut fini, il reprit la parole.

« C'est exactement ce que je pense aussi ! Et il s'agit donc bel et bien d'un plan... Sauf que le style alambiqué de l’œuvre, sans parler de cette peinture utilisée pour le vert de l'Assemblée Nationale prouve qu'il ne s'agit pas du tout d'une œuvre moderne. Elle remonte au minimum au 18ème siècle. Et de ce fait, la majorité de ces monuments n’existaient même pas à l'état de probabilités... Je ne parle même pas de ce carré qui dans cet ordre d'idée marque l'emplacement de la pyramide du Louvre. »

« Je ne savais pas que tu t'y connaissais autant en peinture Docteur ? » Lança Jenny.

« Tu es loin de savoir tout de moi, petite coquine ! Fit-il de son sourire taquin. Quoi qu'il en soit, nous avons à présent un plan... Sans mauvais jeu de mot. Je pense qu'il s'agit là de l'organisation de notre défense anti-Lupok'hilax. Et... Oh mais oui, pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt... La pointe de l'Obélisque est dorée à l'or fin, c'est bien ça ? » Demanda-le Docteur en pointant Aurélie du doigt.

Elle hocha la tête en signe d’affirmation.

« Et si ce n'était pas de l'or ! Et si c'était du Lupianum ! » Continua-il en pointant toujours la jeune femme.

« Du quoi ? » Demanda Aurélie étonnée.

« La kryptonite des Lupok'hilax voyons... Sauf qu'il s'agit d'un métal, pas d'une pierre, et qu'il ressemble comme deux gouttes d'eau à de l'or, et pas à une émeraude luminescente ! » Expliqua le Docteur.

« Docteur ! Lui rappela Rose, on est pressé ! »

« Euh... Oui, pardon... Bon... Nous savons déjà ce que nous allons devoir faire... Maintenant, il va nous falloir trouver les activateurs de ce mécanisme. »

« La couronne est importante, vous ne pensez pas Docteur ? » Demanda Aurélie.

« Oh oui, elle l'est... Mais dans ce cas, si elle est si primordiale, sachant qu'elle se trouve au Louvre... Pourquoi nous montrer ça ? »

Il montra l'écran sur lequel se trouvait une cheminée loin de leur être inconnue.





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Journal improbable, dimanche 8 juillet 2012

Ouf, première course, et pas de bobos... Grandement soulagée j'étais.

Mais passons cela et reprenons avec cette phase de recherche. Il n'y a pas grand chose à dire de cette réflexion à bord du Tardis, si ce n'est que, ne soyez pas trop dur avec moi, je vous en prie, mais... Si ce n'est que j'ai trouvé cette phase assez... Longue.

J'avais toujours pensé que le point le plus important était d'aller vite. Et autant j'avais trouvé que la découverte du circuit imprimé avait été rapide, autant j'ai pu trouver cette phase de réflexion presque interminable. Et je compris subitement que réfléchir posément avant de foncer était certainement la meilleure des idées. À quoi bon courir en tout sens si cela ne nous mène à rien. Ce n'est pas perdre du temps que de rester cinq minutes à se creuser les méninges, même si le temps nous est visiblement compté. La recherche concrète n'en sera que plus rapide et plus précise.

Je pense que je pourrais cependant ajouter qu'une fois de plus, et cette fois, j'ai pu l'apprécier au moment où cela se produisait, le Docteur sembla stupéfait et heureux de voir que j'avais réussi à déchiffrer ce plan.

Certes, je connaissais Paris, et en particulier ces lieux touristiques majeurs, mais réussir à repérer une corrélation aussi pointue entre un tableau du 18ème siècle (enfin, d'après le Docteur) et un plan de notre bon vieux 21ème siècle – encore du Timey Wimey dans l'air – ça n'était pas ce que je pourrais appeler un jeu d'enfants.

Quoi qu'il en soit, entendre le Docteur partir dans ses extrapolations lyriques est toujours un moment magique. Dans la série, j'ai toujours eu la sensation de pouvoir rester, immobile, accrochée à ses lèvres, et que même si la fin du monde devait arriver, que je n'arriverais toujours pas à m'en détacher. Eh bien, vous savez quoi ? C'est la vérité. Il a réellement ce don, il est réellement comme ça. Il sait rendre la moindre petite chose particulièrement intéressante, et quand il en prend la peine (je dois avouer que ce n'est pas toujours le cas), il trouve les mots exacts pour vous faire comprendre la situation avec une facilité alarmante... Et, par dessus le marché, vous l'avouerez, qui aurait cru que le Docteur était un Geek en puissance qui connaissait tout de Superman (Bon, de toute manière, je m'en moque, j'ai déjà trouvé mon super héros, et la meilleure, c'est qu'il porte le costume rayé avec une élégance hors du commun ! )

Je terminerai en affirmant que cette phase de repos physique fut particulièrement bienvenue en repensant à ce que la suite des événements allait nous réserver.

à suivre...





Citation:



Passant pour l'instant sur cette vision de la cheminée, le Docteur lança :

« Remettez votre attirail ! »

Et, vérifiant la qualité de l'air, il ajouta :

« Et il serait bon d'adapter vos réserves d'oxygène cette fois-ci, la phase terminale a démarré ! »

« Qu'allons nous faire, Doc ? »

« Commencer par la couronne, puisque nous sommes sur place ! »

Chacun plaça le masque sur son visage et y adapta la réserve d'oxygène. Rose et Mickey passèrent un harnais pour les porter mais Jenny décida de placer la sienne directement dans son sac à dos pour plus de confort. Aurélie, trouvant l'idée maline, retira le sien, s’accroupit avant de l'ouvrir... Et se retrouva bouche bée.

Remarquant l'étonnement de sa nouvelle compagne, le Docteur s'approcha d'elle :

« Que se passe-t-il ? » Demanda-il gentiment en posant sa main sur son épaule.

« Euh... Rien, enfin... Non, ce n'est pas important... » Fit-elle en secouant la tête.

« Qu'est-ce qui n'est pas important ? » Demanda-il en souriant.

« J'étais... Je venais de faire quelques courses avant de vous rencontrer et... Elles ne sont plus là... »

« Oh... Je vois... Des courses un dimanche après-midi à Nancy... »

Aurélie ne répondit rien dans l'immédiat, pensive. Le Docteur la regarda placer la réserve dans le sac et le mettre sur son dos, le regard concentré.

« Docteur, serais-je en train de devenir folle ? » Finit-elle par demander.

« Peut-être bien ! Fit-il avec humour. Est-ce vraiment un problème ? » Ajouta-il enfin dans un sourire complice.

« Je suppose que non... » Lui répondit Aurélie en souriant elle aussi.

« Dans ce cas, viendra le temps où nous tenterons d'expliquer cette folie... Mais pour l'instant, allons-y ! »

Ils se trouvaient à deux pas de la pyramide, luisant comme une pierre précieuse sous l'effet du ciel orangé. Le Docteur s'élança en direction de l'entrée vitrée et descendit rapidement les marches menant en dessous de l'architecture de verre.


                
« Bien, surveillez bien ce capteur, s'il passe au dessous de 10%, ouvrez immédiatement votre oxygène, c'est bien compris ! » Lança le Docteur.

Tous acquiescèrent mais Mickey ajouta :

« Et vous, pourquoi vous n'en portez-pas ? »

« Pas vraiment utile, je suis beaucoup plus résistant que vous ! »

« Oh... Oui, je vois ! » Répondit Mickey.

« Oh non, Mickey, vous ne voyez absolument pas, croyez-moi ! Mais peu importe... Jenny, la couronne ? » Demanda-il l'air grave.

« C'est facile, il suffit de suivre la Joconde, la salle de la couronne n'en n'est pas très loin ! »

« Très bien, alors, que la visite guidée commence ! S'écria le Docteur sur un ton beaucoup plus enjoué avant d'ajouter : « Et restez sur vos gardes, j'ai comme la sensation que nous ne sommes pas vraiment seuls dans le coin... »

Jenny s'engagea la première, collée de près par le Docteur et des trois autres touristes spéciaux- spatiaux !

Ils venaient de gravir une première vague de marches menant à l'aile Denon quand le Docteur se tourna alors vers Aurélie et demanda tout en marchant:

« Vous voulez bien me passer votre téléphone ? »

La jeune femme lui tendit immédiatement. Sortant son tournevis, il soniqua l'appareil quelques secondes et le lui rendit :

« Voilà... Au cas où nous serions séparés, vous pourrez toujours nous contacter. Et j'ai intégré le numéro de Rose en cas de besoin... »

Aurélie le regarda, étonnée :

« Oh... Et oui, vous n'aurez plus jamais aucun problème de connexion, où que vous soyez ! »

Le Docteur devina le sourire d'Aurélie derrière son masque en le rangeant dans sa poche :

« Mais de rien, je vous en prie ! » Lui répondit le Docteur, sachant très bien ce qui lui traversait la tête.
Ils grimpèrent une nouvelle volée de marches et s'arrêtèrent au premier étage. Ils s’apprêtaient à traverser une pièce aux peintures connues dans le monde entier. Leurs pas résonnaient sur le parquet craquant de l'immense salle.


« Oooh Napoléon... S'écria le Docteur en apercevant l'immense tableau du Couronnement. Je l'ai rencontré une paire de fois... Pas dénué d'humour le petit gars, en tout cas, en ce qui concernait sa taille... Mais bon, il ne fallait pas lui chercher des poux dans la tête... Vous ne devinerez jamais pourquoi il tenait sa main dans sa veste de cette façon... Oh non, vous ne le devinerez jamais ! Mais, n'empêche, sans lui, Londres n'aurait pas sa belle place de Trafalgar Square... Ah ! Si il avait su ! » Le Docteur essayait de détendre l'atmosphère. Il avait senti une certaine tension s'emparer de ses compagnons et savait qu'ils n'étaient pas forcément au meilleur de leurs capacités dans cet état.

Ils sortirent de la salle et s'arrêtèrent un instant devant la porte menant à la Joconde.

« C'est peut être notre seul espoir de la voir de près sans une foule d’innombrables touristes ! » Lança Jenny.

Aurélie pouffa dans son masque.

« Ne m'en parle pas, je me souviens de ce voyage de fin d'année... » Ajouta Rose.

Cependant, disant cela, chacun savait qu'ils n'étaient pas l'heure de s'amuser et de jouer les amateurs d'art.

Jenny accéléra le pas vers la galerie d'Apollon. Le Docteur ne la lâchait pas, mais semblait néanmoins plus souple. Elle s'arrêta devant la vitrine au nom bien évocateur « Des Diamants ». En son centre trônait la couronne fabriquée à l'occasion du couronnement du nouveau roi Louis XV. Celle-ci ne devait être portée qu'une seule fois.


                
« Oh nooon ! » S'écria Jenny avec une moue désolée.

« Quoi ? » Demanda le Docteur.

« On a fait tout ça pour rien.... La couronne... Elle n'a plus une seule pierre d'origine, elle... Oh non ! » Recommença-elle en se tapant le front.

Sans dire un mot, le Docteur sortit son tournevis et ouvrit délicatement la vitrine. Attrapant avec le plus grand soin la couronne, il l'inspecta avec attention sans ajouter une seule parole.

Chacun retenait son souffle, seule la petite Jenny affichait une mine dépitée... Jusqu'à ce que deux pierres s'illuminent d'un éclat singulier et qu'un sourire lumineux s'affiche sur le visage du Docteur.

« Doc ? » Lança Jenny, excitée.

« Cristaux d’activation ! Cria le Docteur. Sa voix résonna dans toute l'aile du musée. Deux cristaux d'activation ! Et non pas un pseudo rubis et un pseudo saphir ! »

« Ce qui veut dire ? » Demanda Rose.

« Que notre puzzle est en train de prendre forme... Et que nous pourrons activer l'appareil anti-Lupok'hilax ! »

« Mais pas avec seulement deux cristaux, n'est-ce pas Docteur ? » Demanda Aurélie.

« En effet, je suppose fortement qu'il nous en faudra quatre. Et il va nous falloir trouver l'endroit sur lequel les apposer ! » Expliqua-t-il en désincrustant les deux morceaux de cristal de la couronne. Il ajouta :

« Ces cristaux seront à appliquer sur les éléments activateurs créés dans chaque lieu montré sur le plan : Le Louvre, l'Assemblée Nationale, L'arc de Triomphe et l'église de la Madeleine ! Une fois en place, ils activeront l’Obélisque, qui projettera son faisceau en direction du dôme et le désactivera... Enfin, c'est la procédure habituelle ! »

« Je sens que nous allons encore devoir nous séparer ! » Lança Jenny avec un soupçon d'ironie.

