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:: Much Ado About Nothing... again ::

 
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Idontwanttogo_01
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Localisation: Canada ou quelque chose comme ça

MessagePosté le: Dim 24 Juin 2012 - 02:30    Sujet du message: Much Ado About Nothing... again Répondre en citant

En relisant les fics sur Shakespeare (pour le concours des 2 ans), en me refaisant MAAN pour la 14 000e fois et en relisant la pièce, j'ai eu envie de faire une suite à Shakespeare. Je vais essayer de respecter le ton du Barde. Et prier pour que son fantôme ne vienne pas me hanter avec un "Comment oses-tu?"   
 
 
Résumé : Un peu plus d'un an après la fin de l'histoire originale de MAAN, le Prince Don John est toujours célibataire et la venue d'une autre célibataire endurcie (Lady Francesca) est prétexte à certaines manigances pour des fiançailles semblables à celle de Béatrice et de Bénédicte. Si seulement sa suivante et elle n'avaient pas inversés leurs habits! Quant à Béatrice, elle ne sait pas trop comment annoncer et gérer l'arrivée de la cigogne dans quelques mois. Tout s'emmêle encore un peu plus quand des rumeurs circulent (peut-être à cause de Don Pedro, le frère bâtard du Prince) que le bébé pourrait venir du Prince plutôt que du Seigneur Bénédicte.    
 
 
Public : PG 13, en partie à cause du langage un peu ampoulé, en partie à cause du sujet bébé-relation de couple-etc. Rien de plus osé que dans la pièce originale.    
 
 
 
Disclaimer : la pièce originale est de William Shakespeare, l'adaptation théâtrale jouée par David et Catherine de Miss O'Rourke.    
 
 
Reviews, critiques et commentaires très appréciés. Ce n'est pas mon style ou mon personnage habituel alors si je peux m'améliorer, tant mieux!    
 
 
    
 
 
 
La liste reprend tous les personnages de la pièce de théâtre de 2011. Les nouveaux sont en bleu et suivis d'un N.    
 
 
 
Citation:
 
Don Pedro : le Prince    
 
 
 
Don  John : frère bâtard du Prince    
 
 
Benedick :     
 
 
 
Claudio :     
 
 
 
Conrade :     
 
 
 
Borachio :     
 
 
 
Frère Francis : prêtre    
 
 
 
Leonato : gouverneur de Messine    
 
 
 
Innogen : épouse de Leonato    
 
 
 
Hero : fille de Léonato    
 
 
 
Béatrice : nièce de Léonato    
 
 
 
Général Sextus de Camador (N)    
 
 
 
Francesca di Camador : sa fille (N)    
 
 
 
Louisa : sa suivante (N)    
 
 
 
Ursula : matronne de Léonato    
 
 
 
Angelo : époux d’Ursula    
 
 
 
Margaret : leur fille, servante chez Leonato    
 
 
 
Maria : servante    
 
 
 
Boy : son fils    
 
 
 
Titus : serviteur de Léonato    
 
 
 
Dogberry : Master Constable    
 
 
 
Verges : son bras droit    
 
 
 
Georges Seacoal : membre de la Watch    
 
 
 
Hugh Oatcake : membre de la Watch    
 
 
 
Sexton : officier local    
 
 
 
Balthasar : un musicien local    
 
 
 
 
 
 
 
   
 
ACTE I 
 
Citation:
 
BÉATRICE 
Je devine à ce nuage de poussière là-bas que les capitaines et les jeunes gens de notre cavalerie seront bientôt de retour de leur tournée d’inspection. À dire vrai, cousine, je souhaiterais presque une rage de dents plutôt que leur retour. 
 
 

 
HÉRO 
Est-ce donc ce qui te tient éveillée depuis une semaine, cousine? 
 
 

 
BÉATRICE 
Si seulement! Je saurais comment la traiter! Je pourrais la faire taire à grand renfort de poudre calmante ou bien me soumettre au bourreau et à sa pince comme un simple cheval que l’on doit traiter. Mais je suis plutôt une de ces bêtes qui grognent leur dépit. Pardon, Héro, je ne suis pas d’une humeur charmante. 
 
 

 
HÉRO 
Le retour du Seigneur Bénédict devrait calmer cette infection. 
 
 

 
BÉATRICE 
Au contraire! Il est le couteau qui a causé la blessure, le poison qui attaque mes veines et le sel que l’on y a trop aimablement versé. Le Seigneur Bénédict est probablement d’ascendance égyptienne puisqu’il m’apparaît comme la huitième plaie!  
 
 

 
HÉRO 
Souffres-tu donc tant de cette plaie, cousine, ou bien de son absence? 
 
 

 
BÉATRICE 
Il est parti si joyeusement avec ses compagnons, s’amusant de retrouver le bon vieux temps… Et qu’a-t-il de son bon « ce vieux temps »? À l’en croire, on le dirait parfumé d’essences divines et coloré des vermillons et des ors de la guerre alors que je ne sens que la poudre et le sang des morts. Il faut bien être un homme pour briller à la guerre et s’en revêtir en même temps que leur uniforme! Comme si c’était l’uniforme qui donnait les ordres : ‘marche, tue, meurt’. 
 
 

 
HÉRO 
Si c’était vrai, nous pourrions envoyer les uniformes parader à leur place, prendre les balles à leur place et garder les hommes ici, à nos côtés. 
 
 

 
BÉATRICE 
Chez certains, ce vêtement est cousu sur l’envers de la peau et il est tout simplement impossible à retirer. Comme ces chiens de chasse trop vieux et qui frémissent encore au son du cor, on n’enlève pas la guerre d’un homme quand ils sont si intimement mêlés. Ils n’ont même pas besoin de leurs oreilles, c’est un signal invisible qui les fait bondir instinctivement. J’aurais cru le Seigneur Bénédict trop épris de sa liberté, mais il a l’honneur chevillé au corps. Il plaisante et fait le pitre, joue les indifférents et les victimes, mais il répond immédiatement au moindre ordre militaire. Si sa paume entre en contact avec la garde d’une épée, l’éternel gentilhomme se transforme en guerrier en un clin d’œil. Et ce noble personnage n’a que faire d’une femme. Encore moins de la sienne. 
 
 

 
HÉRO 
Paix, cousine, paix. Tous les nobles jeunes gens sont militaires et l’appel du devoir est autant pour le noble que le guerrier. Laisse-les partir pour défendre nos domaines, ils n’ont de cesse de revenir dans leurs terres pour s’y reposer et goûter les plaisirs simples. 
 
 

 
BÉATRICE 
N’est-ce pas là l’excuse que ce vieux général a donnée pour que nous accueillions sa fille pour un séjour de quelques semaines? Si j’ai bonne mémoire, il approuve nos plaisirs simples de la campagne, loin des mauvaises mœurs de la cité et à l’abri des batailles. Si je pouvais lui décrire à quel point l’enfer et Messine se ressemblent! 
 
 

 
HÉRO
Je soupçonne plutôt une énième tentative du général pour marier sa fille. Lady Francesca est une beauté très populaire, mais elle refuse tous les soupirants. Peut-être a-t-il entendu parler du miracle de Messine et tente-t-il de le reproduire? Ici, les morts ne le sont jamais tout à fait, la conquête des cœurs imprenables est soudainement possible et même les bâtards parviennent à trouver la rédemption et une façon de racheter leurs pires fautes.
 
 
 

 
BÉATRICE 
Si tu fais allusion au frère du Prince, Don John, je ne sais que penser de lui. Il aura beau jurer de sa nouvelle fidélité, sa présence me donne tout de même le frisson. Quant au reste… Si c’était vraiment l’Éden, je serais toujours innocente et non remplie de rancœur à l’égard du Seigneur Bénédict.  
 
 

 
HÉRO 
Il n’y a donc rien qui puisse t’égayer? Allons, nous sommes toujours à Messine et il y a certainement moyen d’oublier pour un moment les idées les plus sombres. Je vais appeler les musiciens et ils chanteront pour toi des airs joyeux et plein d’entrain. 
 
 

 
BÉATRICE 
On aura beau noyer le scorpion dans le sucre, sa piqûre sera toujours aussi mortelle. Pour ma part, je suis devenue de ces femmes auxquelles j’avais juré ne jamais m’identifier. J’attends et m’arrache les cheveux par poignées durant son absence. Et quand le Seigneur Bénédict reviendra, il me trouvera aussi chauve qu’un œuf. On répétera ensuite à travers les collines que Messine héberge une bête de foire : Béatrice, la chauve qui ne sourit point. 
 
 

 
HÉRO 
Nos époux seront avec nous ce soir. Patience, cousine. 
 
 

 
BÉATRICE
Présents ou non, ils ont mis en évidence que je ne suis plus Béatrice.
 
 
 

 
HÉRO 
Qui es-tu alors? 
 
 

 
BÉATRICE 
Je l’ignore, c’est bien mon calvaire. Je me suis offerte à lui et j’ai été perdue. Il faudrait peut-être quelque magie des contes de fées pour me faire retrouver le chemin vers moi-même. L’amour est cruel. 
 
 

 
HÉRO 
Je ne comprends plus rien : tu désespères du Seigneur Bénédict tout en le vouant aux pires supplices. Tu le compares aux pires maux tout en souffrant de son absence.  
 
 

 
BÉATRICE
Ce n’est pas incompatible. J’ai été touchée par la flèche de Cupidon. Son doux poison s’est glissé jusqu’à mon cœur pendant que je saigne à mort par la blessure de la flèche. Il a fallu des mois pour me tuer, mais c’est chose faite. J’aime et cet amour m’a tuée.
 
 
 

 
HÉRO 
Oh non, non, pitié, chère Béatrice, ne meurt pas! Tu n’as pas tout sacrifié sur l’autel d’Aphrodite, j’en suis sûre. Quelque part, ma cousine existe encore. Je prierai tout le Panthéon grec s’il le faut. 
 
 

 
BÉATRICE
Cet excès d’enthousiasme ne viendrait-il pas de ta nouvelle adoration à la déesse de la famille, la douce Héra? Que dira notre cher Claudio en apprenant qu’il ne défend plus seulement ses terres mais son héritier? Quoi? Pourquoi le rouge monte-t-il à tes joues? Ton père n’a-t-il pas prévu une grande fête pour célébrer cette annonce?
 
 
 

 
HÉRO 
Alors que ma mère prétend être trop jeune pour être grand-mère, il se surnomme déjà papy et distribue les cadeaux avec plus de largesse que le ferait le père.  
 