« Oh... Non, toi, tu restes avec moi ! Nous sommes cinq, quatre lieux, je ne te quitte pas d'une semelle, c'est compris ! »

« D'accord ! » Répondit la petite d’un air faussement boudeur.

Quand un craquement désagréable les fit tous les cinq sursauter.





Citation:



Journal improbable, dimanche 8 juillet 2012

Je dois vous avouer que sur le coup, j'ai vraiment cru que ma tête ne tournait plus rond... Aujourd'hui, je sais – en partie, très petite partie – les raisons de cette perturbation. Mais, franchement, aller faire des courses un dimanche après midi... Et ce sac vide, j'ai bien cru que j'étais bonne pour l'asile. Pourtant, la façon dont le Docteur accepta cette découverte me stupéfia complètement.

Le fait que je pense que je sois cinglée ne le dérangea en rien et, qui plus est, il arborait cet air que j'avais pu voir à de si nombreuses reprises à la télé et qui semblait me dire avec humour : « Hey ! Moi je sais ! ». Oui, je me doutais qu’il avait compris quelque chose. Mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Comment avais-je pu décider d'agir de manière aussi incongrue ? Et maintenant que j'y pense, jamais je n'aurais été faire un tour sans ma Tatie. Nous faisons tout ensemble, alors pourquoi serais-je partie faire mon tour toute seule ? Je pris pourtant la décision de ne pas m'empêtrer dans ces réflexions sans intérêts pour le moment. Le Docteur m'avait promis d'y chercher une réponse plus tard, ce qui, de façon assez déconcertante, me rassurait.

Et il serait plus judicieux de passer au gros moment de ce passage, à savoir l'amélioration ultime de mon téléphone. Jamais je n'aurais pensé que cela puisse se faire aussi vite dans l'histoire... Enfin, quand je dis dans l'histoire, vous comprenez ce que je veux dire, dans cette aventure. Jamais , autant que je m'en souvienne, le Docteur n'avait modifié si rapidement un téléphone pour qui que ce soit au cours de la série. Même pour Rose, cela avait pris au moins un épisode (ça me fait décidément bizarre de parler en termes d'épisodes).

Mais parlons un peu technique. Je m'étais toujours demandé comment cela marchait, et si, par le plus grand des hasards, un téléphone comme celui-ci demandait encore l'achat d'un forfait (Eh oui, parfois, je suis un peu terre à terre, mais je vous rassure tout de suite, pas souvent !). Eh bien, je peux aujourd'hui vous affirmer que ce n'est plus nécessaire. Comme quoi rencontrer le Docteur peut vous faire faire quelques menues économies... Parce que, comment dire, le téléphone fonctionne à présent... De manière... Intuitive, oui, je dirais ça, intuitive. Si vous avez envie de téléphoner à quelqu'un, il vous suffit de composer le numéro et vous le contactez immédiatement, sans aucun problème. Mais si, par hasard, vous n'avez plus envie de parler à cette personne, le téléphone bloque de lui-même le numéro de cette personne. Il peut même lui arriver de se couper au nez d'un interlocuteur envahissant. Mais attention, qu'il ne vous prenne pas l'idée d'en abuser. Il comprendra, ne me demandez pas comment, que vous usez à outrance d'une technologie qui doit être considérée comme un cadeau, un présent de grande valeur qu'il faut respecter. J'ai pu m'en rendre compte le jour où un ami l'a accaparé pour téléphoner sans ma permission... Mémorable. Par contre, peu importe le moment, si vous avez vraiment besoin de contacter quelqu'un, vous y parviendrez ! D'autant plus facilement si cette personne vous tiens particulièrement à cœur. Par contre, je dois vous avouer que je n'ai pas encore eu le courage de contacter le Docteur. Je me doute que cela serait possible, en appelant Rose par exemple, mais je ne voudrais pas l'embêter en plein sauvetage de la planète Zicornia 3. C'est mon problème avec le téléphone, j'ai toujours peur de déranger. Mais ne vous en faites pas, si jamais la fin du monde venait à pointer le bout de son nez devant ma fenêtre, à ce moment-là, je ne me gênerais pas de le contacter, pour le bien de tous !

Je vais finir ce petit passage en vous parlant du Louvre. My, ça faisait des siècles que je n'y étais pas revenue (pardon, quand je dis des siècles, c'est une façon de parler hein, disons que ça faisait quoi, oh oui, bien 10 ans !). Jamais je n'aurais pu imaginer y revenir de cette manière. Certes, j'ai toujours aimé l'art et refaire une visite de ce musée entrait dans la catégorie de mes rêves accessibles. À savoir que rencontrer le Docteur autrement que lors d'une convention de Geeks entrait dans la catégorie de mes rêves non accessibles, comme quoi...

Sur ce, je vais laisser là mes élucubrations à propos de toutes ces impressions nouvelles et incroyables afin de vous laisser profiter pleinement de la grande scène d'action.

à suivre...





Citation:



Tous s'étaient arrêtés de bouger. Tous s'étaient arrêtés de respirer. Le bruit continua quelques instants, plus proche et plus désagréable. Ils savaient que s'ils restaient là, ils ne pourraient plus fuir, ils seraient piégés comme des rats. Non pas que la fuite soit dans leurs habitudes, mais pour le coup, la situation nécessitait la présence de tous ! Il leur fallait retourner au Tardis, et tout de suite, et en un seul morceau.

Comme le bruit venait de cesser, le Docteur tendit les cristaux à Jenny et s’approcha précautionneusement de l'entrée de la salle. Il inspecta silencieusement sa gauche et sa droite. Rien. Pas de mouvement, plus de bruit. Il se retourna, faisant signe à ses compagnons de s'approcher. Ils arrivèrent tous en silence.

Le Docteur fit un premier pas dans la minuscule salle qui reliait les différentes pièces.

Et se retrouva projeté au sol sans qu'il n’ait eu le temps de voir quoi que ce soit. Mickey et Rose se précipitèrent vers lui et furent à leur tour envoyés au tapis sans avoir eu plus le temps de réagir. Jenny et Aurélie, qui se trouvaient encore dans la galerie Apollon, virent deux grandes lanières luisantes brasser l'air de la petite salle. Jenny voulu se précipiter vers le Docteur à terre. Mais, remarquant l'expression sans équivoque du Seigneur du Temps qui désirait les voir rester où elles étaient, Aurélie agrippa la petite et la plaqua contre le mur pour l'empêcher de plonger tête baissée vers le danger.

Le Docteur tenta de se relever mais fut projeté à terre une seconde fois. Levant la tête, Aurélie et Jenny aperçurent au plafond une créature de cauchemar aux deux appendices agiles comme des tentacules de pieuvre. Mais en y prêtant plus attention, elles remarquèrent avec horreur que celle-ci avait une allure particulièrement humanoïde. Elle se déplaçait au plafond avec souplesse et rapidité et semblait anticiper les mouvements de ses victimes.

Jetant un œil au Docteur, Aurélie remarqua qu'il venait de décider de pratiquer la technique du « ventre à terre » au sens propre du terme. Il rampait rapidement en restant à distance des bras de la pieuvre humaine. Rose opta pour la même idée mais Mickey, décidant de se relever un peu trop tôt fit un nouveau vol-plané qui par chance l'éloigna passablement de la chose. Tout en imposant à Jenny de rester calme, Aurélie aperçu le Docteur en train de se redresser au centre de la salle où se trouvait des pièces telles que le Sacre de Napoléon et Le radeau de la Méduse. D'un geste vif de la main, il leur fit signe de s’éloigner le plus possible de la bête, même si cela voulait dire s'éloigner aussi de lui. Car la créature avait décidé qui seraient ses proies principales : Le Docteur debout qui faisait tout pour attirer son attention en criant ainsi que Rose qui aidait Mickey à se remettre sur ses pieds. Si les filles filaient dans le sens inverse, elles ne le remarqueraient pas et seraient à l'abri.

« Viens Jenny, viens avec moi ! » Murmura Aurélie en tirant la petite vers elle.

« Mais... Et le Docteur ?! » Supplia Jenny.

« C'est ce qu'il veut ! Il sait ce qu'il fait ! Viens par là, il nous retrouvera ! »

Jenny jeta un œil au Docteur et accepta de suivre Aurélie. Courbée en deux, elles se faufilèrent en silence, observant le Docteur attirer la créature vers lui.

L'hybride ne les aperçu pas... Jusqu'au moment où des sonneries stridentes se mirent à résonner dans les couloirs du musée. Il se tourna vers Jenny et Aurélie puis vers Mickey et Rose, n'arrivant apparemment pas à se décider.

« C'est l'alarme des 10%, allumez votre réserve d’oxygène! Cria le Docteur aussi fort qu'il put tout en agitant les bras pour attirer l'attention de la créature avant de s'adresser directement à elle. Eh toi, viens par là, oui... Par là, c'est moi que tu cherches et tu le sais... Votre réserve, appuyez sur le bouton vert et filez ! »

A ces mots, il se précipita à toutes jambes, reprenant le chemin qu'ils avaient déjà emprunté en sens inverse. La bête ne se fit pas prier et choisi la proie la plus visible, la plus bruyante, en un mot, la plus remarquable ! Rose et Mickey, qui venaient d'appuyer sur leur bouton vert, se ruèrent à la suite du Docteur, direction le Tardis.

Dans le sens inverse, Jenny et Aurélie s'étaient mises à courir, s’éloignant un peu plus à chaque pas de la créature mais aussi du Docteur.

Lorsqu'elles estimèrent qu'elles étaient assez loin et suffisamment en sécurité, elles se posèrent un instant, s'assirent contre un mur, à bout de souffle, et ouvrirent enfin leur réserve d'oxygène.

« Ton téléphone ! Chuchota soudain Jenny. Vite décroche ! »

Le générique de la série s'était mis à résonner dans les pièces royales, ce qui risquait d'attirer la créature à elles.

« Aurélie ? » Appela une voix essoufflée.

« Docteur ! »

« Vous allez bien ? » Demanda-il. Le ton de sa voix révélait une bonne dose d'anxiété.

« Oui Docteur, nous allons bien toutes les deux... Et vous ? »

« Oui. Nous sommes dans le Tardis, tous les trois... L'hybride est à l'extérieur, nous avons condamné la porte de la pyramide. Il ne doit plus être capable d'entrer... Pour le moment. Dites-moi où vous êtes, que je vienne vous chercher... »

Jenny attrapa le téléphone des mains d'Aurélie qui n'eut pas le temps de protester.

« Docteur, j'ai toujours les cristaux ! »

« C'est très bien ! Maintenant, dis-moi où vous êtes ! »

« Non, Docteur, tu ne comprends pas... Vous êtes à bord du Tardis, alors allez chercher les autres cristaux, vous reviendrez nous récupérer après ! Je ne suis pas toute seule, Aurélie est avec moi, ajouta-elle en faisant un clin d’œil à sa nouvelle amie. Vous le savez, vous devez aller à Versailles, alors, maintenant, c'est à vous de filer ! Nous vous attendrons au niveau de la pyramide ! »

Le Docteur resta muet un instant, ce qui commençait à devenir une habitude lorsqu'il savait que Jenny lui imposait une vérité qu'il ne pouvait réfuter. Après quelques secondes, il répondit enfin :

« Très bien, on fait comme ça. Nous n'avons absolument plus de temps à perdre. Maintenant que le niveau d'oxygène a baissé à ce point, il ne nous reste pas plus d'une heure avant... Nous devons agir vite !  »

« Doc ! Arrête! Nous allons y arriver ! En cas de contretemps, on se téléphone ! Vive la technologie bien terrienne ! »

« Faites attention à vous ! » Souffla le Docteur.

« On va prendre soin l'une de l'autre, Docteur, ne vous en faites pas ! » Dit Aurélie à côté du téléphone.

« Vous aussi, faites attention à vous ! » Lança Jenny avant de raccrocher.

« Si je ne coupe pas, il va être incapable de le faire lui-même ! » Fit Jenny d'un faux air désolé.





Citation:



« Alors ? » Demanda Rose tandis qu'elle retirait son masque.

« Elles sont en sécurité ! »

Le Docteur et ses deux comparses étaient parvenus à entrer dans l'enceinte protectrice du Tardis sans heurts ni violence. Puisque l'étrange créature à l'apparence humanoïde particulièrement dérangeante s'était permise de les suivre jusqu'à l'extérieur du musée, le Docteur en avait profité pour la bloquer à l'extérieur, réaction un peu étrange dans une situation classique, mais pas cette fois-ci !

« Et maintenant ? » Demanda Rose.