La servante Margaret entre et donne un pli à Héro qui le lit et sourit. 
 
 

 
HÉRO 
Le général Henrico di Camador et sa fille, Lady Francesca, annonce leur arrivée pour ce soir. Douce Margaret, veille à ce que les appartements d’honneur soient prêts. Le vieux général a une réputation de susceptibilité et il faudra lui témoigner tout le respect possible. Et, je crois que quelques bouteilles de vin supplémentaires seraient les bienvenues sur la table du dîner. 
 
Margaret sourit et sort. 
 
 

 
BÉATRICE
Voilà à quoi nous en sommes réduites! Veiller à étouffer l’ennui d’un vieux soldat dans la boisson et présenter notre petite vie ordinaire à sa fille en lui faisant croire à l’extraordinaire.
 
 
 

 
HÉRO 
Tu sais bien que l’on prête d’autres intentions à Lady Francesca. Son père la force dans le grand monde à la recherche de beaux partis. Tu sais, à bien réfléchir, peut-être viennent-ils à cause du Prince. Voilà près d’un an qu’il s’est exilé à Messine pour y goûter la paix. Ce n’est certes pas mon père qui lui jetterait une femme à mariée à la tête. Le Prince est aussi peu enclin au mariage que… 
 
 

 
BÉATRICE 
…que moi je l’étais. 
 
 

 
HÉRO 
Mais il n’a pas l’excuse! Il DOIT penser au futur. Aussi, l’occasion de présenter sa fille à Don Pedro doit avoir motivé le voyage du général à Messine. Gageons qu’il court au désastre. Je n’imagine pas notre Prince rennoncer à Mars pour Vénus. 
 
 

 
BÉATRICE
Il n’a jamais renoncé à Vénus, je te le dis. Et ce n’est pas un disciple de Mars. Simplement, il cherche la femme qui l’aimerait pour sa personne et non pour sa couronne. À ce jour, il ne s’en est pas trouvé une pour ne pas être éblouie par le trône. À sa façon, Don Pedro cache sa sensibilité sous son armure et il n’a pas le loisir de sacrifier à la carte du tendre. S’il devenait trop mou, la couronne lui tomberait sur le cou et l’étoufferait bien vite.
 
 
 

 
HÉRO 
Tu parles du Prince avec intelligence et d’affection. Est-ce qu’il ne t’aurait pas tenté de devenir sa compagne? 
 
 

 
BÉATRICE 
Il méritait une meilleure femme que moi.  
 
 

 
HÉRO
Meilleure? N’était-ce pas plutôt que Bénédict avait déjà pris toute la place dans ton cœur?
 
 
 

 
BÉATRICE
L’échine d’une reine doit être à la fois rigidifiée par l’honneur et souple pour s’accommoder de tous les devoirs. Elle doit accepter d’être l’image inhumaine sous la couronne et l’âme d’une nation. En bref, elle n’a pas plus d’identité que ce que lui permettent ses loisirs inexistants. Tout ce que j’avais était mon identité. Je n’étais pas prête à y renoncer.
 
 
 

 
HÉRO 
Pourquoi parler au passé? Tu y renoncerais donc à présent? 
 
 

 
BÉATRICE 
Je n’ai pas le choix : c’est chose faite. Je ne suis plus moi-même, je te l’ai dit! 
 
 

 
HÉRO  
Eh bien, j’entends un grand remue-ménage dans la cour : voici nos Seigneurs de retour. Espérons qu’ils auront retrouvé ce quelque chose qui te manque tant, chère Béatrice. 

 
 
 
Citation:
Bénédict, Claudio et Don Pedro entrent fièrement. Tous le monde est là et les retrouvailles sont heureuses 
 
 

 
DON PEDRO en parlant de Claudio 
Gentes dames, ce noble vermisseau a failli crever son cheval sous lui à force de le presser pour revenir plus vite. Alors oubliez la crasse de nos uniformes et l’odeur de poudre et faites-nous bon accueil. 
 
 

 
BÉNÉDICT 
La poudre? La guerre? À peine une escarmouche, dirais-je. Nous devons plutôt décrire cette envolée comme une longue cavalcade entrecoupée de quelques coups d’épées. À l’exception d’un fer perdu, cette campagne a été aussi ennuyeuse qu’un sermon!  
 
 

 
LÉONATO 
Alors réjouissez-vous, car il ne peut être question d’ennui avec la grande nouvelle qui vous attendait! Il faut excuser l’impatience de la vieillesse et l’expliquer par la joie d’un père. Ma fille, dites la chose! 
 
 

 
HÉRO 
La surprise n’en est pas vraiment une, car si notre union a été marquée par l’amour, elle devait aussi engendrer d’autres sources d’affection. Alors, mon époux, apprenez que notre lit a désormais des fruits et que mon corps protège désormais votre héritier!  
 
 

 
DON PEDRO 
Et bien, notre vermisseau ne plus garder ce nom! Il faut réellement t’appeler homme, car un futur pater familias doit avoir plus de poids et témoigner de sa qualité. 
 
 

 
CLAUDIO 
Je ne me soucie pas de mon nom, mais je songe à celui d’un enfant. Et constatez mon étonnement : j’étais un simple garçon prêt à manier l’épée et, en moins d’un an, je suis transformé. 
 
 

 
DON PEDRO 
Je n’entends aucune plainte. 
 
 

 
CLAUDIO 
Je n’en ai aucune, mon Seigneur. Et que le ciel me foudroie si je ne remercie pas ma bonne étoile! Et celle que le ciel m’a permis d’épouser. 
 
 

 
LÉONATO 
J’espère que vous ne serez point étonnés alors de ma volonté de fêter cette nouvelle. Dès ce soir. Le vieux général di Camador arrive justement. Il sera satisfait de ce déploiement et pourra s’en attribuer tout l’honneur. 
 
 

 
BÉNÉDICT 
Le général di Camador? Pourquoi viendrait-il à Messine?  
 
 

 
DON PEDRO 
Il m’a écrit voilà quelques semaines. Il paraît que les troubles dans ses domaines lui font craindre pour la sécurité de sa fille et il préfèrerait la mettre à l’abri ici durant un temps. 
 
 

 
BÉNÉDICT 
C’est donc chez lui que nous aurions dû galoper. Le danger semble meilleur au loin. 
 
 

 
BÉATRICE 
Vous seriez donc prêts à repartir dans la minute? 
 
 

 
BÉNÉDICT 
Partis à la poursuite de quelques occasions de briller, nous revenons couverts non point d’éclat mais de fatigue. Quelle gloire peut être la nôtre en ce cas? 
 
 

 
BÉATRICE 
Et si vous aviez trouvé le manteau de Dame la Mort plutôt que de nouvelles décorations pour votre poitrine, votre supériorité masculine aurait-elle trouvé satisfaction?  
 
 

 
BÉNÉDICT 
Vous admettez donc notre supériorité, chère Béatrice? Voilà bien la preuve que la fin du monde est proche. J’aurais juré que vous auriez préféré souffrir les mille tortures imaginables plutôt que laisser certains mots s’échapper de votre bouche. Non que ces compliments m’embarrassent, mais ils sont par trop étonnants venant de vous. Entendez, mes amis, la valeur que Béatrice accorde à son époux et les présents qu’elle offre pour mon retour! 
 
 

 
BÉATRICE 
Ne vous flattez pas trop, Seigneur Bénédict. Pour ce qu’elle a de supérieure, votre masculinité n’a d’égale que votre  stupidité à vouloir la prouver à tout prix. À force d’être écrasé d’honneur et de vous donner sans compter à la gloire, il ne restera plus bientôt de vous qu’un être courbaturé et inutile. Voilà ce que le mariage m’a donné : un vieillard avant l’âge! Si encore il avait la sagesse qu’apportent les années plutôt que le poids de toutes les médailles, il ne se serait pas contenté d’apprendre à les accrocher, mais également à nager avec elles! Ainsi, il ne se noierait pas dans l’autosatisfaction! 
 
 

 
CLAUDIO 
En toute confidence, j’ai l’impression qu’elle est en colère contre toi et je commencerais à ramper pour son pardon. 
 
 

 
BÉNÉDICT 
Ma foi, pour ce que j’en sais, je ne suis coupable que d’avoir été absent, comme vous tous, et je n’entends pas de complainte de la part de la douce Héro. Pourquoi cette faute qui n’en est pas une devrait-elle être uniquement la mienne? 
 
 

 
LÉONATO 
Allons, ma nièce, en voilà une façon d’accueillir votre seigneur.  
 
 

 
BÉATRICE 
Je ne veux ni d’un rampant, ni d’un noyé, ni d’un mort. Je ne souhaitais même pas d’un époux et ce sont vos tricheries qui m’ont emprisonnée dans cet état. Honte à vous, nobles seigneurs. 
 
 

 
BÉNÉDICT 
J’ose croire que vous êtes d’humeur méchante à cause d’un événement dont je ne connais pas la raison et non par ma faute. Comment cela se pourrait-il quand, en toute honnêteté, j’ai mis à vos pieds tout ce que je possédais?  
 
 

 
Béatrice s’écarte et Héro essaie d’alléger l’atmosphère. 
 
 

 
HÉRO 
La joie nous fait dire des sottises… et oublier le temps. Il nous faut à présent s’occuper de l’arrivée du général qui est autrement plus exigeant que vous, nobles messieurs. Ne vous en déplaise, pour le moment, nous remplacerons les canons par les violons et les rations militaires par une table bien garnie! 
 
 

 
Tous quittent. Héro et Béatrice se retrouvent seules. 
 
 

 
HÉRO 
Explique-toi à présent, car il m’apparaît clairement que tu n’as pas dit toute la vérité. Pas plus à moi qu’au Seigneur Bénédict. Cette colère ne te ressemble pas. 
 
 

 
BÉATRICE 
J’ai pour excuse de ne plus être moi-même, cousine. Quant au seigneur Bénédict, il a toujours été l’objet d’attentions particulières de ma part. 
 
 

 
HÉRO 
Rarement de façon aussi acide. Il y a toujours eu quelques plaisanteries un peu rudes entre vous, mais jamais autant d’animosité. Qu’a-t-il donc fait pour te changer ainsi? Confie-toi à moi, je t’en prie. 
 