« Nous allons à Versailles ! »

« Encore ? » Lança Mickey sans le vouloir.

« Oui, encore ! La cheminée n'est pas apparue pour rien ! Il nous manque encore deux cristaux et j'ai comme une petite idée de l'endroit où nous allons les trouver. Que dites- vous des appartements de Reinette ? Oh j'espère qu'ils sont dans les appartements de Reinette... »

« Ils doivent y être Docteur, sinon, pourquoi la photo ! » Le rassura Rose.

« Et Jenny ? » Demanda Mickey.

« On retrouve les filles dès que nous auront mis la main sur les activateurs, ensuite, eh bien... Il ne restera plus qu'à trouver les emplacements où les apposer et le tour sera joué, enfin, vous voyez... » Expliqua le Docteur en mettant rapidement le Tardis en route.

« Les filles ? » S'étonna le jeune homme.

« Comment voulez-vous que je les appelle ? Les garçons ? » Lança le Docteur en se tortillant autour des commandes.

Mickey ne répondit rien mais conserva néanmoins une moue étonnée vis à vis de ce qu'il décrivait comme un nouveau comportement étrange de la part du Docteur. Intégrer ainsi aussi facilement une « nouvelle recrue » avait le don de le dérouter, pour ne pas dire de l’embarrasser. À moins, admit-il, que ce ne soit que parce que lui-même avait la désagréable impression de demeurer le « chien de fer » alors qu'une parfaite inconnue semblait prendre une place beaucoup plus importante aux yeux du Docteur. Il refoula cette impression lorsqu'il sentit le vaisseau toucher terre.

Ils sortirent et se trouvèrent immédiatement dans une salle qu'ils connaissaient bien pour l'avoir visitée quelques heures plus tôt. Cependant, de bien nombreuses modifications avaient été apportées au lieu en 250 ans. Néanmoins, l'élément important, la cheminée, demeurait présente, monument inébranlable face au temps. Sans vraiment se concerter, chacun se mit à inspecter le lieu avec attention, vérifiant tout d'abord les abords de la cheminée avant de s'écarter. Le Docteur avait comme à son habitude sortit son tournevis mais, à son étonnement, remarqua bien vite que celui-ci semblait avoir des ratés.

« Hey, qu'est-ce que tu me fais... Hein ? » Lança-t-il à l'objet d’une voix aiguë en lui tapotant légèrement dessus.

Pour toute réponse, il n'eut droit qu'à un grésillement irrégulier qui sembla s'intensifier lorsqu'il le dirigea vers la porte attenante. S'approchant de celle-ci, le son augmenta encore, grimpa encore d'un niveau lorsqu'il entra dans la pièce suivante et atteint son paroxysme lorsque le Docteur se posta face à une coiffeuse en marqueterie avant de s'arrêter subitement.

« Oh ! » Fut la seule chose qu'il réussit à sortir.

Il appuya à nouveau sur le tournevis qui cette fois-ci grésilla comme à son habitude. Ce qui eu pour effet de débloquer un compartiment caché sous le meuble en bois.

« Un jeu d'enfant ! » Lança Rose qui avait suivit silencieusement le Docteur.

Il lui sourit :

« Peut- être un peu trop facile, vous ne trouvez pas ? » Ajouta-il en faisant glisser la plaque en bois jusqu'à lui.

En sorti un petit bout de papier. Cela ressemblait une fois de plus à une chasse au trésor.

« Poussez votre réflexion dans ses retranchements. Qu'elle devienne le reflet de votre propre personnalité et la lumière se fera sous votre propre nez ! » Lu le Docteur.

« Quoi ? » Demanda Rose.

« C'est ce qui est écrit ! » Expliqua le Docteur l'air étonné et excité.

« Quoi ? Qu'est- ce que vous racontez ? » Lança Mickey encore dans l'autre pièce.

« Ohhh attendez ! S'écria subitement Rose, coupant la réflexion qu'allait lancer le Docteur.





Citation:



« Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » Demanda Jenny, sachant pertinemment que sa question était purement rhétorique.
« On retourne à la pyramide, comme on l'a dit au Docteur ! Ils ne devraient pas mettre trop de temps à revenir, surtout qu'ils n'en n'ont pas ! Peut-être même seront-ils là-bas avant nous ! » Répondit Aurélie.
« Gauche ou droite ? » Demanda alors Jenny.
Gauche voulait dire s'éloigner de la pyramide, droite, retourner sur leurs pas par un chemin qu'elles savaient sûr grâce aux bons soins du Docteur. Mais avant même qu'Aurélie n'ait eu le temps de répondre, Jenny lança :
« Gauche ! J'ai quelque chose à te montrer, et on n'est pas très loin. Ça ne prendra que deux minutes ! »
« Jenny, écoute, je serais ravie de visiter le musée, mais ce n'est peut être pas une bonne idée de jouer les touristes pour le moment ! »
« Oh... Non, non, ce n'est pas ça, et ça va te plaire, tu vas voir ! »
« 2 minutes ?! » Dit Aurélie sur un ton à mi chemin entre l'affirmation et la question.
« Pas une de plus, promis ! » Affirma Jenny.
« Bon, d'accord, alors dépêchons nous ! »
Les filles s'enfoncèrent au pas de course vers le cœur du musée, direction l'immense collection égyptienne.
« Normal de se diriger vers l’Égypte pour retourner à la pyramide ! » S’esclaffa Jenny.
Le musée avait retrouvé son silence de mort, ce qui rendait chaque œuvre encore plus impressionnante. La petite fille tentait, avec un certain succès, de détendre l'atmosphère.
« Là ! » S'écria soudain Jenny, faisant sursauter Aurélie. Elles venaient de traverser trois salles.
« Une horloge ? » S'étonna Aurélie.
L'objet n'entrait même pas dans une quelconque collection. Elle n'était là que pour la décoration.
« C'est dans cette horloge que j'ai trouvé, il n'y a pas trois heures de ça, un message du Docteur dont il n'avait même pas connaissance. Un message me demandant de me rendre à la Défense, où je l'y ai retrouvé... Tu sais ce que ça veut dire, hein ! J'ai cru comprendre que tu étais friande de Timey Wimey. En voilà un beau, tu ne trouves pas ! »
Aurélie resta muette de stupeur. Oh oui, il était beau, ça elle ne pouvait le nier ! Incroyable même ! Parce qu'il signifiait que le Docteur lui-même avait pris la décision de faire en sorte que les choses se passent de cette manière et non d'une autre. De ce fait, il agissait sur les événements, ce qui était directement en opposition avec les lois qui régissaient les actions de son propre peuple. Elle ne doutait pas qu'il devait avoir ses raisons, mais cela n'en demeurait pas moins étonnant.
« Bon, maintenant, pyramide ! Fit Jenny avec une bonne dose d’enthousiasme. Ça sera sûrement plus rapide par là, adieu l’Égypte, bonjour la Grèce ! »
Elle attrapa la main d'Aurélie, coupant le cours de ses réflexions étonnées. Elle la guidait vers l'artère centrale du musée.
« C'est bien la première fois que je cours dans un musée... Lança Aurélie. Les statues doivent nous prendre pour des cinglées ! »
« Je n'en doute pas ! » Fit Jenny en descendant une volée de marches qui les conduisirent juste à côté de la Victoire de Samothrace.
En un instant, elles se retrouvèrent au rez-de-chaussée, à seulement quelques enjambées de l'entrée principale.
« Hey, on va pouvoir aller serrer la main à la Venus de Milo !' S'écria Jenny en apercevant une pancarte indiquant son emplacement.
« Et faire un clin d'œil à la Victoire de Samothrace ! » Ajouta Aurélie en pointant du doigt l'imposante statue dans son dos.
Elles rirent aux éclats – étouffés par leurs masques – à ces blagues faciles qui eurent cependant le don de bien détendre l'atmosphère. Particulièrement après qu'elles aient pu apercevoir la ville prendre un ton ocre uni des plus angoissants.
« Par là, s'écria Aurélie, on sera sous la pyramide en moins de deux secondes ! »






Citation:



« Quoi ? » Demanda le Docteur, apparemment excité de se trouver au cœur d'une nouvelle chasse aux trésors. S'il n'en oubliait pas Jenny, bien évidement, Rose commençait cependant à bien le connaître. Tout son être était conditionné pour réagir de manière excessive à la recherche d'indices. Il aimait le mystère, se délectait des enquêtes et se réjouissait toujours à l'idée de parvenir à en résoudre une. Un vrai Sherlock Holmes... Enfin, quoique, seulement en ce qui concernait ce goût de l'aventure, ce besoin inné de résoudre des énigmes. Il était loin de ressembler au détective de Conan Doyle pour ce qui concernait les relations humaines. Le Docteur aimait le contact... Un être jovial et enjoué, débordant d'un amour de la vie sans égal... Même lorsque le drame entourait tout son univers comme à l'instant présent.

Il fixait Rose avec une terrible envie de la secouer afin qu'elle dévoile ce qu'elle avait découvert. Son regard brillait d'impatience et son sourire donnait envie à la jeune femme de repousser le moment où elle exprimerait son idée, de peur que cette expression quitte son visage. Elle se résolut toutefois à annoncer ce qui venait de lui passer par la tête, après tout, le temps leur était compté :

« Réflexions, Docteur, réflexions ! Et si le terme était à prendre au sens propre, au sens physique du terme. Réfléchir, comme un miroir ! Vous savez ce qui se trouve au palais de Versailles n'est-ce pas ? »

« Le trône du roi de France ? » Proposa Mickey en passant la tête dans l'encadrement de la porte.

« La galerie des Glaces ! Mais bien sur ! « Le reflet de votre propre personnalité ! » » Lança le Seigneur du Temps en levant l'index pour appuyer ses mots.

« Quelqu'un peu m'expliquer ? » Demanda le jeune homme.

« La galerie des Glaces, la grande salle d'apparat, l'endroit le plus remarquable de Versailles, Mickey ! Et le meilleur endroit pour réfléchir dans ce palais... » Expliqua le Docteur en s'élançant déjà. Il s'arrêta cependant à l'extérieur des appartements de la marquise pour se repérer un peu.

« Nous sommes juste au-dessus des salons Mercure et Apollon... »

« Encore Apollon ? » Fit Mickey.

« Dieu de la beauté et de la lumière ! » Sourit Rose sous son masque.

« Et Mercure, dieu des voleurs... Quoi qu'il en soit, nous ne sommes pas très loin... » Ajouta le Docteur en pressant le pas. Mickey et Rose le suivirent rapidement.

Quelques secondes plus tard, ils se trouvèrent plongés dans un lieu magique. La magnificence de l'endroit n'avait d'égal que l'étrangeté de l'atmosphère orange qui le rendait particulièrement terrifiant.

Cependant, personne n'y prêta tellement attention. Le tournevis en action du Docteur le guida jusqu'à l'extrémité de la pièce, vers le salon de la Paix. Ils la traversèrent en courant jusqu'à se trouver précisément à la verticale d'un lustre comme il en existait des dizaines dans cette imposante galerie. Au cœur de cette splendeur de cristal, trois des pendants se mirent à briller de différentes couleurs, vert, mauve et rose. Rose et Mickey crièrent leur joie, étouffée par la présence des masques. Cependant, le sourire épanoui du Docteur s’effaça subitement. Il comprit immédiatement ce que la présence de ces trois cristaux signifiait. Cinq couleurs, cinq emplacements, pourquoi n'y avait-il pas pensé avant ? Et cinq personnes... Zut, Jenny allait devoir rester seule.

Soit, il n'était plus temps de penser à ce qui était ou n'était pas, il fallait agir. Maintenant que les cristaux scintillaient au-dessus de lui, la réponse était évidente, il n'en demeurait pas moins que le temps leur était compté.

Réfléchissant une poignée de secondes, il calcula la méthode la plus simple et la plus rapide pour s'approcher de leur but. Cette méthode impliquait une série d’acrobaties qu'il était temps de mettre en œuvre.

Il l'expliqua en quelques mots ce qu'il avait en tête puis il fut temps de mettre en place son plan parfait. Mickey se plaça à quatre pattes sur le parquet de la galerie. Il était le plus musclé et cela lui serait fort utile puisqu'il devrait supporter, au sens propre du terme, le Docteur sur son dos et ce avant que Rose escalade à son tour cette pyramide humaine pour se retrouver sur les épaules du Seigneur du Temps. La hauteur du lustre imposait une telle construction. Mickey se mit en position en ronchonnant et ne put s'empêcher la réplique facile : « Vous n'êtes pas facile à supporter ! » Mais se tut rapidement lorsqu'il sentit s'ajouter le poids d'une seconde personne. Il lui fallu toute sa concentration pour pas plier tandis que Rose s'affairait à grimper sur le Docteur. Elle se retrouva assez rapidement assise sur ses épaules. Elle se trouva bras tendu, sonique en main... Mais les cristaux étaient encore bien trop loin. Avec précaution, elle plaça un pied sur l'épaule droite de son support, particulièrement immobile, ce qui ne lui arrivait pas souvent.