 

 
BÉATRICE 
Ce qui apparaît comme un trésor pour l’une semble un présent des fées à une autre. Pour tous les bienfaits qu’elles donnent, il y a toujours un revers. Et j’ai bien peur désormais de connaître le mien. Il y a quelque folie en moi qui rend impossible que je sois satisfaite de mon nouvel état. Parce que j’ai offert mon cœur au Seigneur Bénédict, je suis piégée désormais par mon corps. Et si mon avenir devait résonner d’un mot, je n’aurais pas pensé à celui de marmot! C’est comme si un navire neuf était mis à l’eau pour couler aussitôt. 
 
 

 
HÉRO 
Comparer une naissance à un naufrage… 
 
 

 
BÉATRICE 
Le présent des fées, je te le dis. La beauté récompensée par la laideur, la richesse par la misère et la joie par le malheur. Je pressens que des jours sombres s’annoncent. 
 
 

 
Héro essaie de rassurer Béatrice, puis elles sortent. 

 
 
 
Citation:
Discrètement et sans avertissement, Lady Francesca et sa suivante, Louise, arrivent. Les serviteurs déposent plusieurs bagages et font de multiples allers-retours pendant leur discussion. 
 
 

 
Lady Francesca : environ 25 ans, le cheveu noir tressé en une épaisse couronne épinglée autour de la tête, vêtue d’une simple robe prune 
Louise : environ 25 ans, brunette, chignon sur la nuque, vêtue d’une simple robe verte 
 
 

 
LOUISE 
On dit que le prince Don Pedro s’est exilé dans ce domaine magnifique depuis les guerres d’Arbram et je comprends pourquoi. Tant de verdure est prompte à faire oublier la laideur des batailles et le soleil se charge de faire fondre les dernières réticences à profiter de tout. On vivrait ici une vie de bohème jusqu’à la fin de ses jours sans que Dieu y trouve à redire à la tâche.  
 
 

 
LADY FRANCESCA 
C’est un cadre propre à la douceur, j’en conviens, mais je n’y vois que manigances paternelles pour forcer un mariage dont je n’ai que faire. Tout paradis cache un serpent prêt à siffler la trahison, ma mie,  et je connais trop bien ce reptile-là! Mon père n’a pas que des ambitions pour lui et il rêve de me voir convenablement établie. Et bien que la pomme que l’on veut me tendre a de l’éclat, je connais le poison qu’elle recèle. Je n’en mangerai pas, même si elle a pour nom Don Pedro. 
 
 

 
LOUISE 
Il y a pire destinée que celle d’épousée. Surtout de celui-là. 
 
 

 
LADY FRANCESCA 
Nommez-m’en une moins pénible et j’y réfléchirai. Comme dans tout pays noble, il est de bon aloi de chasser la jouvencelle.  Lorsqu’on dit faire sa cours à la demoiselle, moi, j’en entends chasse à courre. Le cor sonne et c’est la cavalcade qui se termine par la mise à mort. Après avoir rapporté le trophée à la maison et distribué les bons morceaux, on envoie la peau à l’équarisseur, on jette les restes aux chiens. Que reste-t-il du splendide animal qui faisait bruisser les sentiers de son pas agile le matin-même? Les époux rassis finissent comme de vieilles bêtes. Encore heureux quand le mari n’arbore point de cornes à cause des yeux de biche de sa femme et qu’il ne trouve bonheur que dans la tromperie et la duperie. On parle d’éternité à propos du mariage alors qu’on a plus souvent l’occasion d’apprécier la dégénérescence d’une relation qui a duré bellement le temps qu’un cerf a eu de sursis avant d’être occis!  
 
 

 
LOUISE 
Vous n’avez pas le choix de vous exécuter. Je dirais même que vous n’avez pas le droit de vous en plaindre. 
 
 

 
LADY FRANCESCA 
Ton choix de mots est atroce, Louise.  M’exécuterais-je avec une hache ou par la pendaison? Et si je dois le faire seule, qu’en dira le public, de cette femme qui se croit suffisamment supérieure pour prétendre trépasser de sa propre main? 
 
 

 
LOUISE 
Vous savez que je dis vrai. Et je connais votre indulgence. Vous finirez par plier, non par faiblesse, mais par honneur et pour l’amour de vos gens, qui attendent de vous que vous leur donniez un protecteur. Ainsi va le monde. 
 
 

 
LADY FRANCESCA 
Oui, ainsi va le monde. Je me ferais bien criminelle pour ne point suivre ses lois.  
 
 

 
LOUISE 
Vous êtes gâtée de votre liberté par votre père, je le pense, et trop habituée à n’en faire qu’à votre tête. Je connais certains qui, loin de flatter un cheval, dire qu’il est de race et admettre qu’il gagnerait à être entrainé à l’étrier, jurerait qu’une telle tête de mule devrait être matée à grands coups de cravache. De ce que j’en sais, la cravache de votre père sert peu, ma dame.  
 
 

 
LADY FRANCESCA 
Et la mienne trop, sans doute. Je t’en demande pardon, Louise. Et à mon père aussi. Je connais bien vos intentions à tous deux et je les sais fort bonnes envers moi. Tu sais que je répugne moins aux attentions amoureuses qu’à cet espèce de marchandage de la femme. Je ne désire être ni biche, ni cheval de race, ni mule, ni présent, ni trésor, ni otage ou esclave. Mais bien peu achèterait pareille créature au marché. 
 
 

 
LOUISE 
Silence, maintenant, car voici votre père et il s’offenserait de voir ses plans dévoilés ainsi. 
 
 

 
Le Général fait son entrée d’un côté, Léonato et les siens de l’autre. L’accueil est chaleureux. 
 
 

 
LÉONATO 
Bienvenue, deux fois bienvenue, général Di Camador. Votre réputation vous précède et ma maison est honorée de vous accueillir. Ne dit-on pas que votre charge lors de la bataille  des plaines d’Arbram vous a valu d’être salué par le chef ennemi après sa défaite? 

 
 
 
GÉNÉRAL DI CAMADOR  
On le dit, on le dit. Mais les plaines d’Arbram appartiennent à un passé lointain, peut-être même avant le Déluge, ce qui expliquerait la morgue et l’audace de ceux qui font des misères à mes métayers. Ils verront bientôt que l’ancêtre est toujours capable de pousser son cri de guerre et que la charge de l’époque n’est pas si mythique. Voici ma fille Francesca et sa suivante Louisa dont vous prendrez bien soin pendant que je vaque à mes devoirs. 
 
 

 
LÉONATO à Francesca et Louisa qu’il ne peut différencier 
Et vous, mesdemoiselles, soyez bénies pour apporter par votre présence un surcroît de fraîcheur à notre contrée.   
 
 

 
HÉRO 
Soyez assurées que nous n’avons pas manqué de veiller à votre confort durant votre séjour. S’il vous faut quoi que ce soit, Marguerite pourra suppléer à vos demandes. Nous avons prévu une fête ce soir, en votre honneur, général di Camador. 
 
 

 
GÉNÉRAL DI CAMADOR 
Ne vous occupez pas de moi. Si je peux installer ma garde dans ce petit vallon  au sud est, je vais donner mes ordres à mes capitaines. Installez ces demoiselles dans leurs appartements et ayez l’œil à leur confort.  
 
 

 
Le général sort avec Léonato. Les autres s’occupent des bagages. Héro se rapproche des deux demoiselles, incertaine de différencier la Lady de la servante. 
 
 

 
LADY FRANCESCA, en s’inclinant légèrement vers Louisa 
Les présentations ont été un peu hâtives et il ne faudrait pas confondre l’une et l’autre. Alors, voici Lady Francesca. Et je suis la simple Louisa. 
 
 

 
HERO 
Simple, mais bonne, puisque vous m’évitez un impair. Et suffisamment sage pour ne pas vouloir d’embarras à votre maîtresse. 
 
 

 
LOUISE 
Ce n’est pas ce que vous pensez! 
 
 

 
LADY FRANCESCA, la coupant 
Je dirais même plus, n’y voyez pas de surprise si le Général s’adresse indifféremment à l’une de nous deux comme étant sa fille. Son œil droit n’est plus aussi droit qu’avant et, si je dois avouer, son œil gauche est probablement pire. C’est devenu un simple tracas et une petite habitude de famille que de rattraper ces écarts amusants. Il fait ainsi les présentations les plus embrouillées et les invités n’ont de cesse de redemander nos noms sitôt qu’il s’est éloigné. 
 
 

 
HÉRO 
Nous essaierons de ne pas le lui laisser voir, mais il est bon de le savoir. Je vais donner les derniers ordres pour votre emménagement et je ferai dire au sujet du Général qu’on lui doit respect et passer cette coquetterie. 
 
 

 
Héro sort. Louise retient Francesca qui s’apprêtait à suivre Héro.  
 
 

 
LOUISE 
Mais quelle malice vous prend? Me faire passer pour vous? Cette mascarade ne durera pas!  Et qu’en dira votre père? 
 
 

 
LADY FRANCESCA 
Une nouvelle étourderie, une amusette de ma part, rien de plus. Une plaisanterie. Et j’entends la faire durer. Tu l’as entendu, chère Louise, mon père prendra ses quartiers hors de cette maison. Alors voilà ma chance d’en profiter. On se livrera entre ses murs à mille empressements autour de Francesca afin de la marier et on suppliera la servante de tout raconter à son sujet. Quelles fleurs aime-elle? Entend-elle la poésie ou la musique? Qu’en est-il de la danse ou de la philosophie? Que porte-elle le mercredi et quel livre jaloux traîne-t-elle partout? 
 
 

 
LOUISE 
J’aurais pu répondre à tout cela! 
 
 

 
LADY FRANCESCA 
Certes, et à bien d’autres encore. Mais pendant que la flamboyante Francesca les fera tirer la langue, sa suivante aura une place aux premières loges pour observer leurs petites manigances.  
 
 

 
LOUISE 
Vous n’oserez pas! 
 
 

 
LADY FRANCESCA 
Je t’en supplie, Louisa, tu l’as dit, je vais me plier de bonne volonté un jour prochain. Laisse-moi cette dernière escapade. Dis oui. Par pitié! 
 
 

 
LOUISE 
Avec des idées de diableries, ne me faites pas croire que toute cette aventure finira divinement. 
 
 

 
LADY FRANCESCA 
Très bien. Alors disons ceci : mon comportement sera angélique en toute circonstance et  je ne ferai rien qui pourrait te choquer ou te peiner. Tu ne pourras rien me reprocher. Et mon père non plus.  
 