« C'est une chance que je sois douée en gymnastique, hein... » Lança-t-elle en se stabilisant le plus possible, les mains du Docteur, étonnement silencieux, se plaçant derrière ses genoux légèrement pliés pour gagner en équilibre. Tendant son bras avec précaution, la jeune femme visa le premier cristal et appuya sur le tournevis. De son autre main jusque là posée sur la tête du Docteur, elle attrapa le cristal avant qu'il ne tombe au sol. Elle le tendit au Docteur et recommença son petit manège à deux reprises en accélérant la cadence. Deux étages plus bas, Mickey commençait clairement à en avoir plein le dos. Les trois cristaux placés dans la poche du Docteur, la pyramide se désagrège rapidement.

Une fois tout le monde sur le parquet, Mickey s'autorisa une plainte en courbant douloureusement le dos... Avant de repartir en direction du Tardis, ses acolytes déjà loin dans le château.





Citation:



Aurélie accéléra le rythme et se retrouva sous la verrière en moins de temps qu'il ne fallut pour le dire. Jenny la rejoignit rapidement. Elles levèrent les yeux vers le ciel, apercevant avec angoisse la créature qu'elles avaient fui tourner autour de la pyramide. Elle agitait ses grands appendices, se collant sur le verre. Elles avaient la désagréable sensation qu'elle les observait...

« Ne t'en fais pas, on est en sécurité à l'intérieur ! » Dit Jenny à Aurélie pour la rassurer.

Aurélie lui sourit amicalement. Mais, étrangement, elle devait admettre qu'elle n'était pas aussi effrayée qu'elle aurait imaginé l'être dans cette situation. Tout cela était tellement incroyable qu'elle n'en arrivait pas à avoir peur.

Jenny et Aurélie s’approchèrent des escaliers menant à la surface et s'assirent sur les premières marches.

« Tu as vu, les escalators fonctionnent toujours... C'est fou, c'est comme si le monde continuait à vivre sans nous... » Fit Aurélie.

« Yep... Acquiesça tristement Jenny. J'espère que nous allons sauver tous ces gens... Tu imagines si... »

Elles levèrent la tête vers la créature au-dessus d'elles.

« Tu penses la même chose que moi ? » Demanda Aurélie.

« Que cette chose était un être humain ? Oui ! Malheureusement oui... J'espère pour lui qu'il ne se rend pas compte de ce qui se passe... Tellement horrible comme idée, tu ne trouves... »

La créature poussa soudain un hurlement tellement puissant qu'elle en fit trembler les vitres de la pyramide. Les filles plaquèrent leurs mains sur leurs oreilles, observant l'hybride se tortiller comme une anguille à plusieurs dizaines de mètres.... Quand soudain, elles comprirent la raison de ce cri.

Dans leur dos, arrivant de l'aile Richelieu...

« Oh... Non, pas encore... ! » Lança Jenny d'un air dépité.

Aurélie et Jenny s'étaient redressées d'un bond face à une nouvelle créature de cauchemar, un nouvel hybride tentaculaire aux dents acérées. Les filles se retrouvèrent prises au piège des multiples bras. Acculées, elles ne purent que grimper une à une les marches face à la figure grimaçante. Quand soudain, un fracas énorme se propagea dans les méandres du musée déserté. L'une des facettes en losange de la pyramide éclata en mille morceaux, laissant le champ libre au premier hybride qui se faufila à nouveau à l’intérieur. Ses deux immenses bras s'agitèrent au dessus des visages horrifiés de Jenny et Aurélie. Encerclées par les deux monstres nés d'une technologie alien, elles n'avaient plus aucune porte de sortie. La créature humanoïde descendit rapidement le long de la surface vitrée, se retrouvant à quelques mètres seulement des deux filles, tandis que la seconde chose s'approchait d'elles avec une étonnante agilité. Néanmoins, ses bras restaient encore à à une certaine distance.

« Grimpe, grimpe ! » Cria Aurélie à l'intention de la petite fille, tentant autant que faire se peut de maintenir la pieuvre terrestre à distance. Jenny obéit et, arrivée au tournant de l'escalier en colimaçon, finit par s'accroupir contre la balustrade transparente.

Aurélie jeta un œil à la petite, vérifiant qu'elle était en relative sécurité. Ce faisant, elle ne remarqua pas l’énorme bras en forme de marteau que la pieuvre venait de lever, prête à l'écraser sur sa tête. Elle se retourna face à cette situation apparemment inextricable quand soudain, Aurélie sentit un membre musculeux se refermer autour d'elle. Elle fut soulevée du sol, éloignée du marteau juste au moment où il s’écrasait à l'endroit où aurait du se trouver sa tête. Le souffle coupé, Aurélie ne put sortir le moindre cri. Elle se trouvait à présent transportée à plusieurs mètres du sol, maintenue par l'humanoïde qui, suspendu la tête en bas, s'attaquait à l'autre hybride de son deuxième bras. La pieuvre s'accrocha à la rambarde tentant d’agripper l’humanoïde d'un de ses bras. Mais celui-ci se déplaçait rapidement, sa passagère toujours maintenue fermement par son tentacule.

« Auréliiie » Cria Jenny.

Ballottée de gauche à droite, la jeune femme lui fit rapidement signe qu'elle n'avait rien. À son grand étonnement, l'humanoïde cherchait à la protéger de la pieuvre.

Elle serrait la créature de toutes ses forces, bien que celle-ci ne semblait pas vouloir la laisser tomber, quand soudain, son téléphone se mit à nouveau à sonner.

« Ça va pas être possiiiiible.... Làààà ! » Lança la jeune femme dans des notes qu'elle ne pensait pas pouvoir sortir.

Il lui était tout simplement impossible d'atteindre sa poche et, de surcroît, son appareil. La pieuvre venait à nouveau d'abattre son marteau sur le mur, faisant s'envoler une masse de débris dans un nuage de poussière. Le téléphone continuait à propager sa musique, mais l'entendre devenait quasiment impossible au milieu des éboulements.

L'humanoïde grimpa de plus en plus haut jusqu'au sommet de la pyramide, ses membres lui permettant apparemment de se maintenir à n'importe quelle surface.

Aurélie jeta un œil à Jenny qui venait de descendre quelques marches, le regard effrayé. Fouillant dans sa poche, la petite venait de se rendre compte que, dans l'agitation, elle avait perdu un des deux cristaux.

« Là, cria Aurélie, à ta droite, regarde....Oulaaaaa ! »

La jeune femme avait aperçu une lueur bleutée scintillant entre deux énormes morceaux de mur quand son nouvel ami prit la décision de virer de bord face à une nouvelle attaque de la pieuvre.

Jenny la repéra et se précipita dans sa direction en jetant régulièrement des coups d’œil à Aurélie qui ne pouvait rien faire d'autre que de se faire balader au milieu des éclats ocres de la nouvelle atmosphère lupok'hilax.

« Jenny, là, regarde, la sculpture, là... Oh doucement... Aaaah... »

Jenny sursauta un instant en voyant son amie secouée comme un prunier mais finit par se focaliser sur la sculpture métallique placée juste sous la pyramide. De la base à son extrémité, celle-ci brillait du même scintillement que le cristal. Et l'une comme l'autre savait ce que cela signifiait !

Cependant, ni Aurélie, toujours entre les mains de l’humanoïde, ni Jenny, n'eut le temps de se réjouir de cette découverte.

La pieuvre venait d'envoyer une de ses massues en plein sur l'humanoïde. À moitié assommé, l'hybride commença à s'effondrer, libérant lentement sa passagère de son emprise. Terrifiée, Aurélie se sentit lentement glisser le long du bras de la créature. Se retenant comme elle le pouvait, elle ne savait que faire pour éviter une chute de plusieurs mètres. Quand dans un sursaut de vigueur, l'hybride l'envoya voler jusqu'à la cabine d’ascenseur toute proche où la jeune femme retomba lourdement. S'en suivit un affrontement final entre les deux hybrides. L'humanoïde agrippant son assaillant, il le projeta à plusieurs mètres de hauteur. Celui-ci retomba précisément sur la sculpture toujours luminescente. Regardant le fruit de sa combativité s'empaler, l’humanoïde lança un hurlement indescriptible. Cri de victoire ou d'agonie, il aurait été difficile d'en déterminer le sens. Car suite à cette expression titanesque, la créature humanoïde se détacha lentement de la surface vitrée avant de s'écraser sur le sol.





Citation:



Ils étaient de retour dans le Tardis depuis plusieurs minutes déjà.

Le Docteur composa une fois de plus le numéro de téléphone, sans plus de succès.

« Docteur ? Que faisons-nous ? » Lui demanda une Rose suppliante.

Tiraillé entre le désir de retrouver Jenny et le devoir de sauver une fois de plus l'humanité, le Docteur du faire à nouveau un choix entre ce que son cœur lui murmurait et ce que son cerveau lui ordonnait. La voix la plus forte n'était pas celle qu'on pouvait penser, pourtant, il se retrouva à devoir choisir entre la voix et la voie qui s'imposait dans sa tête. Il le savait, les trois cristaux devant lui venaient de changer la donne.

« Bon... Nous savons tous ce que ces trois cristaux veulent dire... Et ce que nous allons devoir faire pour...  »

Le téléphone retentit dans sa main, le faisant sursauter. Il décrocha avec empressement.

« Docteur ? Oh Docteur, je suis tellement désolée... Je... Je ne pouvais pas décrocher... Et... » Fit la voix étouffée d'Aurélie.

« Que s'est’il passé ? Cria-t-il. Vous allez bien ? »

« Oui Docteur, nous allons bien... Nous allons bien toutes les deux, ne vous en faites pas ! »

« Tout va bien, Doc, rassure toi... Juste un contretemps... Mais nous venons de... »

« Quel genre de contretemps ? » Demanda-il.

« Pas le temps de papoter Doc ! Fit Jenny en attrapant une nouvelle fois le téléphone. Écoute-moi bien ! Le plan a changé ! Nous avons trouvé où et comment appliquer le cristal bleu... Sur la zone bleue du plan, au Louvre ! Doc, nous savons que vous avez trouvé trois pierres et... »

« Mais ? Comment... ? »

« Pas de temps pour les questions ! Avec Aurélie nous avons eu... Comment dire... Une révélation ! Tu sais ce que ça veut dire : Le cristal rouge va devoir être appliqué sur l'Obélisque ! »

Le Docteur ne répondit rien sur l'instant. Il savait que les filles en étaient venues à la même conclusion que lui. Mais après quelques secondes, il finit par murmurer :

« Jenny, écoute moi bien, il est hors de question que tu... »

« Docteur, c'est moi qui vais y aller, expliqua Aurélie en reprenant le téléphone. Jenny va rester au Louvre ! L'endroit semble tranquille pour le moment et nous n'avons plus le temps de...»

Le Docteur dut une fois de plus admettre que la petite avait raison.

« Rendez-vous dans dix minutes, Docteur ! » Cria Aurélie à travers le combiné qu'elle venait de redonner à Jenny avant de s'enfuir en courant, le cristal rouge dans le creux de la main. En partant ainsi, elle ne laissait plus le choix au Docteur et elle le savait. Une fois la jeune femme éloignée, le Docteur reprit :

« Jenny ! » Dit-il sans ajouter quoi que ce soit.

« Oui Docteur, je sais, je serai prudente ! Allez, file, plus que dix minutes ! »

Jenny raccrocha et le Docteur se retrouva l'espace d'une seconde à regarder le téléphone dans sa main. Avant de se reprendre :

« Bien, Mickey, je vous dépose à l'Assemblée Nationale, Rose, à l'église ! Je me rendrai à l'Arc de Triomphe. À18 h pile, il faudra que vous ayez trouvé où appliquer votre cristal ! Je sais que ça ne nous laisse pas beaucoup de temps mais... »

Ni Mickey ni Rose ne répondirent quoi que ce soit lorsque que le Docteur leur déposa le cristal dans la main. Puis il enclencha les moteurs et les déposa l'un après l'autre.

« Docteur ? » L'appela Rose avant que celui-ci ne remonte seul à bord du Tardis.

« Oui ? » Fit-il en se retournant.

Elle s'approcha de lui :

« Ne faites pas de bêtises hein ! Rien d'irraisonné ou d'irresponsable ! »

« Rose Tyler, je pensais que vous me connaissiez mieux que ça ? » Fit-il avec un sourire plus triste qu'il ne l'avait espéré.

« Justement Docteur ! » Ajouta-elle en caressant sa joue. Il s'approcha d'elle au point qu'elle eut un instant la sensation qu'il allait à nouveau l'embrasser. Mais il recula juste avant, et, lui souriant une dernière fois, ferma la porte du Tardis. Rose regarda la boite bleue se dématérialiser de la base de l'escalier menant à l'église de la Madeleine avec l'étrange sensation qu'elle n'aurait pas du laisser le Docteur tout seul... Elle avait un pressentiment... Et ne pouvait s'empêcher de penser que tout cela ressemblait à des adieux... Mais que pouvait-elle faire d'autre ? Elle baissa la tête vers le cristal dans sa main en soupirant. Il brillait faiblement d'une lueur nacrée. Ce fut en relevant la tête qu'elle vit du toit de l'église se diffuser une lumière rose, illuminant le ciel ocre d'une lueur d'espoir. Gravissant rapidement les marches de pierre, elle entra dans l'église. D'une certaine manière, en ce lieu saint, l'attaque lupok'hilax ne semblait pas avoir d'emprise. L'ambiance calme et paisible n'était perturbée que par ce magnifique éclat, guidant directement la jeune femme à l'endroit où apposer son cristal.

Rose jeta un œil à sa montre. 17H58. Plus que deux minutes. Mais elle était guidée. Et se sentait protégée de toute attaque extérieure en cette terre consacrée.

La main au-dessus d'une encoche dans le sol de l'église, juste en-dessous de l'un des puits de lumière de l'édifice, le décompte se déclencha dans sa tête, espérant de tout cœur que ses quatre amis parviendraient tout comme elle à déclencher leur part du mécanisme à temps.





Citation:


Journal improbable, dimanche 8 juillet 2012

Hello, me revoilà !

Pour vous raconter la seule partie de cette histoire que je suis seule à pouvoir vous conter puisque... Eh bien, puisque j'étais seule, pardi...

Mais avant, récapitulons un tout petit peu, pour replacer les choses, vous voulez-bien !?

Je venais de faire un beau vol plané directement dans un ascenseur – ce qui est loin de m'arriver tous les jours. Un peu sonnée, je n'arrivais pas à me relever tout de suite et ne savait pas vraiment ce qui avait fini par se passer, à savoir le combat mortel entre ces deux créatures de cauchemar. Machinalement, je vérifiais que mon masque n'avait pas été brisé. Si ça avait été le cas... Je ne vous fais pas un dessin, je suis persuadée que vous voyez ce que j’imaginais déjà arriver...

J'entendais la voix étouffée de Jenny qui m'appelait depuis le bas. Je lui criais que tout allait bien en tentant de me relever.

L'ascenseur fonctionnant toujours, j'appuyais sur le bouton pour retrouver mon amie. Je tremblais un peu et avais, j'ai un peu honte de l'avouer, vraiment mal partout. Mais cela aurait pu être bien pire, j'en étais consciente. La vie aux côtés du Docteur n'était pas de tout repos. J'avais eu la peur de ma vie (ou plutôt ce que je pensais être la peur de ma vie...). Et pourtant, j'étais plus excitée que jamais... Je sentais que le point culminant n'allait pas tarder...

Depuis que j'avais vu la colonne – où s'était à présent empalée la pieuvre – se mettre à scintiller – ce qu'elle continuait à faire – j'avais réalisé ce que cela signifiait. Nous nous étions trompés depuis le début sur le nombre de cristaux... Et je ne doutais pas que le Docteur avait mis (j’espérais profondément qu'il y était parvenu !) la main sur trois cristaux et non deux.

Arrivée en bas, je vis Jenny assise en tailleur près de la créature humanoïde. Elle n'était pas morte et la pauvre agonisait. Je crois pouvoir dire que je n'ai jamais vu scène aussi horrible, éprouvante et émouvante. J'espère de tout cœur que nous avons pu apporter à cet être, qui venait de me sauver la vie, la fin la plus douce possible et lui rendre la part d'humanité que ces Lupok'hilax lui avaient volée. Je sentais une colère grandissante monter en moi. Je déteste ce sentiment, je n'ai pas l'habitude de le ressentir, mais devant une situation aussi injuste, près de cet être impuissant, victime de ces esclavagistes de l'espace... Je ne pouvais que...

Soudain, ma poche s'était mise à vibrer et la sonnerie de téléphone avait retenti une nouvelle fois dans le musée. Je fis tout mon possible pour le sortir de ma poche, mais n'y parvint pas assez rapidement, mes mains tremblant encore trop de peur et de colère. Sans attendre plus longtemps, j'appuyais sur la touche rappel et tombais immédiatement sur le Docteur.

Et comme vous connaissez déjà la suite, passons immédiatement au moment que j'attendais tout en le redoutant, cet instant où je devrais faire face à mes responsabilités de « compagne du Docteur », ne serait-ce que temporairement.

Terrifiée et excitée, tout ça à la fois, je pris le cristal rouge de la main de Jenny et me mis à courir en direction de la sortie, mais, me souvenant d'un coup que le Docteur avait condamné la porte principale, je bifurquais vers une autre entrée, sur le côté, que je savais exister pour l'avoir empruntée par erreur lors d'une sortie scolaire des années avant. Il s'agissait d'un passage prioritaire pour personnes à mobilité réduite qui donnait directement accès à un passage couvert menant à la rue Rivoli. De chaque côté du passage se trouvait des baies vitrées surplombant des statues du 18ème et 19ème siècle. Ce fut alors que je vis, avec horreur, plusieurs nouvelles créatures – que je n'ai pas vraiment eu le temps de compter ni de les détailler avec précision – piégées à l’intérieur et qui ne savaient trop comment sortir. Plusieurs statues avaient été renversées, les hybrides semblaient surexcités. Je ne pouvais me permettre de retourner à l’intérieur pour prévenir Jenny au cas où l'un d'entre eux trouverait un moyen de sortir, pas le temps pour ça... Le compte à rebours était déjà enclenché. Cela me donna une vague de volonté et d'énergie supplémentaire. Je repris ma course comme une folle dans le passage couvert, direction la pyramide... L'éclat bleu de la sculpture continuait à briller. Je me souviens avoir regardé ma montre. Plus que sept minutes pour traverser l'ensemble du jardin des Tuileries. Impossible me direz-vous ! C'est ce que j'ai aussi pensé sur le moment. Je savais que c'était tout droit, je pouvais voir l'Obélisque d'où j'étais... Mais mes jambes me porteraient-elles jusque là à temps ?

Je repris ma course, fixant mon objectif final comme si ma vie en dépendait... Mais... Je suis bête, ma vie – et pas seulement la mienne – en dépendait...

Après avoir traversé la route entre le palais et le jardin, je me mis à atteindre une vitesse que je ne pensais pas possible, mue par une puissance qui me parvenait directement du cœur... Je pensais à tous ces gens, tous ces êtres vivants sur Terre, et dans l'espace, sur lesquels planaient une menace dont ils ignoraient peut-être même l'existence... Et je pensais au Docteur... Je devais y parvenir, pour lui, pour lui prouver qu'il avait eu raison de m'avoir laisser l'accompagner dans cette histoire, de m'avoir offert cet honneur, à moi, la petite nancéienne anonyme retrouvée au bon endroit au bon moment (Vous pouvez remplacer « Bon » par « Mauvais » si ça vous semble plus approprié).

Pourtant, les secondes défilant, je finis à bout de souffle et mon masque se recouvrit de buée. Manque d'exercice, j'en ai peur ! Je n'y voyais plus grand chose. Mais je savais qu'il fallait que je continue, que rien ne devait m'écarter de mon but ! Le sable crissait sous mes pieds, mes Converse dérapaient, mais je me rattrapais à chaque fois. Jusqu'au moment où j’aperçus un vélo effondré contre le premier bassin du jardin. Je l'attrapais et, malgré le fait que je n'en avais pas fait depuis des années, je trouvais mon équilibre en quelques secondes et gagnais énormément en vitesse. Comme on le dit, le vélo, ça ne s'oublie pas !

Plus que quatre minutes. Et je pouvais voir l’Obélisque grandir... Grandir à mesure que je m'en approchais. A cet instant, je dois vous avouer que subitement, je me suis sentie comme Donna à la fin de Turn Left... En espérant que mon histoire ne se termine pas comme pour elle... Pauvre Donna.

Je n'étais plus qu'à une centaine de mètres, j'allais sortir du jardin, c'était à présent tout à fait possible d'y arriver...

Quand subitement, je fus propulsée vers l'arrière. Me retrouvant sur le dos, la tête à l'envers, je vis un être encore plus terrifiant que tout ce que j'avais pu voir au cours de cette journée. Il se tenait debout, droit au-dessus de moi et m'observait fixement. En une seconde, je sus ce que je regardais. Un lupok'hilax ! Un géant de plus de trois mètres, aux yeux gris mat sans expression et à la bouche grimaçante qui lançait des grognements entrecoupés de sons articulés que j'assimilais à des menaces de mort. Du coup vous vous souvenez, le laxatif... Eh bien, je peux vous dire que d'une certaine façon, le lupok'hilax manqua de peu d'être efficace... Bon d'accord, je m'arrête là, promis, ce n'est-plus drôle...

Il était tellement effrayant, ses deux grands bras munis de lames tranchantes comme des couteaux dansant au-dessus de moi, fendant l'air dans des sifflements terrifiants.

Quand soudain, je compris quelque chose. Ou pour être précise, je compris deux choses. Premièrement, que l'air était suffisamment peu dosé en oxygène pour laisser les Lupok'hilax se téléporter eux-mêmes sur Terre et, deuxièmement, que cette abomination ne voulait pas me tuer. Ou tout du moins pas immédiatement. Il voulait me laisser apprécier notre défaite avant de me dépecer comme un morceau de viande, ou pire, me transformer en une de ces choses, en l’un de leurs esclaves... Pas très tentant, vous me l'accorderez !

Et pourtant, malgré ma terreur, la seule chose à laquelle je parvenais à songer, allongée sous les couteaux de ce monstre venu de l'espace, c'était que Rose, Mickey, Jenny et le Docteur se trouveraient eux aussi au cœur de ce piège. Je ne pouvais accepter qu'ils se retrouvent capturés à cause de moi, je ne pouvais laisser cela advenir.

Je n'étais plus loin, plus loin du tout... A quelques mètres tout au plus. Il fallait que je tente le tout pour le tout. Alors, sans savoir comment je parvins à me débrouiller, je me relevais d'un bond, me faufilant entre les armes de l'extraterrestre. À nouveau sur mes pieds, je pris littéralement mes jambes à mon cou, déstabilisant le lupok'hilax par l’effet de surprise.

Ce ne fut pourtant qu'un court répit. Après seulement quelques mètres, je me retrouvais à nouveau au sol... Mais cette fois-ci face contre terre. Le choc fut d'une grande violence et, sous le poids de mon assaillant, je sentis mon masque percuter le béton avec force. Avec effroi, je compris que celui-ci venait de se fissurer en plusieurs endroits. Retenant le plus possible ma respiration, je tentais de me dégager. Quand soudain, ce fut l'horreur... D'une de ses lames, le lupok'hilax trancha net mon arrivée d'oxygène.

Je savais que quoi qu'il puisse arriver à présent, masque ou pas, je ne pouvais plus espérer survivre à ce qui allait se passer...

Mais je continuais à retenir ma respiration... Instinct de survie me direz-vous !

Et je me rendis compte de ce que le geste du lupok'hilax avait provoqué. L'oxygène s'était répandu sur lui. Il hurlait et se tordait de douleur sous l'effet de ce qui était pour lui un poison.

Il était en train de mourir, de suffoquer, de brûler... Et je n'étais plus qu'à quelques pas de l'Obélisque...

Je n'avais plus le choix... Je devais parvenir à... L'Obélisque s'était mis à luire d'un éclat rouge et à sa base, un orifice scintillait avec plus de force encore. Il réagissait à la proximité du cristal.

D'un geste totalement irréfléchi, je retirais mon masque... Il ne me servirait plus à rien, pas plus à me protéger de l'hilax qu'à me fournir de l'oxygène, si ce n'est à me ralentir. Je n'y voyais pratiquement plus rien à cause de lui...

Puisant dans mes dernières réserves d'énergie et – oh oui, au fait, je vous confirme, face au manque d'oxygène, l'adrénaline est un puissant allié, Martha avait raison ! - Je réussis à parcourir les derniers mètres me séparant de mon but. Sautant la barrière qui me séparait de ma cible, j'appliquais le cristal sur son support... Avant de m’effondrer et de ne plus me souvenir de quoi que ce soit...