 

 
LOUISE 
Je n’aime pas ça. Mais je le ferai, car je crois que c’est le remède qui vous guérira. Et pour commencer… tu porteras mes bagages jusqu’à la chambre. 
 
 

 
Elles sortent. 

 
 
ACTE II 
 
Citation:
Lieu : salle de bal et pièces attenantes 
 
BÉATRICE 
Voilà bien une heure que je vous vois pleurer d’ennui, mon prince. On jurerait que vous êtes à la torture et non au bal. Chassez cette petite mine et intéressez-vous à notre timide Francesca, qui n’a pas dit vingt mots de la soirée. 
 
 
 
 
DON PEDRO 
Pourquoi faut-il que les femmes haïssent tant le silence? Si je suis bien dans ce coin et tout à fait capable de penser tranquillement et profiter à ma façon de la fête sans faire toutes les simagrées dont vous m’accablez, pourquoi la Lady n’en ferait-elle pas autant? On se gave de paroles comme une oie et l’on finit en conflit; on se saoule de mots comme un ivrogne et on devient un raisin sans raison.  
 
 
 
 
BÉATRICE 
Faites un effort. Je sais de source sûre que, si son père verrait bien une alliance avec la Couronne, elle-même n’en a que faire. Vous ne risquez aucune œillade de sa part. C’est une courtoisie obligatoire de vous présenter à elle. Si vous ne le faites pas, qu’en sera-t-il de votre réputation? 
 
 
 
 
DON PEDRO 
Je me demande pourquoi c’est la menace que l’on me ressort chaque fois comme si c’était la fin du monde. Que m’arriverait-il si, soudainement, on découvrait que le Prince Don Pedro est maussade, introverti, silencieux et capable de soupirer d’ennui lors des plus belles fêtes? Est-ce qu’on s’exclamerait : ‘Votre Altesse, libérez le royal trône de votre Royal et ennuyant derrière! Nous y mettrons quelqu’un de plus joyeux.’? Ou bien peut-être qu’on chuchoterait avec des airs mystérieux à toutes les demoiselles : ‘Quel homme!’, les laissant ainsi à la fois intriguées et angoissées par ma personne. Ce serait un tel soulagement! Oh, Béatrice, cessez vos réprobations muettes. Vous parvenez à faire d’un prince malicieux un courtisan repentant.  Alors constatez que c’est en toute amitié que votre homme de paille préféré s’exécutera, car ce n’est pas par amitié que vous me poussez vers Lady Francesca, je le sais bien. Votre cœur est rongé de jalousie devant les manies de notre Bénédict, n’est-ce pas? Je les observe depuis tout à l’heure et je vous observe de même. Tandis que lui est inconscient de votre émoi, vous, au contraire, ne manquez aucune de ses pitreries. Ne craignez rien, pourtant, car même s’il joue les bouffons, il a l’honneur. 
 
 
 
 
BÉATRICE, ennuyée 
C’est ce qu’on me dit. 
 
 
 
 
DON PEDRO 
On peut lui reprocher ses fantaisies et ses exagérations, passons sur ces manies ridicules et sa barbe trop noire qui lui donnent des airs de pirate et de barbare. Pelons quelques couches comme un oignon et il restera de lui un cœur d’or. Quoi, cet oignon vous arrache une larme ou deux? Qu’à cela ne tienne! Je le cuirai à l’étouffée, ma mie, et je l’apporterai à votre table où il sera pieds et poings liés sur une grande assiette d’argent. Retrouvez le sourire, Béatrice, votre air ne convient pas à la fête et je pourrais me mettre à pleurer simplement pour vous accompagner.  
 
 
 
 
BÉATRICE 
N’en faites pas trop. Et allez présenter vos respects à Lady Francesca. 
 
 
 
 
DON PEDRO 
Dire que l’on me croit tout puissant et qu’il suffit d’un mot pour me faire avancer contre mon gré! Madame, je salue votre force! (s’approchant de la fausse Lady Francesca, s’incline et lui fait un baise-main élégant). Pardonnez mon retard, Milday, mais j’hésitais à m’approcher de votre soleil. Vous êtes en beauté, inutile de le nier. (à la vraie Lady, déguisée en suivante) Comment faites-vous pour supporter tant d’éclat, mademoiselle? À moins que ce ne soit sur fond de nuit qu’il faille vous observer? Ne dirait-on pas, cher Benedict, la lune et le soleil devant nous? 
 
 
 
 
BENEDICT 
Quoi, vous jouez les candides et les innocents, en sachant fort bien que Béatrice me jette mille regards de colère depuis une heure! Vous pouvez bien admirer tous les astres du ciel si le cœur vous en dit, mais veillez à sauver d’abord votre ami fidèle! La gravité m’attire ailleurs, alors au revoir! 
 
 
 
 
LOUISE 
Je n’avais pas réalisé que je le monopolisais et qu’il se forçait à jouer les hôtes charmants. Il ne semblait pas s’en plaindre. 
 
 
 
 
DON PEDRO 
Qui oserait se plaindre de votre présence mériterait le titre de goujat et, si je pourrais attribuer bien des noms au seigneur Benedict, celui-là n’en ferait pas partie. Ne vous occupez pas de ce petit jeu entre vieux amis : nos plaintes sont sans plus de fondements que les reflets d’un miroir.   
 