A suivre...?





Citation:



Dans le Tardis, le Docteur regarda l'heure. 18H03. Il était en retard... Comment se faisait-il qu'il soit en retard... Pourquoi ? Il n'en revenait pas... Il inspira un grand coup. Et afficha, malgré sa précipitation autour des commandes, un sourire épanoui... Il regarda le cristal luire faiblement dans le creux sa main. Il venait de se poser sur le sommet de l'Arc de Triomphe. Le Tardis soufflait péniblement suite à son dernier voyage, plus long que prévu... Et, ouvrant la porte, le Docteur se rendit compte à quel point le taux d'oxygène était bas. Quasi inexistant. Respirer dans ces conditions devenait pénible, même pour lui. Pourtant, au loin, il pouvait apercevoir quatre lueurs d'espoir. Quatre faisceaux incandescents dans le ciel qui n'attendaient que lui... Et pas la moindre trace de Lupok'hilax... Ce n'était pas normal... Mais peut-être était-ce son jour de chance après tout. Ce n'étaient pas les dernières minutes qui allaient le faire mentir. Il ne put s’empêcher un sourire béat. Sur le bord de l'édifice, il aperçu une encoche mauve brillant de milles feux.      
     
« Ce n'est pas ma couleur mais tant pis ! » Murmura-t-il avant d’apposer son cristal.      
     
Au contact du cristal avec la pierre, s'éleva un nouveau faisceau. S'envolant comme une flèche en direction du dôme ocre, il se courba avant de rejoindre les rayons déjà existants. Leur fusion provoqua une immense explosion aux couleurs de l'arc en ciel. Se protégeant le regard de la main, le Docteur ne put s’empêcher d'apprécier le spectacle, ce feu d'artifice comme les aimaient tant les rois de France... Louis XV aussi, supposa-t-il.      
     
L'effet de cette explosion ne se fit pas attendre. Le dôme commença à se fissurer, se craqueler, de longues zébrures se rejoignant avant de se dissoudre, laissant apparaître un ciel d'été radieux.      
     
Le sourire du Docteur le fut tout autant.     
     
L'hilax avait disparu sous l'effet de l'explosion et l'oxygène commençait déjà à reprendre ses droits     
     
Appréciant la beauté de ce spectacle juste un instant de plus, il se précipita à bord du Tardis et se matérialisa instantanément au Louvre.     
     
Ouvrant la porte, il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit que Jenny lui sauta au cou.     
     
« On a réussi ! On a réussi ! » Hurla-t-elle de joie en retirant son masque.      
     
Son cri réussit même à dépasser les hurlements d'agonie des créatures toujours prisonnières du Louvre, mourant d'asphyxie à la disparition de l'hilax.     
     
Il ne répondit rien, même lorsqu'il remarqua le corps de la créature humanoïde au sol et la pieuvre empalée. Il la serra la petite dans ses bras avec tendresse, avant de l'attirer dans le vaisseau :      
     
« Allons-y ! » S'écria-t-il avec enthousiasme.      
     
« Docteur ? Tu as l'air... Différent... Plus... De bonne humeur... » S'étonna Jenny.      
     
« Nous venons de sauver la Terre non ? N'est-pas une bonne raison d'être heureux ? » Répondit-il avec un immense sourire.     
     
« Puisque tu le dis ! » Répondit la petite en haussant les épaules.      
     
La seconde suivante, le vaisseau se posait à quelques mètres de l'Obélisque, près de l'une des fontaines de la place. Le Docteur ouvrit la porte... Et, sans un mot, se mit à courir, laissant Jenny figée de stupeur... Avant que la petite ne comprenne la raison... Et se mette elle aussi à courir.      
     
Au pied du monument trônant en plein milieu de la place se trouvait le corps étendu d'une personne qu'ils connaissaient. Se précipitant vers Aurélie, Jenny tourna les yeux vers le cadavre boursouflé d'un extraterrestre terrassé et aperçu le masque brisé sur le sol.      
     
Le Docteur se jeta vers son amie avant de murmurer :      
     
« 0,71% ! »      
     
« Quoi ? » S'écria Jenny, décontenancée.      
     
Il ne répondit pas et examina la jeune femme.      
     
« Docteur ? Qu'est-ce qui se passe... Elle est... »     
     
« Inconsciente ! Juste inconsciente ! Forcément, 0,71% ! » Recommença le Docteur d'un air étonnement calme et souriant.      
     
« Mais... Je ne comprends rien, Docteur ! »     
     
« Tu peux approcher, ma grande, elle a besoin d'oxygène, on va utiliser ton masque ! »     
     
Jenny obtempéra immédiatement et attendit la suite. Le Docteur plaça le masque sur le visage de la jeune femme et ouvrit l'arrivée d'oxygène au maximum.     
     
Rose apparut au même instant.      
     
« Docteur ?! » Cria-t-elle.     
     
« Rose ! Bienvenue ! Fit le Docteur avec enthousiasme. Vous allez bien ? »     
     
« Oui ! Mais, et Aurélie... Elle... » Bafouilla-t-elle en retirant son masque.      
     
« ça va aller ! Expliqua-t-il en caressant les cheveux de la jeune femme. Elle a juste manqué d'oxygène un petit moment, elle va se remettre ! 0,71% ! »     
     
« Mais qu'est-ce que c'est que ton 0,71% Doc ? » Lui demanda Jenny de plus en plus étonnée.     
     
« 0,71% de l'espèce humaine possède un gène de tolérance à l'hilax ! Et Aurélie en fait partie ! »     
     
« C'est incroyable ! » Lança Rose, époustouflée.     
     
« Je pense qu'on peut dire ça ! » Fit le Docteur.      
     
Au même instant, Aurélie commença à remuer et d'un coup, ouvrit des yeux perdus en essayant de reprendre son souffle. Le Seigneur du Temps la retint contre lui avec douceur :     
     
« Lààà, doucement... Doucement, respire calmement, tout va bien, tout va bien. »     
     
Il sentit la main de la jeune femme se refermer sur son bras. Il continua à la rassurer... Elle le fixa à travers le masque d'un air hagard... Avant de se calmer un peu. Elle l'observa, perplexe, et murmura dans un souffle :     
     
« J'aime votre cravate... »     
     
« Je sais ! » Fit le Docteur en souriant.      
     
« Pourquoi est-ce que vous avez changé de cravate ? » Reprit-elle, un peu plus consciente.     
     
« Longue histoire. » Répondit-il avec un nouveau sourire encore plus brillant et mystérieux.      
     
« Et pourquoi est-ce que je parle de cravate moi ? »     
     
« Pas la moindre idée ! » Fit-il avec un sourire toujours plus rayonnant.      
     
Aurélie tenta de se relever et gémit en regardant son bras. Le Docteur s'en aperçu et appuya sur la blessure...     
     
« Ce n'est pas grave, un petit cadeau de ton ami, là-bas... Tu vas vite guérir ! Fit-il avec un sourire en coin. Je n'en dirais pas autant pour lui... Tu ne lui as pas facilité la tache ! » Ajouta-t-il en montrant de la tête le corps du lupok'hilax. Aurélie ne put empêcher un sourire embarrassé.      
     
« Docteuuur ! » Cria soudain Mickey en traversant la place en courant.     
     
« Rickey ! » S'extasia le Docteur.     
     
Le jeune homme tendait le doigt en direction du ciel et ne prêtât pas attention à la mauvaise prononciation de son prénom. Le Docteur regarda dans la direction et comprit. Au dessus d'eux venait d’apparaître un immense vaisseau luisant comme de l'argent. Et l'immense vaisseau était en train de s'éloigner subrepticement de la planète Terre.      
     
« Oh non, non, non... Lança le Docteur, il n'est pas question que vous partiez sans dire au revoir, et encore moins sans avoir raccompagné les invités chez eux. »     
     
Sur ces mots, il se redressa, laissant Aurélie aux bons soins de Rose et se précipita vers le corps sans vie du lupok'hilax. Cherchant un instant quelque chose sur la dépouille de la créature, il finit par regarder ses amis :      
     
« Rentrez dans le Tardis. Je ne serai pas long ! »     
     
« Qu’est-ce que vous faites, nooon, Docteur... » Cria Rose, la main tendue dans sa direction, mais le Docteur venait d'utiliser le téléporteur de l'extraterrestre, il avait déjà disparu !     
     
« Qu'est-ce qui lui prend ? Il n'est pas bien de nous laisser comme... » Hurla Mickey.     
     
« Oh si, il va très bien ! S'exclama Jenny. Vous voyez, ils sont en train de s'enfuir sans avoir relâché les gens qu'ils ont enlevés ! Tu imagines, le Docteur laisser faire une chose pareille. »     
     
Rose hocha la tête mais Mickey demeura dubitatif.     
     
« Je suis sure qu'il va revenir très vite... » Fit Aurélie, qui lentement, essayait de se remettre debout.     
     
« Attends, je vais t'aider... » Lui proposa Rose. Elle passa un bras de la jeune femme autour de son cou et l’aida à se relever. .      
     
À peine eurent-ils mis un pied dans le vaisseau, qu'immédiatement, des milliers, pour ne pas dire des millions, de personnes refirent leur apparition, étendue sur le sol de la capitale française, à moitié endormis. Quelques secondes plus tard, le Docteur réapparu lui aussi, juste à côté du lupok'hilax. Réinstallant le téléporteur sur l'extraterrestre, il l'envoya rejoindre ses petits copains. Puis, levant les yeux au ciel, il regarda tristement le vaisseau s'éloigner à une vitesse faramineuse... Avant que celui-ci n'explose à une distance raisonnable de la Terre.      
     
« Je suis vraiment désolé ! » Lâcha le Docteur avant de s'élancer vers le Tardis et de fermer la porte derrière lui. Malgré les agissements des Lupok'hilax, il aurait aimé que cela se passe autrement. Rose et Jenny lui sautèrent au cou dès qu'il eut passé le seuil. Il les enlaça en souriant. Seul Mickey resta en retrait, songeur. Relâchant son étreinte, le Docteur s'approcha d'Aurélie, installée sur les fauteuils de la salle des commandes :     
     
« Comment tu te sens ? » Demanda-t-il avec douceur en s'asseyant à côté d'elle.      
     
Aurélie le regarda fixement et sourit légèrement. Après quelques secondes, elle retira son masque et murmura :      
     
« Je devrais être morte ! »      
     
« Mais tu ne l'es pas ! » Lui répondit le Docteur avec un sourire en coin.      
     
« J'ai la tête qui tourne... »      
     
« Ça va passer, rassures toi ! »     
     
« Oh Aurélie, tu as été incroyable... Sans toi, on n'y serait jamais arrivé ! » Lui lança Jenny lui sautant au cou. La jeune nancéienne lui rendit son étreinte.      
     
« Que s'est’il passé... ? » Demanda-elle juste après.      
     
« Toi seule le sait... Lui expliqua le Docteur avec humour. Mais je pense pouvoir dire sans trop me tromper qu'un lupok'hilax t'a bloqué le chemin... Et tu as réussi à lui tenir tête... »     
     
« J'ai fait ça ? Moi ? »     
     
« Ça m'en a tout l'air... » Lui dit Rose.      
     
« J'ai l'impression d'avoir la tête à l'envers... » S'exclama la jeune femme en se prenant la tête dans les mains.      
     
« Ça va te revenir ! Fais-moi confiance... » Lui affirma le Docteur.     
     
« Vous faire confiance ? Vous me prenez pour qui... » Fit Aurélie en riant pour la première fois depuis son entrée dans le Tardis.      
     
« Pour quelqu'un d'avisé... Plutôt intelligent... Et très sympathique. »     
     
Aurélie ria de bon cœur cette fois-ci en agitant la main comme pour dire « N'en jetez plus... »     
     
« Et maintenant, que dirais-tu si nous tentions d'élucider ton petit grain de folie... » Proposa le Docteur en s’asseyant à côté d'elle et lui tapotant le front. Rose et Jenny demeuraient adossées aux consoles, silencieuses et attentives. Mickey, lui, les regardaient, plutôt peu enclin à découvrir le mystère de cette jeune femme... Il continuait à la trouver louche et se tenait près si jamais un quelconque monstre venait à s'extirper de son corps...     
     
Le Docteur n'y prêta aucunement attention et posa le bout de ses doigts sur les tempes de la jeune femme :      
     
« Vous n'allez pas m'effacer la mémoire, hein ? » S’inquiéta-t-elle.      
     
« Loin de moi cette idée ! » Affirma-t-il avec conviction.      
     
Alors, Aurélie se laissa faire, ferma les yeux et autorisa le Docteur se glisser dans son esprit.      
     
« Je ne vois rien d'anormal... » Murmura-t-il avant de fermer les yeux lui aussi et de plonger plus avant dans la mémoire de la jeune femme.      
     
Aurélie ne put empêcher un petit rire.     
     
« Désolé ! Lança le Docteur amusé. Whaou, quel sens de l'équilibre... »     
     
Il se concentra à nouveau...      
     
« Oh... Qu'est-ce que c'est que... » Demanda le Seigneur du Temps, apparemment fasciné...     
     
L'instant d'après, Aurélie hurla de terreur et de douleur avant s'effondrer sur le Docteur. Rose et Jenny se redressèrent d'un bond, totalement chamboulée.     
     
« Oh, je suis désolé, vraiment désolé... Je ne voulais pas... » S'écria le Docteur avec sincérité.     
     
« Qu'est-ce que vous lui avez fait Docteur ? » Cria Mickey.     
     
Il ne répondit rien.     
     
« Qu'est-ce qui s'est passé, Doc ? » Demanda doucement Jenny en s'approchant de lui.     
     
« Barrage mémoriel, souffla-t-il. Je ne sais pas... C'est... J'espère ne pas avoir... Oh Aurélie... Je suis désolé, je suis tellement désolé... »     
     
« Qu'est-ce que vous voulez dire ? » Demanda Rose.     
     
« Quelqu'un a bloqué un point précis de sa mémoire... Expliqua-t-il en justifiant ses dires de la main. Quelqu'un l'a modifiée, transformée et lui a imposé de nouveaux souvenirs... Avant notre rencontre, oh oui, bien avant... Murmura-t-il en regardant la jeune femme étendue contre lui. Un point minuscule, incroyablement précis... Mais oh, si puissant... Il m'a rejeté avant même que je m'en approche... »     
     
« Qui a pu faire une chose pareille ? » Lança Jenny, effrayée.     
     
« Pas la moindre idée, mais il est puissant, oh oui, extrêmement puissant... » Affirma le Docteur.      
     
« Je vous avais dit que cette fille était bizarre ! Elle nous a caché des choses...» Souffla Mickey.     
     
« Elle est parfaitement normale, siffla le Docteur en jetant un regard noir au garçon. Elle n'y est pour rien, comment pourrait-elle est responsable de quelque chose dont elle n'a même pas souvenir ? »     
     
Il redéposa la jeune femme sur le siège et recula d'un pas, l'observant, plongée dans l'inconscience à cause de lui.      
     
« Qu'est-ce qu'on peut faire pour l'aider ? » Demanda Rose.     
     
« On a qu'à déposer cette fille chez elle et s'en aller ! » Lança Mickey.     
     
« Ça va pas la tête... » Lui cria Jenny.     
     
« Non, il a raison ! » Répondit posément le Docteur.     
     
« Quoi ? Mais... » S'écria la petite.      
     
Le Docteur regarda très sérieusement Jenny. Elle ne répliqua pas.     
     
« On ne sait même pas où elle habite ! » Lança Rose, étonnée.     
     
Le Docteur la regarda avec le même regard qu'il venait de lancer à Jenny. Elle aussi resta muette.     
     
« Mais... Je pensais que tu l'aimais bien... Lui lança Jenny après quelques secondes sur un ton dépité. Ce n'est pas une manière de traiter quelqu'un que tu apprécies »     
     
« Tu as raison Jenny, je l'aime bien ! Et c'est pour ça que nous allons la déposer chez elle. C'est entièrement pour son bien, fais-moi confiance ! » 
  



 
Citation:


Journal improbable, dimanche 8 juillet 2012


OMB. Quel rêve ! Et la sensation que quelqu'un vient de jouer au bowling avec ma tête. Qu'est-ce que c'est que toute cette histoire ? Encore un rêve whovien comme j'en ai déjà fait à de nombreuses reprises... Mais quel réalisme ! Les images sont encore floues, fuyantes... Mais la joie, les doutes et la peur ont envahi tout mon être... Oh mais ce mal de tête... Suis-je en train d'expérimenter pour la toute première fois de ma vie la gueule de bois ? Je ne me souviens même pas d'avoir bu...

Voilà en quelques lignes la façon dont s'est passé mon réveil. Sur mon canapé, près de Nancy, en Lorraine, France, Terre... Jusqu'à ce que la réalité se rappelle à moi. Cette réalité que je n'aurais jamais imaginée possible. Par bribes tout d'abord... Puis plus précisément. Je m'assis subitement et ne pus empêcher une grimace. Meurtri, courbatu, mon corps, lui, ne pouvait mentir. Loin d'être malheureuse de ma situation, mon cœur se mit à battre la chamade. Tout ce que j'avais vécu était réel. Mais dans ce cas, pourquoi je me retrouvais toute seule, chez moi, dans mon appartement ?... Pourquoi m'avait-on abandonnée sans... ? Une vague de tristesse m’envahit.

Je me levais, remarquait mon sac à dos déposé au sol, et filais à la salle de bain. Et vous savez quoi, mon reflet me fit sursauter. Quelle tête de déterrée... Passer mon visage sous l'eau fraîche n'y changea rien. Et mon bras droit était recouvert d'un bandage. Je fixais un instant mon regard dans le miroir, cherchant à me souvenir de ce qui s'était précisément passé.

J'avais rencontré le Docteur. Oh oui, je l'avais rencontré. Rien qu'à cette idée, je ressentis une soudaine envie de sauter sur place. Ce que mon corps ne trouva pas être une bonne idée.

Me décidant à prendre une douche bien méritée, je passais en revue ce dont je parvenais à me souvenir. J'avais vécu une incroyable aventure. J'avais couru, je m'étais fait balader, j'avais pédalé, je m'étais fait attaquer par un laxatif d'une autre planète... Et j'avais bien cru voir la mort en face (Pas étonnant d'avoir une tête à faire peur après ça !) et pourtant, j'étais littéralement aux anges !

Mais pourquoi, dans ce cas, me trouvais-je ici, toute seule, sans un signe de mes nouvelles connaissances...? Cela demeurait un mystère. Le premier d'une longue liste qui ne cesserait de s'allonger au cours de semaines à venir...

Un peu mieux éveillée après cette douche vivifiante, je me rendis à la cuisine. Je n'avais pas la moindre idée ni du jour, ni de l'heure, la seule chose que je savais, c'est qu'il faisait nuit, et que j'étais seule dans l'appartement... Ce qui ne semblait pas logique, puisque je vivais avec ma Tatie... Où pouvait-elle être ?

Je me décidais à faire chauffer de l'eau pour un thé – le remède miracle à toutes les situations – lorsqu'un bout de papier sur la table de la cuisine attira mon attention. Était-ce la liste de courses pour le lendemain matin ?

Non ! C'était une lettre. Non cachetée, dans une enveloppe non fermée et rédigée avec une écriture raffinée que je ne connaissais pas. Elle m'était adressée.

« Chère Aurélie, je suis vraiment désolé d'avoir du te quitter ainsi sans pouvoir te remercier de l'aide précieuse que tu nous as apporté. Je suis vraiment désolé de n'avoir pu apporter les explications aux questions que tu te posais. Mais par dessus tout, je suis vraiment désolé d'être obligé de te dire tout ça par lettre. Ce n'est absolument pas dans mes habitudes, mais j'y suis obligé, j'en suis terriblement navré. Et pour terminer, je suis vraiment désolé d'avoir à être autant désolé. Tu as été brillante, Aurélie. Ce fut un réel honneur de te rencontrer. Le Docteur. »

Je ne me souviens plus vraiment du temps que j'ai passé, figée, debout, à tenir ce petit bout de papier entre mes doigts. Une éternité probablement. Jusqu'à ce que dans un geste particulièrement inhabituel, je me mette à le serrer contre moi. OMB, ces quelques lignes étaient la preuve ultime que tout ce que j'avais vécu n'était pas qu'une pure invention. Et aussi celle que le Docteur avait vraiment le don pour être désolé... Mais bon, ça, je le savais déjà.

Ce fut ainsi que je me retrouvais assise devant une tasse de thé fumante, la lettre dans la main, à regarder dans le vague avec la profonde impression que ma vie n'allait plus jamais être la même. Il me restait tant de questions sans réponses alors qu'en même temps, je possédais des réponses à des tas questions que personne ne se posait. Si quelque chose était bien impossible – eh oui, même l'impossible peut devenir une possibilité – c'était que je puisse faire comme si tout cela ne s'était jamais passé, reprendre le fameux train-train quotidien sans conserver au fond de moi la trace de cette inoubliable journée.

Très machinalement, je pris mon téléphone portable. Quelqu'un l'avait déposé à côté de la lettre, et je savais que cela ne pouvait être moi. Je me souvenais clairement l'avoir laissé entre les mains de la petite fille... Jenny ? Oui, c'était bien ça, Jenny ! Et je ne me souvenais pas avoir remis la main dessus. Dès le tout début de cette histoire, il avait été le déclencheur, vous vous rappelez ? En l'allumant, je me dis qu'il serait si simple de passer un coup de fil au Docteur pour le remercier de vive voix. Mais je n'y parvins pas...

Parce que subitement, mon appareil fit ding. C'était Stef, ma meilleure amie, pour ne pas dire ma sœur whovienne. Je vous ai déjà parlé d'elle, vous vous rappelez ? Elle semblait très inquiète de ne pas m'avoir « vu » de la journée... Alors sans réfléchir, je lui racontais tout, absolument tout ce dont je me souvenais, tout ce que je venais de vivre, sans pour autant omettre de préciser que certains passages demeuraient flous...

J'avais la sensation qu'elle était une des seules personnes sur Terre à pouvoir croire ce que j'étais en train de lui raconter. Et ce fut le cas ! Elle me cru. Sans que j'eus à justifier quoi que ce soit ! Vous vous souvenez, « L'impossible n'est qu'improbable » ? C'est elle. Eh bien, à cet instant précis, elle cru en l'impossible... Sans douter à un seul moment !

OMB, le bien que ça m'a fait de partager cette inimaginable aventure avec quelqu'un. Je suis allée jusqu'à lui présenter le scan de la lettre... Ce qui la poussa à me dire :

« Tu devrais vraiment mettre tout ça par écrit, tu sais. En garder une trace. C'est tellement extraordinaire. Il ne faut pas que tu perdes le moindre souvenir de cette histoire... Et pour les bouts qui traînent, je suis sûr qu'ils vont refaire surface en écrivant, tu vas voir ! »

Et vous savez quoi ? Elle a eu parfaitement raison.

Je n'avais pas fini de lire la fin de sa phrase que j'avais déjà ouvert un nouveau fichier de traitement de texte sur mon ordi... Et que Tatie revenait de chez la voisine avec qui elle venait de suivre les heures d'angoisse qu'avait connu la population parisienne lors de ce pic de pollution... Sans se poser la moindre question à mon sujet... Je me suis résignée de chercher à comprendre pourquoi.

Jour après jour, je me mis à poser les mots que vous avez pu lire tout le long de ces pages. Un journal comme il doit en exister très peu... Les souvenirs se sont rafraîchis assez rapidement au fil des lignes... Cela se retrouva même aller encore plus loin le jour où je me rendis compte que je possédais des souvenirs qui ne m'appartenaient pas... Ils m’apparurent d'abord la nuit... Et finirent par arriver à n'importe quel moment de la journée. Je devais accepter une fois de plus l’improbable, à savoir posséder une partie de la mémoire d'un Seigneur du temps. J'ai bien une petite idée de ce qui a pu se passer pour que cela se produise, mais la raison... Mystère ! Je crois que je me pose trop de questions... Il faut admettre ne pas posséder l'ensemble des réponses, sinon...

C'est comme cette obsession soudaine pour les cravates. Pourquoi ne puis-je cesser de penser aux cravates ? Aux cravates du Docteur, s'il est nécessaire de le préciser. C'est un vrai thème récurent depuis plusieurs semaines. Ça s'insinue dans mes rêves, et j'ai la profonde impression que tout cela est important. Mais je n'arrive pas à mettre le doigt sur le pourquoi de cette importance... Et encore une fois, je me pose trop de questions ! Peut-être n'aurais-je jamais la moindre réponse à toutes ces interrogations. Je devrais me faire une violence et accepter cela. Me dire que c'est uniquement parce que le Docteur tient à son apparence et aime ses cravates que tout cela est devenu un tel leitmotiv... Mais je dois vous avouer que je n'y crois qu'à moitié...