 
 
 
LOUISE 
Il semblait pourtant préoccupé. Tout comme son épouse. Je l’ai bien vu. 
 
 
 
 
DON PEDRO (à la blague) 
Je le suis également préoccupé. Comment vous présentez mes respects d’une façon à la fois polie, originale et sincère? Vous devez en avoir tant entendus.  
 
 
 
 
LOUISE 
Considérez que c’est chose faite. Je suis enchantée de faire votre connaissance. Et voici ma compagne Louisa. 
 
 
 
 
Lady Francesca fait une révérence modeste. 
 
 
 
 
DON PEDRO 
Satisfaite de visiter l’arrière pays? D’être loin des bals les plus populaires? De supporter les petites plaisanteries superficielles et enfantines de nos régions? De quitter la scène de vos brillants exploits? 
 
 
 
 
LOUISE 
Justement, quitter la scène est rafraîchissant. Je joue mon rôle chaque fois, tout en éprouvant de la reconnaissance pour l’ambiance plus paisible et plus détendue de cette demeure. Ne vous sentez pas obligé de tourner mille compliments spécieux à notre égard, Don Pedro. Je suis heureuse d’être ici et je profite agréablement de la soirée sans que vous multipliiez les efforts pour l’enjoliver. 
 
 
 
 
FRANCESCA 
Je sens que Don Pedro commence à se sentir obligé de vous inviter à danser. Et si vous alliez simplement prendre le frais sur la terrasse? On dirait que le Prince n’a pas grande envie de valser et je devine que ma maîtresse aspire à un peu de calme. Benedict nous a suffisamment régalées de rires et de champagne pour l’instant. 
 
 
 
 
Don Pedro et Louisa s’écartent, passant près de Béatrice et Benedict qui leur font un petit signe de tête. 
 
 
 
 
BÉATRICE  
Notre petit orchestre joue encore plus faux que d’habitude.  
 
 
 
 
BENEDICT 
Rien ne nous empêche de danser juste. (Ils se mettent à valser, Béatrice un peu à contrecœur au début) Je suis désolé de ne pas trouver pourquoi vous êtes triste. Il s’agit certainement d’une faille que le Créateur a mise dans les hommes. J’imagine qu’il ne faut pas trop comprendre les femmes afin de ne pas se sentir trop inférieurs à elles? Ah, Béatrice, il y a encore six mois, nous aurions rit durant des semaines à cause d’une telle remarque. Que puis-je faire pour vous rendre le sourire? 
 
 
 
 
BÉATRICE 
Me rendre à moi-même. Et cela, personne ne le peut. Le Prince semble s’amuser pour une fois. 
 
 
 
 
BENEDICT 
Cessez donc de vous préoccuper d’un autre quand j’essaie désespérément - et ce n’est pas une chose que j’admettrais à une autre qu’à vous! - de regagner votre cœur! Moi, le fier Benedict en train de mendier l’attention de ma bien-aimée alors que je me promettais de ne jamais succomber à ce fléau! Je pourrais m’afficher sur la place du marché avec un écriteau appelant à la lapidation si vos mots ne me tuaient pas plus sûrement que ces tourments. Parlez à la fin et dites les vraies choses, par pitié!  
 
 
 
 
BÉATRICE 
Vous n’y pouvez rien. 
 
 
 
 
BENEDICT 
Quand vous avez passé cet anneau à mon doigt… 
 
 
 
 
BÉATRICE 
Et vous au mien! 
 
 
 
 
BENEDICT 
Nous avons juré que nous serions unis dans la joie et le malheur. 
 
 
 
 
BÉATRICE 
Ce n’est pas réellement un malheur, ce qui arrive… 
 
 
 
 
BENEDICT (l’interrompant) 
C’en est un pour moi. Constatez que je me sens coupable et agité, que je n’ai plus un moment de paix parce que vos soupirs me déchirent. Guérissez-moi si vous m’aimez rien qu’un peu. Et si vous me détestez, ayez au moins la bonté du coup de grâce.  
 
 
 
 
BÉATRICE 
Alors grâce, seigneur Benedict. 
 
 
 
 
BENEDICT 
On trouverait plus de réconfort sous la hache du bourreau.  
 
 
 
 
Il quitte la fête en emportant deux bouteilles d’alcool pendant que Béatrice, l’humeur sombre, rejoint Hero et Claudio qui essaient de la dérider. 

 
 
 
 
 
 
à venir... 
 
Scène II 
Scène II 
 
ACTE III 
Scène I 
Scène II 
Scène III 
Scène IV(finale) 

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MessagePosté le: Dim 24 Juin 2012 - 02:30    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 29 Jan 2013 - 19:02    Sujet du message: Much Ado About Nothing... again Répondre en citant

Scène 3 ajoutée.
Désolée pour la présentation, le style de citation fait planter mon ordinateur. Au moins, c'est lisible.
Bonne lecture
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MessagePosté le: Ven 16 Aoû 2013 - 04:19    Sujet du message: Much Ado About Nothing... again Répondre en citant

Scène I de l'acte II. 
Je ne peux pas écrire aussi souvent parce qu'il faut des neurones solidement accrochées pour un boulot d'écriture comme ça.
Impossible dire quand je pourrais poster la suite.
Merci et à bientôt 

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:26    Sujet du message: Much Ado About Nothing... again

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