Bon, d'accord, arrêtons là avec ces questions sans réponses. Et avançons un peu... Au fil du temps, j'ai aussi pris la liberté de parler de tout ça à quelques autres personnes. Mais toujours en prenant certaines précautions. En utilisant mon téléphone docteurisé pour commencer. Je ne veux pas passer pour une cinglée (je ne le peux pas, vu que j'en suis une !) mais j'avais peur que d'une manière ou d'une autre, un groupe type UNIT ou Torchwood (autre que celui de Cardiff, parce que dans ce cas, j'aurais accueilli ses membres à bras ouverts) me tombe dessus. Je ne voulais faire aucun tort au Docteur et n'avais aucune envie de m'expliquer à propos de toute cette histoire. Le seul à qui je désirais tenir des comptes était le Docteur lui-même. Il était le seul qui importait réellement.

Pardon. Je m'égare une fois de plus. Tout ça pour en venir au fait que j'ai annoncé à quelques autres personnes ma folle épopée. Des amies qui portent le doux nom de Loonies, et dont j'ai le bonheur de faire partie depuis quelques années. Cela demeure cependant un groupe réduit dont le quartier général est localisé sur un petit paradis du nom de RTC.

Ce fut en discutant avec l'une d'entre elles, Patricia – une très bonne amie, Patricia ! – que nous arrivâmes à la conclusion que cette histoire de cravate devait avoir son importance. Je vous épargnerai nos tergiversations... Puisque nous ne parvînmes à déterminer cette fameuse importance. Tout comme Stef, Patricia en vint à la conclusion que cela avait attrait à une histoire de Timey Wimey et que le Docteur referait son apparition pour me l'expliquer. J'ai tellement envie de les croire, si vous saviez... Et pourtant, bien malgré moi, j'ai du mal à le concevoir. Une chance aussi incroyable que rencontrer le Docteur ne se présente qu'une seule fois dans la vie, vous ne croyez pas... ?

Quoi qu'il en soit, plusieurs semaines se sont à présent écoulées depuis cette folle épopée. Le Docteur n'est toujours pas revenu...

Aujourd’hui, mon corps s'est totalement remis des bobos de cette journée épique. Et mes doigts sont en train de poser les derniers mots de cette aventure que j'adjectiverais du doux euphémisme de mémorable.

Oh et depuis plusieurs semaines, je me suis mise au sport. J'ai pris la lourde décision d'entretenir au mieux ce corps peu entraîné, juste au cas où, vous voyez... Au cas où tout cela puisse recommencer – oui, en fait, je ne peux m'en empêcher. Je fais du vélo d'appartement, des étirements, et je cours, je cours tous les jours... Cela n'a jamais été dans mes habitudes, mais seuls les idiots ne changent pas d'avis... Parait-il !

Les gens de mon entourage semblent penser qu'il s'agit d'un effet JO. Tiens... Parlons-en des Jeux Olympiques... De Londres bien entendu. Ça faisait des années que j'attendais de les voir arriver... Parce que depuis 2006, je ne cessais de me dire que le Docteur viendrait y faire son apparition. Malheureusement, il n'est pas venu... Mais ça ne fait rien ! Qui d'autre que les Loonies peuvent aujourd'hui dire sur Terre que le Docteur devait être en train de se balader à l'autre bout de l'univers ? Pas grand monde...

Pourtant, au fond de moi, j'aurais bien aimé le voir, allumer la flamme, cet emblème de l'espoir, de la paix et du dépassement de soi. Tout ce que représente le Docteur




Je suis à présent assise en plein milieu du parc de la Pépinière de Nancy. À deux pas de la place Stanislas... Oui, oui je sais, son nom vous dit quelque chose, et pour cause, puisqu'elle porte le nom du papa d'une certaine Reine de France !

En cette fin de mois d’août, il fait un temps magnifique. Le ciel est resplendissant. Il ne fait ni trop frais, ni trop chaud. Et installée dans l'herbe fraîche, à côté d'une statue, je regarde les gens autour de moi. Des enfants se lancent un ballon à quelques dizaines de mètres. Un jeune homme joue de la guitare et un groupe d’acrobates s’essaye au diabolique diabolo. Ce qui s'offre à mes yeux ressemble à ce que quiconque pourrait appeler le paradis. Et pourtant, je me sens vide, avec la sensation de ne pas appartenir à ce monde. J'apprécie ce que je vois, cette bonne humeur ambiante, ces rires, le chant des oiseaux et tout ce qui s'y rapporte... Mais je n'arrive pas à me sentir autrement qu'étrangère à tout ce qui m'entoure.

D'autant plus que tout le monde semble avoir totalement oublié – ou plutôt avoir mis de côté – l’ensemble des événements qui se sont produits à Paris. Ils ont accepté sans rechigner l'explication du pic de pollution. Cela me donne d'autant plus la sensation de vivre dans un univers à part...

Je me doute que cette sensation inhabituelle est un effet lié au fait que cette histoire fantastique touche à sa fin. Écrire ces pages l'a fait revivre... Mais tout est maintenant terminé. Le plus important à mes yeux est d'être certaine que tout cela ne fut pas un simple rêve.

À présent, il est important d'enchaîner sur une nouvelle lancée. Je n'ai aucune envie de devenir comme Amy Pond, la fille qui attend, et demeurer dans une expectative improbable du retour d'un homme aussi occupé que le Docteur. Être au courant de son existence est déjà un tel cadeau.

Aujourd'hui, en partie grâce à sa rencontre, j'ai plus que jamais besoin et envie de prendre un nouveau départ, devenir celle que je ne pensais peut-être pas pouvoir devenir... Cette histoire m'a ouvert les yeux sur la possibilité de réaliser ses rêves... Tant d'opportunités s'ouvrent à moi, que le Docteur soit là ou pas... Et peut-être que, ne sait-on jamais, au détour d'un chemin, ce merveilleux Seigneur du Temps finira un jour par...




Oh, excusez-moi, mon téléphone a encore fait ding...




OMB, fou rire ! C'est Stef. Je viens de lui faire lire ce que je viens d'écrire... Et pour la postérité, me dois de partager ce qu'elle vient de répondre :

« Oh oui tu as parfaitement raison. Et je n'ai qu'une chose à ajouter ! Le Docteur a intérêt à repointer au plus vite le bout de son nez pour que tu puisses continuer à écrire toutes ces... »

Oups, veuillez m'excuser, je suis très courue semble-t-il, SMS maintenant...

« Regarde à gauche...

OMB, OMB, OMB... Je n'y crois pas... Aucun son ne peut égaler cette mélodie de grincements.

Fin...?




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Dernière édition par MissTennantFantasy le Mer 9 Juil 2014 - 18:19; édité 84 fois
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MessagePosté le: Mer 1 Jan 2014 - 17:07    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 3 Jan 2014 - 18:53    Sujet du message: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012 Répondre en citant

Yeah ! L’aventure continue !!!



Je voudrais simplement dire que cette histoire est un magnifique hommage à tous les whoviens et les Rtciens .  
 Ma chère Miss, tu le sais déjà mais je tiens à le répéter à la vue de tous, c’est un honneur et surtout un immense plaisir de contribuer à l’écriture de cette fic très personnelle dans laquelle transparaît toute ta passion et qui me touche beaucoup et idwy aussi j’en suis sûr pour des raisons que vous découvrirez dans quelques semaines.
Je vous souhaite d’excellents moments de lecture.
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MessagePosté le: Dim 5 Jan 2014 - 12:16    Sujet du message: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012 Répondre en citant

Merci infiniment ma chère Rose, ce que tu dis me touche vraiment et... J'ai envie de dire que c'est très vrai! Cette fic est un hommage à vous tous qui comptez énormément pour moi. Il s'agit de l’histoire la plus personnelle que j'ai pu écrire jusqu'à présent... J'espère qu'elle vous touchera vous aussi!
Et le début de l'aventure commence... Maintenant! Chapitre 1 posté! Bonne lecture!
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MessagePosté le: Mer 8 Jan 2014 - 13:59    Sujet du message: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012 Répondre en citant

Le chapitre 2 est arrivé! Je vous souhaite comme toujours une excellente lecture! 
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MessagePosté le: Dim 12 Jan 2014 - 18:39    Sujet du message: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012 Répondre en citant

Malgré des soucis de connexion internet depuis plusieurs jours, j'ai la joie de vous annoncer que le chapitre 3 est parvenu à être posté!
Bonne lecture chers amis!
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MessagePosté le: Mer 15 Jan 2014 - 19:48    Sujet du message: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012 Répondre en citant

Voilà, le chapitre 4 est arrivé! Je vous souhaite une excellente lecture chers amis!
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MessagePosté le: Mer 15 Jan 2014 - 20:48    Sujet du message: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012 Répondre en citant

Je n'ai lu que très brièvement ton prologue, mais le vocabulaire utilisé est... étonnant   
Rien qu'un petit bout car je n'ai pas vraiment le temps mais sinon c'est complètement élégant  Mr. Green
N'as-tu jamais surpris quelqu'un tenant tennant   un livre remplit d'un vocabulaire soutenu qu'il te cache? 


Et bien cette fic me rappelle ce sentiment là.


Elle est tout simplement extraordinaire!
Un Dalek ne pourrait plus t'exterminer après tout ton boulot 


PS: Pourquoi je complimente quelqu'un qui a 16 ans de plus que moi?
Réponse: Parce que je suis une Béekienne.


PPS: Comment as-tu fait ton image de signature?
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MessagePosté le: Mer 15 Jan 2014 - 21:42    Sujet du message: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012 Répondre en citant

Merci beaucoup Big Badwie, tous ces compliments me touchent vraiment beaucoup! Par contre XD si jamais te prennait l'envie de lire mes fics ( ce que je te conseille de faire lol, après tout, elles sont là pour ça!), je te conseillerais de commencer par la première des aventures de Jenny. Certes, le style et le vocabulaire employés sont un peu moins soutenus et bien moins "professionnel" autant que je puisse considérer mes fics de "pro", mais une chose est sure, les personnages ont vu leur caractère, leur souvenirs et leur relations évoluer. Il est donc préférable de commencer par le début...
En ce qui concerne la signature, je l'ai créé moi même, my, il y a bien trois ans de ça... quand je me suis enregistrée ici! Une bon vieux petit montage photoshop très simple découpage de multiples photos de notre cher David parmi ma DTthèque plus que bien fournie ! Après, si c'est techniquement que tu veux savoir le faire, la poster sur le forum, je veux dire, c'est on ne peut plus simple, ça se fait dans ton profil!
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MessagePosté le: Dim 19 Jan 2014 - 18:24    Sujet du message: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012 Répondre en citant

Chapitre 5 posté! Je vous souhaite une excellente lecture!
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MessagePosté le: Mer 22 Jan 2014 - 13:02    Sujet du message: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012 Répondre en citant

Chapitre 6 posté, bonne lecture à toutes et tous mes chers amis!
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MessagePosté le: Lun 27 Jan 2014 - 11:56    Sujet du message: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012 Répondre en citant

Chapitre 7 posté! Je vous souhaite un agréable moment de lecture!  
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MessagePosté le: Mer 29 Jan 2014 - 18:12    Sujet du message: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012 Répondre en citant

Chapitre 8 dans la place, bonne lecture les amis!
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MessagePosté le: Mer 29 Jan 2014 - 22:30    Sujet du message: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012 Répondre en citant

Cool, une suite, encore! Question: cela s'arrête quand car je sais pas quand je vais commencer à le lire vraiment et si je commence trop tard y'aura peut-être encore une centaine de chapitres à lire...
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MessagePosté le: Mer 29 Jan 2014 - 22:38    Sujet du message: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012 Répondre en citant

My, je n'ai pas vraiment saisi le sens de ta question ^^... Je peux juste te dire que ce n'est pas près de s'arrêter. Paris 2012 comporte une 50aine de pages Word dans sont intégralité et au moins trois autres fics vont suivre à la suite de celle-ci...  Donc, j'ai envie de te dire, prends ton temps, tout ton temps, et lis une fic une après l'autre... Parce que les chapitres ne cesseront pas de paraître! Ce n'est pas un souci si tu ne lis pas tout ou si tu lis lentement... L'univers de Jenny est un univers vaste et presque aussi interminable que la série elle-même!
Je n'en dirai pas plus sans la présence de mon Docteur! Juste une chose, les aventures de Jenny ne sont pas prêtes de s'arrêter! 
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MessagePosté le: Dim 2 Fév 2014 - 20:10    Sujet du message: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012 Répondre en citant

chapitre 9 posé! je vous souhaite une excellente lecture à toutes et tous!
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:50    Sujet du message: Jenny's Adventures 7 : Trilogie Partie 2 : Paris 2012

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